Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

21 septembre 2018

ZAHLER S. Craig / Exécutions à Victory.

 

Zahler
Exécutions à Victory.
S.Craig ZAHLER.

Note : 5 / 5.

Pigeons volent….
Premier roman que je lis, mais le second traduit de cet auteur après « Une assemblée de
chacals » également aux éditions Gallmeister. S.Craig Zahler est également scénariste et réalisateur.

Dans le premier chapitre de ce livre, qui rappelle étrangement une scène d'Orange mécanique, quatre hommes questionnent un clochard nommé Doggie, au sujet d'un dénommé Sebastian. L'engin de torture est le cadavre d'un pigeon en putréfaction.
Puis changement de décor, nous sommes dans un commissariat de l'Arizona ; un homme d'affaires vient raconter ses problèmes à un policier Jules Bettinger. Celui-ci ne compatissant pas à ses malheurs, il se suicide. Jules Bettinger, et ce n'est pas une promotion, est muté dans un endroit très accueillant au nom charmant de Victory dans le Missouri.
Sorte d’antichambre de l’enfer sur terre, sauf qu’il y fait très froid ! Par précaution, il décide de s’installer à cent vingt kilomètres de son lieu de travail ! Et cerise sur le gâteau l’accueil qu’il reçoit, en particulier de Dominic, son colossal équipier, homme de couleur également, manque de chaleur pour ne pas dire qu’il est glacial !
Pour le mettre dans le bain, son supérieur hiérarchique, Zwolinski lui assène quelques chiffres, qui, là aussi, le refroidissent :
- Chaque agent de ce commissariat est responsable d'au moins sept cents criminels, parmi lesquels quatre à cinq cents ont commis des actes violents.
Sa première enquête, dans ce charmant décor, conserve une prostituée, blanche, trouvée assassinée et violée post-mortem. Il semblerait que le tout ait été filmé. Ensuite il est appelé pour un cas de maltraitance infantile, une mère ayant fait manger ses excréments à son fils qui avait oublié de tirer la chasse. L'enfer est vraiment pavé de mauvaises intentions.

Mais la violence monte d'un cran, deux policiers sont attirés dans un guet-apens, tués et émasculés...
La routine sanglante s’installe insidieusement, les pigeons meurent mais les policiers aussi ! Si l’hécatombe des oiseaux ne dérange pas la SPA locale (qui n’existe peut-être pas), celle des personnels du commissariat ne saurait laisser les forces de l’ordre sans réponse ! 
Bettinger finira par retrouver la trace de Sebastian Jimenez de son nom de famille, celui-ci est en triste état ! Tabassé par la police ? Il a disparu de l’hôpital où il était soigné !
La route aussi est pavée de mauvaises intentions !
Tout est vraiment noir à Victory ! Les quartiers ont pour surnoms « Le Chiotte » ou « Shitopia » par exemple !
Jules Bettinger est un flic de couleur, d’un beau noir. Dès son arrivée dans sa nouvelle affectation, la réceptionniste le lui fait remarquer :

- J'ai jamais vu une peau aussi noire, dit-elle en lui tendant le café. Aussi noire que ça.
Ce séjour à Victory laissera des traces aussi bien pour lui que pour sa famille.

Pour le reste des personnages, ce n’est pas très reluisant, même du côté de la police ! Les surnoms  de certains protagonistes sont croustillants : Tête de Cul, Gros Trou Duc, Étron et Fumier entre autres.
Un roman noir, très noir dans tous les sens du terme ! Un héros noir, des personnages noirs et une ville d’une noirceur absolue dans un décor d’apocalypse !
Beaucoup de descriptions, un vocabulaire mêlant classicisme et langage des milieux pauvres américains parfois dépaysant.
Une lecture qui m’a donné envie de découvrir cet auteur.
Extraits :
- La plupart des hommes politiques ne veulent pas être associés à des histoires d'adultères, de suicides ou de putes, et dans la casserole Fellburn, il y a les trois ingrédients.
- La ville ressemblait à un morceau d'épave tout droit sorti du tiers monde qui avait échoué, sans qu'on sache comment, au beau milieu des États-Unis.
- La modestie est une forme de malhonnêteté à laquelle je n'adhère pas.
- C'était un établissement public de bonne réputation, mais on aurait dit que la répartition démographique avait été passée à l'eau de javel.
- Soixante-dix-neuf femmes à Victory étaient devenues poussière sur les dix-huit derniers mois, et plus de la moitié de ces morts étaient des meurtres supposés ou confirmés.
- Et ta manière de manier le sarcasme est ce qui t’a valu d’atterrir dans la Sibérie des nègres.
Éditions : Gallmeister (2017).
Titre original : Mean Business on North Ganson Street (2014).
Traduit de l’américain par Sophie Aslanides.

