Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

15 juillet 2019

KERBRAT Anne-Solen / Le tableau de Maï.

 

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Le tableau de Maï.
Anne-Solen KERBRAT .

Note : 4,5 / 5.
Tableau de famille.
Par ce premier roman, je découvre cette auteure maintes fois croisée dans les salons littéraires de Bretagne et dernièrement à Penmarc'h au festival du « Goéland Masqué ».
Anne Carantec qui exerce la profession de psychologue à Morlaix, voit un jour qu'elle chine en salle de vente un tableau qui ne devait jamais sortir de la famille ! Commence alors une enquête pour découvrir qui parmi les héritiers à oser mettre en vente cette œuvre qui semblait intouchable . Car ce portrait de Lady Marie, paysanne devenue par son mariage, intouchable, ne devait en aucun cas être vendu ! Qui a osé ce sacrilège ?
Anne essaye de se renseigner auprès de sa tante Sybille, mais la mémoire de cette dernière est fragmentaire.
Mais un homme, son fils Léonard, semble capable de ce crime de lèse majesté ! 
Homme d'affaire, parvenu et cynique, les sentiments familiaux n'encombrent pas ses pensées !
Sybille meure, de mort naturelle à première vue ! Anne est le jour même victime d'un accident de la circulation qui aurait pu lui être fatal !
Le commissaire de Morlaix Mével l’interroge. Anne demande l'aide de son cousin qui lui aussi est policier à Nantes, Jean-Pierre Perrot. Celui-ci a quelques problèmes avec sa hiérarchie et est en congés. Il accepte bien volontiers de l'aider... surtout que son compère Lefèvre est lui aussi partant pour une nouvelle aventure.
Et ils ne seront pas trop de trois, pour aider Anne… car Sybille n'est pas morte de mort naturelle... mais empoisonnée par un excès de sucre ! 
Et ce tableau est-il l'original ou une vulgaire copie ?
Anne Carantec est le personnage central de cette histoire d'héritage entre membres d'une même famille . Et ce tableau disparu et réapparu sera la clef de cette affaire ! 
Trois policiers, les personnages récurrents des romans d'Anne-Solen Kerbrat, Perrot et Lefèvre et le commandant Mével de Morlaix l'aideront pour résoudre ce mystère.
Un roman jouant avec plusieurs narrateurs dans des époques différentes.
Une écriture agréable, de belles descriptions et une intrigue bien ficelée.
Il est aussi à noter que ce roman a une base historique et que le personnage de Maï a réellement existé. Elle deviendra Lady Mary grâce à son mariage avec Sir Robert Mond et qu'il existe une « Association  Sir Robert et Lady Mond » pour perpétuer leurs souvenirs.
Plusieurs ouvrages lui sont consacrés dont « Lady Mond, Maï la bretonne » par Pierre Delestre, Editions Coop Breizh et « Coat-an-Noz, Lady Mond... le rêve d'une Bellisloise » de Yannick Kervern qui est président de l'Association  Sir Robert et Lady Mond .
Extraits : 
- La vieille dame s'interrompt et regarde tour à tour les deux femmes en plissant le front.
- Et je mesurais alors l'écart infranchissables qui nous séparait, nous les petits, de ces gens nés avec une cuillère en argent dans la bouche.
- La vieille dame regarde le jardin que l'obscurité dérobe peu à peu à la lumière et la nature qui se recroqueville pour mieux se figer.
- J'ai joué l'innocente, faisant comme si je la prenais pour une cliente frustrée de ne pas avoir remporté le lot.
- Un oisillon tombé du nid et qui s'apprête à mourir.
- Je suis policier, Anna, je vois le mal partout.
- Non, soyons honnêtes, maintenant que l'heure a sonné, il est temps que je me mette en paix avec ma conscience.
Éditions : Palémon (2018).

 

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12 juillet 2019

MALØ Mo / Diskø.

Disko

Diskø.
Mo MALØ .

