Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

24 mai 2019

YIWU Liao / Des balles et de l'opium.

 

Des balles et de l'opium

Des balles et de l'opium.
Liao YIWU.

Note : 5 / 5.
Un jour à Pékin.
Ce livre est un document exceptionnel sur une des pires répressions exercées par un pouvoir sur son peuple.
Je pense que tout le monde a vu ces images de la place Tian'anmen où un jeune homme empêche une colonne de chars de passer. Qu'est-il devenu ? Un numéro dans la longue liste des disparus. 
Le bilan humain est effroyable et méconnu ! Combien de victimes ? Chiffre tenu secret.
Pour commencer, « Le grand massacre » puis « Rappel des faits ».
Cet ouvrage est très riche en témoignages de toutes sortes, mais tous ces gens à qui Liao Yiwu donne la parole furent victimes à divers degrés de cette répression aveugle. Je ne peux pas décemment les dissocier donc je donne leurs noms, même si je ne parlerais pas de tous leurs témoignages car leurs destins sont les mêmes :
- Wu Wenjian, peintre du 4-juin. Wang Yan, un brave de la rue. Wu Dingfu, père d'une victime du 4-juin. Lui Yi, chef de l'équipe de maintien de l'ordre des citoyens. .Wang Lianhui, le brave des rues. She Wanboa, prisonniers de conscience. Li Hai, prisonnier de conscience. Chen Yunfei, dompteur. Li Bifeng, le poète. Liao Yiwi, poète.
Des arrestations souvent arbitraires, des prétextes cousus de fil blanc, contre-révolutionnaires, ennemis du peuple, etc... etc...
La suite est également la même pour tous : des peines de prison souvent très lourdes, jusqu'à 10 ans ou à perpétuité et aussi la peine de mort.
Le séjours en prisons étaient d'une cruauté poussée à l’extrême, et hélas, les « émeutiers du 4 juin » n'étaient pas les plus tendres entre eux.
Les retours à la vie civile étaient pour ceux qui avaient subi de lourdes peines, une autre épreuve. La Chine avait beaucoup changé, les anciens prisonniers y étaient devenus de parfaits inconnus et la plupart du temps des parias.
Avec en épilogue Liao Yiwu par Liao Yiwu. Donc il s'auto-interviewe en fin d'ouvrage. Il raconte avec beaucoup de pudeur ses propres années de captivité, celle d'un poète qui se voulait libre...
On y trouve ces lignes terribles : 
- En vérité, mes larmes ont alors jailli, la dignité du poète avait été totalement brisée.
L'épilogue, signé Marie Holman, comporte plusieurs textes de Liao Yiwu dont une élégie funèbre à Liu Xiaobo, prix Nobel de la paix, ami de l'auteur et décédé en détention.
L'écriture ici est sans effets de manches, c'est plus un document qu'un exercice de styles. Cela s'apparente à du journalisme et c'est que qui en fait la force.
Mais c'est glaçant ! Inhumain ! Monstrueux ! Comment est-il possible d’infliger de tels traitements à des êtres humains quel qu’en soit la raison ! Le pouvoir dit-on rend fou, le gouvernement chinois nous en donne la preuve.
Et trente ans après ces mêmes dirigeants sont toujours en place, sont accueillis en grande pompes dans le monde entier. Pour eux les gouvernements de nos démocraties déroulent le tapis rouge... rouge comme la couleur du sang.
Ce monde ne tourne vraiment pas rond !
Il est à noter que l'interviewer Lao Wei est le nom de plume de Liao Yiwu. 
Un énorme coup de cœur… à lire et à ne surtout pas oublier !
Extraits :
- Ils ne tremblent pas d'essuyer leurs bottes de cuir aux jupes des filles mortes.
- Les faits qui se sont produits ailleurs sont tombés dans l'oubli jour après jour.
- J'avais incendié un véhicule après l'« évacuation de la place Tian'anmen » le 4-juin. Cela représentait le « délit suprême, le crime le plus odieux » ; j'ai cru ma dernière heure arrivée. 
- Je me souviens de mon séjour à Paoju ; pour aller aux chiottes, il fallait l'autorisation du chef d'équipe, ensuite il fallait former un duo et s'accroupir cul contre cul.
- Je suis convaincu que je tiendrais jusqu'au jour où les victimes du
4-juin seront réhabilitées, et où nous pourrons consoler leurs âmes innocentes.
- Deng Xiaoping a assisté aux funérailles de Hu Yaobang, et en a fait le panégyrique. Ce nain hypocrite !
- Un bandit aguerri m'a dit que pour soutenir le mouvement étudiant patriotique, il avait participé à la grève générale du vol de Pékin. Du coup, le parti se sentant menacé, a commencé à verser le sang, au point que tout le monde en est resté stupéfié.
Éditions : Éditions Globe (2019).
Titre original : Zidan yapian : Tian'anmen da tusha de shengsi gushi (2017).
Traduit du chinois par Marie Holzman.

