Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

17 janvier 2017

KEROUAC Jack / Journaux de bord.

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Journaux de bord. (1947/1954)

Jack KEROUAC.
Note : 5 / 5.
Montons à bord !

Bon an, mal an les éditeurs français semblent redécouvrir les (nombreux semble t-il) inédits de Jack Kerouac  qui était un forcené de l’écriture, par exemple, un parmi tant d’autres :
- Dimanche 29 janvier, écrit 1000 mots « sanguinolents » et cela fait 23000 pour le mois. Tapé aussi des pages du manuscrit aujourd’hui. Fatigué et absorbé. Lu les journaux.
Il était aussi du moins à cette époque un maniaque de l’archivage et de la tenue de différents carnets qui le suivaient partout.
Dans l’introduction de qualité de Douglas Brinkley,  je retiens ces phrases :
- La fécondité de Kerouac, comme ses journaux le mettent en évidence, était le résultat d’esquisses constant et d’une discipline créative, ainsi que d’une croyance à l’idée d’une prose spontanée.
Ouvrage de 570 pages, divisé en 2 sections principales, la première :

The Town and the City comprend :
Cahiers de travail de « The Town and the City » suivi de « Enfin voici la forêt d’Ardenne » et de « Psaumes ».
La seconde :
Sur la route comprend :
« Journaux 1949 » et « Pluies et fleuves ».
Cahiers de travail de « The Town and the City » est une sorte d’agenda où Kerouac note la progression de son travail d’écriture.
Il commence le 16 juin 1947 pour le clore le 9 septembre 1948 sur cette phrase :
-Mais le travail est terminé.
Cet été là, Jack Kerouac a malgré tout voyagé et en a rapporté de nombreuses notes, comme ce texte : « Sur les enseignements de Jésus », « Dans le sud » ou « Sur la vie profonde ».

Puis commence « Journal des cahiers d’écriture de l’hiver 1947/1948. ». Mélange de chiffres et d’anecdotes de la vie d’un écrivain en devenir.
Si dans « Underwood Memories », il était question de forêts de sapins, ici le titre d’un texte est « Enfin, dans la forêt d’Ardenne ».
La seconde partie de cet ouvrage, en particulier « Pluies et Fleuves », est une sorte de brouillons et de notes prises sur le vif qui serviront  pour la rédaction de « Sur la route ». On se rend compte en lisant ces lignes que Jack Kerouac était un immense écrivain, car ses notes témoignent d’un grand sens de l’observation. On constate aussi qu’il était très prolifique et doté d’une mémoire assez phénoménale.
Comme dans tous les livres de Kerouac, les personnages sont très nombreux, car c’est durant ces années que Jack va rencontrer la plupart  des amis avec qui ils vont construire une partie de la légende du mouvement dit « Beat-Generation » dont Keroauc se détournera d’ailleurs assez rapidement. Mais paradoxalement ils resteront, pour certains, en contact jusqu’au décès de Kerouac.
En fin d’ouvrage se trouve d’ailleurs, dans les annexes, une rubrique « Principales personnes évoquées dans les pages des « Journaux de bord » de Jack Kerouac.
La période de ces « Journaux de bord. 1947/1954 », est, du point de vue littéraire, cruciale pour Kerouac. « The Town and the City », revu avec Robert Giroux, est enfin édité. Mais il travaille déjà depuis longtemps sur 2 projets bien distincts, la rédaction de son ouvrage phare qui va le rendre célèbre « Sur la route » et en même temps il écrit un court roman se déroulant à Lowell « Docteur Sax ».
Encore un ouvrage difficile à résumer, mais qui éclaire d’un jour nouveau les débuts d’écrivain de Jack Kerouac. Un homme qui recherchait la reconnaissance comme écrivain, qui récoltât une gloire qui le détruisit !

