Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

23 mai 2022

LUCCHINI Sandrine / Tarot sanglant.

Tarot-sanglant

Tarot sanglant.
Sandrine LUCCHINI.

Note : 4,5 / 5.
Cartes sur cadavres.
Autrice que je découvre avec cet imposant roman noir de plus de 360 pages.
Claire Franchini est une jeune avocate pleine d’avenir de trente-cinq ans, elle est amoureuse d’Anton, elle le rejoint en Corse. Sauf qu’à son arrivée, celui-ci est mort.
Nous sommes à Marseille cinq ans plus tard. Claire fête ses 40 ans. Parmi les invités il y a Xavier, son amant, son amour, un policier de la brigade des stupéfiants. Parmi les invités, il y a également Léa, sa cousine, elles ont été élevées ensemble par les parents de Claire. Tout semble les opposer, mais leur amitié est plus forte que tout. Enfin paraît plus forte que tout !
Claire fait la promotion d’un livre qu’elle vient d’écrire. Au cours d’une émission radio, un appel menaçant lui est adressé. Au sortir de cette émission, un homme l’observe avec insistance.
Un cadavre est découvert au petit matin, une jeune femme a été massacrée. Il s’agit de Léa, une carte de tarot « L’Amoureux » est découverte près du corps.
Claire reçoit une lettre à son travail :
- « Claire, ce que je fais, je le fais pour toi, rien que pour toi ».
La commissaire Sophie Leroy est chargée de l’enquête pour le meurtre de Léa, elle et Claire se connaissent, elles ont fait une partie de leurs études ensemble.
Que s’est-il passé entre Léa et Xavier le jour de la mort de cette dernière ?
Qui est ce mystérieux Tony qui semble avoir des reproches à lui faire au sujet de l’affaire Charlotte Acerbie ?
Qui s’est introduit chez Claire pour lacérer un tableau ?
Et la mort de Thomas, son associé découvert égorgé dans sa voiture avec lui aussi une carte de tarot, celle de la mort !
Où est passé Xavier ? Quel rôle joue Faiza, son amie libraire ?
Qui est le narrateur de paragraphe
s énamourés en italique ?
Claire, qui apprend qu’elle est enceinte, se sent de plus en plus visée… à qui le tour, elle ou alors un familier ?

Beaucoup de personnages mais Claire Franchini est au centre de ce livre. Faut-il chercher dans son passé les raisons de ces meurtres qui la touche de près ? ou dans celui de Xavier ?
L’assassin est-il un de ses proches ? Mais lequel ? Ou laquelle ?
C’est très bien écrit, plein de fausses pistes qui nous tiennent en haleine jusqu’à la fin de cette histoire.
Une découverte.
Extraits :
- Tu vois, c’est ça le problème. Aujourd’hui on arrête plus les gens parce qu’ils ont merdé. On les coince pour leur sauver la peau !
- Elle était excessive en tout, dans ses désirs, ses émotions, et ça faisait d’elle une jeune femme fragile, attachante.
-Á trop regarder le monde à travers le filtre de ses lunettes de flic, tout lui paraît suspect.
- Elle est là, mais reste absente à ce qui l’entoure. Le souvenir présent de Léa lui souffle ce qu’elle doit écrire.
- Pourquoi donner une identité à la mort qui ne connaît pas d’obstacle et peut frapper à tout moment ? C’est aussi brutal et tranchant que la représentation de cet arcane.
- Donc, si ce n’est pas un serial killer, est-ce que c’est l’œuvre d’un amoureux transi, débordé par ses sentiments ? Je ne le pense pas non plus.
- En cet instant, sa lumière agit comme un charme, faisant taire la cacophonie mentale qui l’oppresse.
- Cela lui rappelle une citation d’André Malraux : « Mourir est passivité mais se tuer est un acte. »
Éditions : Black Lab (2022).

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19 mai 2022

CARIO Daniel / Une singulière confession.

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Une singulière confession.
Daniel CARIO.