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20 mai 2019

Le MEUR Dominique / La promesse de Dublin.

La_promesse_de_Dublin
La promesse de Dublin.
Dominique LE MEUR.
Note : 4 / 5.
Sur l’Eire du mensonge !
Second roman lu de cet auteur né à Auxerre mais qui est professeur à Limerick en Irlande. J’avais lu « Où vas-tu Irlande ? » il y a plusieurs années, titre qui ne figure pas sur ce blog.
Rían est à l’aéroport de Montréal… il est venu honorer une promesse, sa promesse faite à Dublin, à Madison sa maîtresse canadienne. Depuis longtemps il jongle entre elle et son épouse Shona. Il excelle maintenant dans l’art difficile du mensonge, tentant de concilier deux existences, l’officielle et la parallèle.
Jusqu’à présent il s’en est relativement bien sorti, mais il sent bien que cela devient de plus en plus difficile. Les nombreuses excuses distillées pour l’une et l’autre risquent un jour de se retourner contre lui. Après quelques temps passés en Irlande, Madison retourne vivre au Canada… Rían décide de la rejoindre. Mais Madison n’est pas là… à la descente de l’avion, et son téléphone sonne dans le vide.
Alors Rían se remémore les dernières années de sa vie, son jeu de chaises musicales entre ses deux femmes, ses deux amours dans un pays en pleine mutation.
Un petit retour en arrière dans l’histoire : en mille huit cent quarante-sept, les années de grande famine sur l’île d’émeraude, le départ d’une famille pour l’Amérique, un fils malade ne pourra embarquer dans un bateau-cercueil et beaucoup arriveront au Canada avec son lot de cadavres.
Coincé à l’hôtel, il fait d’un café « Le Métropole » son point d’ancrage. Durant ces heures de solitude, des images lui reviennent en mémoire.
Son mariage avec Shona… ils sont différents, elle est difficile à vivre, passant d’une extrême à l’autre, s’enferme dans un mutisme absolu et dans sa chambre… aurait-il pu à ce moment-là tout arrêter ? Car il avait fait la connaissance de Madison, sorte d’opposé de Shona. Il revoit sa vie de militant dans une Irlande en évolution, les meetings contre l’installation de compteurs pour le paiement de l’eau. Les manifestations pour le mariage pour tous… toujours accompagné de Madison. 
Au bout de son séjour, avant son retour en Irlande, vers son ancienne vie, il est contacté par une dénommée Estel, qui se dit une amie de Madison et qui a plusieurs choses à lui dire !
Peu de personnages, à part le trio amoureux, Rían menteur patenté, de nature ou poussé par les circonstances ? Shona et Madison, chacune trahie par cet homme qui semble fuir ses responsabilités.
Un bon roman, avec une fin dramatique que rien ne présageait.
Un agréable moment de lecture mêlant la grande histoire de l’Irlande contemporaine et la petite histoire d’un de ses ressortissants.
Extraits : 
- Hier alors qu'il était sur le point, pensait-t-il, d'enfiler les oripeaux de sa nouvelle vie, il est peu à peu devenu un être en suspens.
- Et puis, les premiers migrants se sont organisés. Les sociétés diverses regroupaient les Irlandais d'origine.
- Disons les choses. Le dîner a été pour le moins bâclé. Laissant la place à un ouragan de sexe une bonne partie de la nuit.
- Je suis reparti dans le petit matin. Avec des promesses plein ma sacoche. Drôle de moisson.
- Le temps a fini par élaguer le maillage inconscient de branches protectrices pour finalement exposer mon dilemme à nu. L'étincelle d'un mot.
- Tout plaquer… en tout cas, le germe de l'idée était planté. Une idée romantique, illuminée. Inquiétante. Oppressante.
-Promets-moi que tu me rejoindras à Montréal l'année prochaine. Que nous construirons alors ensemble.
- Je crois qu'il pensait vivre dans une impunité totale, mais dans un pays comme l'Irlande, dans une ville comme Limerick qui n'est pas une mégalopole, tout finit par se savoir.
Éditions : DLM éditions (2019).

