Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

10 août 2020

McCAFFERTY Keith / La Vénus de Botticelli Creek.

 

La Vénus
La Vénus de Botticelli Creek.

Keith
 McCAFFERTY.

Note : 4,5 / 5.
Tue avec les loups !
Troisième roman de cet auteur américain (Tous publiés chez Gallmeister) que je découvre avec ce titre.
Nous sommes dans la vallée de Madison, dans le Montana. Plusieurs faits viennent troubler la relative quiétude des environs. En effet cette nuit-là, les hurlements des loups ont réveillé plus d'un habitant. Puis la disparition de Nakita Martinelli, très belle femme aux cheveux roux, surnommée « la Vénus de Botticelli Creek » met en émoi la population masculine. Ensuite, mais y a-t-il corrélation entre les deux événements, on découvre le corps d'un cow-boy empalé sur les bois d'un cerf ! Incident plus que rarissime. Accident ou crime ? Beaucoup de monde savait qu'il était amoureux de Nakita dite Nicki. A-t-il tué cette dernière ? Mais comment est-il mort lui-même ? A-t-il tué le cerf, puis est-il tombé de son cheval pour s'empaler sur ses bois ?
Martha Ettinger, en compagnie d’Harold, un indien avec qui elle a eu une liaison, commence les enquêtes, elle est rejointe pas son équipier habituel Sean Stranahan.
La grande question est : qu’est devenue Nicki ? L’arrivée de sa sœur, Nadina, ne va pas aider les recherches, c’est même le contraire.
Les enquêteurs se plongent dans le passé familial des deux sœurs, leur père italien chassait les loups en France, ensuite un parcours un peu chaotique entre le Canada et divers états américains. Un mariage, deux filles et un drame… la noyade de la mère et d’une des filles.
Pendant ce temps on avait découvert le cadavre d’une jeune femme noyée dans une source chaude à 110 degrés. Personne ne s’était manifesté et le corps était resté celui d’une inconnue.
Dans des crottes de loups des cheveux roux sont découverts, Nicki semble avoir été dévorée par une meute.
Stranahan fait la connaissance un peu intéressée du gardien d’un parc d’attraction, l’homme est chargé de la nourriture des animaux et de l’entretien de ceux-ci.
C'est une sorte de gourou terrorisant la jeune fille qui l’accompagne. Celle-ci a un regard d’une couleur étrange.
Un nom revient souvent, un homme en moto nommé Fen Amarok semble roder dans les environs.
Deux personnages récurrents dans cette série, Martha Ettinger, la policière et Sean Stranahan, peintre par goût et auxiliaire de police à ses moments perdus.
Un excellent roman, des personnages bien campés dans un
environnement rude. Un monde resté sauvage, où l’humain, point de vue sauvagerie, n’est pas en reste.
Une découverte.
Extraits :
- Un type empalé et tout ce que tu trouves à dire, comme quoi c'est un grand mâle ?
- À mon avis, c'est bien ça : il tuait des loups.
- Plus tard, Sean songerait qu'elle était une des plus belles femmes qu'il ait jamais vu, mais la première chose qu'il remarqua fut ses yeux. Ils étaient d'un vert pâle et froid, une couleur qu'il associait aux cascades gelées.
- Les hommes étaient des bestiaux tellement prévisibles en compagnie de femmes séduisantes.
- J'imagine que vous êtes un de ces détectives à l'ancienne. Une arme dans un étui d'épaule, une bouteille dans le tiroir du bureau.
- Mais tu ne veux pas croire que Nicki est encore vivante. On ne sort pas vivant de l'estomac d'un loup.
- Plus d'une fois, il s'était demandé à quoi servait de réintroduire des loups si c'était pour les abattre plus tard.
- Elle devait avoir seize ans, un régal pour les yeux. Elle avait un côté sauvage, ça ne fait aucun doute.
- L'idée, c'était qu'elle allait gravir les échelons jusqu'au rouge quand elle serait totalement acceptée comme sa compagne. Comme on passe de ceinture en ceinture au judo.
Éditions : Gallmeister/ Americana (2020).
Titre original : Dead Man’s Fancy (2015).
Traduit de l’américain par Janique Jouin-de Laurens.

