Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

23 mai 2018

MAUPASSANT Guy / Les Contes de la Bécasse.

 

Les contes de la Bécasse

Les contes de la Bécasse.
Guy de Maupassant.
Note : 4 / 5.

Contes souvent cruels !
Je poursuis mes récréations littéraires autour de l’œuvre de Guy de Maupassant. Entendant par récréations, je ne veux pas dire que l’œuvre de cet écrivain n’ait aucun intérêt mais que ses contes et nouvelles sont, malgré leurs évidentes qualités, reposantes et agréables à lire.
Ce recueil contient les textes suivants : La bécasse ;  Ce cochon de Morin ; La folle ;  Pierrot ; Menuet ;  La peur ;  Farce normande ; Les sabots ; La rempailleuse ;  En mer ; Un normand ;  Le testament ;  Aux champs ;  Un coq chanta ;  Un fils ;  Saint-Antoine ;  L'aventure de Walter Schnaffs .
Je ne parlerai pas de toutes mais elles ont chacune leur charme !
Les campagnes dans toutes leurs splendeurs et souvent leurs horreurs !
Prenez Morin par exemple, ce brave Morin, qui doit s’ennuyer dans sa petite vie mesquine et monotone. Alors échauffé par un de ses amis coureur de jupons, dans un train avec une belle et blonde jeune fille, il tente bien maladroitement de l’embrasser ! Il devient « Ce cochon de Morin » et son ami ajoute une conquête à son palmarès ! Le monde est cruel !
Maupassant nous parle souvent de la guerre et de nos ennemis « Les Prussiens », dans « La folle », l’un d’eux est inhumain, dans « Saint Antoine », c’est un pauvre soldat stupide.
« Pierrot » est un brave petit chien au sort bien peu enviable, comme beaucoup d’autres dans la France profonde. Hé oui Mesdames, un chien mange et coute de l’argent !
« Farce normande », noce à la campagne, la mariée est seule dans le lit nuptial !
Le mari lui est à la chasse ! Morale de l’histoire :
- Et voilà comment on s'amuse, les jours de noce, au pays normand.
« En mer » c’est une marée de pêche qui tourne mal ! Le choix est le suivant, perdre la pêche ou pas ! Elle ne sera pas perdue mais un homme sera infirme pour le reste de sa vie. L’argent passe avant tout !

« Aux champs » nous plonge dans la vie de deux familles, l’une refuse de « vendre » un garçon à une famille de bourgeois, l’autre l’accepte ! Plus tard l’enfant, resté paysan devant la richesse de son ex-voisin, en veut à ses parents !  Très beau texte !
Beaucoup de personnages parfois attachants parfois ignobles.
Adélaïde n’est pas futée, mais vraiment pas, dans « Une rempailleuse » celle-ci est très amoureuse. Un ancien sergent major, le père Mathieu dit « Le père la boisson » est un mélange détonnant de vieux soldat et de malice normande. Un homme revient à Pont-L’abbé et découvre un jeune un peu demeuré ; est-il son fils ?
Encore et toujours la superbe écriture de Maupassant, qui semble si simple !
Extraits :
- Puis, quand il avait achevé le dernier, il devait, sur l'ordre du baron, conter une histoire pour indemniser les déshérités.
- Tu sais ce que sont, pour un commerçant de province, quinze jours de Paris. Cela vous met le feu dans le sang.
- Elle rit plus fort, toutes les dents au vent : "Entre le désir et l'action, Monsieur, il y a place pour le respect".
- Jadis, à l'âge de vingt-cinq ans, elle avait perdu, en un seul mois, son père, son mari et son enfant nouveau-né.
- Mme Lefèvre inquiète, eut une idée : "Quand il sera bien accoutumé à la maison, on le laissera libre. Il trouvera à manger en rôdant par le pays".
- Il portait des souliers à boucles d'argent, une culotte à pont, une redingote tabac d'Espagne, une dentelle en guise de cravate et un invraisemblable chapeau gris à grands bords et à grands poils, qui faisait penser au déluge. Il était maigre, fort maigre, anguleux, grimaçant et souriant. Ses yeux vifs palpitaient, s'agitaient sous un mouvement continu des paupières ; et il avait toujours à la main une superbe canne à pommeau d'or qui devait être pour lui quelque souvenir magnifique.
- En Orient, on peut connaître la panique, on ignore la peur.
 - Entre chaque plat on faisait un trou, le trou normand, avec un verre d'eau-de-vie qui jetait du feu dans les corps et de la folie dans les têtes.
- Il répétait souvent : "Il n'y a pas d'hommes honnêtes ; ou du moins ils ne le sont que relativement aux crapules".
  -Un vieux gendarme en retraite, qui tenait une auberge dans le village voisin et qui avait une jolie fille, fut arrêté et fusillé.
Éditions : Folio classique (1979).