Note : 4, 5 / 5.
Dans le secret du confessionnal.
Ce roman commence par l’avertissement suivant :
- Ce roman a été écrit avant la publication du rapport Sauvé. Il ne s’agit donc pas d’une récupération opportune de l’actualité.
Nous sommes en 2017 à Brolignec, gros bourg (imaginaire) de Bretagne. Le père Raynald Vauquier veille, comme on dit, sur ses ouailles. C’est un homme jeune, mêlant modernité et traditionalisme. En plus du catéchisme, en tant que sportif, il s’occupe également de l’équipe de football des benjamins du club catholique de la paroisse. Bref, une vie qui semble sans histoire, jusqu’au soir où…
Un homme vient lui faire la confession la plus improbable qui soit ! Il vient confesser un péché qu’il n’a pas encore commis ! Et il demande l’absolution pour cela. Il déclare que le lendemain, il sacrifiera un garçon, à 17 h30, près de la fontaine des Trépassés. Et il quitte l’église. Le prêtre est face à un dilemme, respecter le secret de la confession ou alors aller voir la gendarmerie ? Et puis cette voix n’était peut-être que celle d’un plaisantin !  Il se rend malgré tout sur place, et ne constate rien de particulier. Il y retourne le lendemain, à pied car sa voiturette a disparu, pas la première fois, et il la retrouve toujours. Il laisse toujours les clés dans le véhicule !
Mais arrivé sur place sa vie bascule, il découvre le corps sans vie et à demi-dénudé d’un jeune membre de son équipe de football. Il s’enfuie en courant, mais des paysans alertés par les cris de l’enfant voient un homme s’enfuir… un homme en soutane !
Alors pour la majorité de la population, Raynald Vauquier est coupable, malgré qu’il clame son innocence. Et Son histoire de voix venant lui annoncer le meurtre la veille ne tient pas debout ! Sa voiturette est à sa place et le cartable du garçon assassiné est à l’intérieur. Tout le désigne, lui un homme d’église. On lui montre une photo dans les vestiaires du football où il tient la jeune victime par les épaules.
Il est emprisonné à Vannes, et le traitement réservé aux tueurs d’enfant n'est pas des plus agréables. Mais la direction de la prison lui évite le maximum de contacts avec les autres détenus. Le gardien qu’il côtoie le plus est l’oncle de la victime et il est persuadé que c’est lui qui a tué l’enfant !
La seule personne susceptible de l’aider est Bérangère, sa sœur aînée.
Elle va se transformer en détective et enquêter sur l’abbé Ronssin, le prédécesseur de Raynald Vauquier, mort à la suite d’une chute en descendant du clocher de l’église ! Accident ou crime ?
Comment le destin d’un homme peut basculer dans l’horreur, car victime d’une vengeance implacable.
Et un souvenir au départ confus à la vue d’une photo qui devait être une pièce à conviction aidera à l’innocenter.
Beaucoup de personnages secondaires dans ce roman qui analyse la vie d’un bourg breton face à l’horreur que constitue la mort tragique d’un enfant innocent.
C’est très bien écrit (comme d’habitude, dirais je), le déroulement de l’histoire laisse peu de temps morts et nous découvrons la vérité sur le tard.
Extraits :
- Ses sermons ramenèrent dans le saint lieu les brebis égarées.
- Ne décrochez pas, cette ambiance sereine sera bientôt bouleversée par de terribles événements.
- La voi
x était posée, le ton ne paraissait pas celui d’un illuminé.
- Les moissonneurs avaient entendu le cri eux aussi. Ils aperçurent la silhouette ensoutanée et qui disparaissait entre les talus.
- Des images affreuses, digne de Jérôme Bosch, dont le pauvre Rémi était bien entendu la victime centrale.
- Vous n’êtes pas en chaire dans votre église, mais dans le bureau d’un juge d’instruction.
- C’était donc ces gens-là, attifé
s comme des marionnettes, qui étaient chargé de rendre la justice, de venger leur cher enfant !
Éditions : Groix éditions (2022).
Autres titres de cet auteur chez Groix éditions :
Les yeux de Caïn.
Ne reposez pas en paix.
Rappelle toi Eve.
Séquestration. (2 titres )
Le blockhaus de la lande.
La maison des sens.

 

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16 mai 2022

De DIEULEVEULT Guillaume / Retour en Bretagne.

