Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

06 avril 2020

BOSCO Henri / L'enfant et la rivière.

 

H
L’enfant et la rivière.
Henri BOSCO .

Note : 4 / 5.

Au fil de l'eau...
Court roman en cinq chapitres de cet auteur provençal, dont je découvre l'œuvre et qui est le second chroniqué sur ce blog.
Titres de chapitres :Tentation. L'île. Les eaux dormantes. Le montreur d'âme. Solitude de Pascalet.
Comment résister à la tentation qui résulte d’un interdit familial. Ne pas aller à la rivière. Pascalet Boucarut aimerait y aller, mais c’est strictement déconseillé par ses parents. Sa tante Martine vit dans la maison, vieille femme un peu acariâtre, semblant venir d’une autre époque. La famille reçoit souvent la visite de Bargabot, un braconnier qui les fournit en poissons de cette mystérieuse rivière.
Un jour, profitant de l’absence de ses parents, et malgré la présence de sa tante Martine, il décide de profiter de l’occasion… découverte mais il rentre tard et est sermonné par sa tante.
La tentation est toujours là, alors il y retourne, découvre l’île et ses habitants, des bohémiens. Ils ont un prisonnier, un jeune garçon,Gatzo, qui est attaché et fouetté.
Pascalet profite de la nuit pour le délivrer, commence alors pour les deux garçons des jours d’aventure et de liberté. Pascalet découvre la nature, la pêche, la vie sauvage et la liberté… Un jour les deux amis rencontrent une petite fille, Hyacinthe, de leur âge accompagnée de son âne nommé Culotte. On les retrouvera dans plusieurs autres romans d’Henri Bosco.
La venue d’un théâtre ambulant dans le hameau va changer le cours de la vie des deux garçons.
Car la liberté a un prix et hélas une fin.
Pascalet et Gatzo sont les héros de ce livre, enfants de mondes très différents. Ils s’entraident dans ces quelques jours d’une existence d’aventure dans un monde sans adultes. Gatzo est plus hardi, n’ayant semble-t-il, pas eu de contraintes familiales.
La tante Martine, figure de la vieille fille pleine de principe, et son opposé, Bargabot, braconnier et pêcheur impénitent, ivre de liberté.
Un roman que je qualifierais de livre jeunesse, très bien écrit, décrivant un voyage initiatique pour Pascalet.
Une lecture agréable, ode à la découverte et à la nature. Une brillante description d’un monde perdu.
Extraits :
- C'était une femme à l'antique avec la coiffe de piqué, la robe à plis et les ciseaux d'argent pendus à la ceinture.
- Le Bon Dieu a pitié du pauvre Monsieur Boucarut, et j'ai la main.
- Tout à coup devant moi se leva une digue. C'était un haut remblai de terre couronné de peupliers. Je le gravis et je découvris la rivière.
- La petite fille était en haillons. Des yeux noirs, une peau bistrée. Quelle étrange créature !
- Chaque mot contenait une intention, chaque mouvement son utilité. Il était économe de son âme. Mais son âme était là.
- Le feu, enfin, sans quoi la nourriture est inhumaine. Le feu qui réchauffe et rassure. Le feu qui fait le campement.
- Et soi-même on rentrait dans le sommeil entraînant longtemps après soi ce chant brûlant et solitaire…
- C'est l'âne enchanté du pays, nous dit Hyacinthe.
- Car d'être seul dans la nuit en ces lieux sauvages mais prouver moins que de penser à la trahison de Gatzo. Il avait brisé, en partant, l'amitié la plus belle de ma vie. J'en souffrais beaucoup.
Éditions : Première édition 1945. Gallimard (1953).
Folio pour l’édition poche. (1975).
Autre titre de cet auteur sur ce blog :
Le mas Théotime.

 

Posté par eireann yvon à 09:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,


04 avril 2020

ELLROY James / Extorsion.

Extorsion
Extorsion *
James ELLROY.