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19 mai 2018

McGAHERN JOHN / Mémoire.

 

Memoirs Mc Gahern
Mémoire.

John McGAHERN. (1934-2006)
Note : 4  / 5.
À l'Irlande et à ses grands écrivains !
Ces mémoires sont parues en Irlande quelques mois avant la mort de celui que je considère, et je ne suis pas le seul, comme le plus grand écrivain irlandais contemporain. Ayant lu l'intégral de l'œuvre de John McGahern, ou du moins ce qui a été traduit, j'attendais avec impatience la sortie de ce livre. Et pourtant plusieurs années après l'avoir acheté, je ne l'avais toujours pas lu. Pourquoi ? Le mystère reste entier. Je refais pourtant une tentative, qui je l’espère sera plus concluante que la première.
John McGahern se raconte avec un mélange de véracité et de pudeur. Un résumé de l'œuvre et de la vie de l'auteur, très souvent imbriquée l'une dans l'autre. Ce qui parfois me donne l'impression que je relis un livre déjà lu et relu car j’ai lu plusieurs fois certains livres de McGahern.

De son enfance à sa vie d’adulte, de l’école à la parution de ses premiers ouvrages.
Sa mère décédée lorsqu’il avait sept ans sert de modèle à tous les personnages féminins de son œuvre, du moins les épouses et mères de famille, de l'admirable Elizabeth Reegan de « La caserne » à la non moins admirable Rose dans « Entre toutes les femmes ». Les hommes par contre  ne sont pas épargnés ; Moran, l’ancien combattant de l’IRA qui pense s’être fait voler la victoire par les politiciens ou Reegan, le policier, mari de d’Elizabeth dans « La Caserne ».
Le père et sa famille, ce père qui attise toute sa haine, comme dans cette superbe nouvelle « La montre en or ». Policier séducteur et bel homme, violent et borné, ce genre de père que l’on est heureux de ne pas avoir eu. Malgré tout John McGahern n’a pas à l’instar de Franck O’Connor pris le nom de jeune fille de sa mère pour pseudonyme.
Juxtaposition ou du moins une mise en parallèle entre le père et le jeune état libre d'Irlande dont il est chargé d’appliquer les lois.
On retrouve l'œuvre de McGahern par petites touches dans ce livre.
De l'Irlande qui vient de s'autoproclamer « République », il a cette phrase remarquable :
« La vraie histoire des années, 30, 40 et 50 dans ce pays n'a pas encore été écrite. Lorsqu'elle le sera, je pense qu'on s'apercevra que c'était une période extrêmement sombre dans laquelle une église insulaire, complice d'un État mal assuré contribue à instaurer une société souvent bigote, intolérante, lâche, philistine et spirituellement infirme. »
L’intolérable violence faite aux enfants par les instituteurs (ou institutrices aussi) et les représentants de l’église catholique. Le sadisme des châtiments corporels appliqués aussi bien aux garçons qu’aux filles.