Extraits :
- Achever quoique ce soit est une horreur, une insulte à la vie, mais le travail de la vie a  besoin d’être accompli, et l’art est travail – quel travail !!
- James Joyce l’a bien dit : « l’histoire est un cauchemar dont je ne me suis pas  encore éveillé. » Mais il est réveillé à présent, aussi sûrement que le soleil brille.
- Aujourd’hui j’ai pris aussi la décision de ne plus me saouler, du moins plus comme je le fais d’habitude. C’est drôle que je n’aie jamais pensé à ça auparavant.
- C’est un souci d’argent d’un genre meilleur que celui d’avant la vente de T & C, car je n’avais rien alors, absolument rien.
- Je vais aller voir le gang quand même – le noble et courageux Neal, Allen le dingue, Lucien hanté, Seymour délicieux, la chérie Lee du crépuscule (elle de la nuit bebop). Et où est le Clem des feux ? Le vieux Bull ?
- Comme j’adore W. C. Fields ! – quel vieux de la vieille il est. Personne comme lui. Je vais écrire quelque chose sur lui bientôt, mes idées personnelles.
Éditions : L’infini / Gallimard (2015).
Titre original : Windblown World, The Journals of Jack Kerouac, 1947/1954. (2004)
Traduit de l’anglais (tats-Unis) par Pierre Guglielmina.

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13 janvier 2017

KEROUAC Jack/ Vieil Ange de minuit.

 

Vieil ange

 

Vieil Ange de Minuit.*
Jack KEROUAC.
Note : 3,5 / 5.
La nuit ne porte pas toujours conseil.
Ce livre commence par une relativement longue introduction de Pierre Guglielmina qui est également traducteur de cet ouvrage. Introduction que j’ai trouvée trop savante à mon goût, pauvre lecteur lambda !
Une note éditoriale qui comporte des renseignements très intéressants termine ce livre.
La dédicace est la suivante :
Dédicacé à Lucien Carr qui a été la première inspiration de « Vieil Ange de Minuit ». La préface nous apprend que d’ailleurs il aurait pu avoir pour titre « Lucien Midnight ».
« Vieil Ange de Minuit «  est composé de 67 chants, plus un passage retrouvé ultérieurement.
Ce recueil de chants commence (sur un carnet neuf) le vendredi 1
er avril 1956. Sa durée de gestation 3 ans. Puis complété fin 1959 de 4 autres carnets.
Ici Kerouac laisse sa main et donc aussi sa plume divaguer ! Il cite nombre de ses amis écrivains, de Burroughs à Corso en passant par Ferlinghetti, Miller et Whalen.
Une ligne sur Rexroth, qui fut au départ de la carrière de Jack, puis l’éreinta par la suite, que Kerouac qualifie de « Pas si mauvais larron ». Pour le reste en toute honnêteté, je n’ai pas compris grand-chose.
Kerouac s’est-il amusé en écrivant cela ? S’est-il fait plaisir, je l’espère.
« cité, Cité, CITE» Est un étrange texte, de ce qui semble être la seule tentative de Jack Kerouac dans un roman de science-fiction. Son premier titre fut : The Electrocution ».
Dans un monde où le CCA (Centre Contrôle de l’Amour) dicte sa loi, il existe une Non-Zone. Cet endroit est une source de problèmes pour les autorités et de mort pour de nombreux enfants qui y pratiquent des jeux dangereux très souvent mortels.
M.80 est justement un enfant du Bloc- Zone 3838393983-338373 ; il est âgé de treize ans, c’est un garçon ordinaire dans un monde qui, lui, ne l’est pas !
Certains jeunes sont ce que l’on nomme des « Frères Perdus de l’Amour », marginaux inoffensifs refusant le monde dans lequel ils vivent.
Deux principes régissent la vie « La Surpopulation » qui apporte le bonheur, et la « Soupopulation » qui aboutit à une sorte de punition de masse, la « Dépopulation » où tout un bloc d’habitations est électrocuté causant la mort de tous les habitants ! “
Shakespeare and the Outsider”.
Kerouac était un très grand lecteur, curieux et érudit.
Il lisait les auteurs français, (en français) russes, anglais et américains. Il adorait en particulier Céline. Ici pour lui Shakespeare est le plus grand écrivain de tous les temps. Et James Joyce son principal outsider !
Un texte très agréable à lire.

