Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

08 février 2016

THIBERT Colin / Barnum TV.

 

Barnum TV
Barnum TV.

Colin THIBERT.

Note : 4 / 5.
Écran sans tain.
Découverte de cet auteur suisse avec ce roman consacré au monde de la télévision. Télé, ton monde impitoyable ! Le monde de la télé par le petit bout de la lorgnette, ses querelles intestines et ses magouilles en tous genres ! 
Diane de Grangeneuve, née Roubillot, épouse de Jérôme Thibault, parle avec Brida, jeune danoise débridée qui lui narre ses premières expériences sexuelles et lui offre un joint… Pour Diane, l’engrenage commence !
Pour son époux, Jérôme Thibault, les ennuis commencent. Il est directeur des programmes, numéro trois dans la hiérarchie (et donc dans l’échelle des salaires) de TéléMax. Et les statistiques ne sont pas bonnes, pour ne pas dire mauvaises ! 
Pascal Crépoil est scénariste, pour employer un euphémisme, en attente d’un contrat. Et miracle, TéléMax lui propose d’écrire les épisodes d’un feuilleton qui devrait lancer sa carrière. Sauf que l’audimat ne suit pas et il est remercié séance tenante !
Pour tous ces personnages, la vie change du tout au tout !
Diane découvre, en écoutant sa jeune fille au pair, que joint et sexe ne sont pas réservés à la jeunesse. Elle devient belle la vie, car elle se doute bien que son tendre époux coure plus souvent qu’à son tour le guilledou ! Avec toutes les belles actrices qu’il connait, c’est quasiment obligé… alors pour en avoir le cœur net, elle envisage d’employer un détective privé.
Lui, le pauvre Jérôme au boulot, c’est l’enfer ; il est tenu pour responsable des mauvais résultats de la chaîne, son ennemie intime tente de lui piquer sa place… et le pire est qu’il se meure de désir et d’amour pour la sublime et aguichante Kim. Superbe Coréenne qui lui fait perdre la tête !
Pascal aussi vit mal sa nouvelle situation. Retour case départ, à peine parti, à peine revenu. Sa compagne vient d’avoir un enfant, il le fête, mais un peu trop. Alors il écrit des scénarii ; dans chacun il tue un cadre de la chaîne qui a pour le moins manqué de fair-play ! Par contre lui, les plaies, il les affectionne, les meurtres sont particulièrement imaginatifs, les têtes tombent… les épisodes sanglants se suivent…
Pour tout ce beau monde la réalité dépassera la fiction, certains finiront mal, pour d’autres au contraire « Elle est belle la vie ».
Les principaux protagonistes de cette « Piste aux étoiles » désopilante sont :
Jérôme Thibault de Grangeneuve, anti-héros pathétique et pitoyable ! Un peu tartuffe, et naïf au boulot comme dans la vie, il perdra beaucoup. Ambitieux sans en avoir les moyens, il n’attire pas la sympathie au contraire de son épouse Diane, née Roubillot, qui commencera une nouvelle vie. 
Brita, fille au pair, par qui la fumette et le dévergondage arrivent, est une figure amusante et naturelle du roman.
Satire féroce, mais malgré tout pleine d’humour de l’empire audiovisuel.
La chasse au sacro-saint « Audimat » démystifié dans un livre jubilatoire.  
J’adore ce genre de roman noir débridé, mais à la plume acérée.
Juste une petite remarque, mais je pardonnerais volontiers à un auteur suisse de ne pas trop bien connaître le football français mais : 
TV Diff. 20h30 : football. Sochaux–Lens. Match retour de première division. En direct du stade Geoffroy Guichard. Commentateur : Georges Lepape et Rémi Fourcroy.
Il paraît quand même très étonnant que ces deux équipes se rencontrent à Saint-Etienne. C'est un peu comme si une rencontre de championnat chez eux entre Zurich et Genève se déroulait à Berne !
Mais c'est une peccadille comparée au reste de l’ouvrage qui est très bon ! 
Je n’avais aucune estime avant cette lecture pour les chaînes privées, strass et paillettes, mais encore moins maintenant ! 
Extraits :
- Ces vers sont indignes d'un directeur des programmes, mais ça lui fait du bien.
- Scénario boiteux ! Dialogue indigent ! Attitude caractérielle ! Ce sont leurs propres mots !
- Avec Kim à ses côtés, il a un mal fou à conduire. Son regard quitte sans cesse la route pour se poser sur les longues jambes nues, ou pour s'insinuer dans l'échancrure du débardeur. Rarement une femme lui a fait un effet pareil. Il transpire abondamment, ce qui n'est pas dans ses habitudes.
- Accablement général. Charlotte, qui présente la rubrique « forme et beauté » à 9h30, est superbement roulée mais parfaitement incapable de jouer la comédie.
- Elle qui a toujours été d'une scrupuleuse honnêteté ! Diane Thibault de Grangeneuve née Roubillot vient de faire ses premiers pas dans le monde du crime…
- Jusqu'ici tout pliait devant son désir : les femmes, les hommes et les événements. Et quelque chose est déréglée dans cette agréable mécanique, il ne maîtrise plus rien et ça l'angoisse.
Éditions : Gallimard/ Série noire. (2004)

