Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

20 juillet 2018

OBIONE Max / Les amours noires.

 

les amours noires

Les amours noires.
Max OBIONE.

Note : 4,5 / 5.
Quand le jaune vire au noir !
La 23ème enquête de Léo Tanguy et la 9ème aux éditions de « La Gidouille ». Cette fois c’est Max Obione qui prend la plume.
Comme cette enquête se passe pour la plus grande partie à Morlaix, le titre de ce livre (et le titre de ma chronique également) est un hommage au poète Tristan Corbière et à son recueil « Amour Jaune ».
Trois parties pour ce roman, Morlaix, Le Havre et au milieu un intermède !
Coup double ! Deux corps sans vie pour la même famille.
Un homme, Remy Lehner, est retrouvé mort dans un bassin du port du Havre ! Une femme, Emmy Lehner, git sans vie sur la grève de Dourduff à Morlaix. Leurs points communs : ils sont jumeaux et membres de la nombreuse communauté bretonne du Havre.
Lui est (était pardon) un homme d’affaires riche et dépensier. Il avait quitté la France et était parti en Afrique, au Gabon plus précisément, et en était revenu « péter de thunes ». Comment ? Cela reste un mystère.
Propriétaire d’une entreprise « LegumEx » qui comme son nom l’indique fait du commerce de légumes. Il possède aussi une boîte de nuit « Le Lapin rose ». Thérèse, artiste un peu décatie de ce haut lieu de la nuit, lui en veut ; en effet il la trompe avec une jeunette !
Elle, possède une crêperie bretonne au Havre. Endroit chic et choc.
Elle a travaillé en coulisse pour arriver au sommet de la hiérarchie de la diaspora bretonne. Elle est aussi une collectionneuse convulsive… d’hommes.
Donc elle, comme lui, ont de nombreux ennemis ! Dans le panier à crabes le choix est grand !
Après un début d’enquête sur Morlaix, direction Le Havre pour nos deux joyeux drilles… qui vont en trouver d’autres sur place !
Encore et toujours Léo Tanguy, mais en même temps c’est le « héros » et redresseur de torts de la série. Pour cette enquête il a un compère (comme écrit sur la quatrième de couverture), le havrais Bob Mougin, cyber journaliste comme lui. Lola, une jeune fille accueillante, un vieux libraire très laid et sa jeune épouse très belle, des Havrais haut en couleurs, une vieille dame en larmes sont les personnages de cet opus. Qui est un des meilleurs livres de la série. On plonge dans l’histoire du Havre, l’arrivée massive des Bretons, la reconstruction du port après la guerre et les changements qui en résulteront.
Un bon moment de lecture.
Extraits :
- Jean-Yves a dit que c'est quand même moins chouette qu'à Ploumanac'h.
- Ces quelques maigres tifs sont coiffés à l'éponge, mais ce qui indispose le plus dans ce spectacle ce sont les ruissellements continus de sueur lustrant son front et sa face de mascarade.
- Des genres de Bretons en quelque sorte !
- Les sœurs Goadec ont fait leur temps. Maintenant c'est Milig ar Skañv. Glenmor si tu préfères.
- Puis je suis attiré par une série disparate de livres, reliés et brochés. Il s'agit d'une collection d'éditions Des amours jaunes de Tristan Corbière publié sous les formats les plus divers chez les éditeurs les plus variés dont les noms me sont inconnus.
- Il s'active à nouveau en ayant pris la liberté de s'abstenir de répondre.
« Encore une question de parisien », doit-il penser.
- Rémy n'a pas d'ennemis, il sait comment débrancher à temps les gêneurs.
- Dans cette histoire, le cadavre de la Corseafrique remuera-t-elle encore ? La Corse connexion repartira-t-elle de plus belle ?
- Pardi ! À l'époque des grandes embauches, il y avait environ 4000 dockers à turbiner, ça fait du monde ! Rien que pour décharger un bananier on comptait pas moins de trente bonhommes par bordée.
Éditions : La Gidouille (2018).

Posté par eireann yvon à 11:40 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,


17 juillet 2018

BUCHER André / Un court instant de grâce.

Un court instant
Un court instant de grâce.

André BUCHER.

