Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

19 janvier 2018

MAZEILLÉ Marie-Claire / Sous la soie.

 

M

Sous la soie.
Marie-Claire MAZEILLÉ .

Note : 5 / 5.
Émois sous la soie.
Ouvrage mêlant poésies et nouvelles de cet auteure que je découvre ici. Pour une fois je vais citer une phrase de la quatrième de couverture :
-Marie-Claire Mazeillé écrit comme elle rit, avec enthousiasme et passion .
Ce rire est communicatif !
Des textes parlant d’amour, aussi bien moral que physique, mais avec une extrême pudeur et également une grande délicatesse.
De très beaux poèmes, traitant du désir, des départs et des retrouvailles, ces petits détails qui font le bonheur de deux êtres. Les titres sont par eux-mêmes très explicites : « Sous la soie » qui donne son titre à ce recueil, « Nous allonger quelque part », « Lits », « Cahiers de vacances amoureux »,« Vous regarder nu » ou encore « Amants aimants ».
Quelques poèmes marins « Flânerie » et « Hier la mer ». qui ne peuvent que me plaire. Sur le temps qui s’enfuit, « Un temps à part » poème à deux voix, Elle et Lui, et aussi, un peu de nostalgie « Au temps qui reste ».
Des nouvelles aussi dont il est pour moi plus facile de parler.

« Nos matins d'amour », chronique d'un amour enfui au troisième matin.
J’ai été charmé par « Balade sur le Causse » et cela pour plusieurs raisons : l’histoire d'amour, des nuits torrides, des départs et des retours, des abandons et des retrouvailles. Et aussi les nombreuses citations du très beau poème d’Antoine Pol mis en musique par Georges Brassens « Les passantes ».
« Les hommes au temps qui passe » de l'adolescence à la vieillesse, les hommes dans leur complexité. Inexorablement pour tout un chacun, le temps passe. Et nos émotions et nos besoins changent, la vie continue.
« Raconte-moi » est une sorte d'hommage aux femmes d'antan. Rebelles aux formes généreuses, adeptes des plaisirs simples et des ivresses de l'amour.
« L'eau dormante », l'eau source de vie, mer déchaînée ou fleuve tranquille. Mer, aussi symbole de départ lointain pour les marins d'antan.
J’avoue être tombé sous le charme des textes présents dans ce livre.
Premier coup de cœur de l'année, et un énorme coup de cœur.
Extraits :
- Dans un train en partance pour l'oubli d'une absence.
- Cette première étreinte, que l'on croyait éteinte au souvenir des amours fanés...
- Si tu m'avais croisée, si mouillée dans ma robe en lin légère, crois-tu que nous nous serions aimés ?
- J'ai rajouté une couverture sur son sommeil avant de rejoindre la chaleur de nos draps redevenus sages.
- Le temps est redevenu menaçant. Nous savons l'un et l'autre que nous ne pouvons rien contre lui.
- Tout est tendre, j'ai une énorme envie de vous enlacer.
- J'ai le cœur joyeux. L'attente de vous est une marée de vives eaux en mer d'Iroise, suis enivrée en pleine mer, puis égarée dans le reflux.
- Les hommes au temps qui passe arpentent la vie par tous les temps. Gamin, blagueur, il dévale les jours et les années jusqu'à plus soif.
- Nos doutes y font naufrage, tels les bois flottés à l'aubier nu, abrasés et polis par nos tangages incessants.
- J'ai dévêtu mon cœur pour troubler le vôtre de rêves de dentelle. Il paraît qu'on ne connaît dans sa vie qu'un unique amour absolu.
Éditions : L’Harmattant/Poésie (s). (2017).

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16 janvier 2018

San ANTONIO / Le coup du père François.

 

