Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

16 mai 2013

Festival du Goéland Masqué 2013/ Penmarc'h.

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Pèlerinage à Penmarc'h !

 

Les années passent, mais le plaisir d'aller au festival du Goéland Masqué à Penmarc'h est toujours là!

 

Alors allons-y de bon cœur.

 

Surtout que l'affiche est alléchante et cosmopolite de l'Espagne à l'Italie en passant par l'Irlande ou la Belgique, sans compter bien évidement les autres

 

Bretons et Français! Si j'ai oublié quelqu'un, désolé.

 

Plaisir de retrouver des amis, Sam Millar et Madame, Patrick Raynal et Madame, Gérard Alle,Christian Blanchard, Gilles Del Papas, Jean Failler, et d'autres....et aussi de faire enfin la connaissance de Ken Bruen qui est un des auteurs les plus présents sur ce blog.

 

Plaisir aussi de retrouver tous les bénévoles, Christiane en particulier, Roger le président et Jeannine, notre charmante hôtesse.

 

Le programme complet est ici.

 

                                                                        

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14 mai 2013

ÁVALOS BLACHA Léandro / Côté cour.

 

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Côté cour.
Léandro ÁVALOS BLACHA.

Note : 4,5 / 5.
Cour des miracles !
Après l'excellent, mais délirant "Berazachussetts", Léandro Ávalos Blacha nous entraîne dans une nouvelle aventure. Un huis-clos côté cour, explorons l'univers de cet auteur argentin qui, semble t-il, n'a pas fini de nous surprendre.
Imaginons un monde pas très réjouissant (de toute façon en littérature du futur, ils ne le sont jamais) où chacun peut avoir sa prison personnelle avec son occupant! Vous êtes rétribué pour garder un repris de justice, il ne garde pas les enfants, donc ce n'est pas non plus "un prisonnier au pair"! C'est ce que "Le Plan" nomme une prison domestique.
Mais Ángel lui fait mieux, il garde sa gardienne, Fanny dans le fond de son lit! C'est vrai qu'il y a quelques arrangements à faire, celle-ci doit d'abord faire sombrer sa maman dans le sommeil, quelques pilules suffisent et à eux la liberté, enfin n'exagérons pas non plus! Ángel est un homme heureux, il est logé, nourri et son lit est garni. Que demander de plus? rien! Sauf que son épouse légitime, femme ayant de la suite dans les idées, arrive toujours à le retrouver, et là sa dernière trouvaille est la suivante, le faire évader. Chose qui ne fait pas l'unanimité chez les amants, bien au contraire! Alors cela devient, Stalingrad sur Cour, Waterloo morne enclos. Le bonheur de l'une vaut bien le malheur de quelques autres.....
Les jeux du cirque façon Magda et Elmer, c'est grandiose....le public en raffole et les prisonniers tels les gladiateurs des temps anciens deviennent des vedettes? Mais "The show must go on", le mort est au bout du spectacle mais là aussi l'argent est le but des organisateurs! Le monde se répète, la vie et le trépas , c'est un éternel recommencement!
Une poupée jetée par erreur dans un jardin en friche devient vivante! Oh miracle, c'est Clarita, venez voir, mais n'oubliez pas votre obole, Phonemark tout puissant vous le rendra...les marchands du temple prospèrent surtout chez les pauvres gens. Dans l'euphorie, la foule subjuguée en réclame encore plus, quoi de plus grandiose qu'un sacrifice humain....un pauvre gosse, fils d'un détenu, pas grand chose en définitif!
