Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

17 décembre 2014

PRILLEUX Frédéric/ Marions-les!

img433

Marions-les.
Frédéric PRILLEUX.
Note : 4 / 5.
Oubliez le meilleur, on vous offre le pire !
Quinzième opus en noir majeur publié ! Petit coup de publicité personnelle, tous ces recueils sont visibles sur ce blog! Qu'on se le dise, et que l'on les lise !
Orchestre restreint, trois solistes amateurs Coline Berry, Jean-Yves Broudic et Florence Médina. Jean-Hugues Oppel tient la baguette et le rôle de chef d’orchestre.
Après un peu de pub, un soupçon de chauvinisme, Jean-Yves Broudic un des quatre auteurs habite Paimpol !
J'oubliais, pour corser la difficulté, les auteurs ont pour obligation d'employer dix noms et dix adjectifs dans leurs textes ! Et pas des mots passe-partout ! Les écrivains ont écrit aux lecteurs de s’atteler à la tâche !
Les nouvelles :
"L'Haltérophile optimiste et quelques autres", prenez un bistrot et ses habitués, les mêmes que dans les autres endroits de la sorte, sauf que là entre deux coups à boire, on échafaude des plans les plus mirobolants les uns que les autres...et qui bien sûr échouent. Mais l'espoir fait vivre et les projets à venir sont encore meilleurs que ceux d'avant ! Enfin faut faire et voir et pourquoi ne pas réussir ?...mais là c'est une autre histoire !
"L'étrange amoureux". Un petit jardin d'enfant, dans une petite ville de province qui devrait être un havre de paix. Cela, c'est l'image d’Épinal, mais la réalité est tout autre. Et cette femme et son fils, aimable famille, verront la violence s'installer peu à peu jusqu'au drame final ! Une nouvelle très dure et aussi réaliste car nous avons tous été dans un parc public pour faire prendre l'air à des enfants !
"La nonne nue (pleine de grâce)". Une histoire terrifiante qui ne manque pas de piquant ! La sœur Sainte Ignace de la Miséricorde est retrouvée dans la boue, affreusement torturée, et violée. Son assassin revendique haut et fort son crime, et la police elle, de son côté, patauge. Qui peut avoir fait une telle abomination ? Car enfin cette religieuse était la bonté et la charité incarnée aux yeux de ses coreligionnaires du couvent ! Mais la vérité est différente, cette femme sous ses airs débonnaires était un monstre ! Le mariage avec Dieu ne donne pas que des bons résultats !
"Le fossoyeur optimiste". Pas évident pour des parents d'avoir un fils, Daniel, dont la finalité professionnelle est de devenir fossoyeur. Et en plus ce garçon est féru et même plus de Shakespeare et d'Hamlet au point d'en posséder deux cent quatorze exemplaires !
La croyance populaire dit "On est tous égaux devant la mort" mais Daniel le sait très bien car il le constate tous les jours que cela est faux ! Alors dans la mesure de ses faibles moyens, il va tenter de remédier à cet état de fait !
Des personnages bien sûr improbables, mais oh combien familiers. Une bande de joyeux branquignoles adeptes des coups foireux...mais qui parfois réussissent bien malgré eux, des gens comme les autres dans un jardin public qui n'est pas comme les autres, un assassin qui a mûrement préparé sa vengeance, un fossoyeur par vocation qui dans sa bonté a crée le DAC (Droit au Caveau) ; quelle grandeur d'âme !
Chose relativement incongrue, deux des auteurs ont mis dans leurs titres le mot "optimiste", ce qui pour un recueil de nouvelles noires est pour le moins surprenant ! Ce genre littéraire que j'adore n’étant pas de nature à rendre joyeux.
Un bon cru qui me confirme dans le jugement que j'avais déjà porté sur ces recueils de la nouvelle mouture, les écrivains professionnels invités restent très classiques. Alors que les lauréats du concours laissent aller leurs imaginations et trempent vraiment leurs plumes dans l'encre noire.
Extraits :
- Et les Templiers, ils vont pas surveiller ton traîneau d'Ali Baba comme les lingots de fort Knox, des fois ?
- Son optimisme naturel avait repris le dessus...
- Des sacs. Des valises. Des couffins. Des malles. Des filets à provisions. Des cantines. Des cabas. Des musettes. Des chariots à roulettes en toile écossaise.
- Quelle chance d'avoir accouché d'un garçon, ai-je réalisé en m'attardant sur sa tenue, il ne sera jamais attifé comme ça.
- Malgré les mécaniques qu’il roulait, le pauvre garçon avait l'air en très mauvais termes avec l'existence.
- L'air se chargeait violemment de moisissures, de danger, de puanteur. L'atmosphère puait, littéralement.
- Selon l'officier de police chargé de l'enquête, on ne tue pas sans raison, c'est trop stressant, trop fatigant. Que cachait donc la nonne, qu'on l'ait tuée, jetée telle une ordure ?
- Le légiste a rédigé son rapport. La femme - on peut considérer, précise-t-il, qu'une nonne est une femme - a été attachée et maltraitée (sillons laissés par un cordage fin sur les poignets et les chevilles ; abondance de meurtrissures).
- Alors on devient vite un expert en cruauté sournoise, en vacherie gratuite, en dénonciations mensongères, en dégradations concoctées par ennui, en brimades retorses et en larcins oiseux. C'est une révolte masquée.
- Puis je demande en secret une bourse de l'enseignement public. Quand je l'obtiens, je quitte sans préavis la fabrique à curetons....
- Hamlet clamait qu'il y avait « quelque chose de pourri au royaume du Danemark ». Daniel répondait illico : « je m'en charge ! ». Fossoyeur, voilà un beau métier.
- Et puis il y avait les autres, tout aussi impalpables, invisibles au commun des mortels : les défunts.
- Daniel conservait une certaine forme de reconnaissance pour l'homme qui lui avait permis de rencontrer les deux grandes figures féminines de sa vie : Antigone et Ophélie. Deux âmes sœurs pour le prix d'une.
Éditions : Terre de Brume/ La Noireaude (2014)