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18 septembre 2018

McINERNEY Lisa / Miracles du sang.

Miracles du sang
Miracles du sang.

Lisa McInerney.

Note : 4 / 5.
Voir Naples… et espérer survivre !
La quatrième de couverture précise que ce roman :
-« ... sans être une suite à proprement parler des « Hérésies glorieuses » remet en scène un de ses personnages, Ryan Cusack. »
Il n’est pas le seul des survivants du premier roman écrit par cette jeune auteure que nous retrouvons ici.

La situation de la ville de Cork qui sert de décor à cette histoire de guerre des gangs sur fond de trafic de drogue ne s’est pas vraiment améliorée !
La situation financière de Ryan Cusack par contre est en pleine expansion, même si sa vie personnelle est plus que compliquée. Entre sa passion pour la musique dont il espère en faire son métier, son implication dans la recherche de nouveaux fournisseurs de stupéfiants, ayant eu une mère italienne originaire de Naples, il est devenu  l’interlocuteur favori de la mafia napolitaine. Tous les gangs de la ville irlandaise sont très attirés par cette marchandise haut de gamme. Ryan ne travaillant pas pour Jimmy Pheelan, plus gros caïd local, il ne s’attire pas les foudres de celui-ci. Car Jimmy est lié avec Tony Cusack, père veuf et alcoolique de Ryan. Ryan est sous les ordres de Dan, un concurrent de moindre envergure de Jimmy.
Mais la première livraison de drogue ne se passe pas comme prévue, Gina, la convoyeuse, épouse de Dan, est attaquée par trois hommes cagoulés, et la drogue, elle, disparaît… pas pour tout le monde, on s’en doute.
Commence alors une sanglante guerre pour régner en maître sur la ville.
Ryan est tour à tour victime et bourreau, victime car sa petite amie de longue date, Karine, le quitte, bourreau car il n’hésite pas à faire des compromis ou à trahir quand c’est nécessaire.
Cherchez non pas la femme, mais les femmes.  Karine, l’ancienne, qui lassée de cette vie d’incertitude préfère le quitter. Nathalie, la nouvelle, le met dans une situation plus que périlleuse, en étant également la maîtresse de son patron Dan. Et puis, Maureen, l’amie, il ignore, quand il fait sa connaissance, qu’elle est la mère de Jimmy Pheelan.
Un bon roman noir, plein de bruit, de fureur et de drogue. La face sombre de l’ancienne Verte Erin…
Extraits :
- La MDMA sera fabriquée en Estonie, pressée à Naples et expédiée par bateau à Cork pendant que le fric de Dan fera le chemin inverse.
- Si la ville n'a pas l'habitude de tels trésors chimiques, très bien, dans neuf cas sur dix la qualité sera une bonne surprise.
- « Salut Ryan », elle dit, d'un ton uni ; cette ville est jonchée des corps des femmes qu’il a baisées accidentellement.
- Fumette, coke, ecstas : la trinité moderne de la St Paddy.
- Un jour, le magot sera suffisant pour lui permettre d'évoluer du rang de brute à celui de bandit.
- L'éclairage artificiel accroche des motifs dans le noir ; dense à la hauteur du regard et déployée devant lui, comme les dernières bouées avant la haute mer.
- Ils se racontent des histoires. Celles de Ryan parlent des filles et du dédale de leurs sentiments dans lequel il aime se perdre. Celles de Maureen de l'Irlande Catholique Traditionnelle, des blanchisseries des Sœurs de la Madeleine, de la tyrannie de la foi.
- Ses chaires n'en sont que la vitrine ; Ryan est le résultat de sept ans de méfaits. Il est le fléau de sa propre ville. Cork ne se portera que mieux sans lui.
Éditions : Joëlle Losfeld (2018).
Titre original : The Blood Miracles (2017).
Traduit de l’anglais par Catherine Richard-Mas.
Autre titre de cette auteure sur ce blog :
Hérésies glorieuses.

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15 septembre 2018

THOMPSON Jim / L'assassin qui est en moi.