Note : 4, 5 / 5.
Instant tellement rare…
Neuvième roman de cet auteur dont j’ai lu, il y a longtemps « Déneiger le ciel » qui concourait à l’époque pour le prix « Cezam ».
Nous sommes dans la France profonde, loin des villes et des lieux touristiques. La France des oubliés qui se dépeuple et qui meure à petit feu. Il y a une montagne parfois nommée « Pâle » parfois « Palle ». Cette montagne boisée va devenir le sujet d’affrontement entre les rares habitants de ce hameau perché difficile d’accès.

Nous sommes en décembre 2015. Émilie est une femme du pays, elle vit seule depuis le décès d’Edouard, son époux, mort accidentellement. Leur fils Serge est parti voir ailleurs depuis 2009, loin dans le Nord. Il n’avait pas la vocation pour cette vie rude qui l’attendait en restant au pays. Le travail est rare, les hivers longs et froids, les femmes à marier encore plus rares que le travail. Seule solution pour la jeunesse, l’exil.
Mais la situation pourrait changer, la forêt intéresse des hommes d’affaires. La création d’une centrale à biomasse est envisagée. Pour cela il faut du bois, beaucoup de bois. Petit à petit les arbres plusieurs fois centenaires  
seront abattus et la forêt rasée. La résistance s’organise, Émilie en devient le symbole, elle est aidée en cela par Victor, son tout premier amour… ils avaient dix ans tous les deux. Dans le village deux clans s’affrontent, parfois au sein de la même famille. Le maire est ouvertement pour, ses arguments sont toujours et partout pareils, la création de postes, du travail à venir etc…etc… sauf que souvent les gens embauchés ne sont pas de la région ! Il pense aussi à sa réélection !
Les réunions publiques sont houleuses et les incidents se multiplient. Émilie est projetée à terre et blessée. Une jeune femme venant de la ville et prête à tout est dépêchée sur place. Elle use de son charme mais sans grand résultat. Serge revient pour tenter de convaincre sa mère de ne pas s’opposer à ce projet.
Émilie et Victor, aidés de quelques voisins, résistent malgré les menaces et intimidations…
É
milie, un personnage féminin lumineux. Humaniste et pleine

de bonté mais opiniâtre pour défendre sa forêt et son monde.
Une grande dame, un des plus beaux portraits de femme toute simple, une découverte au cours de mes dernières lectures.
Beaucoup d’autres personnages dans cette fable moderne… quel monde laisserons-nous à nos enfants et
petits-enfants ?
Une très belle écriture que j’ai beaucoup appréciée, les descriptions de la nature sont particulièrement réussies. Un roman écologiste que je recommande. Le pot de terre contre le pot de fer. Parfois la détermination de certains fait reculer le massacre de la nature qui, lui est uniquement dicté par le profit à court terme.
Extraits :

- « Les pâtures du vent », plaisantaient les rares bergers qui venaient là, sur le penchant, estiver leurs troupeaux.
- Il fallait aussi compter avec un autre genre de paroissiens, les corbeaux. Des raconteurs d'histoires souvent tristes, quelquefois drôles.
- Émilie n'aspirait plus qu'à se métamorphoser en ourse, enfouie dans le poudrin, avant de sombrer dans un grand tourbillon onirique.
- À cet instant précis, elle se sentait seule, vraiment seule et désemparée. À ne pouvoir se répéter que des histoires sans paroles de peur que les mots de se gèlent.
- Il accédait à un autre continent, à la fois déroutant et familier.
- Ce qui la dérangeait, chez eux, provenait du fait qu'ils n'étaient pas vraiment des militants.
- Il n'avait donc d'autre solution que de la convaincre en lui faisant miroiter son propre intérêt.
- Il paraît que dans le subconscient d'un chasseur existe un écologiste qui prend des somnifères...
- Il avait découvert la poésie sur les bancs de l'école mais comme de nombreux jeunes, il s'en était détourné durant l'adolescence, avant de se mettre sur le tard à la lecture et d'apprécier les œuvres de Dylan Thomas, John Milton, Walt Whitman, William Butler Yates et e.e.cummings, pour ne citer qu'eux.
Éditions : Le mot et le reste (2018).
Autre chronique de cet auteur sur ce blog.
Déneiger le ciel.

 

Posté par eireann yvon à 12:52 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

12 juillet 2018

BROWN Larry / Sale boulot.

 

Sale boulot

Sale boulot.
Larry BROWN.

