Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

11 novembre 2019

ASTRUD Michèle / Chevrolet Impala.

 

Chevrolet-Impala
Chevrolet Impala.
Michèle ASTRUD.
Note : 4 ,5 / 5.
Retour dans le passé.
Dans ce roman Michèle Astrud nous fait voyager dans le sillage d’une jeune américaine.
Nous sommes à New-York en 2001, une femme, Michèle Simons, narratrice de ce livre, est suivie par une luxueuse berline. Elle est également harcelée au téléphone par un dénommé Adriano, une ancienne connaissance, qui ne lui a pas laissé que des bons souvenirs. Mais elle n’est pas réellement chaude pour le revoir, malgré ses sollicitations. Elle est associée avec une amie Caroll, et dirige une agence artistique qui a du plomb dans l’aile. Elle se souvient...
Montréal 1965. Elle étudie et vit en colocation avec Louise qui est folle dingue d'un beau chanteur français Adriano. Venant de Detroit elle ne connaît personne dans cette ville canadienne et s'ennuie un peu. Alors partager l'enthousiasme de Louise, pourquoi pas ? Elle ignore alors qu'elle s'aventure sur une pente dangereuse qui la suivra toute sa vie.
Car cet homme sous ses airs de charmeur grand seigneur n'est pas qu'une vedette du show business, sa carrière de chanteur et d'acteur à succès cache une face plus sombre et des activités beaucoup plus lucratives qui explique ses nombreux voyages en France. Pour son anniversaire il lui a offert une somptueuse Chevrolet Impala qui sera parfois du voyage...
Mais après toutes ces années, elle se souvient de la chute, de la déchéance, et de la naissance de Sylvia, sa fille, dont Adriano n'est pas le père. Elle se remémore le procès, les témoignages de toutes ces jeunes filles subjuguées par l'argent facile, la belle vie, le luxe, et le revers de la médaille.
Elle cherche à retrouver le maximum de ces victimes, jeunes filles naïves, pour les faire témoigner et raconter leurs histoires et les fâcheuses conséquences sur leurs existences.
Après bien des péripéties et vaines tentatives de fuites, elle accepte l'invitation du vieil homme qui se meure. Elle le retrouve dans une superbe demeure au milieu du bayou en Louisiane, vaste domaine, sorte de musé du cinéma américain car un des précédents propriétaires était producteur de films !
Adriano a une dernière faveur à lui demander...
Les deux personnages principaux sont la narratrice, jeune américaine qui n'était pas vraiment destinée à cette existence rocambolesque qui la dépassera parfois et qu'elle aimerait oublier.

Lui est l'exemple type du manipulateur, bel homme sans scrupules.
Belle écriture, la chronologie de cette aventure dont la narration et le dénouement se déroule en 2001 trouve sa source à Montréal en 1965, après de nombreux retours en arrière dans différentes villes .
Pour les plus anciens (comme moi), cela me rappelle l'affaire Jacques Angelvin, présentateur vedette de la télévision arrêté à New-York en 1962 avec sa voiture bourrée de drogues.
Extraits :
- Les autres filles sont devenues mes obsessions depuis quelques années déjà. D'habitude je n'en parle pas. Je suis une solitaire qui ne se confie à personne.
- Je m'interrogeais : qu'avais-je donc de commun avec eux - rien évidemment, nous rapprochait.
- Les responsables étaient protégés, les noms des vrais chefs du trafic jamais évoqué.
- Le grand déballage se poursuivait, les opérations secrètes s'entremêlaient, entre le sud de la France, l'Italie, le Canada et le Mexique. Des prête-noms s'affichaient, les hommes de paille s'agitaient dans la clandestinité.
- J'ai toujours eu un faible pour les mauvais garçons, les types louches. Les gars sur qui on ne peut jamais compter et c'est bien ce que me reprochait mon beau-père.
- Qu'est-ce que tu racontes ? C'est un vrai boucher. Un ancien tueur à gages, un meurtrier de la pire espèce.
- J'avais trop bu, encore une fois.
- Il ne retournerait jamais en France. Sa mère et ses sœurs ne répondaient plus à ses courriers.
- Et je finissais par la trouver embarrassante, quelque peu désobligeante aussi, cette faculté de transparence, ce don de passe muraille.
Éditions : Les Forges de Vulcain. (2019).
Autres titres de cet auteur chez le même éditeur sur ce blog :
Le jour de l’effondrement.
Nous rentrerons dans la lumière.
La nuit je vole.