 

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03 février 2016

ZWEIG Stefan / Brûlant secret.

 

brulants secrets
Brûlant secret.
Stefan ZWEIG.

Note : 4 / 5.
Nouvelles du temps jadis !
Auteur que je découvre (eh oui, j'ai de grosses lacunes) avec ce recueil (quatre nouvelles) très ancien. Ce livre existe en différentes versions chez plusieurs éditeurs.
La première qui donne son titre à l'ouvrage est divisée en une multitude de chapitres car c'est une nouvelle assez longue.
Un jeune homme, baron de son état, est pour une semaine en vacances. Détestant la solitude, son premier regard est pour les femmes qui sont présentes dans cet hôtel. Il s'en présente une grande et bien en chair, qui ne le laisse pas indifférent ! Sa bonne humeur renaît. Etant grand chasseur de femmes, il trouve la proie à son goût. La chasse peut commencer. La partie est engagée et pour séduire la mère, il se fait un allié, son fils. Mais celui-ci n'entend pas partager son nouvel ami avec sa mère, il découvre donc l'amertume, la jalousie et l'esprit de vengeance. Séduire le fils pour mieux séduire la mère, pas très moral tout cela. Un très beau texte et une très fine observation des réactions d'un enfant devant ce qu'il considère comme une trahison.
"Conte crépusculaire".
Pas tant que cela en réalité, car la position de ce garçon n'est pas des plus désagréables, être "victime" d'une femme inconnue, mais amoureuse, n'est pas arrivé à beaucoup d'entre nous. Mais ensuite le dilemme devient plus perturbant. Être amoureux d'une des deux sœurs, alors que c'est la seconde qui vous aime… Mais les années vont passer.
"La nuit fantastique".
Où ce qui semble n'être qu'une journée ordinaire dans la vie d'un homme désœuvré, entre champs de courses et conquêtes féminines va se transformer en plongée dans un monde inconnu composé de prostituées et de gens pauvres ! La découverte de soi au bout de la nuit.
"Les deux jumelles".
Le sous-titre indique de style "Conte drolatique". Acceptons-en l'augure, car, jusqu’à présent les occasions de rire furent très rares ! Honnêtement je n'ai guère souri. Deux sœurs jumelles d'une grande beauté, Hélène la débauchée, Sophie la dévote, le vice malheureusement l'emporte souvent sur la vertu ! Cette histoire le prouve encore. Un beau texte.
Pas beaucoup de personnages dans ces longues histoires, un trio inhabituel, le baron charmeur, l'épouse seule consentante et le fils de celle-ci qui s'estime trahi. Une histoire qui ne manque pas de charme ! Un adolescent qu'un corps mystérieux et féminin enlace et embrasse sans qu'il puisse la reconnaître. Et il a le choix. Laquelle ? Un rentier revenu de beaucoup de choses de la vie va passer une nuit très particulière. Sortir de son monde peut être une expérience enrichissante ! Deux sœurs jumelles, mais opposées, jouent un jeu dangereux, mais le désir est le plus fort !
C'est très bien écrit, mais je ne suis pas sûr que ce style ait du succès chez les éditeurs. Cela peut paraître vieillot et trop descriptif pour le genre de la nouvelle contemporaine qui est plus resserrée, plus dense et souvent plus courte.
Mais cet avis n'engage bien évidement que moi, et j'admets très bien que les puristes me fassent un procès et me brûlent en place publique !
Extraits :
- Si, du moins, il y avait quelques femmes, la possibilité d’un petit flirt – à la rigueur même innocent – pour ne pas passer cette semaine trop tristement.
- Ils sont toujours chargés de passion, non pas de la passion estimable de l’amant, mais de celle du joueur, froide, calculatrice et périlleuse.
- Il n’était pas lui-même sans ressembler à ces femmes qui ont besoin de la présence d’un homme pour tirer de leur être tout leur pouvoir.
- Depuis la veille il avait vieilli de plusieurs années ; un hôte étranger, la méfiance avait pris place dans sa poitrine d’enfant.
- Ces minutes inouïes qu’il vient de vivre avec une femme lui paraissent à présent toutes banales et insignifiantes à côté de l’éblouissant mystère qui l’attire comme deux yeux fascinateurs fixés sur lui dans la nuit.
- L’amour n’a peut-être pas de plus suaves moments que ces rêveries pâles et crépusculaires.
- Mais déjà elle s’était ressaisie et, tandis qu’elle se pressait mollement à son bras, elle laissait glisser vers moi un regard ironique qui signifiait : « Tu vois, c’est lui qui me possède et pas toi. »
- Une fois que quelqu’un s’est trouvé lui-même, il ne peut plus rien perdre dans ce monde. Et dès que quelqu’un a compris l’être humain qu’il y a en lui, il comprend tous les humains.
- Le Créateur a en effet doué les hommes d’un naturel contrariant : ils demandent toujours aux femmes le contraire de ce qu’elles leur offrent.
- Mais il ne faut pas tenter le diable, conseille un sage proverbe, sans quoi il vous saute à la gorge…
Éditions : Grasset. (Les carnets rouge). Le livre de poche.
Version originale : 1938.