 

Posté par eireann yvon à 07:35 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


16 décembre 2014

Mes écrits....encore !

 

DSC07510


Suite mais hélas pas  fin pour vous ! 
Vous pouvez aller encourager un vieil auteur débutant (moi en l’occurrence) 
en vous rendant ( C'est gratuit) sur ma page :
Short édition.
Vous pouvez voter ( Pour moi, bien entendu, c'est encore gratuit) et laissez un commentaire ( C'est encore et toujours gratuit).
http://short-edition.com/auteur/eireannyvon
Merci beaucoup.
Dernier texte :
Cadeaux d'anniversaire (Version longue)
http://short-edition.com/oeuvre/nouvelles/cadeaux-d-anniversaire-2

 

 

Posté par eireann yvon à 08:14 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags :

12 décembre 2014

VENNER Yann / Les chevaliers de la dune.

img431

Les chevaliers de la dune.
Yann VENNER.
Note : 4 / 5.
Le sablier du temps ne s'arrête jamais !
L'extraction à outrance du sable dans la baie de Lannion sert de prétexte à ce polar écologique signé de mon ami Yann Venner ! Le sous-titre de ce roman est : « Suspense à Trébeurden ».
Albert Le Gouëdic, brave agent municipal, fait dans le cimetière de Trébeurden une macabre découverte ! Principe immédiat de vases communicants, il est lui aussi transformé en cadavre.
Puis une chanteuse classique morte à l'insu de son plein gré est découverte dans un terrain vague, son cadavre est orné de sable et de coquillages !
Fanch et son épouse Gwendoline s'installent dans leurs nouveaux murs " Le café du loup rouge".
L'élégant homme d'affaires britannique, Dave Nakhell-Sandman, s'installe à Trébeurden...en villégiature ? Pas sûr il doit y avoir sable sous roches !
Le commissaire Le Tellier de son côté en fouillant un peu au cimetière trouve une alliance avec les initiales entrelacées A.J. Avec l'aide de la presse il pense tendre un piège au meurtrier du fossoyeur !
Une mystérieuse femme Australienne portant une haine féroce aux Bretons tire de loin les ficelles menant le marché du sable où va son profit.
L'assassin lui se pose des questions, et si le cadavre déterré n'était pas le bon ? Un crime parfait il y a trente-cinq ans peut-il ne plus l'être maintenant ? Surtout qu'un second est venu s'ajouter à son palmarès !
Les personnages de ce roman sont les héros récurrents de Yann, le commissaire Cesare Le Tellier, Fanch Bugalez et Eugène Cabioch, amicalement surnommé "La Brebis", ainsi que leurs familles entre autres.
Tout le microcosme d'un port breton aux prises avec les ravages écologiques créés par la mondialisation et la finance.
Les seuls pratiquement que ce projet intéresse sont les promoteurs et les agents immobiliers ; il y a de l'argent à se faire dans la construction et la revente ! Mais des lettres anonymes les mettent en garde ! Pas réellement anonymes, puisqu’elles sont signées, mais d'une personne parfaitement inconnue.
Les Bretons mauvais coucheurs internationaux ! Après les marées noires, encore un sujet de lutte contre les multinationales ! Sortons les "Gwen ha du", le noir du pétrole et le blanc du sable ! Gardez le noir, nous gardons le blanc !
J'ai appris que le sable marin était plus adapté que le sable du désert pour la fabrication du béton ! Les pharaoniques travaux effectués à Dubaï ne peuvent pas être faits avec le sable pourtant distant de quelques kilomètres !
