Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

21 juillet 2017

VAUTRIN Jean / Le roi des ordures.

 

le roi des

Le roi des ordures.
Jean VAUTRIN.

Note : 5 / 5.
Déchèterie Story.
De Jean Vautrin j’ai lu, puis relu « Billy the Kik » que j’avais adoré, je le redécouvre par ce roman qui se déroule au Mexique, dans une monstrueuse décharge d’ordures à ciel ouvert.
Dans une excellente préface, Jean Vautrin rend hommage à la « Hard-Boiled School » (L’école des durs à cuire) dont sont issus, entre autres, Dashiell Hammett, Raymond Chandler, Horace McCoy et William Irish, qui sont tous ou peu s’en faut nommés dans ce roman.
Nous faisons connaissance d’Harry Whence, chauffeur de taxis de son état professionnel ! Son état d’esprit est tout autre, sa cliente, une putain blonde qui va travailler l’excite. Il lui avoue vouloir la baiser et se souvient d’une autre fille un soir dans un motel au bord de l’autoroute...
Vingt ans plus tard… Mercredi, le premier jour. 5 heures du matin.
Mexico dort sur le ventre.
Harry Whence et sa complice Lola sont sur un coup qui, s’il se concrétise, devrait leur rapporter gros… très gros, mais le danger est à la hauteur de l’argent espéré. Leur plan : que le député et roi des ordures qui règne sans partage sur le dépôt des déchets de la capitale du Mexique devienne fou furieux du corps de Lola ! Laquelle qui prend son travail très à cœur est prête à faire don de son sexe au dénommé Don Rafael Gutierrez Moreno, qui n’a rien contre, bien au contraire !
Les finances d’Harry sont proches du zéro absolu. Alors comme il est détective privé, il accepte d’aider un pauvre handicapé à retrouver son fauteuil roulant qui lui a été volé par Drag-Mex (drag-queen comme son nom l’indique) et son gang ! Mission pas impossible mais pas loin !
Et pendant ces jours et ces nuits, tout ce beau-monde boit, se drogue, copule et tue !
Le monde politique aimerait bien se débarrasser de l’encombrant roi des ordures, mais sans faire trop de vagues… Le commissaire de police Fernando Cabrera a une idée pour le tuer, mais demande comme salaire le magot et la veuve du défunt !
Alors le roi est découvert sans vie… mais les suspects sont très nombreux, alors qui ?
Beaucoup de personnages et peu de vraiment recommandables !
Harry Whence, détective privé, héros cabossé, combinard à la petite semaine (parfois aidé par l’ombre un peu envahissante de son défunt père Neal Fenimore Whence) s’en prend plein la tête, mais s’entête…
Lola, son associée américaine, joue-t-elle vraiment franc jeu avec Harry ?
Don Rafael Gutierrez Moreno est vraiment le roi des ordures au sale comme au figuré ! Il trompe son épouse, Maria Garcia Moreno, a abusé de Linda, sa fille, qui est devenue folle de son corps en guise de thérapie.
Ses maîtresses qu’il installe à demeure puis qu’il délaisse pour la nouvelle arrivante,
Dans ce panier d’ordures, beaucoup de monde veut la peau du chef de la décharge !
L’action se déroule sur un peu plus d’une semaine, mais une semaine intense, pleine de fureur, de sexe, de sang et de
cadavres !
Roman flamboyant, gothique, baroque et décalé ! Une merveille, une perle sur un dépôt de scories ! Le Roi est mort… et c’est bien fait pour lui et personne ne le regrette !
Une découverte !
Extraits :
- Rayé de la carte des humains ordinaires. Plus inexistant qu’une huître sur le bord d’une assiette.
- L’argent des pauvres, blanchi par le mensonge des urnes et sanctifié par le pouvoir.
- On a éteint la lumière et on a pleuré sur son malheur comme des soupes renversées.
- Un enquêteur à face de bouledogue qui s’est permis de venir renifler d’un peu près la façon dont les déchets se transforment en argent frais, et les dollars en politique.
- Dans le business qu’on a monté, toi et moi, il faut aussi payer avec le corps… Donner pour mieux prendre…
- Vous avez deux mois de retard pour vos loyers, dit-elle. Et moi, une bonne année pour le sexe.
Éditions : Rivages/Noir (2010)
Roman déjà paru sous le même titre aux éditions Fayard en 1997.
Autre titre de l'auteur sur ce blog.
Billy the Kick.

