Les Dynamiteurs
Les dynamiteurs.
Benjamin WHITMER.

Note : 5/ 5.
Dans le Denver d’antan.

Quatrième chronique de cet excellent auteur américain sur ce blog. Roman en 44 épisodes, un prologue et un épilogue. Il est à noter que le prénom de « Sam » revient dans le titre de tous les épisodes. On peut donc déduire que le dénommé Sam est le personnage principal de ce livre !
Nous sommes à Denver en 1895. La ville au bord du chaos (du moins dans certains quartiers) est rongée par la violence, la pauvreté, fléau habituel. Ici la raison du plus fort est bien entendu la meilleure.
Cora et Sam essayent de survivre. Ils défendent ardemment le « foyer » dont ils s’occupent dans une usine désaffectée en ruines.
Ils subissent les attaques des clochards des environs, les adultes sont
élégamment nommés « Les Crânes de Nœuds ». Un homme, John Henry Goodnight, un colosse bien amoché par la vie les aide. Il est blessé. Cora décide, en guise de remerciement, de le soigner.
Sam est chargé de trouver les médicaments nécessaires, il doit aller voir le pasteur Tom, samaritain des marginaux de la ville. Mais pour cela il doit traverser des quartiers où la vie d’un enfant n’a aucune valeur. Tom accepte de lui donner les médicaments et lui trouve un travail qui leur permettra à Cora et à lui de nourrir les orphelins dont ils s’occupent.
Il trouve ce travail à «  L’Abattoir » qui est un bar appartenant à Cole Stikeleather.
Avec Cole, Goodnight et des hommes de mains, il va participer à une guerre des gangs pour la survie et la domination des quartiers malfamés de la ville !
Tripots, salles de jeux et bordels rapportent beaucoup d’argent.
Il y aura évidement des problèmes avec la police, qui est très loin d’être
irréprochable ! On croise aussi quelques membres de la sinistre agence
Pinkerton, dont certains feront quelques cadavres supplémentaires !
Les violences succèdent aux violences… chaque camp répondant à l’autre.
Sam est embrigadé dans des combines de plus en plus louches, malgré son jeune âge, il connaît la violence, assiste à la mise à mort d’un homme, puis le lynchage d’un autre. Tout cela le marquera et changera profondément sa personnalité.
Cora le sent bien, l’avertit, mais rien n’y fait, leurs enfances se sont envolées. Mais ont-ils réellement eu une enfance !
Et il y a la ville, dépotoir à ciel ouvert, corrompue jusqu’à la moelle, panier de crabes où seuls les plus vicieux survivent ! Des quartiers de misère sociales, des rues abritant des bars, des bordels et des fumeries d’opium. Des grèves brisées par des ouvriers venus d’ailleurs, payés par le patronat. Une ville qui semble être la dernière escale sur terre avant l’enfer !
Un bon roman qui dépayse grâce à son changement d’époque ; on pense à un western dans une contrée sans foi ni loi. En faisant quelques recherches, il s’avère que le Denver de l’époque était une ville infâme des plus corrompues.
Ce roman se termine par un épilogue plein de nostalgie et de drames !
Pas une lecture facile mais passionnante.
Extraits :
- On entendait des conversations. Impossible de faire autrement. Des fenians qui dynamitent la Tour de Londres pour la libération de l'Irlande.
- Je rappelais la chose que j'avais dans la gorge, crachais. C'était comme de la colle.
- Avec l'argent qu'ils perdent au faro en un soir, on pourrait nourrir tous les orphelins pendant un an.
- Mais c'était comme si elle m'avait planté des aiguilles à coudre dans le cœur.
- Denver était la ville la plus sauvage de l'Ouest, et il n'y avait pas un seul homme qui ne souhaitait pas s'y mesurer.
- Ils savaient tous qu'ils étaient en train de voir une chose qu'ils ne reverraient jamais, le cul nu d'une femme d'une certaine classe.
- Ça a dû être quelque chose, dit-elle. C'est vrai quoi j'ai toujours eu envie de voir un flic se faire tuer.
- Y avait de quoi vous donner envie de vous amputer de votre nez à coups de couteau à pomme de terre.
- J'ai fait ça, pensais-je. Nom de Dieu, j'ai fait ça.
Éditions : Gallmeister / Fiction. (2020).
Titre original : The Dynamiters ( 2020).
Traduit de l’américain
 par Jacques Mailhos.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Pike.
Cry Father.
Évasion.