 

L'assassin qui est en moi
L'assassin qui est en moi
Jim THOMPSON.

Note : 5 / 5.
Assassin,  bien sous tous rapports !
Ce texte est basé sur la lecture de « L’assassin qui est en moi », nouvelle et première traduction intégrale du livre de Jim Thompson « The Killer Inside Me ». La majeure partie du roman étant la même, je vais donc reprendre ma chronique.
Lou Ford est un personnage à première vue plus que respectable. Fils d’un médecin connu, habitant encore la maison familiale après le décès de celui-ci, il est en plus adjoint du shérif. Un poste éminemment respectable, qui le place au-dessus de tous soupçons !
Car la face cachée de l’individu est tout autre. Tueur psychopathe, violent et froid, il voue une haine féroce à Chester Conway, de la Conway Construction Company.
Le début de sa vengeance est enfin à portée de son esprit diabolique. Il se souvient que son demi-frère Mike est mort sur un chantier de la Company et que des économies de bouts de chandelle sont à l’origine d’un manque de sécurité évidente.
Elmer Conway, fils alcoolique de Conway et amoureux fou Joyce Lakeland, prostituée et maîtresse de Lou avec qui il entretient des relations plutôt violentes.
Ils trouveront la mort, dans la même pièce le jour où il avait décidé de quitter la ville, elle battue à mort !
Alors commence pour Lou une longue, très longue et sanglante descente aux enfers.
Lucille, amie d’enfance et maîtresse officielle, décède, elle aussi, puis tous les gens qui de près ou de loin peuvent avoir des raisons de le soupçonner… et la liste est longue.
Lou Ford est le digne penchant en plus violent du Nick Corey de « 1275 âmes ». Sous des airs de brave homme, de flic débonnaire dans une petite ville sans trop de problèmes. En réalité, être avide de sang et machiavélique, les traumatismes de son enfance resurgissent en lui. Et ce malgré les attentions que lui a apporté son médecin de père. Il est également responsable des années de prisons effectuées par Mick qui s’est accusé d’un forfait qu’il avait commis.
Beaucoup de personnages secondaires dans ce roman de Lucille, éternelle fiancée et maîtresse attitrée : Joyce Lakeland, maîtresse de passage adepte d’une certaine violence sexuelle ; les gens de la police ; Bob Maples, le vieux sheriff ; Johnny Pappas, pauvre gosse et beaucoup d’autres tous à des degrés divers victimes de la folie de Lou.
Un des premiers romans très noir de Jim Thompson, qui laisse augurer de la suite, sorte de prémices de « 1275 âmes ». Même trame, un homme de loi, un sentiment d’être rabaissé par la vie et les gens, d’où cet esprit de vengeance meurtrière.
Ce roman me parait beaucoup plus sombre et le personnage de Lou Ford encore plus retord sombrant petit à petit dans la folie !
Il faut quand même reconnaître une chose, et cela après vérification, c’est que le prénom d’un des principaux personnages féminins n’est pas le même suivant la version !   Lucille Stanton devient ou plutôt redevient Amy Stanton ! Prénom de la version originale !
Il faut aussi dire que cette nouvelle traduction fait cinquante pages de plus à format quasi identique.
Une réédition qui s’imposait.
Extraits :
-  C'est drôle que ce soit quelqu'un qui n'est pas de la partie qui trouve la solution à ces problèmes là... Si ça ne leur plaît pas qu'ils fassent autre chose. C'est bien vu, ça. Et même excellent.
- Vous m'étonnez vraiment, Lou. Ça fait des années que je vous vois en ville, et franchement vous ne m'avez jamais donné l'impression d'être un grand penseur...
- Je me demande si je ne viens pas de découvrir la raison pour laquelle je n'ai pas vendu cette maison : j'y reste pour me punir.
- Je ne suis que ce pauvre crétin de Lou Ford, de Ploucville. Incapable d'inventer un alibi, parce que je n'ai rien fait qui nécessite d'avoir un alibi.
- À ce propos, quel est le score, à l’heure qu'il est ? Un cadavre, ou deux ?
- « Et qu'il y a une chose que j'ai comprise à ton sujet, c'est que tu n'aimes pas ce métier. Il ne l'a jamais aimé ».
- Avec chaque jour qui passe, cette impression devient plus forte.
- Il avait tout eu, et on ne sait pourquoi, il avait préféré ne plus rien avoir du tout.
- « De toute façon, je n'aurais pas pu partir. Comme vous l'avez compris, je suis cloué ici. Quel que soit le temps qu'il me reste à vivre, je ne serai plus jamais libre... ».
Éditions : Rivages/ Noir (2012)
Titre original : The Killer Inside me. (1952)
Traduit  de l’anglais (États-Unis) par Jean-Paul Gratias.