Note : 3,5  / 5.
La nuit des abîmés.
Roman de cet auteur américain reconnu dans son pays et aux multiples prix. En particulier il est le seul à avoir obtenu le « Southern Book Award for Fiction » à deux reprises.
Deux abîmés par la guerre du Vietnam sont réunis dans une chambre d’un hôpital pour vétérans du Mississippi.
Les premières lignes du roman nous donnent le nom du narrateur du chapitre, car il change au fil des lignes.
Voilà le trip que je me suis fait ce jour-là, le jour où ils ont amené Walter. Voilà à quoi les choses auraient ressemblé s'il n'y avait pas eu des négriers, il y a 300 ans.
Ils sont tous les deux détruits par la guerre et survivent depuis plus de vingt ans dans des états végétatifs. Les deux protagonistes (que l’on ne peut malheureusement pas qualifier de héros) sont Braiden Chaney corps sans bras ni jambes, et Walter James qui lui n’a plus de visage ! L’un est un homme de couleur, l’autre est blanc. L’un parle, l’autre rêve et écoute.
Leurs vies avant, pas faciles, le monde, leurs mondes même avant l’armée, étaient déjà pleines de violence et de fureur. Violences envers les hommes, le père de Walker a tué un homme. Violence entre enfants : Thomas Gandy est la tête de turc des autres élèves avec à leur tête Matt Monroe. Ils le forceront à manger de la bouse de vache, mais un jour cette forte tête sera blessée d’un coup de couteau. Violence envers les animaux, un âne sera battu à mort…
Un pamphlet anti militariste d’une grande virulence, le regret de la vie d’avant l’armée, ils sont des « appelés », les bières et les femmes, les familles même si ce n’est pas le paradis, les boulots de misères, une existence d’américains pauvres sans avenir mais entiers de corps.
Un roman très dur à tous les points de vue. L’histoire de ces hommes est un long calvaire, d’ailleurs quand l’un Walter pose cette question à l’autre Braiden :
-
Tu regrettes de ne pas être mort ? J'ai dit.
La réponse est la suivante :

- Pas une minute qui passe sans que je regrette, il a dit.
Une lecture ardue et une chronique très difficile à faire. J’ai dû relire la première partie de ce livre pour bien situer les personnages principaux (et ils ne sont que deux) !

Ai-je un problème avec Larry Brown ? Ma lecture de « Dur comme l’amour » ne m’avait pas réellement convaincu. Mais j’ai bon espoir de remédier à cette idée car j’ai encore, non lu, dans ma bibliothèque « Joe ».
Extraits :
- Tu piges ? Il faut que t'en enfiles un avant de pouvoir en enfiler une.
- C'était un black et il me regardait. Il me regardait quand j'ai ouvert les yeux.
- Il n'avait pas de bras, pas de jambes, rien que des moignons. Comme dans Johnny s'en va-t-en-guerre.
- Peut-être qu’il lui avait rafraîchi les reins la nuit avant qu'il tue ce salaud.
- Parce que ça pouvait être qu'un salaud, ce mec. Il avait dû faire un truc vraiment dégueulasse pour que mon père soit obligé de le buter, quitte à se faire coffrer. Ils auraient peut-être attendu que j'ai l'âge adulte pour me coller au trou.
- Elle a touché ma figure, partout où il y a ces escarres. Elle avait pas peur. C'est comme si elle comprenait. Elle m'a embrassé.
- Il y en a peut-être qui dorment, ici, mais l'hôpital le dort jamais. Toujours un blessé quelque part. Toujours quelqu'un qui a besoin de soins.
Éditions : Gallmeister ( 2018)
Titre original : Dirty Work (1989)
Traduit de l’américain par Francis Kerline.