 

 

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06 août 2020

WILLIAMS Charles / Calme plat.

 

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Calme plat.*

Charles WILLIAMS.

Note : 5 / 5 .
Mer meurtrière.
Plusieurs petites choses, d’abord Charles Williams n’a pas écrit que les deux titres de la série des ploucs chroniqués sur ce blog.
Secundo, comment lire un roman dont on a l’histoire en tête, ayant vu plusieurs fois le film tiré de ce roman.

John et Rae Ingram passent leur lune de miel en mer, sur « Le Saracen ». Le temps est magnifique, c’est le paradis sur terre. La mer est d’huile et le vent nul. Un canot approche, à son bord, un homme, jeune et beau, mais aussi à bout de forces.
D’après son récit, les autres membres de l’équipage, son épouse et un couple d’amis sont morts d’une intoxication alimentaire, il est le seul survivant.
John Ingram n’est pas convaincu, ayant noté
quelques incohérences, Rae le lui reproche. Malgré le refus de Warriner, le rescapé, John décide d’aller inspecter l’Orpheus à moitié coulé.
Et là, il découvre un couple, la femme est nue et l’homme blessé.
Une mauvaise surprise l’attend, son navire a
disparu avec, à bord son épouse et Warriner, l’homme soi disant naufragé, et, d’après l’homme retrouvé sur le bateau, est en réalité un dangereux psychopathe.
John et les deux rescapés doivent sans arrêt actionner
une pompe et aussi avec des seaux écoper l’eau qui envahit l’ Orpheus. Travail harassant, dont on se sait pas s’il est bien utile ?
Pendant ce temps, Warriner, qui a assommé Rae, met les gaz et s’enfuit. Il semblerait qu’il cherche a atteindre les îles Marquises.
Ingram fait le point, plus de moyens
de propulsion car le carburant est inaccessible pour l’instant, ni de communication. Attendre qu’un dieu marin lui vienne en aide ? Aide-toi et le ciel (la mer dans ce cas précis) t’aidera.
Deux autres problèmes préoccupent Ingram, son épouse est-elle encore en vie. Warriner est-il fou ou pas ? Il doit également gérer les relations plus que tendues entre la femme et l’homme retrouvé sur le bateau.
La poursuite commence.
Mais dans ce combat qui semble inégal et perdu d’avance il y a Rae qui va faire tout ce qui est en son pouvoir pour renverser
l’ordre des choses.
Entre elle et Warriner, la lutte commence et elle sera féroce… plein de
rebondissements jusqu’au dénouement final.
Nous passons au fil de l’eau et des chapitres à la narration de Rae à celle de John.
John Ingram et Rae, son épouse, sont bien malgré eux les héros de ce roman. L’intrus, c’est Hugie Warriner, fou furieux à la gueule d’ange, qui est-il vraiment ? Peintre, il admire Gauguin et désire aller aux Marquises. Sur le couple retrouvé vivant sur l’Orpheus, Lilian et Monsieur Bellew plane le fantôme d’Estelle, épouse de celui-ci, noyée. Accident ou assassinat ?Est-ce de là que vient cette hostilité entre eux.
Un très grand roman, une tension toujours au maximum, un huis-clos en mer plein de coups tordus et de ruse, entre une faible femme qui dévoilera sa véritable nature de combattante, un tueur et un homme témoin malgré lui.
On oublie bien vite les images du film pour se consacrer à la lecture
Mais on remarque malgré, tout, certaines différences entre les deux versions. Le livre est plus psychologique que le film.
Un récit palpitant écrit par un homme qui semble bien connaître la navigation.
Extraits :
- Il écrivit dans le journal de bord, ainsi que l'heure et une note : « Temps calme. Ciel clair. Vagues mod ».
- Vous nous en parlerez plus tard. Est-ce que je peux vous proposer à manger ? Ou encore un peu d'eau ?
- Quelque chose dans toute cette histoire le dérangeait, mais il ne parvenait pas à mettre le doigt dessus. De quoi s'agissait-il ?
- Je n'arrive pas à chasser l'impression qu'il ne veut voir personne monter à bord.
- C'est idiot je m'en rends compte, mais il y a quelque chose chez lui que je n'arrive pas à cerner.
- Bienvenue dans la Vallée de la Joie, dit-il. Où est le grand psychopathe ?
- C'était une erreur tragique, mais elle avait été rapide à commettre.
- J'ai fait la seule chose qui allait forcément blesser tout le monde. J'ai fait des avances à Bellew, de façon ouverte et délibérée.
- Après tout ce qu'elle avait traversé, rien n'allait plus l'arrêter.
Éditions : Gallmeister (Totem) (2020).
Titre original : Dead Calm (1963).
Traduit de l’américain par Laura Derajinski. (Nouvelle traduction).
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Fantasia chez les ploucs.
Le bikini de diamants (nouvelle édition du précédent).
Aux urnes les ploucs.
* Ce roman a déjà été édité dans une autre traduction sous le titre  « Du sang sur mer d’huile » en 1965.