Le coup du père François

San ANTONIO.
Note : 4  / 5.
Avanie en Alabanie.
Ne cherchez pas sur une carte l’Alabanie, ce pays est une création de l’esprit plein de malice de Frédéric Dard. La principale ressource de ce pays ensoleillé est le cactus, donc cette histoire ne manquera pas de piquant !
Mais il s’en passe des choses dans les locaux de son consulat de Paris. Et événement pas très net en plus ! 
Lorsque Maupy, dit Morpion, ancien professeur de San Antonio le contacte pour lui signaler que son appartement a été visité pendant son absence, le commissaire se déplace, plus par politesse que par conviction ! Et pourtant…
De ce petit nid de solitude, des coups de feu ont été tirés sur le consulat d’Alabanie, situé juste en face ! Pas de plainte et les vitres n’ont pas été remplacées. Etrange autant que bizarre !
Pinaud se fait passer pour vitrier (il aurait été difficile de confier ce rôle à Béru, même en costume à carreaux !). En plein labeur, il tombe, mais en réchappe ! Crime ou accident ? Surtout que peu de temps après, son voisin de chambre à l’hôpital est abattu ! Trop de coïncidences nuisent parfois ! La vie tient à peu de choses, une charmante infirmière se trompe d’un chiffre et un quidam qui ne demandait rien à personne est criblé de balles. Pinaud, tu as du pot ! 
Alors Béru, le valeureux, vole (pas haut je le concède) au secours de son inestimable collègue ! D’ailleurs de quel droit l’estimerions-nous ! L’incomparable S.A. n’est pas en reste. Alabaniens, tenez-vous bien ! La fine fleur de la police française est à vos trousses.
Une visite nocturne et sans autorisation permet au preux S.A. de faire une découverte qui le laisse sans voix. Enfin pour un moment, une demande de visa pour l’Alabanie avec la photo de Pinuche (surnom ou diminutif amical de Pinaud).
Qui aurait dans l’idée d’aller passer ses vacances dans ce pays accueillant comme une porte de prison, dans le sens de l’entrée ? Mais, et c’est le moins que l’on puisse dire, la visite du beau S.A. au consulat ne plaît pas à tout le monde.
On retrouve ici comme ailleurs les principaux personnages récurrents de la série, je ne vais donc pas les renommer. Ils tiennent leurs rôles avec honneur et bravoure. Fermez le banc.
Peut- être un peu moins d’humour potache, et une enquête plus solide que dans certains textes. Une lecture agréable et un coup de jeune au passage.
Donc je ne boude pas mon plaisir.
Extraits :
- Je sors, heureux de respirer l'air léger de Panam après m'être farci l'atmosphère confinée de Morpion's  house.
- Je m'apprête à quitter mon poste d'observation lorsque quelque chose me fait tiquer. Je m'abstiens de vous dire ce dont il s'agit, toujours soucieux de ménager mes effets.
- J'ai du doigté, toutes les dames t'en causeront.
- Conclusion ? répète-t-il de sa voix pareille à une allumette rebelle qui dit crotte à son grattoir.
- Elle me refile un sourire que je voudrais pouvoir vous offrir à tous pour vos étrennes.
- La vie est un mal dont on a parfois de la peine à guérir.
- Ma boutade doit d'être de Dijon car elle lui monte au naze.
Éditions : Fleuve Noir (1969)

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12 janvier 2018

THOREAU Henry-David/ La désobéissance civile.

 

Désobeissance

La désobéissance civile*
Henri David THOREAU.
Note : 4 / 5.

Obéir est-il un devoir ?
Cet ouvrage datant du premier trimestre 1968, coutant 8fr25 me rappelle une autre époque. Celle où comme beaucoup de gens de ma génération, je découvrais la littérature contestataire, Henry David Thoreau avec ces deux textes, sorte de pamphlets venus d’un autre âge. En effet c’est le16 janvier 1848 pour la conférence « Les droits et les devoirs de l’individu en face du gouvernement » que ce texte est lu pour la première fois. La première parution de ce texte sous le titre « Résistance au gouvernement civil » date de 1849. Puis sous l’intitulé complet « Du devoir de la désobéissance civile », il fut édité dans un recueil d’essais posthumes de Thoreau en 1866.
Une biographie de l’auteur écrite par Louis Simon, **commence ce court ouvrage. Biographie très instructive de cet auteur né à Concord (Massachussetts) le 12 juillet 1817  et décédé dans sa ville natale le 6 mai 1862.

Vient ensuite une préface aussi de grande qualité signée de Micheline Flak qui a également assuré la traduction du texte qui donne son titre à cet ouvrage.
«  La désobéissance civile » est avec « Walden ou la vie dans les bois », le texte le plus connu de Thoreau, qui pourtant était un écrivain très prolifique comme l’atteste ses « H.D. Thoreau. Journal » en plusieurs volumes aux éditions « Finitude ».
Il commence par la phrase suivante empruntée à Jefferson :

-Le gouvernement le meilleur est celui qui gouverne le moins ».
Thoreau lui va plus loin car il pense que le meilleur gouvernement est celui qui ne gouverne pas du tout !

