Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

05 mars 2015

Le BRAZ Anatole / Croquis de Bretagne et d'ailleurs.

CROQUIS_DE_BRETAGNE_ET_D'AILLEU_-_Anatole_Le_Braz

Croquis de Bretagne et d’ailleurs.
Anatole Le BRAZ.
Note: 4, 5 / 5.

Croqué sur le vif.
Réédition par An Armorik Editions d’ouvrages anciens écrits par quelques-uns des plus grands noms des lettres bretonnes du 19ème. Il est à noter que ces titres existent également en format Epub chez le même éditeur.
Anatole Le Braz fut sa vie durant un grand voyageur et un écrivain fécond. Il a par exemple publié des carnets de notes prises durant des séjours en Irlande, au Pays de Galles et en Angleterre que j’ai lus il y a plusieurs années.
Des portraits d’humbles femmes piochés au gré des pérégrinations de l’auteur dans la Bretagne de l’époque.
Une aïeule à Rennes, un détour vers Quimper où il s’extasie, et on ne peut que l’approuver devant la beauté de la ville. Il ne manque pas non plus d’évoquer la superbe cathédrale Saint Corentin, un des bijoux de la foi bretonne.
Poursuivons notre route vers Douarnenez où plane encore l’ombre  des « Penn –sardines » où le Braz semble s’attarder. Le premier chapitre consacré à ce port se nomme « Fille de fabrique » qui commence par ces lignes :
-Nulle part, je pense, l’éveil de la mer, en été, sous la première caresse de l’aube, n’offre plus de charme qu’à Douarnenez.
La mer n’était pas un lieu de plaisance, mais de travail, dur labeur de la pêche, puis de la conserverie et tout cela pour un salaire de misère. Mais c’est aussi un superbe spectacle que l’on contemple à l’infini. Toujours pareil, mais à chaque fois différent.

À Châteaulin l’eau est apaisée, l’Aulne coule majestueuse au fond d’une vallée, superbe spectacle.
Partons ensuite à la découverte de Morlaix, l’envers du décor :
-  Eh bien ! au cœur de ce Morlaix-là, il y en a un autre, inconnu, insoupçonné, d’un pittoresque pourtant plus authentique, quoique les « guides » l’ignorent et qu’il faille le découvrir avec son instinct. 
Métier de misère dans l’île de Batz que cette femme « Brûleuse de goémon », Plougastel-Daoulas, retour vers la Bretagne-Sud, à Pont-Aven, Concarneau, Fouesnant, Kerity (Penmarch).
Retour vers le Nord, la rencontre d’une tricoteuse à Lannion, d’une veuve à Saint Brieuc, et d’une marchande à Guingamp.
Pour terminer, nos pas nous transportent en Vendée, Saint Jean-de-Monts, les Sables-D’Olonne.
Une écriture ancienne mais qui n’a pas vieilli, les temps ont bien sûr changé en apparence, mais les inégalités et la misère sont toujours hélas présentes. Cela semble si loin et pourtant, cela fait du bien de se souvenir de la vie de nos ancêtres.
Je terminerai par cette phrase :
Nulle autre démonstration, d’ailleurs. L’« amitié » bretonne est pleine de réserve.
Extraits:

- La mémoire des Bretonnes est infinie comme leur rêve.
- Le Stêr surtout communique à la vieille ville cornouaillaise je ne sais quelle grâce vénitienne.
- Quatre, cinq cents bateaux défilent et décroissent, striant derrière eux la face éclatante des eaux de mille rayures de diamant. Assise dans l’herbe, une penn-sardinn suit des yeux leur procession qui s’éloigne. Et l’on rêve du temps où la blonde Yseult regardait ainsi, de ces mêmes bords, s’évanouir sur la mer de lilas et de pourpre la flotte qui emportait Tristan.
- C’est le temps et l’heure où elle est particulièrement douce à contempler. Les filles de Douarnenez le savent. Une secrète parenté de nature les unit à la mer natale.
- Et c’est tout simplement une « pauvresse de la mer » occupée à réduire le varech-épave, péniblement recueilli le long des côtes, en une pâle cendre iodée que les industriels de la ville lui achèteront, à un prix dérisoire, pour en extraire de la soude, ou les cultivateurs des paroisses terriennes pour l’utiliser en guise d’engrais.
- « Les autres, dit-il, sont des laboureurs : nous, à Plougastel, nous sommes des jardiniers. ».
- Pont-Aven – un joli nom clair et dont les syllabes semblent glisser d’une fuite chantante, comme les eaux de sa rivière parmi les cailloux.
Éditions : An Armorik (2014) Papier & Ebook.
Édition originale : 1903.

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02 mars 2015

BERTHOLOM Louis / Le rivage du cidre.