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03 août 2020

IDE Joe / Gangs of L.A.

 

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Gangs of L.A.*
Joe IDE.

Note : 5 / 5.
Les anges ont foutu le camp de L.A.
Premier roman de Joe Ide, un enfant des quartiers de Los Angeles.
Cette histoire commence par un prologue, quoi de plus logique. On fait la connaissance d'un dénommé Boyd, personnage peu recommandable qui ne fera pas long feu grâce à Isaiah Quintable.
Puis on passe aux choses sérieuses, on découvre comment IQ et Dodson ont fait connaissance, à la mort de Marcus, le grand frère de IQ, son ange gardien, victime d'un chauffard.
Dodson propose un boulot à IQ et pour changer, un boulot bien payé. Un chanteur de rap en plein burn-out, mais qui doit des enregistrements à sa firme, est persuadé que l'on veut le tuer !
IQ et Dodson pénètrent donc dans ce monde de démesures où l'argent semble couler à flot et où les haines sont féroces.
Sur une vidéo de surveillance, ils voient un chien, enfin un monstre, pénétrer dans la demeure du chanteur, qui ne doit la vie sauve qu'à l'arrivée des policiers. Un homme accompagnait le chien, il quitte les lieux. Plus de doutes, Cal est en danger de mort, mais qui peut lui en vouloir à ce point ? Il pense à Noëlle, son ex-épouse, piste qui ne tient pas la route. IQ possède peu d'indices sur l'homme, alors il base ses recherches sur ce chien hors-normes !
Nous revenons en arrière car IQ recherche le chauffard qui a tué son frère...
L'enquête sur le chien lui fait connaître le monde des éleveurs qui ne sont pas tous hélas des enfants de chœur, car certains ne pensent qu'aux combats de cet animal ou, c'est moins barbare, aux concours.
IQ et Dodson pensent avoir trouvé l'homme de la vidéo.
Mais il faut le prouver et savoir qui est son commendataire et pourquoi ?
Bref un récit où les fausses pistes et les chausses-trappes se suivent et ne se ressemblent pas !
Le personnage principal de ce roman est Isaiah Quintable dit IQ, sorte de Sherlock Holmes black et moderne. Son Watson et adjoint est Juanell Dodson, en plus voyou que le célèbre adjoint du non moins célèbre détective anglais. L'un est le cerveau, l'autre le roublard.
Le méchant est le prototype du pauvre blanc, son nom, pas assez américain, donc surnom Skip, enfant anonyme sans rien de marquant, ombre parmi les ombres, prêt à toutes les extravagances pour avoir son quart d'heure de gloire, mais toujours solitaire malgré tout. Il aime les chiens, les gros chiens, les très gros chiens. Et c'est un tireur d'élite, tueur qui n'a jamais manqué un contrat !
Mais il faut bien gagner sa vie, les deux amis se lancent dans le cambriolage, ils deviennent « Les bandits au bélier ».
La présence d'une femme va semer la zizanie entre IQ et Dobson.
Une narration plus qu'originale, jonglant avec la chronologie et les
affaires. Par exemple le chapitre 1 nommé « Sans peur et sans licence se passe en juillet 2013. Le second « Le meilleur du meilleur » est daté de mai 2005.
Tous les chapitres ont un nom , parfois peu orthodoxe « Il est où mon sandwich, bitch ? », « Pet City » ou alors « Trèfle à quatre feuilles »et le vingtième et dernier « R.I.P».
On plonge également dans l'univers du rap de Los Angeles. L.A., ton univers impitoyable, la musique n’adoucit vraiment pas les mœurs dans ce milieu musical.
Une découverte !
Extraits :
- Désirer, attendre, se battre et finir par obtenir ce qu'on désirait : c'était là tout l'intérêt de la vie. Pas désirer et obtenir en un battement de cils.
- Certaines villes ont tout bonnement interdit les pits, mais ce qu'on devrait faire, c'est interdire ces foutus jeunes.
- Le type qui a croisé des chiens pour obtenir cette bête, c'est un putain de détraqué.
- Isaiah dévisageait cette créature qui gagnait sa vie en assassinant des gens, son regard espiègle et abject, sa joie aux souvenirs d'un massacre qu'il avait provoqué.
- Le pire, c'est qu'elle avait transformé Dodson en un connard fini, et avait réussi à le convaincre que c'était lui le chef.
- Là c'est un sandwich de mensonges que tu me sers.
- Le nouveau but de Skip dans la vie : tuer Tête de Q.
Éditions : Denoël. Collection « Sueurs froides(2019).
Folio Policier pour la version Poche (2020).
Titre original : IQ.(2016).
Traduit de l'anglais (États-Unis) par Diniz Galhos.
* Une enquête d'Isaiah Quintable.