Ce manifeste pacifiste pour qui un homme est une entité capable de se gouverner lui-même  sera en quelque sorte le livre de chevet de gens comme Gandhi qui en avait, paraît-il, toujours un exemplaire sur lui ! Martin Luther King lui aussi était un fervent admirateur de ce texte, car Thoreau était aussi un abolitionniste engagé.
Les États-Unis vivent  des périodes troubles, la guerre contre le Mexique coûte cher en hommes et en argent. Thoreau refuse de payer l’impôt à l’Etat. Il est emprisonné, mais ne passera qu’une nuit en prison, une âme charitable viendra donner le montant de sa dette, 1 dollar !
« Plaidoyer pour John Brown ». Le second texte de cet ouvrage concerne l’abolitionniste John Brown, condamné à mort et pendu pour sa participation avec ses fils à différentes actions violentes. Thoreau prend vigoureusement sa défense.
On peut malgré tout se demander si l’auteur n’embellit pas le personnage ?
Un très bon livre dont la relecture, prévue depuis très longtemps, ne m’a pas déçu.

Je pense poursuivre la découverte ou la redécouverte de cet auteur  trop peu connu en France me semble-t-il !
Extraits :

- Ne peut-il exister de gouvernement où ce ne seraient pas les majorités qui trancheraient du bien ou du mal, mais la conscience? où les majorités ne trancheraient que des questions justiciables de la règle d’opportunité? Le citoyen doit-il jamais un instant abdiquer sa conscience au législateur? A quoi bon la conscience individuelle alors?
- La masse des hommes sert ainsi l’État, non point en humains, mais en machines avec leur corps. C’est eux l’armée permanente, et la milice, les geôliers, les gendarmes, la force publique, etc.
- Quelle attitude doit adopter aujourd’hui un homme face au gouvernement américain? Je répondrai qu’il ne peut sans déchoir s’y associer. Pas un instant, je ne saurais reconnaître pour mon gouvernement cette organisation politique qui est aussi le gouvernement de l’esclave.
-  Si j’ai injustement arraché une planche à l’homme qui se noie, je dois la lui rendre au risque de me noyer.
- Il y a 999 défenseurs de la vertu pour un seul homme vertueux. Mais il est plus facile de traiter avec le légitime possesseur d’une chose qu’avec son gardien provisoire.
- Il existe des lois injustes: consentirons-nous à leur obéir? Tenterons-nous de les amender en leur obéissant jusqu’à ce que nous soyons arrivés à nos fins — ou les transgresserons-nous tout de suite?
Plaidoyer pour John Brown.
 -  C'est alors qu'il résolut de ne jamais tremper dans aucune guerre à moins que ce ne fût une guerre pour la liberté.
- L'esclavage, estimait-il, était totalement opposé à l'esprit des institutions et il en était l'implacable ennemi.
Il appartenait à cette espèce d'hommes dont nous avons beaucoup entendu parler mais dont nous ne savons rien en général : les puritains. Il serait vain de le mettre à mort ; il a disparu du temps de Cromwell mais il est revenu ici.
- Les États-Unis possèdent un convoi de quatre millions d'esclaves qu'ils sont bien décidés à maintenir dans la servitude? Le Massachusetts n'est qu'un des surveillants confédérés chargés de les empêcher de s'enfuir. Tous les habitants du Massachusetts n'appartiennent pas à cette clique ; les seuls à s'en réclamer sont ceux qui gouvernent l'État et se font obéir. Au même titre que la Virginie, le Massachusetts a étouffé l'insurrection de Harper's Ferry. Il y a envoyé ses fusiliers marins : il devra payer sa faute.
Éditions : Jean-Jacques Pauvert (1968)
« La désobéissance civile » a été traduite par Micheline Flak et « Plaidoyer pour John Brown » par  Christine Demorel et Laurent Vernet.

* suivie de « Plaidoyer pour John Brown ».
** Président de la Société des « Amis d’Henry David Thoreau », branche française de la « Thoreau Society ».

 

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08 janvier 2018

FORGE Sylvain / Tension extrême.