Dès les premières pages, la magie de l'écriture de McGahern est là, il décrit sa vie et son œuvre, mais à la limite c'est là que le bât blesse, si comme moi on a lu tout McGahern édité en français, ce livre n'apporte pas grand-chose de nouveau pour la compréhension de son œuvre, mais nous apporte de nombreuses précisions sur sa vie hors du monde littéraire.
Il est à noter que tout au long de cet ouvrage, le prénom usuel de l’auteur est Sean. Cette lecture a changé mon regard sur ses mémoires.
Extraits :
- Je suis revenu vivre parmi ses sentiers il y a trente ans.
- Les McGahern accordaient un grand prix au physique, à la virilité, à la position sociale.
- Si les classes se révélaient d'un niveau insuffisant en Irlandais, le salaire de l'enseignant risquait de ne pas être augmenté.
- ... Mais (il) n'avait jamais réussi à apprendre l'irlandais après l'Indépendance, à une époque où même les boîtes aux lettres eurent droit à une couche de peinture verte.
- Dans l'Irlande d'alors, la loi était encore considérée comme une chose étrangère qu'il fallait craindre et éviter, et tenir à distance autant que possible.
- La caserne elle-même était un lieu bizarre, comme la plus grande partie du pays en ce temps-là.
- Chose étonnante, mes parents se risquaient encore à avoir des rapports sexuels malgré tout ce qui s'était passé avant : l'abstinence, les neuvaines, les avertissements du Docteur Corcoran.
- Elle ne peut pas mourir. Elle est trop jeune pour mourir. Seuls les vieux meurent.
- Apprendre l'irlandais était un moyen d'éviter en partie l'influence corruptrice de l'étranger, mais le catéchisme était enseigné en anglais.
- J'ai le sentiment que le meilleur de ses rôles avait été celui joué dans l'IRA où sa tendance naturelle à la violence était tempérée par son côté calculateur et un instinct de conservation particulièrement vif.
- On a beaucoup écrit sur la collusion de l'église avec l'État afin de créer une société irlandaise à la fois infantile, répressive et sectaire, et ce récit pourrait difficilement suggérer autre chose.
Éditions : Albin Michel / Les grandes traductions (2009).
Titre original : Memoir (2005).
Traduit de l’anglais (Irlande) par Françoise Cartano et Marie-Lise Marlière.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :

  McGAHERN John / Entre toutes les femmes

 

  McGAHERN John / Journée d'adieu.

  McGAHERN John / La caserne

  McGAHERN John / Le pornographe.

  McGAHERN John / Les créatures de la terre.

  McGAHERN John / Les huîtres de Tchékhov.

  McGAHERN John / Lignes de fond & L"image

  McGAHERN John / L'obscur

  McGAHERN John / Pour qu'ils soient face au soleil levant.



 

 
 
 
 
 
 
 
 

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16 mai 2018

OVERTON Hollie / Baby Doll.

 