 

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29 juillet 2020

MANCHETTE Jean-Patrick / Play it again, dupont.

Play it again

Play it again, dupont.*
Chroniques ludiques 1978-1980.
Jean-Patrick MANCHETTE.

Note : 4, 5 / 5.
Faites vos jeux !
Chroniques écrites pour le magazine « Métal hurlant » entre 1978 et 1980.
Après les chroniques littéraires dans « Chroniques » parues dans « Charlie Mensuel », les chroniques cinématographiques pour «Charlie Hebdo » récemment éditées sous le titre « Les Yeux de la momie », passons aux chroniques dites « Ludiques » consacrées aux jeux pour le magazine « Métal Hurlant » dont le titre (que j’adore) est « play it again, dupont » .
Ce livre commence par une préface de Jean-Pierre Dionnet, puis suit un court texte de Philippe Manœuvre pour la parution de la toute première chronique dans le numéro 34 datée d’octobre 1978.
Le Général-Baron Staff est le pseudonyme adopté par Jean-Patrick Manchette pour signer ces chroniques. Il est, pour une des dernières chroniques, remplacé par un dénommé Général Lee Fun.
Excellente chronique qui nous parle d’un des rares jeux que je connaisse dans ce livre : Les petits chevaux ». Il regrette qu’il n’y ait pas de chevaux noirs, alors par désespoir, il prend les rouges. Il invente également des variantes (que je ne vais pas vous dévoiler ici), mais je vais vous donner leurs noms (vous n’aurez pas tout perdu) : « Série Noire », « Cheval Mexicain » et une autre variante combinant « Monoply et Petits chevaux » ! Il est bien sûr nécessaire (ou obligatoire) d’avoir les deux jeux !
Les jeux de guerre ont la vedette (Les Wargames, pour faire croire que je m’y connaît), la liste est impressionnante car on se castagne partout : sur terre, en mer (j’ai fait mon service militaire dans la marine), en l’air et même dans l’espace et sur d’autres planètes. Les noms sont évocateurs( J’en cite quelque exemples) :
« La conquête du monde », « La guerre des étoiles », vulgaire produit
marketing suite au succès du film ! Toujours à la suite d’un film « Starship Troopers ».
Il y a aussi et, c’est heureux, des jeux plus ludiques, les échecs, des jeux de cartes également sur ordinateur… pas le temps de s’ennuyer.