 

 

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08 novembre 2019

HUGUEN Hervé / La disparue de Porzanec.

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La disparue de Porzanec.

Hervé HUGUEN.
Note : 4 / 5.
Secrets de famille.
Second roman sur ce blog de cet auteur nantais, avocat deprofession.Ce livre fait partie de la série dont le personnage récurrent est le commissaire Nazer Baron et son comparse, le capitaine Hubert Arneke.
La nouvelle députée, Élisa Kerzatry, récemment élue, portée par la vague « LREM », découvre que la France ne va pas bien et que la vie de députée de la majorité n’est pas un long fleuve tranquille. Le mouvement des « Gilets Jaunes » débute, et elle doit animer un meeting politique à Ergué-Gabéric. Sûrement pas une partie de plaisir. Elle et son mari font partie de la bourgeoisie de Quimper. Et son mari Victor, antiquaire, ne répond pas au téléphone.
Son corps sans vie est découvert, nu dans sa garçonnière de Pont l’Abbé. Sa tenue et la bouteille de champagne évoquent au commissaire la présence d’une femme, sa maîtresse ! Mais qui est-elle et où est-elle ?
Élisa Kerzatry confirme, son époux était un homme à femmes, sa maîtresse du moment, elle n’en a aucune idée. Elle a un alibi, fourni par son attaché parlementaire uniquement au téléphone ?
Commence une enquête avec un cadavre, une femme inconnue qui a disparu.
Son identité est vite découverte, Alix Le Quéré. Son époux Arnaud Le Quéré est aussi aux abonnés absents, mais il est en voyage d’affaires, donc pour lui tout est logique. Mais à son retour il commence à mentir aux enquêteurs, disant qu’il est parti en tout début d’après-midi, sauf que son portable bornait dans la soirée à Pont l'Abbé.
Il finit par avouer, une lettre anonyme très explicite lui annonçant la liaison de son épouse. Il reconnaît sa présence mais clame son innocence, il n’est pas le meurtrier.
Et Nazer Bardon semble le croire mais vers quelle nouvelle piste faut-il se pencher… cette cliente suisse peut-être ? Et cette statue bretonne, qui fait partie du patrimoine, « Santez Gwenn Teir Bronn » Sainte Blanche aux trois seins qu’elle espérait acheter… ou encore creuser ailleurs ! Mais où ?
Un corps est découvert dans un bois près de Quimperlé. C'est celui d’Alix...
Je découvre Nazer Baron avec ce roman, personnage de flic atypique, un peu tête en l’air, amateur de musique, de blues en particulier, bref un personnage attachant, un peu à l’ancienne, pas de consommation de drogue et d’alcool. Monsieur tout le monde !
Une belle écriture et une histoire entre temps ancien et monde contemporain. Un peu d’humour, le chien qui découvre le corps de la disparue se nomme « Ki Du » !
Extraits :
- Il ne pensait rien d'elle, ni du bien ni du mal. Elle est encore jeune trop tendre, le cynisme viendrait plus tard… peut-être… si elle tenait le coup.
- L'augmentation de la CSG après la suppression totale de l'ISF, le blocage des retraites, la progression fulgurante des taxes sur le carburant… les riches le sont de plus en plus, les injustices se creusent comme jamais et vous n'avez rien vu venir…
- Il avait d'autres questions à lui poser, plus intimes. Une enquête ne respectait rien. Aucun secret. Rien ni personne.
- Elle est très belle… Brune, mince, avec de très beaux seins… Vous voyez ?
- Un homme, assis sur une caisse renversée, jouait de la guitare malgré le froid. Il chantait La blanche hermine.
« Moi je dis que c est folie d'être enchaînés plus longtemps… »
Les phares perçaient la nuit. Ils étaient encore dans la campagne, Quimper dessinait un halo lumineux droit devant.
Éditions : Éditions du Palémon (2019).
Autre titre de cet auteur sur ce blog :
Au bout du compte.

 

 

 

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05 novembre 2019

McBRIDE James / Le vent et le lion.

McBride
Le vent et le lion.

James McBRIDE.

