Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

29 janvier 2015

Prix littéraires de l'association des écrivains bretons.



J’ai le plaisir de vous annoncer que la session 2015 des prix littéraires AEB est ouverte jusqu’au 31 mars 2015 dans les catégories suivantes :

 

Grand Prix AEB du roman, Prix de poésie « Angèle Vannier », Prix Pierre Jakez Hélias,

 Prix de breton Per Jakez Helias, Prix de gallo, Prix d’Histoire « Anne de Bretagne ».

 

Ces prix littéraires (hormis les prix de breton et gallo) s’adressent à tout auteur ou éditeur francophone, sans limites régionales.

Pour prendre connaissance des conditions de participation et télécharger le bulletin de participation, vous pouvez vous rendre sur le site de l’AEB en cliquant sur ce lien :

http://www.ecrivainsbretons.org/prix-litteraires/prix-litteraires-2015.html

Je vous remercie de bien vouloir transmettre ce message aux personnes susceptibles de concourir à l’un de ces prix et reste à votre disposition pour tout renseignement complémentaire à l’adresse suivante : guillemain.pat@wanadoo.fr.

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26 janvier 2015

KEROUAC Jack / Les anges vagabonds.

 

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Les anges vagabonds.
Jack KEROUAC.
Note : 4 / 5.
Vagabondage beat....
Relecture d'un livre de Jack Kerouac, avec l’éternelle question, que me reste t-il de ces lectures très anciennes ?
Jack revient de deux mois de solitude où perché dans une tour il était chargé de surveiller d'éventuels départs de feux. Le lieu, signe prémonitoire, était "Le pic de la Désolation" ! Après une semaine de retour à la vie urbaine à San Francisco, une forte consommation d'alcool et surtout, une belle gueule de bois, un train direction Mexico.
Là il va retrouver Bill Gaines (Bill Garver) puis ils seront rejoints par "Les Anges de la Désolation" avec parmi eux William S. Burroughs (Bull Hubbard) et Allan Ginberg (Irwing Garden). Alors commence une vie pour le moins dissolue mais qui est encore loin de la déchéance qui guette Jack. Alcool (raisonnablement), drogues et prostituées et surtout un grand sentiment d’ennui et de désespoir gagne Kerouac.
Alors restent les voyages, le triste retour à New-York, entassés dans une voiture inconnue, seule solution que leurs finances leur permettent.
Parfois un rayon de soleil, des femmes Ruth Heaper et surtout Alyce Newman, relation qu'il qualifie de "Peut-être sa plus belle histoire d'amour" et quelques pages plus loin il écrit :
-"Elle était adorable. Je l'aime encore aujourd'hui".
Mais la fuite continue...Tanger avec encore les mêmes acolytes et les mêmes existences, drogues et le reste. Puis l'Europe, Londres et Paris et partout ce sentiment de ce que l'on appellerait maintenant "Le mal de vivre".
Le retour vers l'Amérique parait une fin en soi... mais pour combien de temps encore.
Beaucoup de personnages présents dans ces tribulations cachées sous des pseudonymes, Kerouac ayant peur d'éventuels procès. Mais les années ayant passé, celui-ci avait pour projet de reprendre son œuvre avec les vrais patronymes des acteurs de ces récits. Sa mort précoce l'en a empêché ! Pour brouiller encore plus les pistes, les surnoms pouvaient changer d'un livre à l'autre.
Neal Cassady, inspirateur d'une partie de la bibliographie de Jack, est Dean Moriarty dans "Sur la route", Cody Pommeray dans différents autres titres ou encore Leroy dans "Les souterrains".
Un autre très grand personnage de la vie de Jack Kerouac apparaît en fin de livre...sa mère.
Retour sur la vie et l’œuvre de Jack Kerouac. Ce livre écrit entre les années 1956/1961 couvre la période 1955/1956.
Pour m'aider j'ai feuilleté en même temps ce superbe livre de Barry Gifford et Lawrence Lee : "Les vies parallèles de Jack Kerouac" .
Quelques lignes écrites pour son retour en Amérique sonnent lourdes de menaces :
- Ce grand voyage en Europe, c'était précisément au mauvais moment que je l'avais effectué, quand j'étais écœuré des expériences nouvelles de quelques ordres qu'elles fussent. J'avais foncé tête baissée et, en mai 1957, je rentrais déjà, penaud, le cœur lourd, le regard torve, furax.
Des mots confirment que l'avenir n'est pas serein : lugubre, destruction, déception, révulsion, horreur entre autres.
Kenavo Jack ! Et merci pour tout, tes écrits et tes erreurs ! Et pour le souvenir que tu laisses en Bretagne.
Extraits :
- C'était ce que mon père m'avait dit la veille de sa mort : "la vie est trop longue."
- Elle était adorable. Je l'aime encore aujourd'hui.
- En vérité, ce fut à Tanger après une surdose d'opium que le déclic eut vraiment eu lieu et ce fut le virage. En l'espace d'une minute.
- Je poursuivis avec lassitude l'ascension des marches sacrées qui me menaient à ma prochaine et atroce déception.
- En fait, le manuscrit de Sur la route était alors sous presse et sa publication était imminente et j'en avais déjà jusque-là de cette histoire !
- Je suis parti de mon côté, gros sac sur le dos, en route pour l'Amérique, pour ma patrie, pour ma sinistre France à moi.
- Comme si le sexe était l'alpha et l'oméga de mon amour pour la femme...
- J'ai alors compris sans savoir pourquoi que notre nouveau foyer était d'ores et déjà maudit.
- Je tends machinalement le livre à Cody qui est après tout le héros de ce pauvre bouquin triste et fou.
Éditions : Denoël (1968) Folio pour le format poche.
Titre original : Desolation angels (1965).