Retour-en-Bretagne

Retour en Bretagne.
Guillaume de DIEULEVEULT.
Note : 4,5 / 5.
Comment peut-on redevenir Breton ?
Retourner en Bretagne, pour moi la question s’est posée il y a une vingtaine d’années. Mais avant, il avait fallu comprendre que j’étais breton ! Chose que j’ai découvert il y a très longtemps ! Donc, je comprends très bien la démarche de Guillaume de Dieuleveult, l’ayant vécu bien avant lui.
Un prologue, quatre parties et trente-quatre chapitres, un épilogue et des remerciements sur plus de deux cent trente pages.
Titres des quatre chapitres, (dont le premier est très explicite)
Être breton. La Bretagne à Paris. Eaux qui courent et eaux qui dorment. En dehors du dedans.
Dans un des premiers chapitres, qui se nomme « La menace kitsch », on constate qu’au fil des siècles tout ce qui a fait de la Bretagne une nation a disparu. Il pense, et c’est paradoxal que malgré sa disparition, son identité reste toujours très forte, mais cette identité ne dépend-elle pas de symboles marchants. Je suis un peu d’accord avec ce point de vue.
Comme beaucoup je ne parle pas et n’ai jamais parlé breton. Je suis né en Bretagne de parents bretons et je me sens profondément breton. Ce qui n’est pas forcément le cas de mes frères et sœurs.
Je vais surtout privilégier, dans cette chronique, la littérature bretonne, de langue française. Des glorieux ancêtres dont j’ai toujours espoir de relire leurs œuvres, le « Barzaz Breizh » d’Hersart de la Villemarqué, « La Légende de la Mort » d’Anatole Le Braz ou encore Ernest Renan. Sans, bien sûr, oublier Pierre Jakez Hélias.
Guillaume de Dieuleveult consacre deux chapitres à un breton d’Amérique, Jack Kerouac pour qui « dans la mer les poissons parlent breton !
Mais la Bretagne s’est réveillée, remercions tous ces musiciens, 
Glenmor, Alan Stivell, Gilles Servat et beaucoup d’autres.
Un mot également pour les écrivains qui ont défendu la Bretagne, Morvan-Lebesque et Xavier Grall, je relie encore le second et j’ai bien envie de redécouvrir le premier, ayant encore quelques ouvrages qui m’ont suivi dans toutes mes péripéties.
Je vous laisse prendre la route, découvrir la Bretagne profonde en suivant les pas de Guillaume de Dieuleveult, qui fait un très bon guide.
Beaucoup de personnages croisés durant ses pérégrinations en Armor et Argoat. En grande majorité des gens ordinaires, souvent très attachés à leur terre. J’ai particulièrement été intrigué par ces hommes et ces femmes qui œuvrent pour la renaissance du druidisme.
Un très bon ouvrage, qui peut faire découvrir à certains lecteurs de ce livre, l’histoire et l’attachement de beaucoup de bretons à leur vieux pays.
En terminant ces chroniques, je sais que j’ai oublié de citer énormément de choses et je m’en excuse.
Extraits :
- Un jour, cette rêverie en bagage, je suis retourné en Bretagne.
- C’est pourquoi les Bretons sont si rêveurs et si fiers. Ils sont hantés par la nostalgie de ce qu’ils auraient pu devenir.
- Mais la Bretagne n’est plus de taille à lutter contre la France.
- Il ne supporte pas d’en être devenu une icône. Il s’est coupé de ce monde-là.
- Mais à Plounéour-Trez, un peu de cette histoire s’en est allé depuis que la mairie avait choisi de transformer la rue Creac’h-Enour en rue des Lavandières.
- « Aucun de ceux qui tiennent une plume ne devraient rencontrer un Breton sans lui ôter son chapeau », écrivait après l’avoir lu, George Sand, grande amie de Flaubert. (On parle ici du Barzaz Breizh).
- Sans doute avait-il tellement voulu être breton qu’il était devenu druide.
- « J’ai eu de la chance, disait-elle, je ne me suis jamais fait baptiser. »
- Tout cela s’appelait la Bretagne.
Éditions : Buchet. Chastel (2022).

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10 mai 2022

LUNCH Lydia . V.I.T.R.I.O.L.

Viriol

V.I.T.R.I.O.L.
Lydia LUNCH.