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15 mai 2019

FOURNEL Paul / Jason Murphy.

 

Fournel

Jason Murphy.
Paul FOURNEL.

Note : 4 / 5.
Avant la route*.
Troisième œuvre de Paul Fournel présente sur ce blog, après « Les athlètes dans leurs têtes » et « Manières douces » sous l’anagramme de Profane Lulu .
Qui est Jason Murphy ? Un écrivain du mouvement de la Beat Generation, son recueil de poésie « Sailing Shoes » traduit en 1954 par Marcel Duhamel sous le titre « Semelles de vent » . Il aurait d'après certains témoins écrit un ouvrage sur un rouleau de papier, à l’instar de Jack Kerouac pour « Sur la route » mais bien avant ce dernier ! Ce « Scroll », mythe ou réalité ?
En tout cas certaines personnes en France y croient et sont prêtes à aller vérifier sur place, quitte à employer des moyens pas très moraux pour cela. 
Une très belle blonde et inconnue se présente comme un cadeau chez le professeur Marc Chantier, elle lui est offerte et est venue pour faire l'amour avec lui. Elle dit se nommer Stern et, en réalité elle est brune et parvient à ses fins. Elle trouve sur le bureau de Marc un livre « Maggie Cassady » de Jack Kerouac.
Puis nous rencontrons un vieux clochard à San Francisco, vieux et bien déglingué par la vie...
Retour avec Stern et Marc, après l'amour, elle lui propose de parler de Jason Murphy.
D'autres personnages apparaissent, une jeune étudiante Madeleine Beillon qui, elle aussi, étudie les poèmes de Jason Murphy. D'autres érudits ou éditeurs semblent aussi s’intéresser soudainement à l’œuvre de cet auteur dont la carrière est souvent mis en parallèle, pour ne pas dire opposée, à celle de Jack Kerouac. En effet un bruit court, il aurait devancé ce dernier et il y aurait un manuscrit perdu écrit sur un rouleau...
Deux des protagonistes de ce roman pour des raisons diamétralement opposées vont tenter l'aventure et partir pour San Francisco...
Un inventaire à la Paul Fournel de la littérature américaine mais pas seulement de la Beat Generation. On trouve pêle-mêle les noms de Jack Kerouac, Allan Ginberg, Gregory Corso entre autres. Une autre figure majeure de ce mouvement littéraire est présente dans cet ouvrage, Lawrence Ferlinghetti, libraire, éditeur, écrivain et grand ami des écrivains de la Beat Generation.
Un avis mitigé sur ce livre, très bien documenté qui m'a permis de découvrir ce Jason Murphy qui m'était jusque là parfaitement inconnu. Écrivain qui a complètement disparu de la circulation depuis des années.

Mais ici aussi le doute s'installe, Jason Murphy est-il lui aussi,un mythe ou une réalité ?
Paul Fournel réussit le tour de force de créer de toutes pièces et de manière tout à fait crédible cet écrivain que certains qualifient de génie et d'autres de très mauvais ! Un brillant exercice de style.
Extraits :
- Une valeur sûre, un mystère, l'indémodable porte-jarretelles.
- Alors tu vas me baiser à la santé de Kerouac et de Gregory Corso. Au nom de ma thèse sur le Docteur William Carlos Williams qui sera brillante.
- Il aurait volontiers parié qu'elle choisirait une femme écrivain comme objet de son diplôme de fin d'études, son Défi : Carson MacCullers, Sylvia Plath ou Willa Cather, avait-il noté sur son papier aux devinettes, mais pas Jason Murphy.
- Kerouac l'aurait simplement copié.
- Ce serait un coup énorme. Un Kerouac avant Kerouac. Un nouveau scroll à dérouler sous les yeux du monde...
- C'était d'abord un fils de pute, Jason, commença Lawrence, il faut le savoir. Le plus doué et le plus con de tous. Plus con qu'Allen et plus doué que Jack
Éditions : P.O.L. (2013).
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Les athlètes dans leurs têtes.
Manières douces.
* Titre français de la traduction du premier roman de Jack Kerouac « The town and The City ».