Note : 4 / 5.
Un cercueil de glace.
Avec ce roman, et après « Qaanaaq », nous retrouvons l'inspecteur Qaanaaq Adriensen et le Groenland.
Qaanaaq, inspecteur danois mais natif du Groenland , contrairement à ce qu’il pensait s'est finalement habitué à la vie sur cette île énorme et déserte.
Après une introduction ayant pour titre «  Upirngaallarik » (Le vrai printemps), nous entrons dans le vif du sujet et changeons de saison « Aujakasak » (Presque l'été).
Le premier chapitre débute ainsi « La date, l'heure, baie de Diskø , au large d'Illulissat. »
Une femme sur un bateau de croisière hurle ! Elle vient de voir le cadavre d'un homme pris dans la glace. Vision d'horreur.
Puis comme à son habitude, l'auteur nomme ses chapitres de la même manière que dans « Qaanaaq » :
Un numéro d'image/La date/Le lieu.
Donc pour le premier :
(IMG_6154/16 juin/08h12/ Six Nikoline chargées sur un plateau) pour se terminer par « Aujallarik » (Le plein été) le Dimanche 15 juillet 2018, 18h30.
En ce mois de juin 2018, les Danois vivant au Groenland suivent les matchs de leur équipe nationale. Qaanaaq et certains autres policiers jouent à la roulette groenlandaise en remplaçant la bière par des sodas pétillants… mais le nouvelle qu'apporte Lotte, la médecin légiste refrène la gaîté ambiante. 
En effet une femme a aperçu un corps masculin prisonnier d'un iceberg !
Il s'avère rapidement que ce n'est pas un accident, mais un meurtre particulièrement cruel et qui a nécessité de gros moyens matériels.
Et qui pouvait bien en vouloir à cet américain Leonard Kelly, glaciologue sans aucune renommée ?
Qaanaaq Adriensen va mener l’enquête dans cet univers de glace et de glaciers. Et cela ne va pas être simple, la population locale, ou du moins les autochtones, apprécient peu les autorités qu'ils considèrent comme des envahisseurs étrangers. Un problème linguistique se pose parfois, les danois parlant rarement le kalaallisut qui est pratiqué par les natifs de l'île.
De nouveaux indices confirment la thèse de l'assassinat, la victime a été bâillonnée longtemps avant d'être jetée dans cette cavité creusée dans la glace qui sera son cercueil. Autre détail, un papier est trouvé dans son anus… il concerne la Déclaration d'Illulissat !
Qaanaaq n'est pas au bout de ses surprises, ni hélas de ses peines...Une seconde victime va subir le même sort ! 
En lisant un mail relatif à la mort de Leonard Kelly, un nom de femme apparaît... et ce sont certains mystères de son enfance qui vont resurgir !
Il est à noter (et c'est relativement rare) qu'il y a en fin d'ouvrage la liste complète des personnages aussi bien au Groenland qu'au Danemark.
Une lecture agréable, surtout en cette période de canicule. C'est très dépaysant.
Petite précision, le titre de cet ouvrage n'a rien à voir avec un genre musical (le disco) mais Diskø. est une baie du Groenland.
Extraits :
- Donc a priori, exit l'accident stupide. Et on écarte le suicide.
- Et qui avait pu concevoir une haine assez puissante contre lui ou contre ce qu'il représentait, pour vouloir lui infliger une fin aussi cruelle ?
- Le taux de criminalité ordinaire y était plus faible que partout ailleurs dans l'Union européenne. Un vrai paradis blanc. Au moins sur le papier.
- Le message symbolique n'était pas du meilleur goût. Au moins avait-il le mérite d'être clair.
- Il y a les plans qu'elle dresse ; et puis il y a la vie.
- Elle pratiquait mieux que personne cet art typiquement inuit qu'est la pudeur.
Éditions : Éditions de la Martinière (2019).
Autre chronique de cet auteur sur ce blog.
Qaanaaq. Une enquête de Qaanaaq Adriensen.

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09 juillet 2019

Saint CYR Blanche de / Liù, esclave impériale.