Note : 4,5 / 5.
Une vie de démesure et de révolte !
Troisième ouvrage de cette autrice chroniqué sur ce blog.
Les écrits de cette icône de la culture punk, en courts textes ? où elle nous raconte les faits marquants de son existence (et ils furent nombreux) et aussi où elle nous jette à la face sa révolte, en particulier contre Donald Trump, mais ce n’est pas le seul passé à la moulinette de ses lignes.
Je ne vais bien évidemment pas pouvoir parler de tous les textes de ce livre.
La quatrième de couverture donne le ton :
Doigt d’honneur aux censeurs. Un manifeste de l’underground.
Vingt textes précédés d’une préface d’Anthony Bourdain dont voici les titres :
Insurrection. La mort défiée par mille blessures. La Maternité, ce n’est pas obligatoire. Á violeur, violeuse et demieJ’ai un cauchemar. Fouille au corps-en position. La politique des ruines. Cette salope insaisissable. Ville fantôme. Herbert Huncke : le beatnik originel. Hubert Selby Junior : l’homme qui refusait de mourir. 1967. No wave. Péquenothon : la taille unique, c’est pas pour tout le monde. Détox (si seulement c’était aussi simple). Le breuvage des sorcières. Ivre de baise. La vraie pornographie. D’ombre et de poussière.
Cet ouvrage se termine par la liste des sources où sont pris ces textes, puis par une liste de remerciements.
« Á violeur, violeuse et demie ». Lydia Lunch imagine être la femme de chambre de D.S.K. un certain matin dans un hôtel de Manhattan ! Pauvre D.S.K. !
« J’ai un cauchemar ». 
Lydia Lunch inverse le fameux « J’ai un rêve » de Martin Luther King pour le transformer en un pamphlet au vitriol contre Donald Trump. Un texte puissant !
Un peu d’humour dans « 
La politique des ruines » ou comment remettre à leurs places deux mecs, style dragueurs lourdingues, confondant la vie et le cinéma pornographique. Vengeance universelle.
Deux écrivains parmi les nombreux cités ont droit chacun à un paragraphe :

Herbert Huncke : le beatnik originel. Herbert Huncke n’est pas l’auteur de la Beat Generation le plus connu, mais Lydia Lunch le considère comme un précurseur de ce genre littéraire et elle lui rend ici un hommage qu'elle estime mérité.
« Hubert Selby Junior : l’homme qui refusait de mourir » est la transcription d’un interview de l’auteur par Lydia Lunch. Auteur à qui l’on doit l’excellent « Last exist to Brooklyn » et d’autres titres moins connus.
Parmi ses inspirations littéraires, elle nomme entre autres : Henry Miller, le Marquis de Sade, Michel Foucault, E.M. Cioran, Jean Genet…
« 1967 » fut, semble-t-il, une année charnière pour Lydia Lunch, ce texte dit ceci :
- L’année 1976 a contribué à définir si j’allais devenir. Année de vives tensions s’il en est ! Manifestation contre la guerre du Vietnam, émeutes raciales, etc…

Parmi les personnages dont il est question dans ce livre, en plus de quelques chanteurs et écrivains, nous croisons aussi beaucoup de tueurs en série dont les surnoms faisaient les choux gras de la presse : « L’étrangleur des collines », « L’étrangleur de Boston », « Le traqueur de la nuit », « Son of Sam » ou Charles Manson.
C’est toujours bien écrit, sans effets de manche ni compromission. Lydia Lunch aime ou déteste sans aucune mesure. Mais elle garde sa haine pour les nantis, les puissants, les sombres crétins qui peuplent la terre et qu’elle a eu la chance ou la malchance de croiser.
Extraits :
- Oui, nous étions en colère, lai
ds, morveux et bruyants.
- Les fêtards enivrés se livraient à des orgies si sauvages qu’elle ficherait la honte aux teufs-sous-ecstasy des temps modernes.
- J’étais si doué
e pour compartimenter tous les éléments de mon existence, qu'il y avait d’énormes parties de moi que moi-même je perdais de vue.
- J’ai commencé à avoir peur de ma propre libido.
- Je vivais dans l’ivresse de la Baise. Une ivresse à cent millions de volts.
- La société n’est pas une maladie. C’est un putain de désastre.
- La violence est la seule résistance contre la tyrannie et l’oppression.
- Le plaisir, c’est la rébellion ultime. La seule 
vraie rébellion, c’est le plaisir.
Éditions : Au Diable Vauvert (2022).
Titre original : So Real, It Hurst (2018).
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Élise Passavant.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Paradoxia.
Déséquilibres synthétiques .