Note : 4 / 5.
Mémoires (croustillantes) d’outre tombe.
Il y a bien longtemps que je n’ai pas lu James Ellroy. J’ai estimé que pendant des années sa production ne me convenait pas, livre trop volumineux ou sans intérêt comme, « Destination morgue » qui me semblait être un ouvrage alimentaire. Mais ce court roman me tente, alors pourquoi pas ?
Le thème est très original : un personnage Freddy Otash, peu fréquentable s’il en est, ex-policer, détective privé et maître-chanteur, fournisseur de ragots au journal « Confidential » !
Il est mort et depuis vingt ans au purgatoire. S’il accepte d’écrire ses souvenirs avec l’aide d’un écrivain nommé James Ellroy, il pourrait obtenir un bon de sortie ! Et sa vie est pire qu’un roman et lui un des êtres les plus abjects de l’histoire d’Hollywood.
Alors il va balancer, bon, tous les gens qu’il dénonce sont morts et ne peuvent pas se défendre.
Freddy Otash était dans la police et se décrit ainsi : baraqué, beau mec et sauteur de sublimes salopes. Il accepte de tuer un délinquant, un môme qui aurait tué un policier, Il abat l’homme mais le policer survit !
Il rencontre Ellroy qui travaille sur une série télévisée qui se nommera
« Extorsion » qui racontera la vie d’Otash. Et c’est la vie bien remplie d’un pourri.
Un appartement baptisé « Le terrain atterrissage » pour des parties de jambes en l’air à trois, Liz Taylor est une hôtesse de l’air prénommée « Barb Bonvillain» qui lui vaudra pas mal de soucis plus tard. Il se revoit en photo avec Franck, Dino et Sammy (Sinatra, Martin et Davis Jr). Il se vante d’avoir été leur homme de mains. Il parle aussi de son grand amour, Joi Lansing.
Mais dans cet inventaire il faut mentionner les noms des gens qu’il a détruit d’une façon ou d’une autre et qui le torture au Purgatoire.
Il perd son poste dans la police, puis sa licence de détective et commence une carrière de collaborateur au journal « Confidential »…
En avant les ragots et fausses ou vraies nouvelles du tout Hollywood...
Énormément de personnages dans ce qui ressemble à une nécrologie des monstres sacrés du cinéma américain. Monstres sacrés et leurs problèmes sexuels, minés par la peur du scandale, être homosexuel à l’époque, c’était la fin de carrière assurée.
On croise tout ou presque tout le gratin du cinéma américain, pas pour leurs qualités d’acteurs mais leurs manies ou déviance sexuelles. De Liz Taylor déjà nommée à John Wayne en passant par Gary Cooper, James Dean, Maryline Monroe ou Ava Gardner, et de nombreux autres.
Pas un grand James Ellroy mais un livre qui se lit très bien, sorte de « Les Potins de la Commère » version trash avec drogues, dollars et sexes à gogo !
Extraits :
- Le purgatoire c'est la zone. On s'y retrouve coincer dans le corps qu'on avait sur terre quand on est mort. On avale rien d'autre que de la bouffe des lignes aériennes, classe loquedu. Il n'y a pas de picole, pas de liaisons lascives, pas de femmes.
- Il m'a tout piqué pour camper un personnage de son roman surmédiatisé L.A. Confidential.
- Mon nom et mon numéro de téléphone sont imprimés en plein milieu. Juste au-dessous, on peut lire : «M. Vingt trois Centimètres ».
- Le chemin des souvenirs. Pour les vieux, c'est la seule destination.
-Des armes, de la came et un médecin marron. Ma maîtresse me plonge dans la culture de la corruption.
- Et Don « Le bourricot » est la huitième merveille du monde, si vous voyez ce que je veux dire.
- L.A. en 53-c'est la fête du calcif!
- En une semaine, je deviens mon propre alter ego.
- Autant vous prévenir : le coït lui-même est très bref. Je ne mâchais pas mes mots : le sénateur Kennedy n'a besoin que de deux minutes.
- C'est l'épicentre égalitaire de l'Amérique d'après-guerre. C'est la colossale convergence des super riches et des super beaux, des désacralisés et des déséquilibrés, des ex-patriotes extrémistes exubérants.
Éditions : Rivages / Noir (2015).
Titre original : Shakedown (2012).
* Les confessions de Freddy Otash .
Traduit de l’anglais par Jean-Paul Gartias.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Un tueur sur la route.
Brown requiem.
Destination morgue.