Note : 5 / 5.
Un autre regard sur l’Amérique.
Avec la lecture de ce livre, je renoue avec une très ancienne habitude, découvrir un auteur par un recueil de nouvelles. Ici il s’agit de James McBride écrivain américain, scénariste, compositeur et joueur de jazz.
Titres des nouvelles, certaines sont en plusieurs parties :
Un train nommé «Under Graham Railroad». «Le Five-Carat Soul Bottom Bone Band : 1) Buck Boy - 2) La Boîte à photos de Ray-Ray -
3) Blub - 4) Goat. «Papa Abe». «Le banc des jérémiades». « Le bal de Noël ».
«L’Ange Homme-Poisson». «M.P. et le Vent : Chapitre 1 : La 24°heure ; Chapitre 2 : Les Ordres Supérieurs ; Chapitre 3 : Le Vent; Chapitre 4: Frotte s’en va ; Chapitre 5 : La Guerre.»
Pour clore cet ouvrage, des notes de l’auteur qui nous explique entre autres la naissance de M.P. et le Vent .
Un train nommé « Under Graham Railroad » . Ce train pièce unique dont la construction remonte à la Guerre de Sécession. Objet très rare de grande valeur, dont l’histoire est tourmentée. Il fut construit pour Graham, le fils du Général Robert E. Lee de l’armée sudiste. Cet enfant décéda et le train envolé (ce qui est un comble pour un train!), une esclave s’étant enfuie avec. Puis cette femme et le train disparurent. Il est chez le Révérend Hart. Va-t-il accepter de le vendre et à quel prix ? C’est ce à quoi ce vendeur de jouets ancien va devoir s’atteler ! Mais le Révérend est un personnage très particulier.
Le Five-Carat Soul Bottom Bone Band ». Nous sommes dans un quartier pauvre d’une ville de Pennsylvanie, une bande de jeunes gens répètent au dessus du restaurant chinois de Monsieur Woo. Un adolescent Buck Boy est tué par celui-ci ! Nous suivrons les aventures ou mésaventures des trois amis qui restent, l’un veut vendre des photos érotiques, Blub est ainsi surnommé car il bafouille, et Goat court vite, très vite, mais pour faire partie d’un club, il lui faut un extrait de naissance… ce n’est pas gagné. Une chronique douce amère de la vie d’une communauté pauvre dans un quartier déshérité ! Une très belle série de portraits.
« Le banc des jérémiades ». A l’heure du jugement dernier, chacun attend son tour, en quoi vont-il revenir sur terre ? Deux boxeurs s’affrontent, au ciel ou au Madison Square Garden ? Ou alors aux deux endroits en même temps.
« M.P. et le Vent » qui termine ce recueil est un très beau texte où les animaux sont rois. Nous pauvres humains nous sommes « Les Malodorants » et ces quelques mots vont nous qualifier (ou nous disqualifier?) :
- Et maintenant vous nous dites que les Malodorants Blanc-Rose s'étendent au soleil pour ressembler aux Malodorants Noir-Marron alors qu'ils ne les aiment pas ? Pourquoi quelqu'un irait faire une chose pareille ?
Un zoo où les animaux se réunissent la nuit, où se côtoient lions, panthère noire, gorille et même une Souffle Encore Plus d’Huile !
Nous ne sortons pas grandis de cette fable contemporaine, c’est le moins que l’on puisse dire!
Le recueil de nouvelles le plus original que j’ai lu depuis des années !
Une découverte !
Extraits :
- J'ai toujours été bienveillant à l'égard des Africains-Américains. Ils ont eu leur part de souffrance, ce n'est pas les preuves qui manquent à ce sujet. Mais à cet instant précis, j'aurais pu étrangler cette femme.
- À l'écran, elle avait l'air si chouette qu'on avait envie de l'embrasser, mais en vrai elle a tellement de poussière sur les joues qu'on dirait un sac d'aspirateur plein de poussière. À la télé, elle a l'air jeune, mais en vrai, on dirait qu'elle est née… Dieu seul sait quand.
- En fait, c'était une sorte de clochard, parfait pour le Bottom. Il venait chez nous quand il en avait envie, puis il disparaissait pendant des semaines. Dans le Bottom, il était à peu près aussi populaire qu'une boîte de tomates en conserve. Personne ne l'aimait, même pas les autres chats.
- Et Tommy Smith, un coureur noir qui a battu le record du monde aux Jeux Olympiques et qui a levé le point sur le podium pour protester contre les discriminations raciales.
- Je vous l'avais pourtant DIT, je suis d'UNE HUMEUR DE MERDE, monsieur ! Vous voulez vous réveiller sous la forme d'une mouche prise dans une toile d'araignée ? Ou d'un oiseau aspiré dans les réacteurs d'un 747 ? Je peux vous écraser si facilement que mes fesses écrasent un pet.
- Ça porte malheur d'appeler les gens par leur vrai nom, sauf si vous êtes en colère contre eux. Par exemple, en Parler-Penser, mon vrai nom, c'est Sir Harold Cornélius II de la Troisième Génération des Lions Nimphius du Serengeti, mais tout le monde m'appelle « Ça Va, Ça vient », et pour les Malodorants, je suis Hal, l'abréviation de Harold.
Éditions : Gallmeister (2019). Americana.
Titre original : Five-Carat Soul. (2017).
Traduit de l'américain par François Happe.