Hollie Overton

Baby Doll.
Hollie OVERTON.
Note : 5 / 5.
Court Lily, court…
Premier roman de cette jeune américaine, qui est également scénariste de séries, comme Cold Case par exemple. Dans ce roman, elle a aussi une sœur jumelle. Les deux enfants ont été élevées par leur mère, leur père ayant passé plusieurs années en prison pour meurtres.
Il faut qu’une porte soit ouverte ou fermée, en oubliant de fermer le verrou. Rick, pourtant si méticuleux, fait une grave erreur. Lily en profite en s’enfuyant avec Sky, leur fille. Elle met fin à 3110 jours de séquestration.
Dans la neige et le froid, elle court, court dans la nuit, court vers ce qui sera, elle l’espère,  sa libération après ses années de souffrance. Elle court avec sa fille dans les bras… huit kilomètres… elle court, car c’était une grande sportive… elle court avec la peur d’être rattrapée…
Elle arrive chez ses parents. Sa mère, Eve, lui ouvre enfin la porte, stupéfaite.
Pour Lily et sa famille, un autre combat commence, car en huit ans beaucoup de choses ont changé. Son père qu’elle adorait est décédé, son petit ami qu’elle aimait a eu une aventure tumultueuse avec Abby, sa sœur jumelle, qui est enceinte de lui.
Abby est devenue une fille obèse qui se goinfre de sucreries après avoir essayé d’autres excès pour ne plus penser à Lily, faute de pouvoir l’oublier.
La police lui demande le nom de son ravisseur, qu’elle connait bien sûr. Elle refuse de le nommer mais accepte de conduire les forces de l’ordre jusqu’à son poste de travail ! Professeur adulé de son lycée. Menotté, en signe de bravade, il ose la menacer.
Dès le lendemain, il faut affronter la vie, car en huit longues années beaucoup de choses ont changé dans la vie de la famille. Sa mère a eu des aventures en particulier avec le shérif ; Abby a été détruite par la disparition de sa sœur et a fait une tentative de suicide.
Autre bouleversement, Lily est à nouveau enceinte de Rick et Abby de Wes, premier amour de Lily.
Pendant ce temps Rick Hanson tente de se défendre en faisant salir la réputation de Lily par Missy son épouse. Provoquant une forte indignation dans la famille Riser.
Rick demande à voir Lily, celle-ci accepte car un fait nouveau est intervenu. Le but de cette rencontre, un chantage de Rick pour sauver trois vies humaines…
Lily, Abby sa jumelle, Eve leur mère et Rick sont les seuls protagonistes de ce drame tout en étant également les narratrices et narrateur. 
Les trois femmes sont brisées par l’épreuve de l’enlèvement de Lily au même titre que celle-ci. Mais avec son retour, une autre épreuve les attend.
Rick peut paraître un homme ordinaire, il est marié mais n’a aucune estime pour son épouse, il est père de deux filles. Qu’est-ce qui peut pousser un homme à kidnapper une jeune femme ? Il paraît le gendre idéal et pourtant…
Tous les autres personnages sont présents en second plan, participant à l’action mais sans la raconter.
Est-ce un effet du hasard mais plusieurs de mes dernières lectures de romans noirs américains ont le même style narratif: un chapitre, un personnage qui raconte.
Un roman très fort traitant d’un sujet hélas d’actualité, le retour à ce que l’on espère une vie normale pour une femme captive et objet sexuel d’un pervers pendant de nombreuses années. Puis de la tentative de reconstruction d’une famille bouleversée par ce drame.
Une très belle découverte.
Extraits :
- Les paroles qu'elles échangeaient auraient pu paraître horribles à un étranger, mais c'était des querelles de jumelles, sans aucune importance.
- Et voilà qu'il était là à l'appeler aux aurores. Sa drogue à lui, c'était de veiller sur elle.
- Seule et laissée à elle-même, Abby s'anesthésiait par tous les moyens. L'alcool, la drogue, le sexe, peu importait pourvu que ça l'empêche de penser à Lily.
- Sa jumelle était toujours avec elle. Et cela, c'était indestructible.
- Mais Eve n'avait pas tardé à comprendre que Lily était la colle qui unissait la famille. Sans Lily, Abby s'était éteinte. Lily était la lumière d'Abby.
- Maintenant, elles étaient complètement différentes : Abby, beaucoup plus grosse, marchait lourdement sur le sol carrelé. Lily, qui n'avait plus que la peau sur les os, avançait à pas hésitants et délicats.
- Les seules mesures préventives dont disposait Lily pour que Sky reste en bonne santé étaient ses prières quotidiennes.
- "J'étais celle qui acceptait toutes ces exigences. Sa poupée parfaite et obéissante, sa Baby Doll".
- J'étais si persuadée qu'il tuerait mon bébé que j'ai commencé à imaginer comment le supprimer avant lui.
Éditions : Mazarine / Librairie  Arthème Fayard (2018)
Titre original : Baby Doll (2016).
Traduit de l’anglais par Françoise du Sorbier.