 

 

 

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14 septembre 2018

THOMPSON Jim / Le démon dans ma peau.

 

Le démon dans ma peau

Le démon dans ma peau.
Jim THOMPSON.

Note : 3,5  / 5.
Cette chronique sera basée sur la traduction (très décriée) de 1966. Cette version tronquée possède en couverture (pas du meilleur goût) une photo de l’excellent film de Michael Winterbottom tiré de cet ouvrage (film qui n’existait pas au moment de cette traduction). Une retraduction du texte intégral est désormais disponible sous le titre « L’assassin qui est en moi » dont je parlerai bientôt.
Lou Ford est un personnage à première vue plus que respectable. Fils d’un médecin connu, habitant encore la maison familiale après le décès de celui-ci, il est en plus adjoint du shérif. Un poste éminemment respectable, qui le place au-dessus de tous soupçons !
Car la face cachée de l’individu est tout autre. Tueur psychopathe, violent et froid, il voue une haine féroce à Chester Conway, de la Conway Construction Company.
Le début de sa vengeance est enfin à portée de son esprit diabolique. Il se souvient que son demi-frère Mike est mort sur un chantier de la Company et que des économies de bouts de chandelle sont à l’origine d’un manque de sécurité évidente.
Elmer Conway, fils alcoolique de Conway et amoureux fou de Joyce Lakeland, prostituée et maîtresse de Lou avec qui il entretient des relations plutôt violentes.
Ils trouveront la mort, dans la même pièce le jour où il avait décidé de quitter la ville, elle battue à mort !
Alors commence pour Lou une longue, très longue et sanglante descente aux enfers.
Lucille, amie d’enfance et maîtresse officielle, décède, elle aussi, puis tous les gens qui de près ou de loin peuvent avoir des raisons de le soupçonner… et la liste est longue.
Lou Ford est le digne penchant en plus violent du Nick Corey de « 1275 âmes ». Sous des airs de brave homme, de flic débonnaire dans une petite ville sans trop de problèmes. En réalité, être avide de sang et machiavélique, les traumatismes de son enfance resurgissent en lui. Et ce malgré les attentions que lui a apporté son médecin de père. Il est également responsable des années de prison effectuées par Mick qui s’est accusé d’un forfait qu’il avait commis.
Beaucoup de personnages secondaires dans ce roman de Lucille, éternelle fiancée et maîtresse attitrée ; Joyce Lakeland, maîtresse de passage adepte d’une certaine violence sexuelle ; les gens de la police ; Bob Maples, le vieux sheriff ; Johnny Pappas, pauvre gosse et beaucoup d’autres tous à des degrés divers victimes de la folie de Lou.
Un des premiers romans très noir de Jim Thompson, qui laisse augurer de la suite, sorte de prémices de « 1275 âmes ». Même trame, un homme de loi, un sentiment d’être rabaissé par la vie et les gens, d’où cet esprit de vengeance meurtrière.
Je vais dans quelques temps lire ce roman dans son intégralité et sa nouvelle traduction.
Extraits :
- S'il y a au monde quelque chose de pire qu'un casse-pieds, c'est un casse-pieds sentencieux, amateur de banalités.
- Elle me parut formidable. Le bon Dieu avait su coller la chair juste là où il en fallait et ça ferait le plus bel effet.
- C'était une petite bonne femme qui obtenait toujours ce qu'elle voulait et se fichait pas mal de ce que ça pouvait lui coûter.
- Elle m'embrassait, puis s'est mis à tirailler ma cravate, les boutons de ma chemise ; elle entreprit de me déshabiller alors que j'ai failli l'écorcher vive !
- Avez-vous déjà vu un vieux monsieur, dans la construction métallique ? Avez-vous jamais pris le temps de songer que, s'il y a toutes sortes de façons de mourir, il n'y en a qu'une d'être mort ?
- Nous vivons dans un monde bougrement tordu, un monde de salauds j'ai bien peur que ça ne change pas. Et je vais te dire pourquoi. Parce que personne, presque personne ne trouve rien à redire.
- Donc, il n'y avait rien d'inquiétant. Rien d'insolite chez lui, ni chez le shérif ni chez Conway. Il n'y avait rien... mais l'impression persistait et s'aggravait de jour en jour.
Éditions : Gallimard (1966) Folio pour la version poche (2010)
Titre original : The Killer Inside me. (1952)
Traduit  de l’anglais (États-Unis) par France-Marie Watkins.
Le démon M

 

 

 

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10 septembre 2018

FAUST Christa / L'ange gardien.