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03 novembre 2019

FULLER Samuel / L'inexorable enquête.

L'inexorable enquête

L'inexorable enquête.
Samuel FULLER.
Note : 4 / 5. 
La Une du jour.
Grand cinéaste, j'ignorais qu'il fut aussi, en parallèle, écrivain. Ses films sont noirs, ses écrits aussi, me semble-t-il, après la lecture de ce roman.
Carl Chapman est éditeur de « La Comète », journal qu'il a sorti de l’anonymat. Il a lancé un projet pour toucher une autre catégorie de lecteurs «  Douze mille cœurs solitaires trouvent le bonheur».
Il n'a pas hésité à louer le « Madison Square Garden ». Il est à l'apogée de sa gloire, la salle est comble de tous les nouveaux arrivants aux États-Unis. Chacun cherche l'âme sœur, et pour les plus purs, la femme à marier. Chapman rencontre pour la première fois un de ses collaborateurs aux dents longues, Lance McCleary, dont il se sent le mentor. Un des meilleurs reporters du journal, par contre l'étique n'est pas son point fort. 
Il dit volontiers : « Les grands reporters fabriquent leurs affaires quand l'actualité chôme ».
Mais une de ses vies antérieures va resurgir par ce simple nom prononcé par une voix féminine :
- « John Grant ».
De cette ancienne existence qu'il aimerait oublier réapparaît un fantôme, une femme cadavérique, l'ombre d'un jeune fille belle et rose qu'il a quitté des dizaines d'années auparavant, Charlotte. Le trouble est évident, pensant s’expliquer avec cette femme très amoureuse, il la raccompagne chez elle. La discussion tourne mal, très mal, il la tue… et tente de faire croire à un accident.
Sûr de lui et persuadé que cette affaire va faire augmenter les ventes,
 Chapman confie à McCleary le soin d’enquêter, il offre une prime, puis la double. Il veut savoir à quoi correspond un ticket de prêteur sur gages trouvé chez Charlotte et pour cela il doit retourner dans le quartier des épaves et des alcooliques. Il retrouve un ancien reporter qui le reconnaît, il lui donne de l’argent mais perd le ticket…
Commence alors un duel feutré entre le malin Chapman froid et calculateur et le brillant enquêteur et reporter McCleary...
 
Tout va se jouer sur une photo de mariage, le marié est flou et peu reconnaissable...
Deux personnages principaux, dont l’un Chapman joue à la souris avec l’autre McCleary. Celui-ci est un charmeur obstiné mais jeune. La querelle des modernes contre les anciens.
C’est bien écrit et pas du tout « scénarisé » comme je le craignais de la part d’un cinéaste reconnu.
Une lecture des plus agréable, donc une bonne surprise. 
Extraits :
- Elle était si petite qu’ on se demandait si elle vivait, mangeait et respirait comme les autres.
- Et toutes pépiaient : « Ma photo !ma photo, s’il vous plaît ! S’il vous plaît, ma photo dans le journal demain matin…
- C’est lui qui, le 12 août, résolut le mystère de l’affaire Léonard. Ses déductions psychologiques (lisez : « coup de veine ») lui permirent de devancer la police.
- Pourquoi Lance n’a-t-il pas laissé jeter cette femme à la fosse commune ? Ce serait fini. Dans quelques jours personne n’y penserait plus.
- Et si on apprenait qu’elle avait été mariée à un certain John Grant, qui saurait ce qu’était devenu John Grant. 
- Mais, chemin faisant, il se fait assassiner. Conclusion : Pop est un héros, je suis un génie, mais un type épatant. Les lecteurs sont ravis. Tous les Cœurs Solitaires en frissonnent… Et les flics ne rêvent plus que de nous trancher la gorge.
- «Ouch ! McCleary, c’est honte que j’ai de vous», dit le prêtre en exagérant son accent irlandais pour souligner cette tournure de phrase empruntée aux vieux pays.
Éditions : Rivages / Noir (1994).
Titre original: The Dark Page (1944).
Traduit de l’anglais par Yves Malartic.