 

extrème tension

Tension extrême.
Sylvain FORGE.
Note : 4 / 5.
Mortelles connexions.
Prix du quai des Orfèvres 2018, c'est ma première lecture de ce romancier qui n'en est pourtant pas à son coup d'essai.
L'idée de base est malheureusement plus que plausible. S'emparer des connexions internet pour en faire des armes semant la pagaille et au pire la mort.
Un homme pressé a un avion à prendre à l'aéroport de Nantes, il file au volant de sa puissante B.M.W. Soudain, une extrême douleur dans la poitrine, il perd le contrôle de son bolide, c'est l'accident et la mort pour le chauffeur.
Dans une maison d’un quartier huppé de la ville, un cadavre d’homme est découvert gisant face contre terre ! Il était le frère jumeau de l’accidenté. Plusieurs choses sont encore plus troublantes, la cause des décès, l’explosion de leurs pacemakers et exactement à la même heure, à la seconde près !
Ils étaient créateurs d’une  Start-Up « Al Climat » Est-la cause de leurs assassinats, car il est de plus en plus évident que deux morts aussi soudaines ne sont pas le fruit du hasard.
Et si un technicien avec de mauvaises intentions était capable de commettre de tels méfaits à distance ? L’avenir ne se présente pas sous de bons auspices.
Un Hacker très doué ? Avec un bon motif ? La police ratisse large dans les milieux des informaticiens ayant eu maille à partir avec la justice, mais ce n’est que du menu fretin.
Un dénommé Victor Saurel est appréhendé ! Mais les ordinateurs du commissariat ont été piratés pour une demande d’une rançon un peu particulière, abandonner les recherches sur la mort instantanée des jumeaux !
Puis la panne est générale, tous les ordinateurs ont grillé ! Une attaque d’envergure. Un faible début de piste, un pseudo M4STER SHARK , mais rien de plus. L’enquête qui se poursuit sera difficile et la lutte féroce.
Un policier Jean-Michel Metivier semble être un potentiel complice. Mais pourquoi ? Il avoue, un couple qui bat de l’aile, une inscription sur un site libertin et un chantage… mais il n’en sait pas plus sur le maître chanteur !
Son suicide interrompt brutalement cette piste.
Pour la police il faut tout reprendre à zéro...
La police crée un Fort Chabrol dans un ancien commissariat désaffecté, plus de connexion, des machines à écrire à l’ancienne, bref « Silence radio » !
Beaucoup de personnages dans ce roman.
Deux policières en charge de cette enquête, ce qui déjà est une idée originale.
Isabelle Mayet est depuis plusieurs années sur Nantes, elle connaît donc très bien le personnel du commissariat et la ville. Mais, ici l’affaire est différente et le danger, partout.
Ludivine Rouhand, jeune femme débutante, à peine sortie de l’école des commissaires, dont c’est le premier poste. Elle va être soignée !
Christian Charolle, vieux de la vieille, Breton taiseux mais plein d’expérience. Il espère pouvoir bientôt prendre sa retraite dans deux ans ! Pour lui comme pour ses collègues cette mission sera celle de tous les dangers.
Un roman qui allie avec bonheur l’enquête policière et le monde opaque des hackers.
Une réussite sans temps mort mais depuis je ne regarde plus mon ordinateur avec la même confiance.
Extraits :
- Le virus est toujours à l’intérieur et son pouvoir de nuisance est intact.
- Prostré sur la cuvette, il songeait au pétrin dans lequel il s’était fourré.
- C’est un code graphique qui s’inspire de celui utilisé par les « hobos », les sans domicile fixe qui se déplaçaient de ville en ville aux Etats-Unis, pendant la première moitié du XXe siècle.
- Le hacker se trouve là, quelque part.
- En conclusion, le gars qui en a après vous n’est pas là pour rigoler.
- Qu’un pirate informatique puisse paralyser les activités d’un hôtel de police, c’est quelque chose qui ne passe pas du tout.
Éditions Fayard (2017)

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04 janvier 2018

Collectif . La Gidouille / Variations 5.

 

vous qui passez

Vous qui passez sans me voir.
Collectif.( Variations 5)

Note :
4 / 5.
Ombre diluée !