Titre de Herbert Huncke .
Coupable de tout.

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06 mai 2022

FILIPENKO Sacha / Un fils perdu.

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Un fils perdu.
Sacha FILIPENKO.

Note : 5 / 5.
Dix ans après !
Avec ce roman, je découvre cet auteur et la littérature biélorusse, n’ayant pas souvenir d’avoir lu autre chose de ce pays.
Cet ouvrage commence par un avant-propos signé de l’auteur qui se termine par cette phrase :
- Tout ce que j’espère sincèrement, c’est qu’un jour, dans mon pays, ce livre cessera d’être d’actualité…
Et quand on connaît un tant soit peu la situation politique de la Biélorussie, nous ne pouvons qu’être d’accord avec ces mots.
Francysk est un jeune homme tout ce qu’il y a d’ordinaire vivant dans un pays totalitaire. Vivant avec sa grand-mère, il est étudiant à l’école de musique, et n’est pas ce que l’on peut appeler un élève brillant. Il a quelques amis, une petite amie Natsia. Malgré tout un côté un peu rebelle, ayant décidé d’apprendre la langue de son pays, qui n’est pas la langue officielle de celui-ci. Il se rend compte également que l’histoire officielle qui est enseignée prend parfois beaucoup de liberté avec la vérité.
La vie peut parfois être cruelle, Francysk a prévu d’assister à une soirée en plein air qui réunit des milliers de jeunes. Un vent de panique, dû à un orage de grêle, entraîne un mouvement de foule, dans lequel il sera grièvement blessé et tombera dans le coma.
Coma qui durera dix ans !
Commence alors pour sa grand-mère, la seule qui ne l’abandonnera pas, une longue période de doute et de désespoir. Elle n’est pas à court d’idées pour le réveiller, elle va même jusqu’à payer une jeune et belle prostituée en espérant qu’avoir un rapport sexuel aidera sa guérison. Hélas, en vain. Mais cette jeune fille ne sera pas perdue pour tout le monde… il y a toujours un bon copain pour profiter de l’occasion qui fait le larron !
Mais la grand-mère meure… et le malade sort du coma ! Miracle.
Pour Francysk commence une période où il doit retrouver ses marques, car tout a changé… sauf le président !
Cette résurrection attise les convoitises…
Le personnage principal est Francysk Loukitch que rien ne prédestinait à ce destin, Elvira, la grand-mère sera toujours à ses côtés, Stass, son copain, d’avant et d’après lui piquera Natsia, sa petite amie.
Un plaidoyer pour la liberté des peuples à décider eux-mêmes de leurs destins. 
Il est, je pense, absolument nécessaire de lire les quelques pages de notes en fin d’ouvrage qui nous éclairent sur des événements qui se sont réellement déroulés durant ce roman politiquement incorrect.
Une très belle écriture, beaucoup de notes de bas de page avec les traductions des textes en biélorusse.
Un mot également pour cette couverture très colorée que j’aime beaucoup.
Une découverte que je vous incite à découvrir vous aussi.
Extraits :
- Est-ce que tu imagines une chose pareille ? Rien ne changera jamais dans ce pays, rien, jamais !
- Peut-être que tout aura changé quand tu rouvriras les yeux, mais pour le moment, bon conseil : ne te réveille pas ! Dors !
- En fait, il règne dans le pays un merdier total, mais l’autre continue de raconter qu’on y vit super bien. Super bien, c’est sûr, si on lui verse du pognon chaque année juste comme ça. Pour les grands frères, nous sommes une simple région subventionnée de plus !
- Il pensait qu’au dehors, l’année 1999 suivait son cours : attendez les examens, l’été et Natsia. Le portrait du président au mur ne pouvait que renforcer cette conviction.
- Tout le monde vote contre ! Demande à n’importe qui, il a voté contre, mais l’autre récolte soixante-quinze pour cent des voix !
Éditions : Noir sur blanc. (2022)
Titre original : Byvchi syn (2021).
Traduit du Russe par Philie Arnoux et Paul Lequesne.

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