Une écriture que j'ai personnellement trouvée plus classique que d'ordinaire.
Mais chasser le naturel il revient au galop et il reste malgré tout une bonne dose d'un humour potache, mais féroce aussi parfois !
À noter qu'un collectif pour lutter contre cette "désabilisation" qui se transformera en "déstabilisation" du milieu marin s'est créé : "Le Peuple des Dunes en Trégor".
Extraits :
- Deux citoyens de Trébeurden- héros à leur insu de belles et sombres aventures mises en roman par un écrivain du coin, et surnommés par cet auteur "Les as de Trélouzic" - sont accoudés au comptoir.
- Y'en a quand même quelques-uns de ces romans bretons qui tiennent la route... Admets!
- Ça ressemble bien aux Bretons ! Mais ils ne m'impressionnent pas.
- Malheureusement, et vue d'Australie, cette péninsule bretonne ne trouva plus jamais grâce à ses yeux. Une lente vengeance prit corps en elle, et occupa bientôt toute la place....
- Il est plus de deux heures du matin quand ils s'endorment, mal bercés par d'inquiétant marchand de sable. 
- Puis Béatrice arrive. Elle l'emporte pour quelques heures loin de l'enquête.
- C'est un homme de la mer, un homme du dehors ; surtout pas un cérébral.
- Elle est ma muse, sœur jumelle, amante et mon double féminin.
- Mais tout cela n'était plus que du vent, du vent de sable. Une géomancie minéralisée, stérile.
- Et l'on trinque, le cœur usé de tous ces crimes. Le vin et la bière, telle la marée montante léchant un château de sable, finiraient bien par tout effacer.
- Non, en effet, c'est du sérieux votre réseau social, mais passer du temps à taper sur un morceau de plastique alors qu'il fait beau dehors, moi, je ne peux pas.
Éditions : Les éditions du Trozoul / Chemins d'Écriture (2014)
Quelques adresses :
http://lepeupledesdunes.com/
https//:www.facebook.com / PeupleDesDunesEnTregor.

 

Posté par eireann yvon à 13:56 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

08 décembre 2014

GALLANT Isabelle / Papillon de nuit.

 

img430

Papillon de nuit.
Isabelle GALLANT.
Note : 4 / 5.
La jeune fille et le sexe !
Les mémoires d'une femme que la quatrième de couverture qualifie de jeune, vénale et
voluptueuse ! Beaucoup de choses dans un si beau corps. Je dis cela, mais je ne connais pas cette charmante jeune personne.
Partons donc pour ce qui est annoncé comme des confidences très crues !
D'un dépucelage par tonton Marcel comme non pas des espèces sonnantes et trébuchantes, mais de beaux billets...en francs...500 ! Ensuite ce sera Paris et le simple constat qu'un corps consentant ouvre bien des portes et permet de gravir plus vite les marches qui emmènent vers les hautes sphères où l'argent n'est pas un problème. Mais cela ne se fait pas sans effort ni sacrifices !
Et notre jeune provinciale n'est avare ni de l'un, ni de l'autre !
Elle devient très vite collaboratrice de Gérald, un riche ami de son oncle, collaboratrice au sens large...elle accueille les riches clients étrangers avec un mot d'ordre :
-"Qu'ils ne s'ennuient pas".
Chose qu'elle réussit à merveille. En récompense elle devient complice et participante des ébats de son employeur et de Madeleine son épouse. Goûtant à cette occasion les plaisirs saphiques ! Et les appréciant à leur juste valeur ! Elle est donc invitée à partager les vacances asiatiques du couple. Farniente sexuel bien entendu, le couple étant très porté sur les jeunes filles en fleur !