Que dire de « Vieil Ange de Minuit » sorte de délire à la Kerouac qui semble à première vue sans queue ni tête !
Un livre étrange qui me laisse très septique avec un avis mitigé !
Extrait de la préface :
- Kerouac est un lecteur d’une intelligence critique extraordinaire
Extraits :
- Pourquoi lire Mickey Spillane quand vous pouvez lire Gary Snyder & Philip Wahlen et
Mexico City Blues ?
- Vieil ange midnotte, la bougeotte n’était pas mariée à la marotte ?
- … Apportes-moi honneur, apportes beurre et couteau et archives archange et apportes-les tous et Molly Magee du Bloom de Dublin _
- _ Alors continue, évadé, la prison n’a jamais été conçue que pour s’en échapper _
- « Ceux qui pompent et ceux qui fleurent se font pas de beurre ! » disait la chanson favorite des gamins de la rue. Les rues n’avaient ni trottoir, ni caniveau.
- Existe-t-il quelque chose comme l’amour vrai ? était une question populaire.
- Il est, dans son coin, seul au Ciel, le plus grand écrivain de tous les temps, de toutes les langues et de tous les pays, dans l’histoire du monde.
- James Joyce, quelque trois cents ans plus tard, a tenté de devenir « Shakespeare en rêve ». Et il a réussi.
Éditions : L’Infini/ Gallimard (1998, pour la traduction et la préface)
Titres originaux :
Old Angel Night.
city, City, CITY, Shakespeare and the Outsider, sont extraits de Good Blonde & Others.
(Les renseignements trouvés sur internet ne correspondant pas, je préfère de pas donner de date précise).
Préfacé et traduit de l’américain par Pierre Guglielmina.
* Suivi de citéCitéCITÉ et de Shakespeare et l’outsider.

 

 

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10 janvier 2017

KEROUAC Jack / Underwood Memories.

underwood

Underwood Memories.
Jack KEROUAC.
Note : 4 / 5.
Le ruban de la mémoire.
Ce livre de près de 400 pages est une sélection de textes, il me semble pour la plus part inédits de Jack Kerouac. Il contient des extraits d’une édition américaine (A top An Underwood » et le texte intégral de la nouvelle « Orpheus  Emerged».
Quatre parties composent cet ouvrage : « Forêt de sapin et pure pensée » (1936/1940), « Coup d’envoi » (1941), « La peinture exacte de la vie » (1942/1943), « Orphée à jour » (1945).
Presque dix ans séparent ces écrits, les premiers concernant un des thèmes favoris de Jack, le football américain ! Le dernier, une très longue nouvelle, « Orphée à jour », chronique amoureuse aux multiples personnages et aux multiples rebondissements.
Plusieurs extraits de « Background », texte concernant des recherches d’emplois, commencent les trois premières parties de ce recueil. Jack y raconte sa vie et décrit ses expériences littéraires et journalistiques. Il est très intéressant de les lire à suivre.
Comme tous les ouvrages de ce genre, les composantes sont de valeur inégale et souvent elles concernent, soit Kerouac lui-même, soit sa famille : « … Une Kerouac qui s’est avérée sublime… », « Le père de mon père », « (je suis le fils de ma mère) », « La joie de Duluoz ».
D’autres sont des textes d’espérance : « Si j’étais riche », « Les bons boulots », des textes sur la condition de l’écrivain, «…  Carnet d’un jeune écrivain affamé … » où il est bien sûr fortement question de nourriture, suivi de « Carnet d’un écrivain ».
Un mélange de textes n’ayant pas de point commun est réuni ici : des poésies, des nouvelles de construction parfois classique, des reportages sportifs pour certains journaux et ce que l’on pourrait nommer des textes d’humeur.
D’autres ont des titres plutôt fantaisistes, «  Le je-ne-sais-quoi du cigare », «  Le sage de la carrière de sable », « Le juke-box est en train de sauver l’Amérique ».