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14 janvier 2015

MILLAR Sam / Le cannibale de Crumlin Road.

 

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Le cannibale de Crumlin Road
Sam MILLAR
Note : 4 / 5.
Au bout du tunnel...
L'arrivée d'un paquet de Belfast est toujours un moment de joie car je sais à l'avance ce que contient le colis. Un roman de mon ami Sam !
En l’occurrence, ici la seconde enquête de Karl Kane, privé de Belfast, héros récurrent de Sam.
Il fait chaud sur Belfast, anormalement chaud pour la ville et la saison.
Et en plus pour alourdir un peu l'atmosphère un serial-killer sévit en ville. Ville en émoi qui en a pourtant vu des cadavres !
Mais dans le cas de figure qui préoccupe Karl, il n'y a rien de politique, des jeunes filles, pas des oies blanches c'est vrai, marginales, droguées, fugueuses, disparaissent pendant quelques temps, puis l'on retrouve leurs cadavres affreusement suppliciés !
Une jeune fille, Geraldine Ferris, demande l'aide de Karl, elle n'a plus de nouvelles de sa sœur Martina qui a fugué... on retrouvera son cadavre en Écosse, mais tout laisse à penser que c'est encore et toujours l’œuvre de ce mystérieux tuer dont Karl semble maintenant connaître le nom. Mais il reste à le retrouver. Surtout que sa fille Katie, à peine rentrée en Irlande du Nord, se volatilise à son tour.
Commence alors pour Karl une course contre la montre dont il espère voir la lumière... au loin.. au bout du tunnel !
On retrouve bien entendu les personnages principaux de la série, Karl Kane, le détective aux prises avec ses problèmes de santé et les anciens démons de sa vie passée.
Naomie, sa secrétaire et maîtresse, toujours fidèle au poste et aux petits soins car ayant de gros reproches à faire à son amant-employeur !
Sa famille ou ce qu'il en reste, Lynn son ex-épouse, Katie de retour d'Écosse qui à son corps défendant sera la cause de grandes angoisses pour son père. L'inspecteur Mark Wilson ennemi intime de Karl.
Robert Hannah, garçon dévoyé de la haute société, Ivana transsexuel, détenteur d'un secret qui lui coûtera la vie. Silhouettes aperçues dans les bas-fonds de Belfast, sorte de cour des miracles à l'ancienne, en particulier celle de Cathy le Chat qui, on peut l’espérer, possède autant de vie que le félin en question.
Quelques amis aussi qui aideront Karl dans cette enquête, Willie aux doigts d'or capable de pratiquement tout ouvrir, Brendan Burns lui ne s'encombre pas de sentiments, il préfère le bon vieux mais efficace "Semtex". Faut que ça saute !
Histoire toujours aussi noire, l'horreur à la sauce Belfast avec un tueur psychopathe à la cruauté sans limite.
Beaucoup de références littéraires irlandaises, Oscar Wilde, James Joyce, Yeats, Shaw, mais également Molière!
À noter que la fin de ce roman se passe en partie dans la prison de Crumlin Road , lieu tristement célèbre où de nombreux républicains irlandais furent incarcérés.
Il me semble que c'est la première fois dans ses romans que l'auteur nous parle un peu de politique en mentionnant l'I.R.A. et Gerry Adams !
Extraits :

