Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

20 novembre 2017

PERI François / L'homme bleu.

 

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L’homme bleu.
François PERI.

Note : 4 / 5.
Tribulations sanglantes.
En lisant ce roman je m’éloigne de mes lectures habituelles, et je découvre cet auteur français dont c’est le second roman chez le même éditeur.
Nous sommes en Italie, dans une époque lointaine, sur une petite île qui appartient à la famille de Fabiano. Les distractions sur l’île où il réside sont peu nombreuses, l’entrainement militaire et conter fleurette à la gente féminine ne sont pas pour lui déplaire. La mort de son père l’oblige à aller louer ses services et aller guerroyer pour le compte de riches seigneurs en perpétuelles guerres les uns contre les autres. Lui et ses hommes vont au plus offrant.  

Mais parfois, les fortunes de guerres se transforment en infortunes.
Il joint ses hommes à ceux de Montaldo d’Arella, personnage truculent, gros mangeur, gros buveur et fornicateur convulsif, dont la raison semble vaciller.
Dans une ville conquise, Fabiano fait la connaissance de Julia, très jeune fille dont la famille a été massacrée, ce qui était monnaie courante à cette époque. Les hommes et les enfants étaient passés par les armes, ainsi que les vieilles femmes. Les jeunes étaient violées avant la mise à mort ou emmener comme filles de joie. Les villes étaient mises à sac et allégrement pillées.
Fabiano est contre ces agissements ; pour lui, les places fortes prises d’assaut doivent être, ainsi que leurs habitants, respectées. Mais il est un peu le seul de cet avis, car Montaldo multiplie les exactions et les massacres. Alors les hommes qui ont pu s’enfuir tentent de se venger et mènent des actions de guérillas non pas urbaines mais dans des campagnes qu’ils connaissent.
Un soir Julia est violée par deux soldats, Fabiano les fait pendre dans des conditions atroces et se rend très vite compte que la sentence ne plait pas à ses hommes, le fouet aurait été un châtiment plus juste. Car nombreux sont ceux qui pensent que Julia n’aurait pas dû être seule au campement de la troupe à cette heure avancée de la nuit.
Et sur le terrain militaire la situation n’est pas des plus confortables.
Fabiano di Varenzza est un jeune homme pour le moins entreprenant, en particulier avec les jeunes filles des environs. Les distractions sur l’île où il réside sont peu nombreuses.

Ensuite vient la vie militaire, et la découverte d’un monde cruel pour les pauvres, qu’il tentera de défendre.
Une lecture agréable, des aventures, de la violence d’une autre époque, des combats pas toujours chevaleresques, et l’éternelle recherche du pouvoir et de la richesse.
Le monde n’a guère changé !
Un voyage qui n’a rien de touristique dans l’ancienne Italie.
Extraits :

- Voilà ce qu’était Varenzza, un caillou abordé au hasard, une île de naufrageurs.
- A presque dix sept ans j’avais déjà trois bâtards, ce qui fait rire mon père et soupiré ma mère.
- Mais j’étais encore très jeune et torturé par le désir. Mon corps avait besoin de dépenser son énergie et j’adorais l’amour physique.
- C’était mon premier combat et j’avais une très forte envie de tuer.
- Le fleuve glisse noir et sans ride. Il ressemble à mon enfance farouche et à la vie que j’ai menée depuis.
- Nos ribaudes ne seront plus visibles, elles auront emporté avec elles les oripeaux que troussaient les soudards et sous lesquelles disparaissait leur or.
-  Nous aurons de vrais morts, nous sentirons le sang et l’odeur enivrante des combats.
- C’est inutile. Vivre n’a plus d’intérêt pour moi. On m’a castré, je ne suis plus un homme.
Éditions : Les Chemins du Hasard. (2017)

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17 novembre 2017

ARTAUD Antonin / Van Gogh. Le suicidé de la société.

 

Antonin Artaud


Van Gogh. Le suicidé de la société.

Antonin  ARTAUD.

Note : 4 / 5.
Des couleurs plein la tête.
J’ai toujours aimé la peinture, j’ai essayé de manier les pinceaux avec, je le reconnais, peu de succès. Ayant quitté la Bretagne, je réside désormais à Maussane les Alpilles. J’ai un jour répondu à  une annonce sur Internet recherchant des figurants barbus pour un film sur Van Gogh, lieu de tournage, Arles ! Ville où Van Gogh a beaucoup peint et où il est omniprésent.Et contre toute attente j’ai eu une réponse favorable ! En avant pour une nouvelle expérience !

