Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

30 avril 2016

MACHART Bruce / Des hommes en devenir.

Machart

Des hommes en devenir.
Bruce MACHART.

Note : 4 / 5.
À chacun son avenir…
Auteur américain que je découvre avec ce recueil. Son précédent roman « Sillage de l’oubli » a reçu un très bon accueil de la presse spécialisée.
Dix nouvelles  dans ce livre :
C'est là que vous commencez. Le dernier à être resté en Arkansas. Parce qu'il ne peut pas ne pas se souvenir. Quelque chose pour la table de poker. On ne parle pas comme ça au Texas. La seule chose agréable que j'ai entendue. Une certaine fidélité. Monuments. Pour les vivants, au milieu des arbres. Ce qui vous fait défaut. 
« Le dernier à être resté en Arkansas ».
Un couple qui vient du Texas s’est installé en Arkansas. Le travail dans l’industrie du bois est dur et surtout très dangereux ! La moindre seconde d’inattention peut se terminer en drame. Comme la mort d’un jeune garçon, nouveau dans la profession. Sur le bord de la route un panneau : 329 JOURS SANS AAA. Accident avec Arrêt d’Activité. Mais ce soir le narrateur désire une seule chose : « oublier ce gosse décédé », oublier son ex-épouse et son fils Matty parti au loin, et Nate, l’aîné mort lui aussi.
Une très belle histoire.
« Quelque chose pour la table de poker ». Un homme pense que tout se répare… faut dire que lui-même a été pas mal refait ! Mais on ne refait pas sa vie ! Constat amer. 
« Une certaine fidélité ». Très court texte qui semble bien mal porter son nom. Une femme, un homme, un motel le long d’une autoroute, l’épouse au téléphone, du vin et du sexe pour finir.
« Pour les vivants, au milieu des arbres ».Nous retrouvons le monde de l’industrie du bois. Un crime est commis, un noir a été traîné sur la route par un camion. Crime raciste ? Un reportage télévisé va faire monter la fièvre dans le bar de la ville le samedi soir.
« Ce qui vous fait défaut », c’est l’histoire très noire de Dean Calvin. Suite à un accident sur une plateforme pétrolière, il est handicapé et solitaire. Chauffeur pour un hôpital il transporte comme l’indique le titre des morceaux d’êtres humains en vue d’analyse ! Un jeune garçon aime voir les morceaux contenus dans des récipients spéciaux. Il repense à sa jeunesse, à Randi, sa fiancée, à son accident et au gâchis de sa vie sexuelle !
Des personnages très ordinaires dans des situations qui le sont beaucoup moins. Un écrivain en devenir ou pas d’ailleurs, est mis à la porte par sa copine. Qui se déshabille complétement pour lui annoncer la nouvelle. Quelle cruauté ! Alors il reste la bière et Jimmy le bon copain et son pick-up Chevrolet. C’est parti pour un tour.
Un couple avec enfant à minuit sur le parking d’un supermarché ouvert la nuit.
Quinze ans plus tard, l’homme est seul avec son fils, un fait-divers banal ! Un vol de sac à main ! Un garçon de neuf ans qui n’a pas connu son père part pour le Texas rencontrer son grand-père paternel. Un Texan pur et dur dont le chien s’appelle « Alamo ». Raymond travaille dans un service de grands brûlés, Tammy a perdu son bébé, mort-né ! Elle n’est pas belle la vie, pas du tout.
Un homme revoit son enfance, sa mère partie en Europe, sa petite voisine, sa seule amie qui a perdu son frère écrasé par un chauffard. Leurs jeux pas toujours innocents.

Un très bon recueil, une écriture sobre sans fioriture, l’Amérique de tous les jours.
Extraits :
- Votre Gloria, sans rien sur elle, à part cette bague dans laquelle vous avez englouti tout le découvert autorisé sur votre carte bancaire et, pour une fois, vous ne pensez même pas aux factures qui continuent à affluer.
- Il n'existe qu'une seule façon de nettoyer une écorceuse. Ce truc, c'est vraiment une putain de machine, une véritable faiseuse de veuves et d'orphelins, il faut la respecter.
 