 

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12 mai 2019

FAILLER Jean / C'est la faute du vent...

 

C'est la faute du vent

C’est la faute du vent... *.
Jean FAILLER.

Note : 4 / 5.

Au-temps en emporte le vent.
C'est avec plaisir que je retrouve Mary Lester pour ce cinquantième roman, toujours signé de Jean Failler.
Un homme, Armand Demaisieux, marche dans la baie d'Audierne. C'est un acteur en vogue, qui, entre deux tournages, vient se reposer en ce lieu. Au cours de sa promenade, il croise une femme boitillant qui vient de se tordre la cheville. En homme galant qu'il est, il la persuade de s'arrêter chez lui et lui prodigue les premiers soins. Il la raccompagne ensuite à l'hôtel. Elle se nomme Florence de Saint-Marc, vice-championne olympique d'équitation. Ils prennent l'habitude de se voir et une romance naît entre eux. Mais un jour au cours de leur promenade amoureuse, ils découvrent le cadavre d'une femme dans un endroit désert près d'un blockhaus, vestige de la dernière guerre. Sur un papier froissé dans la poche de la victime figure le nom de Mary Lester, qui de  ce fait se trouve partie prenante dans l'enquête avec les gendarmes et le peu sympathique major Papin, commandant de la brigade de gendarmerie de Pont-l'Abbé.

Qui est cette femme et qui l’a tuée ?
Et si le mystère se trouvait à Kerplouz, cette maison abandonnée, depuis la mort des propriétaires et vendue depuis à un riche politicien allemand. La fille de la famille vit en région parisienne, et le fils hante souvent les lieux entre deux séjours en hôpital psychiatrique. 
Un détail dénote dans le paysage, pourquoi cette demeure n’a t’elle pas été restaurée pas son nouveau propriétaire ?
Et un second cadavre est découvert… 
Mary Lester, toujours égale à elle-même… fine enquêtrice pleine d’humour et son adjoint Fortin, colosse placide mais efficace, les deux font toujours la paire. 
L'acteur de cinéma et la vice-championne olympique d'équitation, forment le couple sympathique de ce roman, et le major Papin, l'image d'Épinal du gendarme borné et jaloux de ses prérogatives. 
Milar, un pauvre homme, un niais, parlant uniquement le breton semble le coupable idéal.

Et bien entendu quelques truands mal intentionnés sous couvert d’actions politiques.
Georges Brassens chantait « Lle temps ne fait rien à l'affaire ». Partant de ce principe, les aventures de Marie Lester sont toujours un régal de lecture, malgré le temps qui passe. Une histoire d'actualité bien dans l'air du temps.

C’est toujours amusant qu’une histoire se passe dans des lieux connus, ici les environs de la pointe de la Torche, et Saint Guénolé et de Penmarc’h où se déroule le festival du Goéland Masqué et où je rencontre Jean Failler.
Extraits : 
- Un paysage grandiose défiguré par la verrue de béton bâti par les nazis et de laquelle, trois quart de siècle après leur départ, sourd encore comme un parfum de mort.
- Il pensait n'avoir fait que son devoir en prévenant les autorités et il n'avait jamais envisagé qu'un gendarme trop pointilleux transformerait cet acte de civisme élémentaire en cauchemar.
- On dit que chercher à comprendre c'est commencer à désobéir.
Parce qu'on les voit venir de loin, et surtout que sur cette terre de pilleurs d'épaves, on se méfie comme de la peste de tout ce qui porte l'uniforme, surtout si c'est un uniforme de gendarme.
- Sauf votre respect, c'est bien rare que les financiers internationaux oublient la plus petite parcelle de leur patrimoine.
- Quel âne ce gendarme ! Milar ne parle que le breton ! Je vous assure qu'il est parfaitement audible.
- Elle retourna auprès de Milar qui n'avait pas bougé, ouvrit son ordinateur portable et entreprit de lui faire la conversation en breton.
- Et du breton bégayé, bredouillé, le tout avec l'accent bigouden, il n'y a pas grand monde qui peut le comprendre.
Éditions : Palémon éditions. (2018).
* 50ème enquête de Mary Lester.