- Les jeunes sont très résistants, Karl. Crois-moi ou non, nous avons été jeunes un jour, fit Hicks avec un sourire.
- Un sourire ironique apparu sur le visage amoché de Karl. "Tu veux dire comparer à l'époque où l'IRA et l'armée anglaise tenaient la vedette en se tirant dessus comme des malades ?"
- Je suis condamné à rester ici à jamais. Je suis né, j'ai été élevé et nourri à Belfast*, fût sa dernière pensée avant que le sommeil l'emporte.
- Nous avons beaucoup de choses en commun, toi et moi. Nous avons tous deux été crucifiés pour une chose ou une autre.
- Le foie et les reins manquaient, et à nouveau j'ai pu noter une formation accélérée des cellules et des protéines.
- Il était terrifié, non par son dernier cauchemar, mais plutôt par la peur dévastatrice qu'éprouve un homme dont le monde s'est soudain développé au-delà de lui-même et hors de son contrôle.
- Péter et pisser en même temps. En dépit de toutes les critiques que l'on peut faire aux flics, ils peuvent être multitâches, après tout.
- Utilisé par les flics et les militaires ?
Cela évite d'avoir à se trimbaler avec une tonne de métal dans le pantalon.
- Ici, nous avons des clowns. Ils tiennent une convention d'une semaine au Waterfrond. Ils n'ont sûrement pas entendu dire que nous avons déjà un spectacle permanent à Stormont **.
- Probablement l'aile A. C'est aussi celle où l'on gardait les prisonniers républicains, je crois, fit Brendan.
Éditions : Seuil Policier (2015)
Titre original : The Dark Place (2010)
* Belfast Born, Bred and Buttered. Livre de Joe Graham sur Belfast.
* *Palais qui abrite l'assemblée Nord-Irlandaise ainsi que le cabinet gouvernemental pour l'Irlande du Nord, où siègent les loyalistes et républicains.