- Vous avez été fermier toute votre vie, lui dites-vous, et le diable vous emporte si vous arrivez à faire épanouir un vrai sourire sur le visage de cette femme.
- Si tu veux en savoir plus, va falloir que tu grandisses un peu là où il a lui-même grandi.
- Vas-y, pensa-t-il. Libère-toi, nom de Dieu. Vas-y, hurle.
- Même aujourd'hui, je serais incapable de dire si c'est parce que j'étais impressionné par son jeu ou si c'était parce qu'elle me laissait parfois la caresser entre les cuisses...
- Elles sont adorables toutes les deux, et ne détestent pas se l'entendre dire.
- Douze ans qu’il n’avait pas touché une femme, une vraie femme, une femme entière, avec ses mains et sa bouche.
Éditions : Gallmeister / Nature Writing (2014)
Titre original : Men in the Making (2011).
Traduit de l’américain par François Happe.

 

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28 avril 2016

Dédicace du livre « De Lorient à Pondichéry » par M. Le Liboux . Larmor Plage le 30 avril 2016.

 

 

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Livre, lecture publique...

Dédicace du livre « De Lorient à Pondichéry » par M. Le Liboux

Mireille Le Liboux dédicacera son nouveau livre édité par Stéphane Batigne, « De Lorient à Pondichéry et autres impressions indiennes », illustré en couleur. « Chaque page nous mène en découvrance. Une belle érudition, un regard émerveillé mais sans concession, tendre et lucide sur l’Inde. ». Samedi 30 avril, 10h à 12h30, Maison de la presse, 4, avenue de la Plage, Larmor-Plage.
Contact : http://www.stephanebatigne.com/de-lorient-a-pondichery-et-autres-impression

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27 avril 2016

Rencontre avec les éditions Gallmeister. Librairie Sillage à Ploemeur, ce 28 avril à 18h .

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Cet après-midi .

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Ce soir.

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MORRELL David / Premier sang.