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09 mai 2019

BONNIE Julie / C'est toi, Maman, sur la photo.

C'est toi Maman
C’est toi, Maman, sur la photo.

Julie BONNIE.

Note : 4 / 5. 

La vie en chantant.
Romancière que je découvre avec ce roman, fortement autobiographique qui est le second qui soit édité après « Chambre 2 ».
Le personnage principal de ce livre est Julie, elle a quarante- six ans,  est musicienne et écrivain. Elle se remémore sa jeunesse, membre d’un groupe de musique qualifié de « rebelles ». Ses enfants s’interrogent en regardant les photos de cette époque lointaine dans le temps mais présente dans ses pensées.

Au début de l’aventure, c’est Tours, sa ville natale, ville de province plutôt calme, une famille ordinaire, tous deux enseignants, donc une certaine aisance financière et un bel appartement.   
Julie a treize ans et apprend le violon, enfin le violon classique, pas le violon violent qui sera sa raison de vivre pendant des années. Elle a des amis comme tous les jeunes de son âge, qui aiment la musique, mais pas celle de leurs parents. Alors, entre eux, elles et ils, créent un groupe de musique avec un nom qui sonne bien « Myosotis ». La vie musicale peut commencer… mais il y a loin des rêves à la réalité. Car dans la jungle musicale comme dans les autres jungles, il y a beaucoup d’appelés mais peu d’élus. Mais pour l’heure la gloire est locale, le répertoire s’étoffe. 
Julie rencontre l’amour en la personne de Nicolas, ils emménagent ensemble au centre-ville de Tours, puis Nicolas devient le manager du groupe, à lui de trouver des concerts… et de s’occuper de tout le reste. Dont un studio pour les répétitions et changer la forme du groupe, fini le trio gentillet, il faut du lourd… un batteur Rod est là pour cela.
Les tournées peuvent commencer… au camping de Concarneau !
Mais les tournées pour un groupe de débutants donc pas connu, c’est plus la galère que la gloire. Les déboires, les concerts derrière l’ex-rideau de fer, Allemagne de l’Est, Tchéquie, Slovaquie par exemple, l’alcool, la drogue, les kilomètres en camion… L’ambiance du groupe s’en ressent, les dissensions s’aggravent, des bébés naissent, l’implosion est proche. 
Baroud d’honneur, faire la connaissance des « Inch » dont ils font la première partie pour une tournée en ex RDA…
Julie, Clarisse, Sylvestre, Rod, Ben et Nicolas, des vies hors normes, des rêves accomplis envers et contre tout, un parcours plein d’embûches mais aussi de satisfactions d’amour vécu comme ils le désiraient.
La Grande Histoire est partie prenante dans ce texte, le monde politique et également le monde musical.
Un livre très intéressant sur le monde de la musique qui n’est pas celui des supers stars. Une découverte. 
Extraits :

- Tours-Berlin : mille trois cents kilomètres.
- Ici, des jeunes gens tentent d'inventer un nouveau mode de vie.
- Une faune sérieuse, un régiment d'anarchistes, un bataillon de punk, le jour de Noël.
- Elle quitte Tours et ne reviendra jamais y habiter. En silence, elle adresse une petite prière à personne, histoire de dire adieu proprement.
- Le groupe se retrouve, perdu dans la nuit, à construire un château de cartes.
- Myosotis est invité par une secte dont le message est « Tout résoudre par le sexe ». Le public qui suit le séminaire paye une fortune.
- Deux cents concerts, cela représente peu de soirs dans son lit, à la maison. La maison c'est le camion.
Éditions : Globe (2019).

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