Le rivage du cidre
Le rivage du cidre

Louis BERTHOLOM.
Note: 4 / 5.
Croquer la pomme et la vie !
Retour chez moi, à mes racines bretonnes de mer et de terre, de cidre, de galettes et de poissons. Et effectuer ce retour en accompagnant Louis Bertholom dans ses jeunes années du côté de Fouesnant avec quelques bonnes bouteilles de cidre dans le sac… allons-y !  Prenons la route…
Éloge de la pomme et du cidre, pourquoi pas ? Certains ont bien fait l’éloge de la folie entre autres.
Comme dans « Amerika Blues », l’auteur mêle allégrement poésie et textes en prose.
Louis nous parle, j’irai même plus loin, il nous vante le cidre, boisson de nos enfances respectives. Au passage il regrette le temps où le mauvais vin rouge, l’étoilé avec un bouchon en plastique, a envahi les bistrots et les gosiers bretons. Bibine qui permettait d’écouler le vin d’Algérie !
On croise au fil des pages le portrait plein de tendresse du personnage incontournable de toute enfance bretonne « La grand-mère » adorée, vénérée, la gardienne des traditions vestimentaires entre autres. Plein de choses disparaissent à leur décès, qui est souvent notre première confrontation avec la mort.
Xavier Grall nous a laissé ce superbe poème « Ballade de la mort si lente ». Louis Bertholom  parle aussi de ce fait du monde qui consiste à grouper et à regrouper les « anciennes personnes » dans leurs futurs mouroirs !
L’auteur nous évoque avec beaucoup de pudeur son enfance baignée par l’odeur du beurre et des pommes. Il y avait aussi, hélas pour lui, (je parle du goret) la mise à mort du cochon familial, cochonnailles et ripailles !
La modernité arrive aussi, même en Bretagne, les mobylettes, puis les premières voitures. La musique et les bals du samedi soir. Mais ici les traditions ont la vie dure, désolé, braves gens !
Le son ici était sauvage, les Gwerz, Tri Martolod, et un jeune chanteur débutant, Alan Stivell - Son ar sistr, la chanson du cidre, y allait de son hommage. La sagesse des paroles venue de loin « Le cidre est fait pour être bue et les filles pour être aimées ». Elle n’est pas belle la Bretagne !
Beaucoup de tendresse et de poésie dans ce livre comme dans tous ceux de Louis, vous comprenez que nous aimons ce pays qui nous a vus naître, nous et nos ancêtres.
Extraits :
- Ce tord-boyaux venait euphoriser une Bretagne blessée dans sa langue et son histoire, insidieusement infiltré dans sa propre négation.
- Elle ne sortait plus son habit traditionnel, sans doute s'en trouvait-t-elle désormais indigne ? Cette coiffe triomphale qu'elle arborait fièrement le dimanche pour la messe, les jours de fête et pour les enterrements, était l'élégant emblème d'un canton.
- Elle me rétorqua avec véhémence : « nous avons trop souffert pour cette langue, apprends plutôt l'anglais correctement, ça te servira partout au moins ! »
- On accueille plus la mort chez soi dans ce monde aseptisé.
- Cidre et beurre, deux maîtres-mots, de secrets de fabrication, que recèle la ferme en ses uniques saveurs artisanales, encore loin des pasteurisations et des normes niveleuses « aseptisantes » où je ne retrouve plus les sapidités sublimes de ce qui me fit croître.
- Comme Jack Kerouac à Big Sur, ici j'ai interrogé la mer : " Vague souriante qui meurt pour renaître, où berces-tu tes noyés, gonflés, sans yeux, du pays salé* ? » Je rêvais d'Irlande et d'Amérique dans les postillons des embruns.
- L'âge venant m'attache de plus en plus à ces temps passés. On ne meurt que de l'oubli de l'enfance.
- Jakez « l'ancien » n'avait pas encore publié son  « testament bigouden » et ce cher Grall préparait sa «botsulanisation" entre Sarcelles et Trévignon pour la plus émouvante des Sones**.
- Cidre à pleurer, à languir et à rire, immuable boisson à consommer dans l'année qui suit. Pas de millésime, le cidre s'impatiente pour gagner les cœurs.
- En cette même période, Portsall*** broyait du noir, je brandissais le Gwen-ah- Du en écoutant les bardes me révéler peu à peu une autre poésie, celle de la révolte aux portes de l'Occident.

Éditions : Blanc silex éditions (20o2)
Il faut souligner que les illustrations sont de Claude Huart qui a également illustré certains ouvrages de Glenmor.
* Extrait du recueil « Les Ronces bleues ».
** La Sone des pluies et des tombes ».
*** Port du Finistère Nord, victime de la marée noire de l’Amoco Cadiz en 1978.

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01 mars 2015

Soirée Serge Joncour.

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Version son et lumière...avec les paroles :

https://www.facebook.com/eireannyvon/posts/412591082252930?notif_t=like

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Café littéraire avec Serge Joncour à la librairie "Sillage" de Ploemeur

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Avant....

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Présentation de la soirée par Erwan (libraire)

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Pendant....
Virginie Sallé, Serge Joncour et moi-même !

 

 

 

 

Posté par eireann yvon à 12:55 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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27 février 2015

Rencontre avec Serge Joncour ce soir à Ploemeur.

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Si vous me cherchez ce soir, je serai à côté de l'invité d'honneur !

Venez nombreux. Pour lui !

Posté par eireann yvon à 08:04 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
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