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29 janvier 2016

BOURGOIN Stéphane / Sex Beast.

Sex Beats

Sex Beast.
Stéphane BOURGOIN.

Note : 4 / 5.
Entretiens avec un tueur et ses proches !
Stéphane Bourgoin est « Le spécialiste français » des tueurs en série, mais de Gerard Schaefer il écrit ce qui suit :
 - Depuis 1979, j’ai rencontré soixante-dix-sept tueurs en série. Chaque interrogatoire est difficile, stressant, usant d’un point de vue psychologique et moral, mais les heures passées en compagnie de Gerard John Schaefer restent parmi les plus marquantes de ma carrière.
Or étrangement celui-ci n’a pas la réputation d’autres tueurs en série au palmarès moins important si l’on peut dire !
Stéphane Bourgoin ne s’est pas beaucoup entretenu avec Schaefer, mais avec beaucoup de ses proches. Ex-femmes, ex-petite amie Sondra London en particulier, la journaliste Pat Quina, des policiers et autres personnes ayant côtoyé ce dangereux personnage !
Peut-on qualifier de normal son enfance et son adolescence comme le titre du troisième chapitre ?
Pas réellement, il me semble. Il s’habille souvent en fille et a des pensées suicidaires de très bonne heure, vers les dix ans, reconnaît-il ! Voyeur et obsédé par les culottes de femmes, il commence à espionner une de ses voisines (qui disparaîtra plus tard !). Fervent catholique, il cherche mais ne trouve pas grâce aux yeux de son père, s’isole de plus en plus. Ses moments de bonheur sont la chasse et la pêche et il a déjà des signes avant-coureur de déviances sexuelles. La pendaison est un moyen de jouissance, il se servira de ce mode opératoire dans certains de ses crimes ! Il prétendait avoir tué sa première victime, une jeune femme de 17 ans ! Il fut un temps enseignant, puis tenté par la prêtrise.
Diplômé de l’école de police, il fut pendant peu de temps, il est vrai, policier. C’est durant cette période qu’il commençât à faire parler de lui en enlevant deux jeunes filles, pensant qu’elles étaient fugueuses. Elles réussissent à s’échapper, il invente une histoire abracadabrante que ses supérieurs ne croient pas. Il est révoqué et commence alors son sanglant parcours. Il est condamné à un an de prison pour la séquestration des jeunes filles. Puis il est emprisonné pour les meurtres de deux jeunes filles Susan Place et Georgia Jessup. Au cours d’une perquisition chez sa mère, la police découvre des éléments qui le relient sûrement à beaucoup d’autres assassinats ! 