Posté par eireann yvon à 07:18 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

09 juillet 2018

COLLECTIF(Cordonné par Frédéric Prilleux et Denis Flageul) / Dur(e)s à cuir !

dures

Dur(e)s à cuire !
Collectif. (Cordonné par Frédéric Prilleux et Denis Flageul)

Note : 3,5 / 5.
À point ou saignant ?
Le recueil du concours annuel de « La fureur du noir & La noiraude », le seizième du nom date de 2015. Il manquait à mon intégrale.
Six nouvelles, six auteurs, trois lauréats et trois auteurs « confirmés ».
Leurs noms par ordre alphabétique : Thiphaine Albessard ; Marin Ledun ; Elsa Marpeau ; Patricia Portman ; Xavier Rugiens et Marie Vindy.
Comme il est d’usage, la préface au nom très poétique de : « Brochettes d’auteurs à la lamballo-pordicaise » signée Denis Flageul (La Fureur du Noir) et Frédéric Prilleux (La Noiraude) commence ce recueil.
« Médusé », nous sommes transportés en 1920 aux États-Unis à Chicago plus précisément. Un jeune homme, blanc et bien sous tous rapports, rejoint la police, pour de mauvaises raisons, il le reconnait lui-même. Et il doit faire ses premières armes à Bronzeville… ce n’est pas ce qu’il espérait. Une femme de couleur, Daisy, a été étranglée dans une chambre d’hôtel ! Qui est son assassin ? Un texte qui pourrait être sous-titré « Mémoires d’outre-tombe ».
« Un pas de danse ». Videur en chef dans une énorme discothèque de la Côte, cela donne du prestige envers les clientes. Mais Emilie Diez la danseuse l’accapare… elle vit avec Simon Boyer. Mais c’est une femme qui a du chien si l’on peut dire, et surtout qui est prête à tout, même au pire.
« Comme la pierre ». Alicia s’ennuie. Epouse de militaire, ce n’est pas une sinécure pour elle, son mari n’est pas un grand sentimental. Alors lorsqu’il invite un jeune soldat à déjeuner, Alicia a des pensées coquines… mais la guerre vient briser cette vie tranquille.
« La mue ». Lorsque son nom de famille est Balh, il est préférable de ne pas appeler sa fille Annie ! Et pourtant certains osent ! Mais bon Annie a de quoi se défendre. Quittant sa ville natale avec une amie d’enfance pour Montréal, elle devient Marianne… et change complètement de vie ! La mue est réussie, même si la morale est passée à la trappe !
« Portrait d’un rino féroce ». Texte très étrange, une première partie à la morgue où un mort bouge… deux vieillards farceurs, une femme et un homme dans une maison de retraite… Je suis un peu dubitatif vis-à-vis de ce texte.
« Tais-toi » car tu es un dur à cuir toi. Un homme et un enfant qui ne parle pas s’installent dans une vieille maison. L’homme n’est pas le père de l’enfant, il fut l’amant de sa mère qui lui a demandé de veiller sur lui, le temps qu’elle puisse venir. Mais la première visite est une femme policière qui doit lui dire une nouvelle grave.
Cassiopée est une dure… il est préférable de ne pas s’y frotter, Emilie également. Faibles femmes, vous repasserez avec vos clichés, messieurs ! Alicia aime la jeunesse, surtout les jeunes soldats en réalité, Marianne a changé et pas uniquement de prénom.
Peu de grands textes mais une bonne moyenne, mais les femmes sont plus dures à cuire que les mâles !
Extraits :
- Mon parfum sentait la civette, ma chemise l'aisance, mon nom l'Irlande. Je haïssais en troupe les Chinois, les Grecs, les juifs, les homosexuels et les noirs.
- Nous partagions à la fois des verres et ses considérations sur les différents réseaux nés de la prohibition.
- Maintenant qu'il était là, il réalisait à quel point c'était stupide. Il pouvait encore faire demi-tour. Il devait faire demi-tour.
- L'ancienne Émilie avait disparu pour toujours et, à part elle, personne ne pouvait comprendre ça.
- Dans un mouvement lent et pensif, elle ôte sa robe, puis le reste. Sa nudité a des boursouflures de crème.
- Aussi docile qu'une poupée de chiffon, elle le laisse la pénétrer, fixant machinalement ses naseaux.
- Gourmande, elle dévorait par petites bouchées avec la mine d'un chat qui vient de trouver une soucoupe de lait.
- Quinze ans de carrière au compteur chacun. Et c'était bien la première fois qu'il voyait un sac mortuaire s'agiter.
- C'est tout vous, ça, mon cher : partir en corbillard, revenir en ambulance !
- Ça m'interpelle, cette fureur soudaine, j'en tire certaines conclusions. Défoule toi mon garçon, viendra le moment de raconter.
- J'étouffe, j'ai besoin d'air. Les odeurs me prennent à la gorge, et avec elles tous ces souvenirs.
Éditions : Terre de Brume (2015).