La cinquième parution du concours de nouvelles des éditions «  La Gidouille ».
Pour la seconde fois, un de mes textes a été retenu pour ce
numéro. Le titre est le même que l’intitulé de cette chronique « Ombre diluée ». Ne comptez pas sur moi pour parler de ces quelques lignes.
Les autres auteurs sont pour la plupart des connaissances croisées à une époque pas très lointaine où j
e hantais les salons littéraires bretons :
Dominique 
Amanou, William Augel, François AussanaireYvon Bouëtté, Jean-Yves Broudic, Françoise Cavelan, Périne Dourel, Christine Fontaine-Letellier, Bernard Granjean, Corentin Huon de Penanster, Éric Lainé, Corine Laubin, Sève Laurent-Fajal, Christophe Lazé, Mireille Le Liboux, Sylvaine Le Querrec, Philippe Miquel, Paul Rigolot, Marie-Françoise Roger, Jean-Pierre Simon, Gilbert Siou, Eve-Lyn Sol, Josette Trillaud-Réthoré, Sandrine Waronski.
« Enfance » est un texte terrible, oscillant entre la cruauté ou l’insouciance des enfants. Un accident… enfin si l’on veut !
« Occis mort » raconte la pathétique histoire d’un enfant puis d’un adolescent amoureux fou d’une fille qui l’ignore. Sorte de pimbêche, peut-être parisienne, plus riche que lui, fils de marin pêcheur. Les années passent, l’amour grandit, jusqu’au dénouement tragique.

« Le pêcheur » ou une histoire de vacances qui se termine mal. Un peu de courtoisie, Monsieur ! Mais vous êtes un rustre et rien n’y changera.
« Une journée ordinaire ».
Que se passe-t-il durant une journée dans un cimetière ? Nous n’y restons jamais assez pour le raconter !
« Chère Odette » est je l’avoue ma nouvelle préférée ! Désolé, il en fallait une !
La raison : elle se passe dans les environs de Paimpol. Et
également, parce que depuis plus d’un an, je fais du bénévolat dans une maison de retraite. Heures de lectures et ateliers écriture !
« 
Au pays des ombres ». Pour une femme quasi invisible, quitter cette ombre pour la lumière donnée par le sourire d’un enfant dans un caddie. C’est à la fois peu et beaucoup. Petit bonheur du jour !
Personnages ou objets que nous foulons aux pieds, un paillasson par exemple, mais celui-ci prend sa revanche.
Une jeune fille cherche du travail et c’est
à noter, elle en trouve ! Dans un musée,et quel musée ! Le Louvre, mais naïvement vous acceptez, quasiment au pied levé, un remplacement. Souriez, vous êtes filmé et photographié. Même si le temps vous paraît un peu long.
C’est dur pour un comédien d’être invisible aux yeux de tout le monde.
Un pigeon qui voulait voir la mer ! Quelle idée saugrenue !
Monsieur Legrand ne sait plus à quel sein se vouer. Bon c’est vrai que Tototte était plutôt limande que poitrine opulente !
Une sorte de reconnaissance des gens invisibles pour de nombreuses raisons. Notre indifférence, notre refus de les voir ou de les entendre, des bonnes ou des mauvaises intentions pour tenter de justifier nos actes quotidiens.
Désolé pour les auteurs
dont je ne parle pas des textes dans cette chronique, je ne vous oublierai pas la prochaine fois.
Extraits :
- Une fois pourtant - une seule fois - mémorable celle-là, j’ai été sans le vouloir le héros d’un faits divers qui a bel et bien fait de moi la une de la Plume berrichonne en me rendant pratiquement immortel. J’en ai encore le poil tout hérissé !
- J’entends votre rire qui trouble l’air rendu opaque par un excès de soleil. Un trou se perfore en moi.
- Je salue
La victoire de Samothrace d’un petit signe de la main. Elle ne me répond pas.
-
Il est comédien. Des petits rôles, des seconds rôles, enfin il s’en tire. Il fait partie de ces acteurs qui adorent se voir sur l’écran.
- J’avoue, ce n’est pas sérieux pour un fantôme, mais je m’amuse beaucoup avec ces pédants de passage.
- Sculpturale comme une sirène en figure de proue, elle incarnait une allégorie sérieuse, occulte, indéchiffrable.
- Nous parlions beaucoup des femmes écrivains, Yvonne et moi. De Colette à Simone de Beauvoir, de Virginia Wolf à Doris Lessing, Duras, Yourcenar. Yvonne avait comme moi du goût pour la littérature anglaise.
- Je m’en fiche, ce journal me parle du pays, le mien, des évènements petits ou grands du pays paimpolais.
Éditions : La Gidouille (2017)

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