Il faut remarquer malgré tout que les tueurs en série sont pour la plupart des gens se vantant de crimes qui n’existent pas ! Ici par exemple Schaefer, comme il a voyagé en Europe et au Maghreb, dit qu’il a tué sur 4 continents ! Chose qui parait peu vraisemblable !
Il fut assassiné en prison et uniquement condamné pour deux meurtres dont il se disait innocent, hurlant au complot !
Un excellent livre sur un des tueurs les plus horribles de l’histoire (pourtant fournie) des serial-killers américains.
Extraits :
- Le procureur Robert Stone qui a assemblé tout le dossier d'instruction à charge ainsi que plusieurs agents fédéraux du FBI estiment que Schaefer a probablement tué près d'une centaine de victimes, ce qui est confirmé par plusieurs lettres du serial killer.
- Ce texte écrit par Gerard John Schaefer résume à merveille les fantasmes du tueur en série, présenté sous la forme d'une fiction. Lors de notre rencontre en novembre 1991 il m'a donné l'autorisation de le publier afin de démontrer « ses qualités d'écriture », le terme même qu'il a employé.
- Plus connu sous son pseudonyme de Sondra London, voici comment elle évoque cette idylle qui dure une année : « lorsque je l'ai vu pour la première fois, il était superbe, grand, un blond aux yeux bleus, très bronzé.
- Ce « brave garçon » catholique était habité d'un « complexe de la pute vierge ». La seule manière que j'ai de le qualifier.
- Il y fait allusion de manière succincte dans l'un de ces récits des années 1989/1990 où le personnage (qui est John) propose vingt dollars à une fille pour une pipe. Et si elle accepte, c'est pour devenir de la viande froide.
- En parallèle, John a suivi des cours d'écriture à l'université de Floride avec un auteur, Harry Crews, connu pour signer des romans de "Southern Gothic".
- Il est intimement persuadé qu'une mission divine lui a été confiée, celle « de détruire les prostituées et les femmes de mauvaise vie pour le bien-être de la
société ».
- « Pour moi, le cas Schaefer est exceptionnel car je n'ai jamais été confronté à un individu aussi déséquilibré. Un criminel comme lui on n'en croise qu'un dans sa carrière. »
- « Je n'ai jamais compris pourquoi son cas n'est pas aussi connu que celui d'un Ted Bundy ou d'un Jeffrey Dahmer car en Floride, les médias ont souvent fait la une avec lui. Sans parler des tabloïds consacrés aux affaires criminelles.
Éditions : Grasset (2015)

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26 janvier 2016

THOMPSON Hunter S./ Las Vegas Parano.

 

Las vegas
Las Vegas parano*
.

Hunter S. THOMPSON.