Le proverbe dit « Jeux de mains, jeux de vilains », mais il est (brièvement) question de « Jeux de mains, jeux coquins ». « The Game Adults Love », la photo n’est pas très folichonne ! Il est également question d’un jeu mis au point par un collaborateur du magazine « Penthouse » décrit ainsi :
- … qui combine les attraits Jeu de l’oie (il n’est pas obligatoire et même déconseillé que ce soit une oie blanche), du Monopoly, du strip-poker et de la partouze.
Fermez le ban. J’arrête là mes élucubrations.
C’est toujours jubilatoire, souvent moqueur, mais Manchette manie très bien la dérision, parfois il a la dent dure, mais il n’est jamais ni vulgaire ni trop méchant même si certains jeux l’horripilent fortement, (avec le mot horripile je suis en dessous de la vérité).
Livre agrémenté de très nombreuses illustrations… et en couleur.
Un ouvrage à offrir aux passionnés de Jean-Patrick Manchette et de jeux sur ordinateurs.
Extraits :
- De nouveau ce sympathique correspondant a raison. C'est agaçant. Il me critique enfin pour avoir laissé entendre que le Go est un jeu d'ivrogne.
- Il y a deux mecs qui ont fait un tort considérable au développement de notre pays, c'est Charles Martel et Jeanne d'Arc.
- J'écris ceci sous un ciel de mars fou comme le lièvre du même mois. Amateurs de jeux d'esprit relisez donc Lewis Carroll, à propos.
- Le jeu en boîte, à vrai dire, était déjà un pas dans la voie de la légumisation.
- Un Chef désormais entièrement entouré de cadavres, sauf s'il est au pouvoir, meure d'étouffement.
- Auparavant chinois, nous ne nous étonnerons pas qu'il existe des variantes d'héroïc-fantaisy de Diplomatie, par exemple HYBORIAN DIPLOMACY de Jim Peters, inspiré de l'inusable saga de Conan le Barbare.
- Les nombreux lecteurs qui m'ont écrit sur un ton plus ou moins comminatoire pour me conseiller de cesser de boire aperçoivent peut-être ici les raisons de mon vice et l'inanité de leurs objurgations.
- Un lecteur m'écrit pour me signaler qu'il ne lit plus ma rubrique depuis belle lurette, car elle est dit-il monotone. C'est agaçant.
Éditions : La Table Ronde (2020).
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Chroniques.
Laissez bronzer les cadavres.
Ô dingo, ô châteaux.
L’affaire N’Gustro.
Les yeux de la momie.

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26 juillet 2020

DARD Frédéric / Le bouillon d'onze heures.

 

Le bouillon
Le bouillon d'onze heures.

Les confessions de l’Ange Noir.
Frédéric DARD.