Jack Kerouac qui connaissait peut-être le proverbe : « On n’est jamais si bien servi que par soi-même » était son propre et, parait-il, très efficace archiviste.
Il était aussi un boulimique de l’écriture ! Dans l’introduction à « A top An Underwood », le traducteur nous signale que Kerouac prétendait avoir écrit deux cents nouvelles en huit semaines à Hartford ! Textes qui n’avaient rien de conventionnel dans la forme !
Quelques extraits de « Journaux » de Jack Kerouac (1943/1944*) complètent cet ouvrage.
Il m’est impossible de parler ici de tous les écrits de cet ouvrage que j’ai lu sur plusieurs mois en prenant beaucoup de notes et en relisant certains passages.
Un texte est du pur Kerouac «  L’Amérique dans la nuit » et dans un train… :
- Je suis dans un train et je dois siffler aussi…
L’Amérique réelle, véritable
Est l’Amérique de la nuit.
Extraits :
- Oh, laisses-moi te dire que ton père est terrible, mais c’est un ange comparé au reste des Kerouac. Ah ! Les Kerouac. Ne m’en parles pas…
- La nuit, à la maison, j’ai dévoré Ulysse de Joyce, puis Thoreau, Wolfe, Dostoïevski et une douzaine d’autres classiques.
- En passant la porte de la salle, Duluoz se remémora le Frontierman Club à Galloway, Massachusetts. « Quel ennui ! Quel ennui ! Quel ennui ! »
- Ce n’est rien, a-t-il pensé. La mort n’est rien. Je suis mort.
- J’en suis convaincu, car il y a des signes qui ne trompent pas : Joyce a aimé les vieux habitants de Dublin avec une ferveur intense et dévorante. Personne ne peut écrire sur les piliers de bar, au cours d’un après-midi ensoleillé, avec autant de clarté, d’intégrité et d’autorité que Joyce.
- A la différence d’Emerson et de Thoreau, mes véritables racines ne sont pas en Nouvelle-Angleterre, même si j’y suis né. Mes racines se trouvent en Bretagne, et mes ancêtres étaient des pêcheurs intrépides, comme ceux de Synge ou de Loti.
Éditions : Denoël & d’ailleurs (2006)
Titre original : A top An Underwood (1999) Orpheus Emerged (2000)
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Pierre Guglielmina
*« Les journaux de bord 1947/1954 » ont fait l’objet d’une récente parution.

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09 janvier 2017

KEROUAC Jack / Le vagabond solitaire.

 

Le vagabon solitaireaffiche

Le vagabond solitaire.
Jack KEROUAC.