Note : 3,5 / 5.
Faites vos jeux, rien ne va plus !
Il y a des livres dont on sait pertinemment que l'on a envie de le lire, puis on l'oublie dans un coin de sa mémoire. Et un jour on le trouve par le plus grand des hasards chez un bouquiniste. C'est le cas !
J'aime beaucoup le sous-titre "Une équipée sauvage au cœur du rêve américain" !
Deux participants, ce n'est peut-être pas assez pour parler de horde, mais une certaine forme de sauvagerie est bien présente !
Donc embarquons avec ces deux phénomènes que je vous présente, un journaliste Raoul Duke et son acolyte et avocat, le docteur Gonzo, sont en route pour Las Vegas !
Voyage, qui, nous nous en doutons, ne sera pas de tout repos. La voiture est une décapotable flambant neuve. Le coffre est bien rempli, un rapide inventaire donne cette liste : de l'herbe, de la mescaline, des buvards imbibés d'acide, de la cocaïne, etc..., gardons pudiquement les quantités sous le coude. Le coude il y a de quoi le lever et faire passer ce qui est signalé plus haut : téquila, rhum, bière et... éther pur !
Un pauvre jeune auto-stoppeur est du voyage pendant un court moment (qui a dû lui sembler bien long). Arrivée des plus remarquées à l'hôtel, puis direction la course de moto que Duke est censé couvrir, car pour cela il est rémunéré. Et là entre dope et alcool, la conduite des deux acolytes un peu alcoolisés est sujette à caution. Et roulent les motos. La course devient dure à voir, la poussière du désert soulevée par les engins rendant la visibilité de plus en plus aléatoire. Alors il reste le bar.
Et les casinos et autres lieux de débauche ou de défonce à Las Vegas le soir sous les néons !
Une plongée sans masque, ni filet dans ce qui est, non pas la vie nocturne, mais la vie de tous les jours dans cette capitale du jeu perdue au milieu de nulle part !
Et la virée hallucinée continue, de plus en plus allumée, à la poursuite de la plus grande fumisterie qui soit, "Le rêve américain" (American Dream) où il y a un gagnant et des millions de perdants.
Et la route se poursuit semée d’embûches et de dopes !
Deux personnages principaux, disons très décalés, est un euphémisme ! Fous furieux, serait pas loin de la vérité, mais encore un peu en dessous ! Il faut bien préciser qu'une consommation plus qu'abusive de produits prohibés n'aide pas !
En plus de ces deux énergumènes, les autres êtres humains rencontrés sont aussi à eux seuls une galerie de portraits de l'Amérique profonde et très en marge de l'American Way of life des biens pensants.
Road-movie délirant, décapant et hilarant en plusieurs parties (au moins deux) avec encore plus de chapitres, certains ont des titres pour le moins évocateurs dont je vous offre un petit florilège :
Musique hideuse des coups de feu en pagaille... très mauvaises vibrations un samedi soir à Vegas.
Ce n'est plus nous qui couvrons l'événement, c'est l'événement qui nous couvre... Quelques aperçus de la presse en action.
Soirée en ville... Affrontements au desert inn.. Narcotiques frénétiques au Circus-Circus.

Un bon début mais, qui à mon goût, perd de l’intérêt au fil des pages.
Extraits :
- Ce n'est pas qu'on avait
besoin de tout ça pour notre petit voyage, mais une fois qu'on commence sérieusement une collection de drogues, on a tendance à vouloir la pousser jusqu'au bout.
- Les vieux éléphants se traînent dans les collines pour mourir ; les vieux Américains vont sur l'autoroute et conduisent jusqu'à l'agonie.
- Et c'est là que les ennuis ont commencé.
- Dans certains milieux, le Mint 400 vaut beaucoup beaucoup plus que le super Bowl, le Kentucky derby et les Lowers Oakland Roller Finals réunis.
- Quelqu'un déclara : « et voilà, c'est parti ! Ils repasseront dans une heure et quelques. Retournons au bar. »
- Vegas est la ville la plus mauvaise qui soit au monde pour celui qui perd.
- Là réside l'avantage principal de l'éther : il vous fait vous comporter comme le soûlard du village dans quelques primitifs romans irlandais...
- L’éther est la drogue parfaite pour Las Vegas. Dans cette ville, ils adorent les pochards. C'est de la viande fraîche.
- Un truc comme ça a de quoi envoyer un drogué balader contre les murs de sa chambre où il rebondirait en rond comme une balle de ping-pong.
- Seigneur ! Le monde ne tourne pas rond...
Éditions : Folio (1998).
Titre original : Fear and Loathing in Las Vegas (1971)
* Une équipée sauvage au cœur du rêve américain.

 

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22 janvier 2016

BUIN Yves/ Kerouac.