Posté par eireann yvon à 08:09 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

01 avril 2020

CONOVER Ted / Au fil du rail.

 

Au fil du rail
Au fil du rail*
Ted CONOVER .**

Note : 5 / 5.

Sur les rails…
Pour lutter contre le confinement, la littérature et celle du voyage, pas celle des croisières, non celle des pionniers, des ouvriers et des vagabonds. Après Nelson Algren et son «  Un fils de l’Amérique », je reprends le train.
Dans ce livre reportage, Ted Conover parcourt les États-Unis, non pas, à l’opposé de Jack Kerouac « Sur la Route », mais principalement par le rail.
En 1980, Ted Conover est un étudiant en anthropologie de 22 ans lorsqu’il décide de s’immerger dans l’existence des derniers « Hobos », sans domicile fixe, vagabonds des grands espaces, « Brûlant le dur » suivant l’expression consacrée.
Durant les premières pages de ce récit, il nous explique pourquoi les « Hobos » sont en voie de disparition à l’heure actuelle. Parmi les causes, la nouvelle configuration des trains de marchandises et également le changement d’attitude du personnel des chemins de fer.
Mais cela n’arrête pas le jeune homme, alors, suivons-le dans ses nombreuses aventures.
Sauter dans un train en marche, se cacher des « Bouledogues », surnom des policiers du rail chargés de la répression, décoder les compagnies où les cheminots sont les plus sympathiques, trouver les villes, souvent inconnues qui sont des « nœuds ferroviaires » où plusieurs lignes et compagnies se croisent, bourgades où le nombre des lignes est le plus important. Mais cela n’empêche nullement de partir au hasard, ne pas savoir quelle sera la prochaine destination, le prochain arrêt, la ville étape suivante ! Sauter d’un train sans savoir où l’on va ! Il va beaucoup apprendre des us et coutumes de ces gens du voyage, le vocabulaire de ces hommes, avec Lonny qui l’acceptera durant ses premiers voyages.
Connaître les bonnes adresses et leurs appellations dans chaque ville, celles pour survivre, le « Sally » l'armée du salut, le « Wally » Goodwin Store, « St Vinnie » Saint Vincent de Paul, etc...
Il y a des différences et une hiérarchie dans le monde des marginaux : trimard, c'est le haut du pavé, le trimard voyage et travaille, le hobo voyage mais ne travaille pas, le clodo ne voyage pas et ne travaille pas. Le carotteur est l’équivalent de clodo !
Mettre son orgueil de côté, accepter de mendier, de fouiller dans les poubelles des restaurants, d’être d’une propreté plus que douteuse après avoir passé la nuit dans un wagon de… charbon.
Une situation insolite, passer la nuit à dormir dans une voiture neuve tout en étant passager clandestin dans un train de marchandises
livrant des automobiles !
Retour à Denver, sa ville natale, rencontrer une amie de lycée, croiser des amis de la famille, mais ne pas aller voir celle-ci. C'est également dans cette ville qu'il connaîtra pour la première fois la prison.
Et les voyages continuent tant bien que mal.
Être confronté
à la violence, au racisme pour les rares hommes de couleurs, connaître le froid, la faim et le mépris du monde dit « normal ». Dans les analles criminelles américaines, il y a eu au moins deux tueurs en série ayant adopté le mode de vie hobo et qui de ce fait furent très durs à démasquer.
Durant ces années erratiques, Ted Conover rencontrera de nombreux personnages, des hommes surtout, une seule femme Sheba qui habitait dans un abri confectionné par un empilement de pneus, pour avoir le matériel de son ouvrage.
Ted Conover est un spécialiste de l’infiltration, il a, entre
autre, été gardien de prison à Sing Sing, travailleur immigré parmi les clandestins mexicains ou chauffeur de taxi à Aspen, station de sport d’hiver huppée !
Un livre document sur un mode de vie en voie d’extinction.
L’écriture est sobre,
journalistique donc sans effets de manche. Quelques références littéraires en plus de Jack Kerouac, Georges Orwell pour « Dans la dèche à Paris  et à Londres» et Ben Rietman pour « BoxCar  Bertha ».
Une lecture enrichissante, une écriture un peu froide mais agréable.
Ouvrage agrémenté de plusieurs photos.
Il y a dans ce livre un passage que je trouve très intéressant :
Dans « sur la route » de Jack Kerouac, que j'avais lu pendant l'été, j'avais été frappé par la récurrence de l'adjectif « triste » pour décrire presque tout ce qui était lié à ces voyages-« la triste autoroute », « la triste ville », « la triste nuit américaine ». Pourquoi, mettais-je demandé, fallait-il que ce fut triste ?
Extraits :
- La confiance n'est pas chose facile sur les rails.
- Figurant de cette scène spectaculaire, il semblait plein de références, misérable hobo dans une vaste cathédrale naturelle.
- À présent je réalisais que, sauf si tout un tas de choses dans ma vie tournait mal, je ne pourrais jamais vraiment être un hobo. Devenir un hobo, c'était emprunter le rude chemin d'une forme de crise personnelle qui débutait bien avant les rails.
- Sur un train en mouvement, le hobo peut se sentir invincible. Une fois au triage, en revanche, il retrouve ses principaux ennemis naturels : la police, les autres hobos, et les trains eux-mêmes. Tous deviennent plus dangereux à la nuit tombée.
- La picole était simplement une autre façon de voyager.
- Il n'était pas censé y avoir de classe paysanne aux États-Unis, et les millions de Mexicains sans-papiers en formaient pourtant une.
Éditions : Éditions du Sous-Sol (2016).
Titre original : Rolling Nowhere ( 1984).
Traduit de l’anglais ( États-Unis) par Anatole Pons.
* L’Amérique des Hobos.
** Un reportage de Ted Conover.
Autres titres consacrés au mouvement hobos sur ce blog :