Liù

Liù, esclave impériale.
Blanche de Saint CYR.

Note : 4 / 5 .
Nuits de Chine… nuits câlines.
Texte dit « érotique » de cette écrivaine belge que je découvre avec cette lecture.
Premier roman qui mêle allégrement et avec succès l'histoire, le dépaysement, les luttes intestines qui causent la perte d’un certain empire et une dose de fantastique ; une princesse possède en effet un dragon et des problèmes ethniques!
Roman en six parties : « Liù, esclave impériale »; « Liù, pute de grands chemins » ; « Magie noire » ; « Fang Yin, la sanguinaire »; « La femme du gouverneur » et pour finir « Tantrisme », nous contant la vie de la très jeune et très belle Liù, dont le corps va être soumis à de rudes épreuves !
Nous sommes dans le royaume de Nanzhao, situé au Yunnan, au IXe siècle. Une paix précaire règne car le grand voisin, l'empire chinois, aimerait faire main basse sur ce royaume. Le vieux roi Taïzu est un sage, il a deux fils Ping, le libidineux et Calaf dont Liù est amoureuse. Celle-ci a réussi à échapper à Ping et devient la maîtresse de Calaf, brève liaison car à l’intérieur du royaume deux ethnies les Bai et les Yi cohabitent tant bien que mal.
La Chine prend possession du royaume, Liù se sauve avec le roi Taïzu devenu aveugle. Elle sait comment une très belle jeune fille peut gagner sa vie, mais un jour elle rencontre Siam, un jeune brigand qui lui explique qu'il peut voler ses clients pendant qu'elle accomplit sa besogne. Mais cela ne dure qu'un temps, car elle tombe sous le joug de la cruelle et sanguinaire Fan Yin dont elle devient la favorite attitrée et elle retrouve Calaf qui est comme subjugué par Fan Yin dont il est l'époux...
Mais les aventures des deux tourtereaux ne s'arrêtent pas là... la route du bonheur est encore longue ! Et un homme qu'elle espérait ne plus revoir va venir compliquer les choses...
Beaucoup de personnages dans ce récit, Liù qui connaîtra bien des aventures, et beaucoup d'hommes, et parfois des femmes.
Calaf est le héros de service qui lui aussi survivra à de nombreuses embûches. Fan Yin se rachètera de toutes les horreurs dont elle fût l'instigatrice.
Une belle écriture, des scènes de sexes nombreuses, imagées et parfois originales. Mais toujours bien décrites.
Une lecture agréable et jamais vulgaire. Une découverte de la Chine de l'époque où la vie des servantes n'était pas de tout repos, surtout lorsque elles étaient jeunes et jolies.
Extraits :
- Mon père m'attend. La politique, la piété filiale et le royaume prime sur notre plaisir.
- En réalité, j'avais trouvé une autre source de revenus. Mes fesses accueillantes et ma bouche travailleuse attiraient les hommes.
- Ma gourmandise faisait plaisir à voir, disaient-ils. J'en riais.
- Si je voulais séduire la bourgeoisie, je devais mettre mes atouts en valeur et ressembler le moins possible aux paysannes du marché au poivre.
- Les soldats obéissent à celui qui paye leurs soldes. Changer de maître ne les dérange pas. Une poignée de fidèles aura suivi Calaf.
- J'obéis avec plaisir tandis que l'écorce de l'arbre s'imprimait dans ma nuque.
- De ta langue tu feras jouir la Princesse, mais si son orgasme tarde, tu auras la tête tranchée.
- De l'amour ? De la bêtise, oui ! Elle avait raison cette fourbasse devenue nonne, les hommes ne valaient pas tripette.
Éditions : Tabou / Les jardins de Priape. (2019)

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07 juillet 2019

BRICK Maja / Ménagerie.

 

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Ménagerie.
Maja BRICK.