Après ces péripéties asiatiques, l'auteur nous emmène en voyage dans ses bagages, direction l'Afrique, l'Arabie, retour dans la vieille Europe, découverte du Nouveau Monde et toujours la recherche de nouveautés dans la sexualité.

Le sexe est bien sûr omniprésent dans cet ouvrage mais le sens des relations humaines est également traité avec justesse, en particulier les conversations entre Madeleine et l'auteur au sujet de son mariage. Passage très émouvant.
Isabelle, sa vie, son œuvre et sa carrière d’ouvrière du sexe de luxe. Avec Gérald et Madeleine elle fera son apprentissage, découvrira certaines facettes de ses propres désirs inavoués. Au gré des voyages, nous croisons une jeune et belle sénégalaise, un prince arabe et empressé, un employé du consulat du Canada pour un visa. Une longue liste de rencontres de qui elle saura toujours tirer profit à son avantage !
Une vie de sexe assumée, chose qui ne me dérange aucunement. En plus quand l'écriture est correcte et la franchise de mise.
Pour une femme bien de sa personne se servir de son corps comme outil de promotion sociale et pour gagner sa vie plus que correctement, pourquoi pas ? De toute façon comme simple lecteur, je n'ai aucun droit (et aucune envie) de juger.
Pour moi ce livre est intéressant car il explique sans langue de bois le cheminement d'une personne consciente de l'attrait de son corps sur les hommes (et aussi sur certaines femmes) et qui, en toute connaissance de cause, en profite. Pour toute sorte de commerce il faut un vendeur et un acheteur. Ici il y a les deux. Et c'est donnant-donnant !
Une dernière remarque, c'est cru, pour le moins très osé mais bien écrit et surtout jamais
vulgaire !
Extraits :- Cela peut aujourd'hui sembler cul cul, mais j'en étais réellement rassuré.
- Pourtant, en chair et en os, la malheureuse dégage autant de sex-appeal qu'une bonne sa sœur coiffée d'une cornette empesée de la veille.
- Il va sans dire que les vrais hommes ainsi que les lesbiennes, pour la plupart sensibles à mes atouts sexuels, sont beaucoup plus faciles à distraire.
- Des papillons des deux sexes. ..
- Vous auriez dû me voir à vingt ans : j'aurais pu faire battre à mort des frères siamois ! Mais ce que les années nous enlèvent sans recours aucun, elles nous le rendent sous une autre forme.
- Au début, je le faisais par dévouement, pour faire plaisir à mon époux ; puis assez rapidement, j'en suis venue à le faire autant pour mon propre plaisir que pour le sien. Et, croyez-moi, j'ai la profonde conviction d'en être grandie. 
- Poursuivant ma réflexion, je ne pouvais échapper à la conclusion que dans ce genre de pouvoir amoureux, l'argent tenait une place énorme. Mon indépendance émotive dépendrait toujours de mon indépendance financière. C'est du moins ce que je croyais alors.
- D'un papillon de nuit. C'est de ce nom-là que l'on appelait....les femmes légères au Laos et au Tonkin.
- Je suis une sorcière médiévale envoûtant un homme par la magie de mes souillures.
- Les filles appellent cela « faire des extras ». J'appréciais sincèrement ses marques d'intérêt pour ma personne, mais je n'étais pas prêt à exploiter pleinement, dans ma patrie d'adoption, la petite fortune sur laquelle j'étais assise. Pas encore...
Éditions : Tabou (2014).

 

Posté par eireann yvon à 08:21 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,

04 décembre 2014

Collectif / Petit traité à l'intention des ROSSIGNOLS.

 