Cet ouvrage commence par un avant-propos très intéressant d’Évelyne Grossman, elle nous explique la genèse de ce texte. Pierre Loeb, galeriste parisien, ami d’Artaud demande à ce dernier un texte sur Van Gogh. Il semble qu’Antonin Artaud ne soit pas très enthousiaste, mais s’exécute.  Le succès est immédiat et cet essai remporte le Prix Sainte-Beuve en janvier 1948.
Dans ce livre dont la première édition remonte à 1947 (Je sais, cela ne nous rajeunit pas !), Antonin Artaud nous dit que Van Gogh, contrairement à ce qui est généralement admis, n’était pas fou, juste trop lucide.
Deleuze disait par exemple :
- Je dirais que Van Gogh est peintre parce qu’il a recollecté la nature, qu’il l’a comme retranspirée et fait suer, qu’il a fait gicler en faisceaux sur ces toiles, en gerbes comme monumentales de couleurs….
Artaud ne s’intéresse pas qu’au cas de Van Gogh, mais aussi à ces artistes d’exception que l’on pourrait qualifier de génies ou de personnages hors de la normale ou de leur époque : Gérard de Nerval, Baudelaire, Edgar Poe ou Lautréamont.

Artaud nous parle du dernier tableau (enfin ce qui semble être son dernier tableau, certains experts ne sont pas de cet avis) peint par Van Gogh, des corbeaux à Auvers sur Oise.
Artaud qui a eu lui-même des problèmes d’internement à Rodez, parle en termes peu amènes du docteur Gachet dont il dit entre autre :

- Seulement, dès que Van Gogh avait tourné la tête, le docteur Gachet lui fermait le commutateur de la pensée.
Pour son frère Théo, Antonin Artaud n’est pas tendre non plus :
- Et Théo était peut-être matériellement très bon pour son frère mais cela n’empêche qu’il le croyait délirant, illuminé, halluciné, et s’évertuait, au lieu de le suivre dans son délire, de le calmer.
Il me semble que Paul Gauguin n’est pas mentionné dans ce livre.

Un court essai qui sort des sentiers battus et rebattus sur la vie de Van Gogh, pas au sujet de sa peinture, ou peu, mais analysant le destin brisé de cet être exceptionnel ! Peintre de génie, et cela personne ne peut, je pense, le contester.
Une lecture qui n’est pas de tout repos, mais l’existence de Van Gogh ne le fût pas non plus.
J’ai tenté pour les extraits de garder la mise en page du livre.
Extraits :
Un extrait de ses courriers datés du 8 septembre 1888 concernant un de ses tableaux les plus célèbres :
- Dans mon tableau de Café de nuit, j’ai cherché à exprimer que le café est un endroit où l’on peut se ruiner, devenir fou, commettre des crimes.
- Je pense qu’il est mort à 37 ans parce qu’il était, hélas, arrivé au bout de sa funèbre et révoltante histoire de garroté d’un mauvais esprit.

-  Décrire un tableau de Van Gogh à quoi bon !
-  C’est la vérité torride d’un soleil de deux heures de l’après-midi.
Un lent cauchemar génésique petit à petit élucidé.
- Il y  a eu un jour les exécuteurs de Van Gogh,  comme il y a eu ceux de Gérard de Nerval, de Baudelaire, d’Edgar Poe et de Lautréamont.
Éditions : L’Imaginaire/ Gallimard. (Réédition 2017)

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14 novembre 2017

BOURVEN Yann / Beffroi.

 

Beffroi

Beffroi.
Yann BOURVEN.
Note : 4,5 / 5.

Nuit d’effroi.
Troisième titre de cet auteur sur ce blog, après « Mon héroïne »  et « Le dérèglement ».