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31 octobre 2019

COMENSAL Jorge / Les mutations.

Les mutations

Les mutations.
Jorge COMENSAL.

Note: 4 / 5.

Histoire sans parole.
Premier roman de cet auteur mexicain contemporain, il mélange hardiment le tragique et la comédie la plus loufoque.
Ramõ Martinez est un avocat que l’on dit brillant. Il est l’époux de Carmela, qui est également avocate. Ils on deux enfants, un garçon Mateo et une fille Paulina. Il est propriétaire d’une grande maison dans un quartier relativement huppé. La vie est belle, enfin était belle, car la maladie va venir briser l’harmonie de ce couple quasiment idéal !
Un cancer de la langue va nécessiter une ablation totale du membre atteint ! Comme l’opération coûte un bras (et donc une langue), il demande l’aide d’Ernesto, son richissime frère qu’il déteste. Il est malheureusement nécessaire d’en passer par là. 
Son anniversaire et la fête qui est organisée tourne au fiasco, et il finit par frapper son frère ivre.
Elodia lui offre un cadeau qui est loin de faire unanimité dans la famille : un perroquet ! Et il ne parait pas en pleine forme l’animal, loin s’en faut !
Mais une sorte d’amitié va se nouer entre cet avocat, dont les plaidoiries étaient connues de tous, mais qui est désormais muet et cet oiseau qui lui n’a pas sa langue dans sa poche et qui jure comme un charretier mal élevé !
Il est soigné par le professeur Aldama, et suivi par une psychanalyste. Il décide aussi de ne pas rembourser son frère et étudie les différentes solutions légales pour arriver à ses fins ! Céder tous ses biens à son épouse puis divorcer, ou solution extrême, le suicide..
Une série de personnages plus farfelus les uns (ou les unes) que les autres !
Teresa de la Vega, psychanalyste, opérée avec succès d’un cancer du sein, et qui cultive sa propre marihuana pour le bien être de ses patients.
Elodia, la femme de ménage de la famille, catholique convaincue et pratiquante.
Eduardo, jeune homme affublé d’une mère ultra possessive et obnubilé par l’hygiène, et client de Teresa.
Aldama, le médecin de Ramõn, pense et espère que le cas de ce patient va lui apporter fortune et notoriété.
Un bon moment de lecture avec ce roman qui passe non pas du coq à l’âne, mais d’un perroquet grossier à un avocat qui a perdu son outil de travail ! Ce qui est une situation dramatique est traité avec un humour féroce, j’allais dire, chirurgical.
La société aisée du Mexique telle qu’elle est ?
Extraits :
- Concentrés sur leurs objectifs scolaires sans pour autant renoncer à leurs hobbies respectifs, la masturbation et le karaoké, ils n'avaient pas remarqué la détresse de leurs parents.
- Pour la plupart mal élevés, comme Mateo et Paulina, ils avaient cependant croqué par des voies différentes l'innocence contre l'avidité et l'acné contre la tendresse.
- Il avait envie de se servir une dernière fois de sa langue pour dire « maître
Martinez ».
- À minuit, il trinquât pour la nouvelle année en avalant une gorgée d'eau froide.
- On a affaire à un rhabdomyosarcome alvéolaire digne de figurer dans une anthologie, comme si le mec avait à peine deux ans.
- Connard ! cria-t-il de sa voix aiguë et voilée. Connard !
-
 À la piètre qualité de leur interprétation, Joaquin déduisit que les musiciens devaient appartenir à un ensemble estudiantin de sourds-muets.
- Sauf qu'à présent le cancer avait prit l'apparence d'une femme. Dans la poitrine d'un masochiste bat toujours un cœur misogyne.
- Il regarda la montre comme s'il venait de découvrir une capote usagée dans les draps de sa fille et exigea des explications.
Éditions : Les Escales (2019).
Titre original : Las Mutaciones (2016).
Traduit de l’espagnol (Mexique) par Isabelle Gugnon.

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