Morrell Premier sang

David MORRELL.
Note : 4,5 / 5.
Allo, Rambo bobo !
En toute honnêteté en prenant ce livre en vue de la préparation d’une soirée consacrée aux Editions Gallmeister, je ne m’attendais pas à découvrir le premier roman des aventures de John Rambo ! Cela appelle deux commentaires : le premier est qu’il faut parfois lire les 4èmes de couverture, le second est que je n’ai vu aucun de la série des films avec Sylvester Stallone.
Un homme, pour des raisons très futiles, s’attire les foudres d’un sheriff autoritaire à la tête près de son étoile. La présence d’un jeune homme « Gamin » sur son territoire l’indispose au plus haut point. Ce dernier, barbu et chevelu, est raccompagné manu militari hors de la ville, mais il en a soudain assez de courber la tête ; alors il refuse de partir, question de principe, au nom de la sacro-sainte liberté américaine.
Dans sa fuite des bureaux des autorités, il tue un fonctionnaire de police. Alors commence une chasse à l’homme et un mano a mano entre les deux anciens militaires.
John Rambo est un ancien des forces spéciales américaines, fait prisonnier, torturé et humilié pendant plusieurs mois avant de s’évader.
Le sheriff,  Wilfred Logan Teasle, lui, est un ancien de Corée, il est titulaire de  « La  Distinguished Service Cross »,  une des plus hautes distinctions américaines pour actes de bravoure.
La fuite de John Rambo va transformer cette poursuite en une affaire personnelle entre ces deux vétérans, machines à tuer formées au combat. L’un jeune et solitaire, l’autre vieillissant, mais refusant des aides extérieures,
puis il sera contraint d’accepter.
Le fuyard va rencontrer dans la nuit deux hommes, le père et le fils, bouilleurs de cru clandestins, le plus vieux va accepter de l’aider, le nourrir, l’habiller et lui donner un fusil.
Au matin l’armada du service d’ordre est en place avec un hélicoptère diffusant des messages disant aux promeneurs de se méfier et appelant Rambo à la rédition.
Mais entre lui et Teasle c’est devenu une lutte à mort, que le meilleur gagne…
S’il est encore possible qu’il y ait un vainqueur ?
Après un carnage dans les rangs des forces de l’ordre, Teasle est obligé d’accepter le renfort de la « Garde Nationale »…
John Rambo, soldat traumatisé de la guerre du Vietnam, erre sans but dans l’Amérique profonde, son souhait le plus cher, retrouver la paix extérieure et intérieure, même si cela est très difficile. Mais suivant les circonstances son entraînement de tueur, formé à l’école des forces spéciales, reprend le dessus. Plusieurs personnes y perdront la vie, mais il ne maîtrise plus rien. Son seul but, encore une fois, c’est la survie. Même les surhommes restent des humains…
Wilfried Teasle, en plus de sa charge de travail, doit gérer un problème de couple, son épouse est partie et il attend une lettre d’elle. Et celle-ci n’arrive pas ! Alors passer sa mauvaise humeur sur ce garçon, sorte de hippy clochard, vagabond moderne qui lui semble inoffensif, grave erreur !
Orval est plus prudent, lui et ses chiens pisteurs sont appelés en renfort, mais ses relations avec Teasle sont tendues. Il conseille à celui-ci d’attendre des renforts, ce qui serait de la plus grande sagesse.
Un final en forme d’apocalypse sanglante, semble-t-il différente du film, dans les superbes décors du Kentucky.
Un très bon roman mêlant aventures, constat social avec le refus de la différence d’un sheriff vis-à-vis de John Rambo, et des superbes descriptions de paysages.
Chaque chapitre a son propre narrateur ce qui permet de suivre l’histoire avec deux points de vue.
En fin d’ouvrage, l’auteur nous explique la création de ce roman.
Pour moi une découverte inattendue.
Extraits :
- Même de jour, ces montagnes sont difficiles, et je ne vais pas y lâcher mes chiens de nuit, courant à l'aveuglette, juste parce que tu as envie de te faire mousser.
- On aurait dit de l'alcool à 200°, fort, brûlant sa langue, sa gorge, réchauffant chaque centimètre jusqu'à son estomac. Il manqua de s'étrangler.
- Il n'avait envie de tuer personne, mais il n'avait pas le choix non plus.
- C'était tout à fait ça. Un coq. Voilà ce que tu es Teasle, un coq de combat.
- L'habitude de la mort revenait.
- Par la faute de Teasle, il était devenu, une fois de plus, un tueur et il était recherché pour meurtre.
- Je déteste la guerre, mais je crains encore plus le jour où les machines remplaceront les hommes. Au moins, pour l'instant, un homme peut encore survivre grâce à son talent.
- Deux morts de plus. Cela en faisait combien, en tout ? Quinze ? Dix-huit ? Il mélangeait soigneusement les chiffres dans sa tête pour éviter de connaître le nouveau total.
- Ou alors, tu peux te tuer. Ça aussi, on t’a appris à le faire. Au cas où vraiment, tu n'en pourrais plus.
Éditions : Gallmeister (2013).
Titre original : First Blood (1972).
Traduit de l’américain par Éric Diacon.

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26 avril 2016

WHITMER Benjamin / Pike.

Pike

Pike.
Benjamin WHITMER.

Note : 5 / 5.
Au nom du père et de la fille défunte !
Premier roman de cet auteur américain traduit en français mais que je lis après « Cry Father ».
Un prologue, soixante-seize courts chapitres, et un épilogue pour ce livre de plus de 260 pages.