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10 janvier 2015

KING John / White Trash

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White Trash.
John KING.
Note : 5 / 5.
British hospital.
Auteur anglais que j’apprécie particulièrement, un des rares à vrai dire ! Écrivain de football et de ses problèmes, il change ici de registre. On retrouve certaines de ses préoccupations et de ses personnages de la classe ouvrière britannique.
Une Angleterre qui parait lointaine dans l'avenir mais proche dans les faits, l'Etat se désengage des services sociaux de la santé. On retrouve dans cet ouvrage (et dans quelques scènes bien précises) un parfum du roman et du film "Orange mécanique".
Quelques phrases du livre donneront le ton bien mieux que moi :
- L'Occident s'est rangé et a fait de grands progrès. Le Royaume-Uni n'a jamais été mieux rationalisé et n'a jamais moins gaspillé. Hors de question de laisser se reproduire les soulèvements de jadis.
- Chose étrange, ces voyous représentent une progression naturelle au mouvement syndical, bien qu'ils vivent une époque d'apathie politique. La racaille, oui, mais de la racaille dangereuse et très bien organisée.
Le bien ou le mal ? Le bien est-il si bien qu'il en a l'air ? Le mal si profond que l'on pense ? Et si tout cela ne dépendait en réalité que d'appréciations toutes personnelles ?
Les progrès de la science ne sont-ils en réalité qu'un trompe l’œil qui comme le pense Jeffreys, ont pris le pas sur la seule loi qui régissait le monde à sa création, celle du plus fort !
Sorti de cela, tout n'est-il pas littérature ? N'ai-je pas grâce à ma position sociale tous les droits... en particulier celui de vie ou de mort ?
Plusieurs personnages, mais deux principaux que beaucoup de choses oppose !
La personnalité de Jonathan Jeffreys est l'une des plus complexes et ambiguës que je connaisse dans la littérature. Il est tout et s'imagine être l'inverse ! Il pense être à l'écoute des autres, il n'est que condescendant ! Ce qu'il espère être de l'empathie n'est qu'une manière déguisée d'humiliation, il se veut juste... il ne défend en réalité que les prérogatives de sa caste. Par certains de ses comportements il est plus malade que les patients qui fréquentent l'hôpital qu'il dirige !
Un homme que l'on voit changer au fil des pages... au début homme de convictions, mais assez attachant, qui devient carrément détestable lorsqu'il dévoile certains aspects de ses penchants.
Ruby est jeune et belle, elle aime la vie avec tout ce que cela comporte de peines, de joies et de plaisirs en tous genres ! L'infirmière Ruby James est professionnellement parlant compétente. Un peu trop sentimentale, d'après Jeffreys, qui se réfère au chagrin causé par la mort, somme toute naturelle, de Ron Dawes. Celui-ci lui avait raconté sa vie d'ancien de la marine, bourlingueur ayant maintes fois frôle la mort. Ensuite devenu ouvrier, militant, syndicaliste, puis retraité ! Un homme de l'ancien temps.
Pleins d'autres ombres passent et trépassent au fil des pages...
Un excellent roman que je qualifierai de plus ambitieux que ses précédents. En effet il est ici question de deux couches de la population antagoniste : les riches et dominants réclamant des sacrifices aux autres, et en dessous les travailleurs en milieu hospitalier qui sont soumis sans arrêt à des restrictions budgétaires et une détérioration de leurs conditions de travail.
Un très grand livre avec une fin haletante !
Une découverte !
Extraits :
- Tout ce qu'il voyait se confondait. Le vol et la consommation de drogue dans le chelem se mélangeait à la violence dans les rues, la prostitution et morale douteuse. Les valeurs de la famille faisaient défaut. Cercle vicieux. Éducation c'est la clé, bien entendu. La route sera longue pour revenir à la civilisation et c'est un autre débat.
- Par exemple, il est plein d'empathie pour les victimes du sida. Trop de gens décrient les malades du sida. Bien entendu si les gens étaient capables de contrôler leur comportement sexuel et l'usage qu'ils font des seringues alors le problème disparaîtrait.
- Les Irlandais sont là depuis plus longtemps et leur ADN s'est infiltré petit à petit dans le patrimoine génétique. Beaucoup sont aujourd'hui impossibles à reconnaître.
-...Créer des antibiotiques comme la pénicilline ou pourrir les patates comme enclencher la Grande Famine en Irlande... les champignons eux sont là pour se propager... se reproduire...
- Il était tout à fait conscient du fait que deux mondes distincts se croisent : celui de la fille, le monde physique - porté sur les passions, et le sien, intellectuel, dans l'empathie subtile.
- On fait comme les Beatles : un Magical Mystery Tour ! Visite surprise. Verra bien.
- ... on était en plein boum... des gens de tous les horizons s'installaient... le «Meilleur des mondes » modelé en Angleterre...
- En réalité cela ne change rien. C'est de la vermine. White Trash. Les nègres blancs qui infestent chaque nation civilisée. Il les méprise tous.
Éditions : Au Diable Vauvert (2014).
Titre original : White Trash ( 2002).

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09 janvier 2015

Je suis Charlie/ Humble hommage...

 

charlie


Mon humble hommage à Charlie Hebdo.

Tueurs où est votre victoire ?

***

Texte expulsé de mes tripes, dans la rage, à la mémoire de toutes les victimes du fanatisme et de l’obscurantisme dans le monde.

***

Oraison pour crayons

Lire la suite ici :

http://welovewords.com/documents/tueurs-où-est-votre-victoire

Posté par eireann yvon à 13:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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