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17 juillet 2017

BENCHLEY Robert / Pourquoi je déteste Noël.

couverture Pourquoi je deteste Noel
Pourquoi je déteste Noël.
Robert BENCHLEY.
Note : 4 / 5.

Noël  cauchemardesque!
Découverte de  cet auteur américain né en 1899 et mort le 21 novembre 1945 à New-York pourtant déjà traduit plusieurs fois en France.

Je reconnais que ma lecture est tout à fait hors-saison, mais c’est pour la bonne cause, dans le cadre de mes nouvelles activités de lecture dans une maison de retraite de Provence !
Les douze nouvelles de ce livre ont pour nom :
Un bon vieux Noël, Grandeur et décadence de la carte de vœux, La fête des petits, Le cambrioleur de Noël d’Editha, L’histoire de fantôme d’oncle Edith, Un autre conte de Noël d’oncle Edith, Une pantomime de Noël, C’est les vacances !, L’étranger dans nos murs, Enfin la neige artificielle, Meilleurs vœux de…,et  Chouette un nouveau jour.
« Un bon vieux Noël 
» ce n’est pas la joie ! D’accord il y a de la neige, mais le reste ! Des heures de transport, des chambres à zéro degré, l’eau du broc gelée, etc…

Après on s’étonne que certains pètent un (ou plusieurs) plomb !
« Grandeur et décadence de la carte de vœux ». L’invention de la carte de vœux vue par Robert Benchley ! On y croirait presque !
L’oncle Edith réussit l’exploit d’être un conteur qui gagnerait à se taire ! Son histoire de fantômes est consternante et son conte de Noël  n’a rien à voir avec Noël !
« Une pantomime de Noël » est un délirant mélange entre prose et pièce de théâtre ! Mais sans queue ni tête !
« Enfin la neige artificielle ». Un homme trouve de la neige dans le tiroir de son bureau ! Lui vient l’idée d’en fabriquer pour tout un chacun. De la neige pour tous !
Chercheurs, retroussez vos manches.
« Meilleurs vœux de…, ». Super idée d’envoyer ses vœux, surtout écrits avec un stylo sans encre. Pas trop fatiguant.
« Chouette un nouveau jour ». Un jour de plus dans le calendrier de fin d’année ! Son nom « Jour de fin d’année » et une autre idée, que le réveillon soit toujours le samedi soir !
S’est-on déjà posé la question : que pensent les enfants des fêtes de Noël ? Posons la question  à Stephen, deux ans et demi ! Et honnêtement, il a d’autres choses à faire et beaucoup plus intéressantes !
Pour Editha, Noël c’est la galère, elle prend une gifle par un cambrioleur qui la suspend au lustre pour le reste de la nuit, et au matin elle prend une fessée par ses parents ! Les adultes, ce n’est pas un cadeau, même pour Noël.
George lui n’est pas un cadeau pour les adultes ! Quelle idée de l’avoir invité ! Sale gosse.
C’est court, vite lu, beaucoup d’humour mais parfois d’un humour grinçant, avec des adultes passés à la moulinette !Mais je suis un très bon public pour ce genre de textes !

Extraits :
- La ferme se trouve sur une colline culminant à environ mille sept soixante dix kilomètres du centre de la ville juste avant la frontière avec le Canada.
- On a trouvé une carte de vœux, datée de 1938, qui disait :
En cette veille de Noël, je veux que tu sois conscient
Que si tu ne déposes pas 50 000 $ dans la boîte 115 avant le Nouvel An, 
Je vendrais tes lettres, espèce d’escroc, au plus offrant.
- Bon, même si la présence d’un arbre à l’intérieur de la maison est ridicule, il faut reconnaître que toutes ces lumières colorées sont assez chouettes. Serait-il possible qu’en en serrant une la couleur s’écoule sur la main, et de là puisse être transférée sur la figure, comme avec la confiture ou la peinture ?

- Eva, ce serait un peu idiot de mettre cette pièce d’or de dix dollars que tante Issac a envoyée à Editha dans ses chaussettes. Elle est trop jeune pour se rendre compte de l’argent.
- Mais la nuit qui précédait la fête des Cinq Gants, il fallait bien faire quelque chose, ne serait-ce que massacrer un oncle et jeter ses jambes au loin. Août était le mois de la fête des Cinq Gants, et aussi celui de l’amour à travers le monde.
- On va probablement ajouter une journée supplémentaire à la fin de l’année, une journée spécialement conçue pour nous permettre d’attaquer la nouvelle année en pleine forme. Elle portera le nom de « Jour de fin d’année ».
Éditions : Wombat  /Les Insensés. (2011).
Traduit de l’anglais  (Etats-Unis)   par Frédéric Brument.