TULLY Jim : Vagabonds de la vie.
RIETMAN Ben : BoxCar Bertha.
KROMER Tom : Les vagabonds de la faim.
ALGREN Nelson : Un fils de l'Amérique.

 

Posté par eireann yvon à 09:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,

29 mars 2020

BUKOWSKI Charles / Au Sud de nulle part.

Au Sud (2)
Au Sud de nulle part.*
Charles BUKOWSKI.

Note : 4 / 5.
Au sud ou au nord, c'est du pareil au même !

Un recueil de vingt sept textes du grand Charles Bukowski qui traîne dans mes livres à lire depuis plusieurs années, je pense. Alors je m'y colle !
M'armant d'un grand courage, je vais vous donner les titres des nouvelles, mais ne vais pas vous parler de toutes!
Solitude. Tap tap contre le rideau. Paradis interdit. Politique. L'Amour pour $17,50. Deux pochards. Maja Thurup. Les Tueurs. Un homme. La Classe. Arrêtez de lorgner mes nénés, mister . À propos d'un drapeau vietcong. Tu ne sais pas écrire une histoire d'amour. Guerre et Taule. Pittsburgh Phil and Co. Dr. Nazi. Le Christ à patins à roulettes. L'Expéditionnaire au nez rouge. Le diable était en chaleur. Tripes. "Un boulot comme un autre". Voilà ce qui a tué Dylan Thomas. Pas de cou et mauvais comme une teigne. Les morts aiment ainsi. Tous les trous du cul de la terre et le mien et Confessions d'un homme assez fou pour vivre avec des bêtes.
Des textes courts, bref des brèves de comptoirs à la Bukowski.
« Solitude ». Une femme, un jour trouve sur une voiture le message suivant « JE CHERCHE UNE FEMME ». Pourquoi répondre ou pourquoi ne pas répondre ? Elle répond. Est-ce la bonne solution ?
« L'Amour pour $17,50 ». Une petite amie est supplantée par une poupée gonflable ! Était-elle si gonflante que cela ?
« Les Tueurs ». 
Deux hommes sont en route pour un vol, mais cela dégénère, en viol et assassinats. La fin est d'un cynisme absolu.
« 
 Arrêtez de lorgner mes nénés, mister ». Avec ce texte Bukowski nous amène à la conquête de l'Ouest Américain dans les pas de Gros Guss. Celui-ci est ce que l'on pourrait qualifier de bien membré. Au point de faire perdre la tête à une jeune fille qui pourtant ne voulait pas qu’il lui lorgne les nénés. Parfois femme varie, son petit ami en fera l'amère expérience.
« 
 Le diable était en chaleur ». Il est prudent de ne pas revenir avec un diable en chaleur chez soi. Il pourrait vous griller la politesse avec votre compagne ! C'est un chaud lapin.
Je vous laisse découvrir le reste de ces récits plein de sexes et d'alcools.