Préparons un trombinoscope grand modèle et hors-norme, la norme, chose qui ici n'a pas lieu d'être. Fany, une jeune femme un peu timide qui succombe au charme de son prisonnier et qui est prête à tout pour le sauver, mais vraiment à tout. Elmer, mort pour la surface de la terre et pour l'état civil, organisateur de combats de prisonniers en sous-main. Un docteur réducteur de têtes, son assistante répondant au doux nom de Dinastía, une petite fille cannibale, dans un monde où sévit encore par à coup la rage. Les "enragés" hommes ou femmes font d'excellents lutteurs pour les combats clandestins qui génèrent beaucoup d'argent. Cela doit être cela de croquer la vie à pleines dents. Mais la carrière est courte!
Et si c'était les mamies qui détenaient la vérité et la bonté, parlez à Olga, Hilda, elles seules ont encore des sentiments humains.
Mais au dessus de tout, planant sur le quartier, la silhouette de la tour Phonemark, son halo vert et ses radiations se diffusant de manière silencieuse et invisible sur la faune et la flore environnante! Surtout sur la faune d'ailleurs.
Un monde de la démesure, pas un roman plutôt un recueil de nouvelles avec une cour comme décor...avec ce que cela implique comme huis-clos amplifié par le statut de prisonniers des principaux protagonistes de ces récits.
Pas vraiment rose l'avenir, mais ne sommes-nous pas de toute façon, déjà prisonniers d'un système qui est uniquement basé sur le profit de certains au détriment du plus grand nombre.
C'est bien de nous mettre face à face avec le monde que nous laissons à nos descendants!
Pour une fois la playlist musicale me parle ! Patti Smith, et Echo & Bunnymen entre autres.
Extraits :
- Ángel avait provoqué nombre de crises de jalousie et quelques grossesses.
- Mais c'était comme si le fait d'être détenu l'avait transformé en époux idéal. La prison, Ángel s'y trouvait bien ; il n'avait aucune intention d'en sortir.
- Fany connaissait le double sens de ces mots-là. Elle brûlait d'envie d'aller de ce pas administrer à Haydé une de ces petites pilules qu'elle cachait dans sa poche.
- Magda transférera les bêtes sélectionnées dans une cage à part, où son mari veillerait à les tourmenter jour et nuit.
- À la télévision, Phonemark annonçait que des problèmes techniques les empêchaient de poursuivre la transmission.
- C'était là que se concentraient avec la plus grande intensité des radiations qu'elle émettait. Un halo phosphorescent en nimbait le sommet.
- Depuis quelque temps, il y avait plus de morts que de naissances.
- " Celle-ci, et celle-là" dit Braille en désignant deux des détenues. Dinastía alla prendre la carabine et leur tira en pleine poitrine.
- Dans le ciel brillaient encore une lune ordinaire et les mêmes étoiles que d'habitude, mais de l'antenne de Phonemark irradiait un faisceau de lumière, droit dans la cour mitoyenne.
- Le prisonnier d'Olga a été livré un matin de pluies et de tempêtes. Cette fois, il n'y avait pas grand monde pour assister à son arrivée.
- Celle qui conduisait le groupe avait exactement la même calvitie qu'Anita.
Éditions : Asphalte (2013).
Titre original : Medianera (2011).
Chronique du même auteur :
Berazachussetts