Posté par eireann yvon à 09:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

06 juillet 2018

MALØ Mo / Qaannaaq.

 

Qannaaq
Qaanaaq.

Mo MALØ.

Note : 4 / 5.
Arrêt sur image.
Première incursion dans le roman noir du Groenland avec ce livre au titre étrange ! Titre qui est le prénom du personnage principal de cette enquête.
Qaanaaq est né au Groenland mais il n’y a pratiquement pas vécu, alors quand sa hiérarchie lui confie cette enquête, c’est un saut dans l’inconnu.
Des meurtres sauvages ont eu lieu dans un village d’ouvriers travaillant sur les plateformes pétrolières. Ces trois crimes ont, semble-t-il, été commis par un ours ! Beaucoup de détails le laissent penser, mais d’autres contredisent cette théorie ? Un ours est-il capable de crocheter une porte ? Vu les empreintes et leurs profondeurs, c’est un jeune ours…
Puis un quatrième meurtre est commis, même gamme opératoire, et en plus le foie a disparu… puis il arrive au commissariat dans un paquet…
La thèse de l’animal sauvage s’évapore. Force est de le constater !
L’époque est plus que troublée, l’animosité (et c’est un euphémisme) entre les Groenlandais et le pouvoir danois est à son comble. Les natifs de l’île réclament leur indépendance, mais les royalties du pétrole sont indispensables, la pêche sera alors un supplément monétaire et non plus la richesse principale.
Il va donc s’en dire que Qaanaaq n’est pas le bienvenu… il découvre l’envers de la postérité, des logements sordides, des travailleurs sans qualifications venant très souvent du Tiers-Monde pour faire fonctionner les plateformes off-shore. Le jeu et la prostitution sont les seules distractions (payantes) pour les travailleurs. Certains sont fortement endettés. La guerre entre les compagnies pétrolières fait rage et tous les moyens pour évincer les autres sont bons.
Mais qui est derrière toutes ces morts violentes ?
Qaanaaq Adriensen, le personnage principal de ce roman, est un amateur de photos. D’ailleurs tous les chapitres portent comme titres des numéros de photos.  Je prends ici comme exemple le premier :  (img_1777 à img_1797 / 24 octobre/ Vues d’avion de l’inlandsis, à l’approche de Nuuk, côtes sud-ouest du Groenland).
En plus de son enquête il devra subir l’animosité de la responsable de la police locale, Rikke Engell, très à cheval sur ses propres principes !

Pour cette enquête il est aidé par l’inspecteur Apputiku, personnage étonnant, figure sympathique, face de lune édentée.
Un bon roman très dépaysant au scénario original. Une lecture parfois complexe, mais agréable.

Extraits :
- Plus sûrement encore, il perçut cette évidence dans quelques signaux furtifs - une contraction de la pupille, une ride à la commissure des lèvres : ils se connaissaient depuis une minute, et cette femme le détestait déjà.
- Un soudeur chinois, un contremaître canadien, un cuistot islandais... Drôle d'inventaire.
- Un air de ville nouvelle, grandie à la va comme je te pousse...
- Ça veut dire « dehors » en kalaallisut : « les Danois dehors ».
- En principe, quand les ours attaquent les hommes, c'est uniquement pour défendre leur territoire. Et on ne peut pas vraiment considérer les alentours de Nuuk comme leur habitat naturel.
- Les dernières dizaines de mètres se révélèrent aussi splendides qu'effrayantes. L'index de Qaanaaq ne se décollait plus du déclencheur de son appareil photo.
- L'ours... Je crois que ça veut dire « ours » en russe.
- Chacun à leur manière, ils pratiquaient le grand écart entre deux mondes. Des univers indispensables à leur équilibre mais qu'ils savaient impossibles à concilier.
- C'est la société des Machines de l'île de Nantes qui a initié ce grand bestiaire. Si vous passez dans la région je vous conseille de venir voir la Grande galerie.
- Une autre évidence traversa Qaanaaq : les Français tels que Massot était aux Danois ce que les Danois étaient au Groenlandais. Des bobos arrogants. Le genre de personne qu'on adore détester. Le genre de connard comme feu son père...
Éditions de la Martinière (2018)

 

Posté par eireann yvon à 09:00 - - Commentaires [2] - Permalien [#]
Tags : , ,