Henry Chinasky est le narrateur principal de ces récits fortement autobiographiques.
Beaucoup de personnages en tout genre passent au fil des pages, peu sont dans la normalité, femmes et maîtresses, joueurs et buveurs, condensé de l'univers des laissés pour compte de l'Amérique triomphante. Il est également question d’écrivains célèbres comme Ernest Hemingway ou Dylan Thomas.
Ginsberg fait un passage éclair, car ses tarifs pour une lecture sont supérieurs à l'écrivain de « 
Tu ne sais pas écrire une histoire d'amour ».
La Sainte trilogie à la Bukowski, (par ordre alphabétique) alcool, courses de chevaux et bien sûr le sexe ! C’est cru, ordurier, parfois vulgaire mais jubilatoire !
Âmes sensibles, puritains de tous poils, passez votre chemin !
Extraits :
- Y a des types qui aiment baiser des emmerdeuses, moi pas.
- Mon ami m'a demandé de prendre le bus avec lui jusqu'à San Diego, ajoutant que c'était peut-être la dernière fois qu'on se voyait. Il avait raison.
- Brenda était bien roulée. Ses seins avaient tendance à s'affaisser, mais elle possédait de belles jambes, et un cul superbe.
- Financièrement parlant, il valait manifestement mieux avoir une chatte qu'une queue.
- Si, il bandait. Il bandait tout le temps. Mais il ne savait pas comment rendre une femme heureuse, tu vois.
- Tu es fini. Les thèmes sont limités, très limités. Tu sais pas écrire une histoire d'amour tu sais même pas écrire une histoire d'amour décente.
- D'accord, je suis un type à problèmes. D'ailleurs je me considère comme responsable de la plupart de mes problèmes.
- En ce qui te concerne, je suis Dieu. Et je suis un dieu qui n'est pas prêt à pardonner les péchés de débiles profonds.
- 7 h 20. Il lui fit signe d'apporter une autre bière. Elle se pointa en souriant, tenant la bière devant ses seins. On ne pouvait pas s'empêcher de l'aimer comme ça.
Éditions : Grasset & Fasquelle (1982)/ Le livre de poche.
Titre original : South of no North Stories of the Burried Life (1973).
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Brice Mathieussent.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Contes de la folie ordinaire.
Sur l'écriture.
Factotum.
* Contes souterrains

 

Posté par eireann yvon à 09:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

25 mars 2020

PER Dominig / On ne bâtit jamais rien sur du sable.

Couverture Dominig Per

On ne bâtit jamais rien sur du sable.
Dominig PER.

Note : 5 / 5.