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13 mai 2013

SALEM Carlos / Un jambon calibre 45.

 

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Un jambon calibre 45.
Carlos SALEM.

Note : 4 / 5.
Réel Madrid!
Depuis plusieurs années, je croise Carlos Salem au festival du roman policier de Penmarc'h. Personnage incontournable du "Goéland masqué" avec son allure de pirate et sa truculence, il est grand temps que j'essaye de connaître un peu mieux son œuvre.
Dans la vie certains cherchent fortune, ici notre héros recherche une jeune femme qu'il ne connait ni d'Adam, ni d’Ève! Et il a trois jours pour la retrouver, donc départ sur les chapeaux de roues le vendredi dans l'appartement de la dénommée Noelia. Certains personnages plutôt louches semblent avoir envie de lui dire deux mots (et peut-être aussi trois!) ; qui trouve t-il chez elle? Le dénommé Nicolás en pleine déprime. Une vague connaissance de cuite lui a donné l'adresse et les clés, pour le reste, c'est une parfaite inconnue. Une amie de Noelia, Nina, après lui avoir offert l'hospitalité de son corps, accepte de l'aider, mais "Jambon 45 "(un des méchants) veille au grain! Pas trop affiné le "Jambon", mais pas mauvais bougre non plus! S'il est possible de s'arranger à l'amiable avec lui, ce n'est pas le cas avec son patron "La Momie" (qui n'est pas net!).
Mais que cherche réellement ce duo Laurel et Hardy espagnol en se lançant dans la traque de Noelia?
C'est con la vie, même si comme le dit si bien Nina "La vérité passe par le con". Alors comme le personnage principal de ce livre, enfonçons-nous bien cette phrase dans la tête. La quête de Noelia est à ce prix !
Quelle est la différence entre un repli stratégique et la fuite? Courage, fuyons, direction le Maroc par autocar pour un road movie qui ferait passer "Le salaire de la peur" pour une aventure du "Club des cinq".
Nicolás Satonovsky, Argentin fraichement débarqué à Madrid et également fraichement débarqué du lit d'une Galicienne, ne se doute pas de ce qui l'attend. Heureusement d'ailleurs sinon il se sauverait en courant! Problème, il n'a plus de papier pour quitter l'Espagne! Et comme il n'a pas trop envie de regagner l'Argentine, la meilleurs option pour lui, retrouver la dénommée Noelia avant le délai d'une semaine qui lui est imparti. Lidia, l'amie de longue date, seule personne censée dans la galère qu'est la vie actuelle de Nicolás, mais pour lui trop d'amitié tue l'amour.
Dans ce genre de promenades fortement alcoolisées où les bars sont des points de chutes, les rencontres sont pour le moins nombreuses et fort improbables! Un détective privé plutôt minable ayant appris sa profession par correspondance, fan de Chandler et se prenant pour Marlow, rêvant d'argent et de belles blondes! Noelia lui avait demandé de le suivre, mais pourquoi ? Sa mort l'empêche de répondre. Un flic ripoux aussi, c'est pareil au delà des Pyrénées! Un chat de gouttière et philosophe préférant sa liberté à la vie de son cousin, animal de compagnie d'une famille riche!
Et il y a Madrid, en particulier un dimanche matin au mois d'août....superbes pages!
Mais au jeu du poker menteur, qui est le ou la plus doué?
Beaucoup d'humour et pas mal de dérision, deux choses que j'aime dans certains romans noirs, des héros bien paumés et pas mal déglingués par la vie et les circonstances. Pas mal d'érotisme aussi grâce à quelques jeunes femmes bien sous tous rapports (je sais ce qu' intérieurement vous allez rajouter!).
On rit jaune parfois, un de ces romans noirs que j'apprécie, mélange de littérature policière classique, mais lorgnant sans états d'âme, en plus des belles femmes qui peuplent ces pages, sur une démystification des "héros purs et durs"! Cela me rappelle, en mieux écrit, Carter Brown, pour un côté baroque, mais ici on trouve en plus un côté social et donc plus sérieux.
C'est jubilatoire, paillard et j'adore!
Extraits :
- Il n'est pas obligatoire de gaspiller une femme comme toi avec un type comme moi.
- Méfie-toi des femmes trop compréhensives, Nicolás, elles sont émues par les rebelles mais elles cherchent à les domestiquer...
- Puis je montais les trois marches de l'immeuble où m'attendait un doute en forme de femme. Un doute très sensuel, mais quand même un doute.
- Mon expérience de cadavres ne dépassait pas celle d'un étudiant en médecine du Tiers-Monde : un quart d'heure de défunts en cinq ans.
- Le dimanche matin, les villes sont presque séduisantes.
- Noelia était incomparable sur la photo elle me souriait comme le font les femmes que vous ne posséderez jamais.
- Un beau monde équilibré qui fonctionnait avec logique, à sa façon, et qui tournait rond, à sa façon. Sauf que Mar López n'était plus là pour apporter sa contribution d'absurdité à la grande absurdité universelle.
- Je la buvais des yeux. Erreur : je l'admirais.
Éditions : Actes Sud. Actes noirs (2013).
Titre original :Un jamón calibre 45. (2011).

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11 mai 2013

MACHADO Ana Maria / Aux quatre vents.

 

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Aux quatre vents.
Ana Maria MACHADO.