Pour parodier Jacques Brel, le sous titre de ce roman pourrait être « La nuit sera longue à devenir demain… ».
Nous sommes dans un futur bien évidement un peu, pour ne pas dire plus, glauque.
Dans la « Réalité-jour », la société ultralibérale fait régner sa loi, une loi ultra violente et injuste. Le monde est devenu totalitaire, la  Sainte Flibanque  à l’aide de ses âmes damnées les Flibanquiers régentent le monde pour le plus grand bénéfice d’une caste dominante.
C’est la nuit, mais une nuit qui s’étire et qui dure. Les rues de Paris sont plongées dans le noir. C’est le temps de la « Réalité-nuit », celle où tous les chats sont gris et tous les humains relèguent la morale dans un coin, bien cachée de leurs mémoires.
Alan Beffroi se réveille, son studio semble avoir été dévasté par un ouragan, l’immersion dans la « Réalité-jour » est douloureuse.
Commence alors une promenade qui n’a rien d’onirique dans un Paris cauchemardesque. Déambulation qui l’amène sur les pas de Louis-Ferdinand Céline, vers la place Pigalle où il croise par hasard Erin, une anglaise de Manchester avec qui il a eu une courte aventure. Ils partent ensemble, le Paris classique, Moulin Rouge etc…
De son côté, Percy, l’enfant muet tue l’homme Penché, amant, proxénète et dealer de sa mère.
Le duo se transforme en trio, et Alan doit aller faire un extra dans une brasserie de Belleville, après la nuit sera à eux… la descente aux enfers pourra commencer.  La seule solution, quitter  la capitale, laissant quelques cadavres derrière eux, direction la Bretagne que connait Alan, enfin un bord de mer. Espoir d’aller ailleurs où le jour se lève encore, l’Angleterre, pourquoi pas ?
Alors, ils fuient dans la noirceur d’une nuit éternelle et profonde, entrant dans le monde incertain des ténèbres…
Mais la route est longue et le voyage périlleux.
Trois personnages principaux, Alan Beffroi, qui porte en lui, le suicide de son frère. Un enfant Percy, pour le moins étrange, rendu muet en réaction contre tout ce qu’il a vu et vécu. Erin, l’Anglaise, aussi paumée que les autres. Et tout un tas de figures hideuses ou patibulaires pour les seconds rôles.
 Des références littéraires : Céline, Kafka ; cinématographiques : Robert de Niro en particulier et aussi musicales Joey Division, Happy Mondays.
Un vocabulaire inventé et collant au texte, la Sainte Victimisation , l’homme Penché, La Sainte Flibanque.
Une œuvre sombre, prémonitoire ? L’avenir nous le dira ! Un texte original que j’ai beaucoup aimé. On trouve parfois quelques touches d’un humour noir et grinçant.
Extraits 
- Et Alan sait bien qu’au fond de lui il devra se coltiner cette fille pour un bon bout de temps…
- Percy vient d’avoir sept ans. Il ne parle pas, il ne parle jamais, excepté quand il dort, et seulement quand il rêve.
- Alan s’interroge, la Réalité-nuit, j’y pense depuis toujours… Qui est cet enfant délirant ? Et que sait-il au juste de cette utopie ? Il faut que je sache…
- Qu’est-ce-que j’ai encore fait cette nuit ? Alan Beffroi est en nage. Sûr que j’ai de la fièvre ! Il ne reconnait plus son studio…
- Mais non mais noooon, tais-toi triste ingrate, je reviens de la Réalité-nuit, la ville-chienne est plongée dans le chaos… c’est magnifique, si tu voyais… 
- Oui, les privilégiés furent prévenus… ils surent qu’une espèce de nuit éternelle s’abattrait d’un jour à l’autre sur l’Occident…
- La Réalité-nuit, c’est oublier sa vie d’avant, sa vie d’asservissement ! 
- Cette rhumerie empestait une espèce de liberté écorchée, on se disait : sûr que c’est la fin d’un cycle, sûr que ce sont les derniers jours de l’humanité.
Éditions : Sulliver (2017)
Autres chroniques de cet auteur sur le blog :
Le dérèglement 
Mon héroïne

 

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10 novembre 2017

Vous qui passez sans me voir (Collectif La Gidouille").

 

vous qui passez

Sortie ce jour.
Cette année encore, j'en suis !

Comme il se doit, un an sur deux, c’est cette année, une idée qui donne son titre au recueil, "Vous qui passez sans me voir".

Le comité de lecture, composé des éditeurs bien sûr, mais aussi de lecteurs-lectrices de deux clubs de lecture, de la bibliothèque de Plœuc-L’Hermitage, nouveau siège de La Gidouille, et de deux libraires, Le Marque-page à Quintin et La Çédille à Lamballe, s’est réuni le jeudi 27 avril et a statué sur les textes retenus. La soirée a été longue, très agréable et particulièrement animée, les nouvelles et poèmes à discuter étant de très belle tenue, et La Gidouille s’enorgueillit cette année encore du niveau des propositions.
Mais il fallait bien faire des choix !
24 textes ou dessins ont été retenus, et les résultats ont été communiqués aux auteur(e)s début mai. Nul(le) n’a démérité encore une fois, et les " recalé(e)s " seront les bienvenu(e)s à concourir lors du prochain appel à textes à l’automne 2017.

On trouvera donc dans l’ouvrage des nouvelles, des poésies et des dessins des auteurs suivants, en notant que le hasard a bien fait les choses (la réception des textes se fait maintenant de façon anonyme et les identités ne sont découvertes pour tout le monde y compris les éditeurs qu’après clôture des votes), la parité est parfaitement respectée, 12 femmes, 12 hommes !

Dominique Amanou, William Augel, François Aussanaire, Yvon Bouëtté, Jean-Yves Broudic, Françoise Cavelan, Périne Dourel, Christine Fontaine-Letellier, Bernard Granjean, Corentin Huon de Penanster, Éric Lainé, Corine Laubin, Sève Laurent-Fajal, Christophe Lazé, Mireille Le Liboux, Sylvaine Le Querrec, Philippe Miquel, Paul Rigolot, Marie-Françoise Roger, Jean-Pierre Simon, Gilbert Siou, Eve-Lyn Sol, Josette Trillaud-Réthoré, Sandrine Waronski.