 

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13 juillet 2017

TESSON Sylvain / Nouvelles de l'Est.

 

Sylvain Tesson

Nouvelles de l’Est.
Sylvain TESSON.

Note : 4 / 5.
Etres complètement à l’Est !
Seize nouvelles ayant pour cadre la Russie de cet auteur-voyageur français que je découvre avec ce livre.

Titres des nouvelles :
Un tombeau dans les sables rouges, Ossip, gardien de Zoo, Volodia, prince des enfants, Trois mètres sur huit, La seconde côte d’Adam, La cathédrale du Christ-Sauveur, La Vierge déchue, Un soir en forêt, Le Pacifique et qu’on en parle plus, L’honneur en morceaux, L’Africaine aux yeux bleus, Un singe en enfer, Une évidence, Vivre, ce n’est pas traverser une plaine, Le miracle de l’eau et du feu, La descente de la Lena.
« Un tombeau dans les sables rouges 
». Trois explorateurs russes partent comme tous les explorateurs dans l’inconnu ! Qui est souvent mortel. C’est le cas, ici ! Parfois une simple image peut aider à retrouver la mémoire.

« Volodia, prince des enfants ». Un village perdu, des ours tueurs d’enfants, alors le maire embauche Volodia, simple d’esprit mais tireur d’élite. Le souci,  c’est que celui-ci est trop gentil avec les enfants. Alors ses cibles vont changer.
« Trois mètres sur huit ». C’est un peu restreint pour contempler le paysage ! Surtout que celui-ci n’est pratiquement composé que de neige !

« La cathédrale du Christ-Sauveur ». Le Christ n’a pas sauvé grand-chose pour Lyoka. Il méritait pourtant de récupérer son bien (enfin ce qu’il estime être son bien !) après des années de bagne et d’exile en Sibérie. Hélas la modernisation de la ville est passée par là !
« L’honneur en morceaux  » Cela pourrait être la version russe de l’arroseur arrosé ! Homme parvenu se couvrant de honte ! Un très bon texte.
« Une évidence ». L’amour abolit beaucoup de choses, y compris les distances.
Ossip, gardien de zoo, est un des personnages les plus sympathiques, bien qu’ivrogne notoire de ce livre. Un être  à l’imagination débordante pour justifier ces frasques alcoolisées ! Un homme peut en tuer un autre pour une photo et la gloire qui s’y rattache, mais le proverbe dit « Bien mal acquis ne profite jamais ». Un jeune écossais demande au ciel un geste pour convaincre son professeur de lui accorder la main de sa fille ! Pour le geste il sera exaucé !  Pour le reste, la fin de l’histoire ne le dit pas. Un marin qui demande que ses cendres soient dispersées dans l’océan Pacifique, il en charge son fils, mais la période est trouble, nous sommes en 1917. Deux nouvelles se passent en Afrique mais ont indirectement un rapport avec le grand Est !

Un bon recueil, agréable à lire, mélange de drames, avec par exemple « Un tombeau dans les sables rouges » ou l’humour (mais c’est plus rare) avec le personnage d’Ossip ou la chute de la nouvelle  « La Vierge déchue ».
Extraits :
- Imagines le scandale : le public te découvrant couché dans la paille cuvant ton vin sur la panse d’un macaque.
- Une fois de plus, il se sortait des périples grâce à une acrobatie de dernière minute. Il était un rescapé permanent du siège éjectable.
- Un froid qui fait mal et donne de petits frissons douloureux. Je pensais, moi, qu’au contraire il anesthésiait les sens…
- Un scientifique doit parfois mettre sa rigueur au service de l’imagination. Les grandes découvertes sont souvent nées d’intuition irrationnelle et…
- A l’unanimité, pour adresser un signe à Dieu et aux pieux électeurs du comté, le conseil de la commune avait décidé de coiffer le Mishirgi d’une statue de la Vierge. C’était une révolution dans la région.
- Il voulait qu’on se souvînt de cette fête comme de la plus grande saoulerie jamais organisée dans le bassin du Dniepr.
- Tout s’incline devant lui : l’hiver qui a vaincu l’armée de France, le vent qui repousse les attelages, la boue qui engloutit les imprudents, l’immensité qui décourage les braves et il finit, un matin, par arriver à Moscou.
- C’est l’été. La Sibérie frétille de vie. Les ours chassent, les torrents bouillonnent, les mouches vrombissent. Sous les myrtilles se trament des amours.
Éditions : Phébus (2002).