L'ange gardien
L’ange gardien.

Christa FAUST.

Note : 4 / 5.
Poing final.
Nous retrouvons dans ce roman Angel Dare, célèbre star du porno. Elle a changé de nom, (elle en change souvent),  et de lieu de résidence. Ici elle vit à Yuma en Arizona où elle travaille comme serveuse. Elle semble aspirer à une existence plus tranquille, mais pourtant son passé la rattrape et avec lui une kyrielle de retrouvailles pas toujours très agréables. C’est même plutôt le contraire !
Le premier qui débarque est un de ses anciens amants, au cinéma comme dans la vie, Vic « La Brique » Ventura. Le temps ne l’a pas arrangé, les drogues dures non plus. Leur rencontre sera brève, le temps pour Vic de lui présenter son fils Cody, qu’il a eu avec une autre actrice du porno. Il est abattu ! Son patron du moment aussi. Elle se retrouve avec Cody sur les bras. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’avec lui et le passé d’Angel, « La vie n’est pas un long fleuve tranquille », mais plutôt une mer agitée.

Cody est jeune et adepte des sports de combats extrêmes. Son but ultime : participer à l’émission de télévision « All American Fighter : Nouvelle Generation ». Pour cela il est managé par Hank « Hammer (Le marteau) Hammond, un vétéran des rings au passé glorieux mais qui maintenant a beaucoup de problèmes. Que sa consommation de pilules diverses n’aide pas !
La première question qui se pose est : pourquoi cette tuerie ? Est-ce un problème avec Cody qui participe à des combats clandestins au Mexique ? Aurait-il refusé de « se coucher » comme convenu ? Ce qui aurait déplu à Lovell, organisateur de ces rencontres ? Vic avait-t-il permis,  à son corps défendant, à certaines personnes de retrouver la trace d’Angel. Car elle fait partie du programme de protection des témoins et n’a pas que des amis !
Elle sait que des Croates sont à sa recherche avec à leur tête Vukasin qu’elle croyait mort et enterré.
Commence alors un roman trépidant, plein de renversement de situations, de morts et de sexe qui nous tient en haleine jusqu’à un final plein de mélancolie…
La voiture remplace le cheval mais la chanson est la même « I'm a poor lonesome Angel… »
Après la pornographie, les sports extrêmes, même violence et miroirs aux alouettes… beaucoup d’appelés, mais peu d’élus.
Extraits :
- Autrefois, j'adorais entendre prononcer mon nom. Puis je l'ai détesté. Là, je ne savais plus trop quoi ressentir.
- J'avais l'impression d'être un fantôme qui faisait semblant de vivre. Je traçais des traits dans ma tête pour compter les jours entre deux voyages au tribunal du comté de LA.
- Je me souviens de lui, en manque, pesant moins lourd que moi, une coquille vide et décharnée qui n'était plus que l'ombre de ce qu'il avait été.
- Lovell tient Cody, annonçais-je aussitôt la porte fermée.
- Je savais combien la situation s'était tendue aux postes frontaliers, avec cette hystérie terroriste de par le monde.
- J'avais déjà compris à ce moment-là que la pipe ne serait pas une option. Pas pour moi en tout cas.
- C'est ainsi qu'on m'avait nommé dans les gros titres. La justicière du porno. Dirty Harriet. La Tueuse aux talons aiguilles.
- Les filles autour des barres étaient entièrement nues, tandis que celles qui sillonnaient la salle portaient des robes de strip-teaseuses d'une vulgarité époustouflante, en matière extensible bon marché.
- Et même s'il était à présent majeur, le simple fait de regarder cette vidéo me donnait l'impression d'être une perverse parce que je me l'étais moi-même tapé.
Éditions : Gallmeister / Americana (2018).
Titre original : Choke Hold (2011).
Traduit de l’américain par Christophe Cuq.

 

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