Nous sommes à Cincinnati, en hiver, au cours du prologue Derrick Krieger, flic au lourd passé, tue de sang-froid un jeune homme. Ce meurtre déclenchera plusieurs jours d’émeute dans les quartiers les plus défavorisés de la ville.
Plus tard Douglas Pike est avec Rory, son jeune associé, pour des petits boulots pas toujours très légaux. Une femme lui annonce que sa fille qu’il n’a pas vue depuis plusieurs années est décédée d’une overdose, elle lui laisse Wendy sa petite fille, qui n’a plus que lui comme famille ! 
Contraint et forcé Pike accepte ! Mais il veut savoir les circonstances exactes du décès de
Sarah. Et les premiers éléments recueillis ne sont pas des plus réjouissants. Droguée et prostituée, elle vivait à l’extrême limite de la société et de la misère. Wendy lit beaucoup et Rory jeune boxeur succombe à son charme enfantin, Pike aussi. La violence est partout, les émeutes se succèdent. 
Pike remonte la filière qui a conduit à la mort de sa fille, même si pour cela il doit casser (doux euphémisme) quelques bras, et plus si manque de coopération.
Plongé dans les bas-fonds de l’Amérique des drogués profanant les cadavres, des joueurs de football violeurs de petites filles de onze ans, des vétérans du Vietnam vivant dans les bois, ivrognes et drogués. American Way of Life.
Douglas Pike, héros de ce roman, est un dur à l’ancienne mode, sorte de défenseur de la veuve et l’orphelin aux méthodes musclées. Après beaucoup de  boisson
et autant de déboires, il veut se ranger… mais il n’est pas vraiment nécessaire de l’asticoter beaucoup pour qu’il reprenne ses anciennes et mauvaises habitudes de bagarreur. Et ici on peut très facilement le comprendre. Sarah sa fille morte d’une manière horrible. Wendy sa petite-fille le place dans une situation qu’il a toujours voulu fuir. Rory, jeune boxeur au passé trouble, parents alcooliques, sœur décédée. Derrick Krieger, flic violent, raciste et corrompu, pourquoi s’intéresse-t-il autant à Wendy ? Il dit la reconnaitre mais est-ce vrai ? Des personnages ambigus à la violence à fleur de peau.
C’est dur, noir, très noir. Lorsque les auteurs américains parlent de la lie de leur pays, ils n’y vont pas avec le dos de la cuillère ! 
Des titres de chapitres très explicites qui reprennent toujours une phrase qui va suivre :

~ Ils se rencontrent dans le centre, comme le marteau et l’enclume, écrasant tout ce qui se trouve entre eux ~
~ Six cents livres de graisse sinistre aux visages d’un lisse enfantin et aux yeux de fillette bleu pâle ~

~ Pike avait déjà son 357 en main, et il lui tabassait la tête à coups de crosse jusqu’à ce que la peau lui tombe du visage comme des lambeaux de drap sanglants ~
Extraits :
-
 Quoi qu’en pensent les gros bourges du charbon dans les villas McMansion qu’ils nous ont mises dans le cul à force de sucer les filons des Appalaches. Ici, on ne possède rien sans y mettre du sang.
- Il disait qu’il y avait vraiment de tout, là-bas. L’odeur sale et riche des herbes que les Indiens et les Africains font brûler pour rester propres, le grincement crispant des violons des Irlando-Écossais, la mélopée funèbre des musulmans accroupis vers La Mecque, tou
t.
- J’en dis que même en tournant l’affaire dans tous les sens, j’arrive pas à imaginer de bonne raison pour ligoter une fille de onze ans à une chaise et la violer. Mais je suis un vieux. Suis peut-être bien dépassé.
- Chatte rose encore ouverte, comme une petite bouche difforme.
- Je veux que tu penses à tous les dealers que je connais, poursuit Derrick. Je veux qu’en attendant l’ambulance tu réfléchisses à la quantité d’héroïne que je peux contrôler dans la région. Puis, sur le chemin de l’hôpital, quand tu essaieras de cracher mon nom avec ta gueule cassée, je veux que tu calcules combien cette ville compte de junkies prêts à violer ta femme, moche comme elle est, pour un fix à 5 dollars.
- Elle sirote une gorgée de gin, prend la carte sans la regarder, en oscillant légèrement, comme une onde de chaleur sur le bitume d’une autoroute.
Éditions : Gallmeister / Noire. (2012).
Titre original : Pike (2010).
Traduit de l’américain par Jacques Mailhos.
Autre chronique de cet auteur sur ce blog 
:
Cry Father.

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