 

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10 juillet 2017

MOREL François / Les habits du dimanche.

Les habits 2

Les habits du dimanche.*
François MOREL.

Note : 4 / 5.
La famille dans tous ses états.
Ma première lecture de François Morel. Homme aux multiples casquettes qu’il cumule avec beaucoup de succès, bien mérité d’ailleurs. Des inénarrables « Deschiens » à la télévision ou au théâtre, le cinéma (Le bonheur est dans le pré) et la radio.
Un court livre narrant avec beaucoup d’humour, mais avec perspicacité, l’enfance, l’adolescence et l’âge mur d’un homme aux prises avec ses souvenirs.
Une famille de français moyens, les Verblanchon, le père, la mère Yvette, les trois enfants, Maryline la sœur aînée, le narrateur Adrien, deuxième dans la liste des naissances et Sébastien le petit  dernier. Ne pas oublier le reste de la famille, le Grand-père Antoine et quelques oncles et tantes que l’on visite le plus rarement  possible, surtout au moment des vœux de début d’année !
Maryline qu’Adrien appelle Ma Ryline sont plutôt complices, un de leurs jeux favoris est « Aller faire l’amour » dans un lit au grenier ! Une occupation bien anodine mais bruyante. Certaines des expressions de la vie d’adultes  déroutent les enfants : Maryline est la fille d’un premier lit ! Celui, ancien qui a été mis au rencard !
Plusieurs grands débats d’idées agitent la progéniture de cette famille banale :
Est-il mieux d’être le premier, le second ou le troisième enfant ? Chacun voit midi à sa fenêtre, et toutes les options sont envisagées ! 
Autre question cruciale, les parents ont-ils fait l’amour pour leur donner la vie ?
Certains pensent qu’ils ne sont que des rejetons adoptés, d’autres disent que vu la ressemblance, la question ne se pose même pas ! Aussi curieux que cela puisse paraître, les parents ont fait l’amour au moins trois fois dans leur vie ! Le débat est clos !
Maman, grande chanteuse devant l’éternel, reçoit un jour une photo dédicacée de son idole Tino Rossi ! Branle-bas chez les enfants, Maman va quitter Papa,  divorcer  pour aller vivre avec le célèbre chanteur ! Pauvre Papa !
Grand-père veuf depuis des années vit avec la famille, il perd un peu la tête mais il est la victime toute désignée des blagues enfantines.
Maryline se laisse  pousser les ongles et les seins ! Est-ce bien prudent de faire les deux à la fois ? Pas trop fatiguant ?
En parlant de seins, la vue de ceux de Jocelyne, amie de Maryline au petit déjeuner permet à Adrien de passer une bonne journée ! Elle n’est pas belle la vie ! Ils ne sont pas beaux les seins de Jocelyne !
La famille reçoit parfois des visites, Monsieur Bonprince, le patron du père, des camemberts « Bonprince », le Prince des camemberts » celui qui considère Monsieur Verblanchon comme son fils adoptif. Il faut dire que celui-ci défend l’honneur de son entreprise. Envers et contre tous ! Vous vous rendez-compte une production de quarante milles fromages jour ! Vous avez bien lu : Quarante milles, un camembert mondialement connu !
La vie a, au bout du chemin, son corollaire, la mort.
Et elle frappe dans ce coin tranquille de Normandie également…
Réflexions douces amères, mais avec beaucoup d’humour et de lucidité sur le temps qui passe, l’enfance, l’adolescence, puis l’âge d’adulte. Chaque période de la vie, avec ses joies et ses peines.
Et si tout cela n’était qu’un rêve, une illusion ?
Quelques illustrations  en noir et blanc  complètent agréablement certains chapitres.
Extraits :
- Grand-père aime bien aller au cimetière. Ça se comprend, il connait tout le monde : ceux qui sont morts à la guerre, ceux qui sont morts à l’arrière, ceux qui sont morts du cancer ou suicidaires ou adultères, ceux qui sont morts, les plus nombreux, de leur belle mort : tout le monde.
- On s’initie à la pensée commune, celle de ceux qui se flattent de n’avoir été ni héros, ni salaud, considérant l’inertie comme la seule ligne de conduite raisonnable.
- J’ai l’impression que tout le monde grandit quand moi je fais du sur place.
- Le plateau de fromages est uniquement composé du camembert Bonprince présenté à différents stades de son évolution bactérienne : il y a du fait, du bien fait, du coulant, du plâtreux.
- Ensuite, Yvette et Tino se sont échangé leur sang (la lettre est écrite à l’encre rouge), puis ils se séparèrent. L’un à l’arrière de sa Rolls, l’autre à l’arrière de son autocar, le cœur chargé d’émotion, ils se firent un dernier signe de la main.
- Même les amis c’est pas pour nous. On a bien des voisins. On a bien des cousins que l’on voit comme dit papa « en cas de malheur » à l’occasion des mariages et des enterrements. L’été prochain, peut-être on ira chez eux sur la côte de Granit rose pas loin de Ploumanac’h et de Perros- Guirec…
- Aujourd’hui, Jocelyne, du passé faisons table rase. Vous m’avez offert, ce jour-là, l’une des plus belles érections de ma courte carrière.
- Comme elle ne savait pas quoi faire, elle est devenue conseillère d’orientation.
Éditions : Du Rocher (1999) Pocket pour l’édition de poche.
*Illustrations de Christine Patry.