Note : 4 / 5.
L'arche de Maja.
Première lecture de cette auteure d'origine polonaise qui est publiée en France et également en Pologne.
La ménagerie en question se compose ainsi par ordre d'apparition :
le tigre, le chat, le chien, le loup, le merle, les pinsons et les hirondelles, les oies et les vaches, l'araignée, la sauterelle, dans l'œil du cheval et le serpent.
Bien évidemment tous ces animaux ne sont pas tous domestiques, ni compagnons des humains. Quoique je connaisse certaines personnes qui possèdent des araignées, je sais que d'autres ont pour compagnons des serpents. Le tigre et la sauterelle c'est quand même un peu plus rare.
L'auteur plonge dans ses souvenirs pour écrire ce livre succession d’instantanées de sa vie et des animaux qui ont participé à son existence.
Un tigre qui n'est pas dans un moteur de voiture, ni un doudou mais Shanghai, un tigre de cirque. Pauvre bête !
Les chats, animaux de compagnie parmi les plus nombreux, chacun son caractère, souvent un grand bonheur.
Les chiens, autre animal de compagnie, défaut principal en appartement il faut les sortir et ce n'est pas agréable de marcher dans leurs crottes.
Le loup, c'est sympathique en musique avec Pierre composée par Prokofiev, mais je n'en ai jamais connu, ni merles, ni pinsons non plus d'ailleurs. J'ai plutôt côtoyé les mouettes et autre goélands, masqués ou non ! 
Les oies me rappellent l'école et l'histoire des gaulois, où ces grandes gueules avaient donné l'alarme au Capitole.
J'aime la placidité des vaches dans les prés même si elles n'ont plus le temps de regarder les trains qui passent trop vite. 
Un dernier petit mot pour « la sauterelle » où en voulant venir en aide à cet insecte blessé, la narratrice est involontairement responsable de sa capture par une araignée qui n'en demandait pas tant !
Peu d'humains dans cette ménagerie, bien que beaucoup de ceux-ci y auraient largement leurs places !
J'ai beaucoup aimé que dans ce livre, l'auteure cite un de mes compositeurs classiques préférés, Henry Purcell, pour ses deux chefs-d’œuvre « Didon et Énée » et « Musiques pour les funérailles de la reine Mary ». 
La mort d'un animal est également évoquée, chiens ou chats familiers qui nous quittent un jour avec les chagrins que cela nous cause.
Extraits :
- Je nommerais ce vice particulier, l'infection poétique.
- Vite, il devient dominateur dans notre relation et, sans effort, obtient de moi tout ce qu'il désire.
- Mes premiers souvenirs de violence sont associés à mon chien. Dans le couloir était suspendu une laisse, instrument de punition.
- Instinctivement, je recherche un animal pour reposer mon regard, pour enfoncer ma main dans sa fourrure, pour trouver un réconfort dans son silence humble et patient.
- L'événement a alarmé la maîtresse qui a convoqué mes parents pour leur signaler mon comportement « anormal ».
- Une brève histoire comme brève fut sa vie...
- La boîte fermée, enfouie dans mon lit, je me laisse bercer par « la mort de Didon» dans l'opéra de Purcell, Didon et Énée.
- Elle était la vie ! Un être vivant comme moi. Ma consœur.
- Trois ans d'élevage pour un cheval de courses. Deux minutes pour le vendre. On oublie la bête.
- Je suis toujours impressionnée par la résignation des animaux en captivité.
Éditions : Terres du couchant (2019).

 

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04 juillet 2019

Brèves 113 / Collectif.

 

BR 113 - copie

Brèves (Volume 113) .
Anges et bêtes.