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13 mai 2018

LISPECTOR Clarice / Nouvelles (L'intégrale)

 

Clarice nouvelles

Nouvelles*
Clarice LISPECTOR
.

Note : 5 / 5.
Nouvelles intemporelles.
La quatrième de couverture nous apprend que ce recueil comporte l’intégrale des nouvelles de l’auteur, soit quatre-vingt-cinq. Sont groupés après « Premières nouvelles » les textes suivants : Lien de famille. La légion étrangère. Fonds de tiroir. Bonheur clandestin. Où étiez-vous pendant la nuit ? Passion décor. Visions de splendeur et  Dernières nouvelles. Figurent aussi des textes de  La Découverte du monde, recueil de chroniques journalistiques (1995) et aussi dix nouvelles inédites.
« La légion étrangère », est paru pour la première fois sous le titre « Corps séparé » et est suivi de « Fond de tiroir ».
Sont déjà présents sur ce blog les titres suivants :Liens de famille(1989) La Belle et la Bête suivi de Passion des corps (1984),  ) ; Où étais-tu pendant la nuit ? (1985).
Je pense faire plusieurs chroniques pour cet ouvrage.
Commençons par le commencement, une introduction de Benjamin Moser dont j’extrais cette phrase :
- Mais son glamour est dangereux : « prenez garde avec Clarice, déclarait l'un de ses amis à une lectrice, il y a une dizaine d'années. Ce n'est pas de la littérature, c'est de la sorcellerie. »
Titres des  « Premières nouvelles » :
Le triomphe ; Obsession ; Le délire ; Jimmy et moi ; Histoire interrompue ; La fugue ; Fragments ; Lettres à Hermengardo ; Gertrude cherche conseil  et Encore deux ivrognes.
« Le triomphe », une femme seule, elle s’est querellée avec son époux, intellectuel, les querelles sont fréquentes… maintenant dans sa profonde solitude elle sait qu’il reviendra…
« Jimmy et moi ». Une femme se souvient de ce Jimmy, être étrange, imbu de lui-même, qui en ce jour l’intrigue encore…

« Lettres à Hermengardo », elles sont au nombre de cinq et rédigées par Idalina. L’intitulé de ses missives change à chaque fois : Chéri, Hermangardo chéri, José, et Mon cher Hermengardo pour les quatrième et cinquième courriers. Il est beaucoup question de Dieu entre cette femme et cet homme.
Les personnages sont ici majoritairement féminins, et plutôt jeunes. Femmes mariées parfois infidèles, dans « Obsession », une jeune fille pressée de se marier avec un dénommé W.
Une autre jeune fille nommée Gertrude dont le diminutif est Tuda demande conseil à une doctoresse, deux buveurs ayant une conversation plus que décousue.
Extraits  de « Premières Nouvelles » :

- Pour la première fois, m’étais donné de « voir » de mes propres yeux. Pour la première fois, je me retrouvais livrée à moi-même.
- La réalisation tue le désir, la réalisation tue le désir, me répétai-je, un peu éberluée.
- Jimmy estimait qu'il n'existe rien de meilleur que la nature. Que si deux êtres se plaisent ils n'ont rien à faire qu’à s’aimer, simplement.
- Le soleil s'était déjà couché et dans le ciel incolore pointait déjà les premières étoiles.
- Cela signifie que le mal m'a envahi et submergé tous mes chemins clairs. Ni toi ni ton nom ne me sauveront maintenant.
- Écoute, nous allons faire un pacte, veux-tu ? Tu vas poursuivre tes études sans trop te préoccuper de toi-même. Et quand tu auras... disons... vingt ans, oui, vingt ans, tu reviendras me voir...
- Ce clair de lune, songes-y, ce clair de lune plus blanc qu'une face de mort, lointain et silencieux, ce clair de lune fut le témoin des cris des premiers monstres sur la terre, il veilla sur les eaux apaisées des déluges et des inondations et s'éteignit en aube séculaire, il illumina des siècles de nuit...
Éditions : Éditions des Femmes (2017).
Traduction  du  portugais (Brésil) par  Claude Farny, Sylvie Durastanti, Jacques et Teresa Thériot, Geneviève Leibrich, Nicole Biros , Claudia Poncioni, Didier Lamaison.
Traduction de l’anglais par Camille Chaplain pour l’introduction et les  notes de Benjamin Moser
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
*Édition complète étable par Benjamin Moser.