img428

Petit traité à l'intention des ROSSIGNOLS.
Collectif.
La clé est sous le paillasson.
Note : 4 / 5.
Dans la présentation de ce recueil les auteurs sont cités par ordre d'apparition. Pour brouiller les pistes, je vais les appeler par ordre alphabétique :
Aude Berthelot, Ariane Bois, Anthony Boulanger, Caroline Capossela ,Florence Cochet, Elodie Fonteneau, Antoine Lefranc, Samuel Lévêque, , Dominique Hadjaj- de Liège, Laurent Nicolas, Stéphan Pardie, Tamara Piralian, Béatrice Ruffié Lacas, Virginie Sallé, Shawness Youngshkine.
Un total de 15 auteurs, pour 23 nouvelles, le tout sur 252 pages. Certains auteurs un peu plus pistonnés que d'autres ont droit à quatre nouvelles. Mais tous ont droit à une courte mais intéressante bibliographie. Beaucoup de découvertes pour moi, ne connaissant aucun de ces écrivains. 
Page 7 jetez un regard. Y figure la définition trouvée dans le dictionnaire du mot "Rossignol" qui n'est pas celui de mes amours.
Pour le premier texte de ce livre, "Pourquoi pas moi" : il pourrait se résumer en quelques mots : il ne faut pas introduire le loup dans la bergerie et gardez-moi de mes amis, mes ennemis je m'en charge ! Très bonne histoire ! Faut se méfier des mariages blancs !
"J'irais liker sur vos tombes" est un titre qui m'a beaucoup plu. Une description assez corrosive des réseaux sociaux qui fleurissent sur la toile ! Amis virtuels, donnez-vous la main ! Utopie planétaire, liker n'est pas aimer !
"L'éternel recommencement" est une belle et très triste histoire sur le temps qui passe et la mémoire qui s'enfuit. Peut-être la mienne ou la vôtre demain ou après-demain. Que la vieillesse peut être cruelle !
"Les clés sont sous le paillasson", cela semble incongru dans un monde futuriste, surtout s'il n’y a pas de paillasson devant la porte. Alors comment rentrer dans cette maison pour y passer des vacances de rêve, gagner dans un concours ?
"Obsession" est un texte noir bien qu'il concerne une peintre qui en fait voir de toutes les couleurs à son voisin d'en face qui l’a à l’œil !
"Sevan" parle des traumatismes de la jeunesse et de la tendance qu'ont les gens qui les ont subis à les reporter sur plus jeunes et plus petits que soi !
Des personnages, de bric et de broc, nombreux et divers, de l'amoureux transi sur la toile au paillasson, centre d'un texte et gardien de clefs dans une autre ! Un homme qui cherche sa cousine mais qui n'est pas au bout de ses surprises, on rencontre aussi un Bayard enfant, une vendeuse de dentiers à Kandahar, un homme un peu tête en l'air qui ne sait pas que certains numéros peuvent comporter un "Bis" et aussi un "Ter", ce qui change le locataire des lieux ! Un père Noël pour qui la vie n'est pas un cadeau. Une fille de serrurier qui déteste les portes closes ce n'est pas banal !
La vie au niveau du paillasson, mais des nouvelles loin d’être au ras des pâquerettes !
Des écrits très différents, c'est la loi du genre, sa force et sa faiblesse, certains styles littéraires ne m'intéressent guère, donc désolé pour les auteurs dont je ne parlerai pas. Je ne veux pas non plus étendre ma chronique à l'infini.
J'ai beaucoup aimé l'écriture de "Coming out", l'audace d'une nouvelle ayant pour titre improbable (mais vrai) "Vie, mort et insurrection d'un paillasson", ou une autre pas mal non plus "La modestie est un capot rouillé".
Un bon recueil plein d’originalité, mais des textes de qualité inégale, comme souvent dans ce genre de parutions.
Autre chose, ce livre est en plus un très bel objet à la présentation et l'intérieur très soignés, bravo à cette maison d'édition que je découvre avec cet ouvrage.
Extraits :
- La sensibilité est une qualité féminine quand la sensiblerie est un défaut masculin.
- Parfois aussi, j'ai le sentiment que le temps se fige. Tout devient immobile, sauf moi.
- Une fois ma licence en poche, je me suis mis à perdre le sens de l'humour. Ou gagner le sens des réalités, c'est selon. Tout est une question de point de vue.
- Il achève en ce moment une thèse de littérature interrogeant l'influence de Jack Kerouac et son écriture sans ponctuation sur le style journalistique américain.
- Non, cette fille me touchait. Intrinsèquement.
- Les dernières miettes d'estime qu'il conservait pour la race humaine étaient perdues à jamais.
Pendant les quatre années précédentes, ils étaient inséparables. 
Quasiment jour et nuit.
À se forger une amitié pour la vie. C'était sûr et certain.
- Sans doute parce qu'avoir passé près des deux tiers de ma vie à m'occuper des autres, j'éprouve le besoin de m'occuper de moi. Me faire plaisir avant qu'il ne soit trop tard.
- Et là, elle se parle, il est malade mon père, je ne veux pas le laisser et attendre qu'il meurt pour vivre, je voudrais seulement qu'il change....
Éditions : Nouvelles éditions Lilo (2014)

Posté par eireann yvon à 07:45 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : ,



Fin »