Note: 4 / 5.
Par monts et par vaux !
Ce livre commence d’une manière très originale, Kerouac écrit sa propre préface et se présente ! Avec cette phrase qui le résume bien, lui et le dilemme qui l’obséda toute sa vie :
- En fait, je ne suis pas un "beat" mais un mystique catholique étrange, solitaire et fou...
Sur le couverture de ce livre il est écrit « Récits », nous sommes devant huit épisodes de la vie de l’auteur :
Môles de la nuit vagabonde ; Le fellah du Mexique ; Le monde des trains ; Les limons des cuisines marines ; Scènes new-yorkaises ; Seul au sommet d’une montage ; Grand voyage en Europe et Le vagabond américain en voie de disparition. (Ce dernier texte fait l’objet d’une édition séparée).
Comme on le voit, rien qu’aux titres les kilomètres parcourus seront très nombreux !
De San Diego un soir de Noël de l’année 1951 à Paris en passant par le Mexique et la Californie. En bus, en bateau ou en train, des paysages urbains de New-York à la vieille Europe, embarquons avec Kerouac !
Le port de San Diego ou Kerouac devait remettre un révolver à un homme embrigadé dans une sombre histoire d’adultère. Le Mexique que Jack semble apprécier beaucoup loin de la soi-disant violence qui y règne si l’on en croit les américains moyens.
« Le monde des trains » texte kerouakien par excellence ! Trains pour la majorité moyen de transport, pour Jack un gagne-pain, il fut pendant un temps serre frein en Californie. Il nous décrit la ville, pas celle des dépliants touristiques mais celle des petites gens, des humbles ou des laissés pour compte de la société américaine ! Des pages excellentes ou l’art de l’observation de l’auteur fait merveille. Avec lui on visite cet état que l’on pense paradisiaque mais qui ne l’est pas vraiment !
Après les trains, les bateaux où Kerouac a travaillé là aussi, équipage cosmopolites, mondes rudes des navires marchands aux conditions de vie souvent déplorables.
Puis départ pour New-York, « Big Apple », ne vous attendez pas à une visite touristique classique mais plutôt à une plongée dans un univers parfois très glauque mais peuplé d’écrivains amis de Kerouac, Corso, Ginsberg, Orlovsky etc.
Puis vient la solitude absolue au sommet du Pic de la Désolation, qui porte bien son nom ! Trois mois à guetter les feux de forêt à la frontière entre le Canada et les USA, expérience éprouvante décrite plus en détail dans un autre ouvrage : « Anges de la Désolation ».
La découverte de l’Europe après un détour par Tanger pour retrouver William Burroughs, puis cap au nord, la France et Paris, ville lumière tant rêvée.
Mais avant un dimanche sinistre dans Avignon avec un repas succulent mais hors de prix ! Puis un train complet, sans une place assise, Mais enfin au matin la gare de Lyon ! Paris merveille des merveilles ! Promenades et cognac ! Mais les musés aussi !
Et pour finir Londres, la polie, et le nom d’Henry Miller comme sésame ouvrant les portes des services de l’immigration !
Une constatation nostalgique pour fini cet ouvrage, la difficulté d’être vagabond dans l’Amérique moderne ! Adieu chemineaux  et autres hobos!
Des rencontres bien sûr, des marins un peu louches, deux frères mexicains petit trafiquants de marijuana, des employés des chemins de fer, bref tout le petit monde qui peuple les voyages de Kerouac.
Un excellent livre à l’écriture classique.
Extraits:
- Je ne le savais pas encore à ce moment-là, mais le destin avait décidé que je resterai en Amérique, toujours dans les trains ou sur les fleuves, ce serait toujours l'Amérique...
- C'était aussi cela qui avait fait perdre la tête à Deni ; un moment, il avait été un petit Français triste et rageur on avait emmené là, en bateau, pour qu'ils fréquentent les écoles privées américaines ; à cette époque la haine couvait dans ses os et dans ses yeux noirs et il voulait tuer le monde entier....
-C’est une impression extraordinaire de pénétrer sur cette Terre Pure , surtout qu'elle est si près de la face desséchée de l'Arizona et du Texas, et aussi de tout le Sud-Ouest...
- C'est justement ce que je veux, Andy, être seul trois bons mois, sans personne pour m'ennuyer.
C'est ce que vous dites maintenant, et vous aurez changé de chanson au bout d'une semaine.
- Il est curieux de constater à quel point les solitaires ont soif de lecture.
- Il n'y a aucun besoin de solitude. Il faut donc aimer la vie pour ce qu'elle est et ne se faire aucune idée préconçue.
- Pour une fois j'allais être un écrivain qui n'était pas obligé de travailler pour les autres.
- Il n'y a plus d'hommes en Amérique ; il se contente de rester assis en mangeant des pizzas avant le spectacle du soir, mon cher. 
- Cet homme, c'était William Sewar Burroughs, l'écrivain....
- Paris, un coup de poignard en plein cœur, tout compte fait.
Éditions : Gallimard / Du monde entier (1969).
Récits traduit de l’anglais par Jean Autret.

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06 janvier 2017

Barry GILFORD & Lawrence LEE/ Les vies parallèles de Jack Kerouac.

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Les vies parallèles de Jack Kerouac.
Barry GILFORD & Lawrence LEE
.
Note : 5 / 5 .
Sur la route de la désolation.
Un des livres les plus anciens de ma bibliothèque, acheté il y a de nombreuses années dans une brocante pour la somme de 40 francs anciens !
La vie et l’œuvre de Jack Kerouac expliquées par ses pairs et amis, les visions de la Beat-Generation par les protagonistes de l’époque.
En quelque sorte, les écrits de Kerouac légèrement démystifiés par des témoins directs de sa courte vie.
Ce livre suit le destin et le parcours littéraire, de Lowell, sa ville natale, à Saint Petersburg en Floride où il est décédé à l’âge de 47 ans.

Un prologue, puis le livre partagé en plusieurs chapitres qui correspondent à une période bien précise : « La ville » époque « The Town & the City » ; « La route » années d’écriture et de publication de « Sur la route » ; « La cité revisitée » la célébrité et les problèmes qu’elle engendre et « Big Sur », la fin de vie de Kerouac, avec la publication du livre portant ce titre et « Lowell : cul de sac briques rouges » retour en vain à la case départ.
Des gosses de Lowell aux pontes de la contre-culture américaine, de G.J Apostolos, ami d’enfance, qui est le premier à témoigner, au poète Gregory Corso dont le texte, un de ceux décrivant l’enterrement de Jack, clôt cet ouvrage.
Un livre majeur pour la compréhension de l’œuvre et du personnage de Jack Kerouac, icône malgré lui d’un mouvement auquel il n’adhérait pas !
Entre l’écriture et la parution de son œuvre phare « Sur la route », dix ans s’étaient écoulés, une éternité dans la transformation de l’Amérique ! Kerouac se trouva propulsé roi de l’auto-stop alors qu’il effectuait la plupart de ses voyages en car ou en train !
Un des derniers chapitres « Big sur » est une suite de déclarations qui nous décrivent un Kerouac alcoolique au dernier degré, souvent vindicatif, ruiné, solitaire et complètement sous l’emprise de sa mère ! Triste fin pour un auteur qui fut dépassé par son œuvre !