Chaque année, on retrouve des habitué(e)s du recueil, mais aussi des nouveaux/nouvelles qui entrent au Panthéon de la collection Variations. Nous sommes toujours fiers de les accueillir toutes et tous.

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08 novembre 2017

Le BIHAN Erwan / Requiem pour un joueur.

 

Requiem

Requiem pour un joueur.
Erwan Le BIHAN.
Note: 4,5 / 5.
Engrenage.
Premier roman de ce jeune auteur brestois, résidant à Arles.
La descente aux enfers d’un homme, Richard Lenzini. Il est plutôt bien parti dans la vie, marié avec Karine et heureux en ménage père d’un garçon et d’une fille, une bonne situation dans une banque, son épouse travaille dans une galerie d’art. Seul petite ombre au tableau, une future promotion, pour lui ou pour un de ses collègues ?
Sa jeunesse ne fut ni pire ni meilleur que la moyenne, il a gardé quelques amis de l’époque. Il aurait aimé être peintre, mais pragmatique il a choisi la finance.
Un jour, sans idée réellement préconçue, par jeu, il parie sur un match de football.
Il me sait par encore qu’il a mis le doigt dans un tragique engrenage.
Les paris sur le football, sont plutôt neutre, on gagne peu, mais on perd peu s’il on est un tant soit peu raisonnable.
Mais avec internet, Richard dispose d’un casino à domicile, cartes, dés et beaucoup d’autres tentations… il s’essaye avec des sommes plus importantes, il gagne mais il est incapable de se raisonner, alors il entre dans le cercle infernal  qui va le broyer.
Il gagne et veux profiter de sa chance, alors il augmente les mises, encore et encore. S’il perd elle augmente également (mais plus vite) pour se refaire…mais le joueur est pratiquement toujours perdant, la situation est hors de contrôle, la carte bleue est bloquée. Et Karine n’est au courant de rien, alors il va vivre d’expédients, mais cette situation ne dure pas. Il doit vendre des actions qu’il gardait. Mais Karine se rend compte que les comptes bancaires posent problème. Et Richard s’enfonce, pris en flagrant de visionnage d’un match de football pendant une conférence, il s’ensuit un accrochage avec un supérieur hiérarchique… c’est le renvoi sine-dié. Pour faute grave sans indemnité.
La chute est proche.
Richard est un personnage ambigu, parfois on est en empathie avec lui, il semble lutter, sincèrement, mais refuse de voir un spécialiste. Alors, il replonge, pour de petites sommes, mais le gouffre s’ouvre de nouveau.  Son épouse Karine espère enfin créer sa propre galerie, elle économise, mais l’argent s’envole. Les enfants eux sont très jeunes et ne se rendent pas vraiment compte de la situation. Ses amis sont présents quand tout va bien, mais moins ensuite, ses collègues de travail pour la plupart, lui tournent le dos.
Un excellent roman sur cette addiction qui fait des ravages, le jeu. 
Une lecture qui interpelle, comment un homme qui a beaucoup d’atouts (dans son jeu, excusez ce mauvais esprit), arrive par faiblesse à tout perdre ?
Extraits :
- Pour résumer, c’est Dieu qui régule le marché, c’est sur Lui que repose notre système économique.
- Je n’ai, pour l’instant, pas le sentiment d’avoir fini de payer le carrelage de la salle de bains.
- Mais je n’ai pas le sentiment d’appartenir à cette communauté. Je me sens différent, plus rationnel que les autres. Je ressens même une pointe de dégoût pour les joueurs qui s’en remettent aveuglément au hasard.
- Un signal sonore m’avertira dès qu’un but sera marqué et je serai informé du résultat final avant le début de mon intervention.
- Le reste de la soirée, je ne décroche plus les yeux de la scène où une douzaine de danseuses aux seins nus rivalisent de souplesse.
- Nous atterrissons dans un village du pays bigouden aux confins de la Bretagne. La maison est confortable.
- J’ai l’impression d’avoir fini l’apprentissage. Je domine mes pulsions de joueur.
- Malgré un déjeuner frugal, la digestion s’annonce difficile. Je ressens les premiers signes de fatigue dus à ce lever inhabituel aux aurores. La réunion s’enlise.
- Malgré mes inquiétudes, je multiplie mes paris. Gagne et perds. Mais perds plus que ne gagne, comme si je m’employais à vérifier le bien-fondé des lois statistiques. Au grand dépens de mon compte en banque.
Éditions : Locus Solus (2017)

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