Des châteaux en Bretagne.
Quatrième ouvrage de Dominig Per chroniqué sur ce blog.
L’enfance, période de notre vie qui nous marque et qui reste dans nos mémoires avec le risque de travestir, consciemment ou inconsciemment la vérité. Dans ce recueil de récits, l’auteur, avec plein d’émotions et parfois de mélancolie, nous raconte son enfance en Bretagne.
Des années de jeunesse en plusieurs récits dont voici les titres, chacun étant accompagné d’une illustration photo :
L'enfant que j'étais. Mes petits chaussons rouges. Le savon de Marseille. La bouteille de SIC à l'orange. De la main gauche. Chez Tante Jeanne. Le dessin de mon père. Le plus beau jour de ma vie. La mort. La belle en moi dormant. La mélancolie. Le Père Noël. L'aventure. Les départs et L'enfant que je n'ai pas eu.
Les sentiments que l’on connaît durant son enfance sont divers, ensuite aussi d’ailleurs, mais cette période de la vie est primordiale pour beaucoup d’entre nous.
L’auteur se présente dans « L’enfant que j’étais » accompagné d’un portrait, un visage avec quelques tâches de rousseur aux yeux rieurs !
Parfois hélas, on connaît la honte, provoquée
par les autres enfants ou par un adulte un peu cruel. Arriver à l’école en chaussons rouges et provoquer l’hilarité des autres, ou alors casser sa bouteille de soda à la piscine et subir une punition absolument disproportionnée !
Il y a aussi des moments de grand bonheur, inattendus comme dans « Le plus beau jour de ma vie », des moments de désillusion, comme apprendre à brûle pourpoint que le père Noël n’existe pas !
« L’aventure », c’est la première promenade en solitaire dans le centre-ville, découverte en cascade, la mer, les horizons lointains, les bateaux, l’Angleterre au loin. Immense bonheur des enfants du bord de mer… l’imagination...plus loin… encore plus loin !
Hélas, la vie reprend ses droits dans « Les départs ». La famille après un retour au pays natal retourne vers Paris et le travail. Tristesse !
La mort aussi, chose qu’un enfant découvre toujours trop tôt, le décès d’une grand- mère ou ici d’un grand-père… une partie de notre héritage culturel disparaît avec nos ancêtres.
Un dernier texte plein de mélancolie « L’enfant que je n’ai pas eu » clôt
cette série de très beaux récits.
J’allais, faute impardonnable, oublier l’amour et ce très beau chapitre « La belle en moi dormant ».

Dans ce genre de littérature, les personnages sont nombreux et très souvent centrés sur la famille, le père et la mère, les grands-parents, les oncles et les tantes, Jeanne en particulier, ou alors les autres « Les parisiens ». Ce qualificatif c’est pour les membres de la famille, les autres ont droit à l’appellation beaucoup plus péjorative de « Parigots » même s’ils sont Bretons !
Une très belle écriture, pleine de pudeur. Je pense que nous, la diaspora bretonne ou pas, avons beaucoup de souvenirs en commun, les grands-parent de l’auteur par exemple habitaient dans la cour de « Ty Coz », venelle au Beurre, ma grand-mère habitait au fond de la cour de « Ty Coz » , rue de Kernoa à Paimpol.
Extraits :
- Les souvenirs sont les étais qui soutiennent nos existences, les jalonnent.

- Mon enfance rôde en moi comme une ombre, comme pour me rappeler sans cesse à ton souvenir, toi le petit garçon que je fus.
- Se venger ? C'est se mettre au même niveau que son bourreau. Lui pardonner, c'est se situer bien au-dessus.
- Pour moi, c'était comme un voyage à travers le temps, vers une époque lointaine, un passé aux couleurs pastels, comme sur les cartes postales colorisées des années 1900.
- Et c’est dans ce décor, qui me convient si bien, que je persiste à exister. Je n'y vieillis pas, je m'y éternise !
- Il n'est jamais trop tôt pour goûter et savourer la liberté, ni pour la défendre.
- À la même époque, je regimbais contre les histoires qu’on voulait, avec une certaine duplicité, nous faire avaler au catéchisme et qui nous enfumait l'esprit. Et si tout cela était faux ?
- Chaque année au mois d'août, le train de Paris nous apportait oncles, tantes et cousins.
- À l'ordre du jour, j'ai toujours préféré le désordre de la nuit.
- C'est ainsi. On ne renverse pas le sablier du temps.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Être ou ne plus être.
Autres choses.
Un arc en ciel sur la joue.

Posté par eireann yvon à 14:29 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,