Dans la longue liste des témoignages, nous trouvons des gens très connus et d’autres beaucoup moins, mais pratiquement tous, sous des noms d’emprunts figurent dans l’œuvre (très fortement autobiographique) de Jack Kerouac. Les amis de l’aventure littéraire de la Beat-Generation racontent Jack Kerouac dans des interviews qui souvent donnent une version très différente des écrits de Jack qui travestissaient très souvent la vérité et pas toujours à son avantage, mais très souvent.
Des femmes parlent, épouses de Neal Cassady, puis maîtresses de Kerouac, de Luannne à Carolyne Cassady qui donne sa propre version des événements dans le livre « Sur ma route » et Joyce Glassman, auteur de « Personnages secondaires ».
Une courte apparition de Mary Carney, la Maggie Cassidy, jeune irlandaise du roman du même nom. Des hommes rescapés (à l’écriture de cet ouvrage) de l’époque héroïque, dont Allen Ginsberg qui est devenu ensuite un poète de renommée internationale ! Ou William S. Burroughs qui a eu la carrière que beaucoup de lecteurs connaissent.
Il est aussi très souvent question de Neal Cassady, ombre parfois envahissante dans la vie de Kerouac ! Et que dire de la mère de Jack… l’omniprésente Mémère ! Ange ou démon ? Je laisse chacun se faire sa propre opinion.
Plusieurs textes très intéressants en épilogue, par exemple que sont devenus en 1978 les personnages de la vie de Kerouac, et ce qui a dû représenter beaucoup de recherches, une« Table de la correspondance des personnages de la légende des Duluoz ».
Cet ouvrage se termine par une bibliographie, qui maintenant date, plusieurs ouvrages ayant été édités depuis.

Extraits :
- Mary Carney : il y avait quelque chose de profond entre Jack et moi, quelque chose que personne ne comprenait ou même ne soupçonnait. La publication de Maggie Cassidy me valut un tas d’ennuis. Les gens m’interpellaient dans la rue, les voisins jasaient. Horrible.
- Personne ne lit ici. Ils n’auraient même pas mis une plaque commémorative à sa mémoire.
- Mais comme personne ne peut comprendre cela, je n’en dirai pas plus. Il y a bien longtemps que j’ai décidé de me taire, et ce n’est pas aujourd’hui que je vais changer d’avis. De toute façon personne ne m’écoute.
- G.J. Apostolos : on ne peut retourner en arrière. Thomas Wolfe le dit : on ne peut retourner en arrière. Ni vers nous, ni vers Mary Carney, ni même vers le paysage. Mais il y avait ce coup de téléphone en plein milieu de la nuit. A chaque fois, il faisait froid, il neigeait. On l’a lâché, nous, ces vieux copains, mais qu’aurions-nous pu faire ?
- Scotty Beaulieu : la veillée mortuaire de Jack fut une vraie pagaille, il y avait des hippies partout, énormément de gens qui riaient et discutaient.
- G.J. et moi nous sommes dit qu’on nous demanderait peut-être de porter le cercueil, mais personne ne nous le proposa. Nous restâmes un peu, mais n’allâmes pas à l’enterrement à cause de la foule.
- Gregory Corso : à son enterrement, Stella me dit : « Gregory, tu savais très bien qu’il désirait te voir. Pourquoi n’es-tu pas venu quand il était vivant ? » Je lui répondis : « eh bien, je ne sais pas à l’avance que quelqu’un va mourir. Je ne sais pas quand les gens meurent. »
Éditions : Off. Éditions Henri Veyrier. (1979)
Titre original : Jack’s Book : An Oral Biographie of Jack Kerouac (1978)
Traduit de l’américain par Brice Matthieussent.

 

 

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