Note : 4, 5 / 5.
Retour en Europe.
Ce roman est tiré d'un recueil de 4 titres :
Le boulevard des allongés ; Le ventre en l’air !; Le bouillon d’onze heures et Un Cinzano pour l’Ange Noir.
Comme à l'accoutumée, la page de garde nous indique que ce troisième volume de la série devait se nommer « Java au cimetière » pour finalement avoir pour titre « Le bouillon de onze heures ».
Le fond de l'air devenant un tant soit peu irrespirable pour lui, l'Ange Noir décide de tenter sa chance dans la vieille Europe.
Il arrive à Londres et est témoin de la chute d'un homme ayant loupé l’ascenseur !
Puis l'Ange Noir, sur le balcon de son hôtel, assiste à une scène curieuse, un homme fait un paquet avec des liasses impressionnantes de billets de banque, pour se les expédier à lui même, à son adresse personnelle. Pourquoi être à l'hôtel alors que votre appartement est à 300 mètres ? Pénétrant dans l'appartement, l'Ange Noir y trouve une charmante dame qui sait user de ses charmes, mais elle a d'autres talents cachés, par exemple provoquer la chute d'un homme, son amant dans la cage de l’ascenseur ! L'Ange Noir fait le ménage, prend l'oseille et laisse quelques cadavres derrière lui.
Mais les agents de Scotland Yard ne sont pas des manchots et l'Ange Noir qui dit s'appeler Steve Martin est arrêté mais s'évade.
Il ne connaît pas Londres, alors en avant toute ! Il a une adresse, un dénommé Seruti, qui accepte de l'héberger et de faciliter son passage pour La France.
Mais la police est sur sa trace, il échappe de peu à une seconde arrestation, aidé en cela par Lilian, une danseuse du cabaret.
Seruti lui propose une affaire, rechercher trente millions de livres de pièces anciennes, disparues depuis le meurtre d'un homme par son beau-frère un peu dérangé... Sur les lieux du crime, le cadavre et un coffre fort ouvert, mais vide !
L'Ange Noir n'est pas au bout de ses peines, il doit faire un séjour en asile psychiatrique pour délivrer Anthony Roméo, l'assassin qui sait peut-être quelque chose sur la cachette des pièces. Il est question d'une jeune allemande qui câlinait beaucoup Anthony... une complice des voleurs ?
Mais dans ce panier de crabes, tout le monde veut berner tout le monde, alors l'Ange Noir devient un ange exterminateur, les cadavres tombent comme à Gravelotte...
Londres dans ce roman, c'est un peu la tour de Babel, seuls les policiers sont anglais ! Un assassin grec, une aventurière allemande, un truand italien, une vieille anglaise aussi, pour compléter la rubrique nécrologique.
L'histoire est bien foutue, agréable à suivre, pas mal d'humour et des cadavres à la pelle... L'Europe te souhaite la bienvenue, l'Ange Noir !
Extraits :
- Maintenant, le moment est peut-être venu d'allumer votre réverbère.
- Elle est brune, roulée comme une cigarette de luxe, et hélas le moins possible l'air anglais. Entendez par là que sa mâchoire inférieure ne précède pas l'autre de cinquante centimètres.
- Il vient de jeter quelqu'un dans la cage de l'ascenseur ! Il veut me violer !
- Décidément les manières de ces matuches anglais commencent à me délecter sérieusement. Je n'aime pas du tous ces flics qui jouent au chat et à la souris.
- Laisser choir le conditionnel. Oui, je suis l'Ange Noir.
- Ce qui a donné de la publicité à cette affaire, ce sont les trente millions de livres qui ont disparu par la même occasion.
- Roméo-fondu est entré dans le bureau de Roméo-business. Il a ouvert le coffre, pris les collections et les a mis dans un sac de linge sale.
- Non, je te jure, y a des moments où je suis dévasté du belvédère !
- Ça me fait intérieurement gondoler d'entendre prononcer ce qualificatif à mon sujet. Un doux ! Un doux, l'Ange Noir… On les verra toutes !
- Je pense que ce nouveau meurtre n'est pas inutile.
Éditions :
La pensée moderne éditions (1952) Pour ce roman.
Fleuve Noir pour ce recueil (1978).
France Loisirs pour ce recueil (2018).
Autres titres de la série sur ce blog :
Le boulevard des allongés.
Le ventre en l'air !
Autre chronique :
Les scélérats.

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