BUIN

Kerouac.
Yves BUIN.
Note : 5 / 5.
Kerouac, sa vie, son œuvre.
J’ai pour Jack Kerouac une sorte de fidélité pleine de sympathie. Il fut l’un de ceux qui me donnèrent le goût de la lecture, chose qui fût, mais je l’ignorais encore, un cadeau inestimable.
Encore une biographie de Kerouac, pourrions-nous penser ! Peut-être, mais celle-ci est écrite par un français, donc plus proche de notre façon de penser. Elle n’est pas non plus affaiblie par des traductions parfois approximatives comme c’est souvent le cas.
Ce livre commence par un chapitre dont le titre est « L’ancêtre », car il est bon de le rappeler, Kerouac est un nom breton. Pour moi à ce sujet, le livre de référence est celui de Patricia Dagier et Hervé Quemener « Kerouac, breton d’Amérique ». 
Les titres des chapitres concernent souvent des lieux ayant une importance capitale dans la vie et l’œuvre de Kerouac :
Lowell (lieu de naissance), Brooklyn, Manhattan, Ozone Park, Côte Ouest, Mexico, Paris-Tanger, Big Sur.
Certains sont plus généralistes, mais très évidents :
L’océan est mon frère, « La bande », Beat Generation, Neal Cassady, Dix ans d’anonymat, Célébrité, et Les femmes (certainement un des chapitres les plus déroutants de ce livre !)
D’autres sont tirés de l’œuvre de Jack :
On the Road (son œuvre maîtresse ou du moins son titre le plus célèbre), « Big Sur » (avec ces mots « Les poissons dans la mer parlent breton) et Vanité de Duluoz. 
Une œuvre de référence sur le sujet que j’ai beaucoup aimé et qui m’a permis de découvrir plein de choses sur Jack Kerouac. Il est aussi amusant de constater que celui-ci est toujours d’actualité, encore lu et toujours apprécié par les auteurs bretons en particulier (mais pas qu’eux !) et est souvent un sujet de conversation durant mes rencontres avec Louis Bertholom et Jacques Josse, par exemple.
Beaucoup de personnages surtout au cours d’une vie aussi aventureuse que celle de Kerouac. On rencontre bien sûr de nombreuses célébrités, et autres écrivains renommés qui furent les compagnons de route de Kerouac. Je ne les nommerais pas tous ici : Burroughs, Ginsberg, Corso, Henri Miller pour un rendez-vous manqué, et bien sûr Neal Cassady, sorte de double, modèle de Dean Moriarty. Je sais pertinemment que j’en oublie, mais la liste serait beaucoup trop longue.
Une très belle écriture pour une œuvre qui a dû sûrement nécessiter des années de documentations, de multiples recherches et de nombreuses lectures.
Un autre avantage de ce livre est une rubrique « Annexes » très fournie, avec des repères chronologiques, des références bibliographiques très nombreuses et d’ouvrages uniquement en français. Ce qui permet aux lecteurs intéressés de poursuivre la découverte de cet auteur aussi attachant, mais malheureusement souvent ingérable.
Une découverte, et un grand coup de chapeau à l’auteur. 
Extraits :
- Sammy est atterré et fort attristé par le comportement de Jack et son appétence maintenant évidente pour l'alcool.
- En revanche, il boit et beaucoup. Apostolos en est effaré. En très peu de mois, Kerouac a basculé dans les excès. Il a 20 ans.
- Tout d'abord, il lui faut s'arrêter à Denvers pour voir Neal Cassady. En juillet 1947, il a 25 ans. Il est prêt pour le rêve.
- En particulier, il n'aimera jamais Kerouac, ni l'homme (« un soûlographe ») ni ses livres (« à peine des livres) ».
- Il n'est plus qu'à quelques jours de la sortie de « 
Sur la route » et de l'entrée dans la célébrité qui s'avérera funeste.
- S'achève alors la décennie obscure, improprement obscure pourrait-on dire tant elle a été riche en écrits, en dépaysements, en débordements, en expériences extrêmes. Kerouac a 35 ans.
Éditions : Folio biographies (2006)

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