Note : 4 / 5.
L'abus d'écriture nuit*.
Je découvre grâce aux éditions "Des Femmes Antoinette Fouque" une autre écrivaine brésilienne que Clarice Lispector! Le genre est très différent, plus moderne bien sûr, et aussi qui apparait plus simple de lecture. Mais la quatrième de couverture prévient le futur lecteur, le récit ne prendra toute sa valeur qu'à la dernière page! Et cela se vérifie.
Vanda et Guto sont mariés depuis dix ans de grand bonheur pourrait-on dire. Ils font partie de la classe des nantis, ils ont tous deux de belles situations et leur fille Carole fait leur fierté.
Un évènement somme toute banal va changer leur relation. Guto découvre l'écriture et devient accro à l'ordinateur. Et comme il ne fait jamais les choses à moitié, cette passion qui se devait de rester une aimable distraction devient une addiction bouleversant la vie du couple, qui cesse d'être un long fleuve tranquille! Rien de très perceptible au premier abord, Vanda va à la plage avec sa sœur à la place de son époux, à la maison il passe de plus en plus de temps enfermé dans son bureau. Au travail il veut s'occuper personnellement d'un ouvrage sur les colibris, chose qu'il aurait d'ordinaire délégué à un de ses adjoints....Mais une rencontre furtive avec une des ses petites amies Marília l’incite à tenter l'écriture de fiction, par exemple un recueil de nouvelles basé sur des épisodes de sa vie passée....et pourquoi pas le personnage d'Elsa, cette jeune allemande rebelle, qui a vécu au Brésil avec son mari, mais qui est depuis décédée dans son pays d'origine! Mais de la pensée au papier le chemin est long et semé d'embûches!
Un colibrihus....je sais cela n'existe pas, mais laissez-moi le bonheur de nommer le personnage principal de ce gentil nom d'oiseaux! Guto, déjà enfant compulsif, déraisonnable vis à vis des choses qui l'obsédaient ; ici cela redevient le cas entre l'écriture et la découverte de l'informatique....mais pour quelle raison?
Son épouse Vanda, elle en scientifique qu'elle est, cherche une explication rationnelle...qui ne le sera pas du tout.
Le reste de la famille, leur fille Carole, Lélia et Moacir, belle-sœur et beau-frère, les grands- parents de Gotu et leur touchante histoire d'amour, Carlao et dona Constância, les ex-de Guto, Marília et Elsa qui lui inspirent les textes dont il est le plus content, sont les personnages secondaires de cette histoire étrange.
Un récit dit en "abyme" où tous les éléments s'imbriquent petit à petit comme dans un puzzle, les uns dans les autres!
En quelques lignes par le truchement d'Elsa qui est Allemande, Ana Maria Machado nous rappelle que s'il n'a pas été montré du doigt par la communauté internationale comme l'Argentine par exemple, le Brésil a aussi quelques cadavres dans son armoire et a fait quelques entorses au droit de l'homme. Elle a aussi la plume trempée dans le vitriol quand elle parle de la société brésilienne et son peu de respect pour l'écologie, elle a cette phrase magnifique :
-Mon pays que j'adore et voudrais différent.
L'auteur nous parle aussi de la situation littéraire du Brésil et elle n’incite pas à l'optimisme! Quelques chiffres, un pays de 150 millions d'habitants, un tirage moyen de 3000 exemplaires qui mettent plus d'un an avant d'être écoulés! Plus de maisons d'éditions que de librairies et très peu de bibliothèques! Que le Brésil ait obtenu l'organisation des Jeux olympiques et de la Coupe du monde de football ne devrait pas arranger les choses.
Et si la solution de cette crise trouvait sa source, il y a longtemps, très longtemps...dans la nuit des temps!
Un conte moderne et social, mais cherchant ses racines dans l'antiquité, une œuvre originale.
Extraits :
- C'est donc ça, l'écriture. Je n'ai jamais pensé que je prendrai autant de goût, soudain, à cette plaisanterie. Au vrai, c'est très difficile.
- Putain de putain, à ce souvenir j'aimerais être un véritable écrivain pour trouver les mots. Un crève-cœur de se souvenir si bien et de ne pas pouvoir l'exprimer.
- Une affaire bien compliquée d'écrire.
- La jeunesse. Ajoutez une vie en plein air, des planches de surf, des vagues, une alimentation de saine, beaucoup de sexe, tout le temps du monde.....
- Je ne puis plus me passer d'écrire. C'est une dépendance, ma drogue intime, mon délire.
- Maintenant j'ai une histoire avec un début, un milieu et une fin. Je puis écrire sur elle. Et en faire une nouvelle.
- Mais Vanda fut particulièrement discrète, comme d'habitude. Elle se contenta de savoir que j'essayais de travailler sur de la fiction, d'écrire des nouvelles.
- Un être qui ne m'avait laissé que du positif et de bons souvenirs. Je dois en écrire.
- Toi seul le sais, mon ami, qu'il n'y a pas de terre des autres.
- Tu n'as pas besoin de t'excuser. La lecture n'est pas une honte....
-Dans un pays comme le nôtre, lire des œuvres de fiction est un acte politique.
- Les miasmes sont humains. Ammoniaque, merde et manque d'hygiène.
Éditions : Des femmes . Antoinette Fouque (2013)
Titre original : Aos Quatro ventos (1993). Prix du meilleur roman brésilien 1994.

*.....à l'harmonie du ménage!

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10 mai 2013

Encre du Loch / Premier salon du livre d'Auray. Le 11 / 05/ 2013.

     Salon du livre d'Auray:

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Renseignements et site ici :
http://www.encreduloch.com/

Parrainage d'Eugène Riguidel, avec la présence entre autres de Michèle Brieuc, Christian Blanchard et Gérard Chevalier et Louis Cozan.

J'en oublie et des meilleurs.

Yvon

Posté par eireann yvon à 07:02 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
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