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06 juillet 2017

ROUCH Sylvie / De l'eau dans l'gaz.

Rouch

De l’eau dans l’gaz. *
Sylvie ROUCH
Note : 3 / 5.
Le gaz part, la nature trépasse !
Vingt et unième titre de la série Léo Tanguy, pour ce roman c’est Sylvie Rouch qui prend la plume, et Léo Tanguy la clé des champs !
En combi pour une noce et les Cévennes ! Saint-Hippolyte-du-Fort plus précisément !
Mais les Cévennes ne sont plus ce qu’elles étaient ! Avant repaire de babas cool, post soixante-huitards, rescapés du Larzac et de bien d’autres manifestations, d’autres combats, un peu assagis peut-être ?
Pas vraiment, un nouveau combat (car il s’agit d’un combat) est en cours : l’extraction d’un gisement de gaz de schiste divise la population locale. Des emplois contre la détérioration de la nature de cette région préservée ?
La mariée est la belle Maïa, l’amie antillaise de la défunte  Soazic, grand amour de Léo, disparue dans un crash aérien. Maïa va convoler en justes noces avec Sébastien un colosse écolo. Il y a aussi Paolo, le propriétaire du mas, ancien activiste au passé chargé, son ami grec Costa, lui aussi activiste blanchi sous le harnais.
Puis arrive la ravissante Angelina, fille de Paolo, Léo en est tout retourné, elle succombera à son charme !
La fête bat son plein, les boissons coulent à flots, mais au matin changement de décor…
Un homme, le richissime Debors, a été tabassé et la gendarmerie vient arrêter Paolo.
Les deux hommes ont eu une altercation au cours d’une réunion publique au sujet de la possible ouverture d’une mine pour l’extraction de gaz de schiste.
Le passé de Paolo ne plaide pas en sa faveur, mais ses amis ne croient pas en sa culpabilité… surtout que Debors décède !
Alors Léo va avec les familiers de Paolo commencer une enquête dans un milieu rural où tout le monde se connait et où les rancunes sont nombreuses et tenaces…
Et Debors avait tellement d’ennemis !
Beaucoup de personnages, les invités de la noce et les villageois qui ont, pour beaucoup, de bonnes raisons de détester le défunt, en particulier celui surnommé « Le cow-boy » ; il y a Gégé aussi. Léo enquête au bistrot du village où Mireille règne sans partage. Gare aux perturbateurs !
Extraits :
- Où qu’il soit, s’il y a un combat à mener, une veuve à défendre ou un hérisson à sauver, tu peux être sûr qu’il va embrasser la cause.
- Y’a qu’un Grec pour proposer du café à l’heure de l’apéro, ironise Séb’ en regardant sa montre. Pour moi, ce sera plutôt un rosé bien frais ! 
- Parmi celles-ci, un cliché noir et blanc cranté montrant une vieille en coiffe qui rit de toutes ses dents, enfin de celles qui lui restent.
- Hiver comme été, il porte la même paire de santiags fatiguées et le même chapeau. Un vrai chapeau de western en peau de buffle. Manque plus que l’étoile pour en faire un sheriff.
- Contrairement à lui, paix ait son âme, j’ai rien à vendre et rien à gagner dans l’affaire !
- Des noces ! Je croyais que c’était passé de mode de célébrer des noces ! marmonne le paysan avec une moue dubitative.
- Les histoires de famille sautent parfois les générations.
Éditions : La Gidouille (2017)
* Les nouvelles enquêtes de Léo Tanguy.

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