Collectif.
Note : 4 / 5.
Ni anges, ni démons.
Très intéressant magazine consacré à cet art littéraire que sont les nouvelles dont on trouvera sur ce blog des chroniques pour les numéros, 111 et 112.
Dix auteurs pour dix nouvelles.
Noms des auteurs (par ordre alphabétique) :
Alex Alexian ; Steve Besset ; Isabelle Buisson ; Henri Céard ; Fabrice Chêne ; Sylvain Forlet ; Jean-Pierre Fouilleul ; Annette Raynaud ; Ève Roland  et Patrick Saffar .
En fin d'ouvrage se trouve une biographie de chacun de ces auteurs, puis la rubrique « Relire » consacrée à Henri Céard (1851/1924). Ensuite « Pas de roman, bonne nouvelle » qui traite de l'actualité de la nouvelle avec, dans ce numéro, la mention du recueil « Partition pour chevrotine » de mon ami Alain Emery.
« L'argent » n'a pas d'odeur, dit le proverbe, mais il aide à finir certains mois, lorsqu'une riche veuve veut bien vous « subventionner » !
J'adore « Le grand départ » sûrement parce que la mer et les bateaux m'ont toujours fasciné. Mon lieu de naissance aide aussi.
Cet homme rêve de voyages, d'horizons lointains. Alors un jour, il saute le pas... et embarque clandestinement…
« La belle échappée » nous fait comprendre que la vieillesse et les maisons de retraite ne sont pas uniquement des mouroirs, mais la police s’inquiète. Céleste a disparu. Une histoire jubilatoire que je vais lire à la maison de retraite où je suis bénévole.
J’avoue ne pas avoir accroché avec « Une fois une jeune fille chantait », langage « Djeune » que je ne comprends pas. 
« Sur un murmure » nous fait pénétrer dans les coulisses d’un théâtre parisien jouant « Hamlet » de William Shakespeare. Un très beau texte. 
« Dans la cage » liberté chérie… qu’elle est la différence entre une pie captive enfermée dans une cage et une femme captive d’un mariage et d’une société dans laquelle elle n’est rien ? Un texte qui interpelle !
La rubrique « Relire » permet pour certains d'entre nous de découvrir Henri Céard, après une présentation d'Eric Dussert , avec « Vieille poupée ». Un récit étonnant sur la vie d'une poupée, passant de mains d'enfant en mains d'enfant. 
Beaucoup de personnages dans ce recueil, John Earthend est un des protagonistes d'une nouvelle concernant le monde de l'édition. Qui semble être une jungle ! 
Un homme écrit à Nabokov, il lui parle de Stanley Kubrick et de son film Lolita. Il aimerait bien dire à l'écrivain où il habite mais il ne se souvient plus... l'état commence par un A, mais après, plus de souvenirs.
« Ariane », ne perd pas le fil.Une jeune fille un peu paumée. Déambulation pédestre dans Paris et Montreuil. Avant un retour peu glorieux chez sa mère.
Un agréable recueil, avec plusieurs bons textes :« Le grand départ » et« La belle échappée » en particulier.
Extraits :
- Son impudeur m' estomaque, je ne m'y ferais jamais. Son grand corps est un naufrage. Le sait-elle ?
- Je sentis la chaleur de son corps à travers l'étoffe douce de son chemisier, la fermeté de son épaule ronde, je fus abasourdi par l'effet dans mon vieux corps de ce contact.
- Et cette fréquentation assidue des salles obscures m'a permis de découvrir votre roman Lolita grâce à son adaptation par Stanley Kubrick.
- Pas même lorsque le vieil Eugène, paix à son âme, s'était mis dans le caberlot de faire un enfant à la petite stagiaire. Ni même lorsque Denise Von Schruck a trouvé son mari la tête sous les jupes de la nouvelle cuisinière.
- Il se voyait lui-même une réincarnation du Barde, qui lui avait transmis les mystères de l'existence, distiller dans le torrent des mots qu'il déclamait chaque soir.
- C'était plus fort qu'elle, elle se revoyait petite fille dans la salle de classe, bafouillant au milieu des rires.
- Derrière le grillage qui la privait de son ciel, la pie voletait, retombait, voletait, retombait.
- Puis l'année vieillissait de deux, de trois semaines. Février arrivait vite rapportant au milieu du brouillard toutes les tristesses journalières écartées un moment par les comédies cérémonieuses et les dépensières préoccupations de janvier.
Éditions : Brèves/ Atelier du Gué. (2019).
Autres numéros chroniqués sur ce blog :
Brèves 111.
Brèves 112.

 

 

 

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