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10 mai 2018

WELSH Irving / L'Artiste au couteau.

 

Irvin
L’Artiste au couteau.
Irvine WELSH.

Note : 4 ,5 / 5.
Retour en enfer.
Auteur écossais mondialement connu pour son roman  « Trainspotting »et son adaptation cinématographique.
Jim Francis est un artiste en vue, ses sculptures, qui ne sont pas au goût de tous, ont du succès. Il vit en Californie avec sa jeune épouse, Melanie et leurs deux enfants, Eve et Grace. Un jour sur la plage, son épouse et une de ses filles sont importunées, mais l’arrivée de Jim calme leurs ardeurs. Disant à son épouse qu’il va déposer une plainte à la police, il s’absente. Un coup de téléphone de sa sœur lui annonce le décès de Sean, un de ses fils de sa précédente existence écossaise. Il décide de rentrer à Edimbourg.
Mais dans cette ville son passé va le rattraper, et la violence va reparaître dans sa vie.
Une question doit trouver une réponse, Comment est mort Sean et qui était-il vraiment ? Car malgré que ce soit son fils, il ne le connaît pas !
Un drogué, c’est sûr, un homosexuel, c’est ce que semble confirmer Frances, une belle jeune femme, elle aussi alcoolique et droguée, aux mœurs plus que légères.
En Californie, Melanie apprend par un policier très amoureux d’elle, que l’on a trouvé le cadavre nu d’un de ses agresseurs, apparemment noyé. Pas de trace par contre de son complice.
Pour Jim, certains bruits le mettent sur la piste d’un dénommé Anton Miller, ami (et sûrement plus) de Frances Flanagan.
Pendant ce temps, troublé par plusieurs révélations du policier Harry, Melanie décide de partir pour Edimbourg.
Jim Francis dont on découvre bien vite qu’il est en réalité Francis Begbie est un sculpteur en vogue bien que très décrié. Il a refait sa vie, mais chassé le naturel, il revient au galop.
Deux familles, l’américaine artistique et familiale, l’écossaise avec un lourd passé de drogue et de prison.
Trente-sept chapitres dont 5 fois « Le petit livreur » et 6 fois «  Partenaires de danse » forment un puzzle noir.
Une plongée dans le prolétariat pour ne pas dire le sous-prolétariat écossais. Un monde d’alcoolique, de drogués, de filles perdues et de voyous de bas étage.
À noter que les dialogues entre habitants d’Edimbourg sont en langage local ce qui donne :
- Jsuis en sursis avec le dass, mais j’ai placé lplus gros sur un compte pour lptit.
Une œuvre forte et une écriture ciselée.
Extraits :
- Jvous laissais tous les deux pleins dmerde jusqu’à que votmère revienne.
- Mais qui était-elle ? Elle était bonne et forte et j'étais mauvais et faible. Ce qui me frappait le plus à son contact. Le fait que j'étais faible.
- Il sent dans son dos les regards stoïques et approbateurs d'hommes forts, et sait que certains d'entre eux ont jadis dansé avec le diable, au bord du précipice, pour se reculer au dernier moment.
- Incroyable, se dit-il, inspirant à pleins poumons, et décidant de se détendre sur le lit en lisant l'Orange mécanique sur son Kindle. Il se souvient d'avoir vu l'adaptation ciné quand il était jeune.
- Sa vie lui semble de plus en plus fracturée, comme si son passé avait été vécu par quelqu'un d'autre.
- Quel genre de jeune homme se contenterait d'être seulement « pote » avec une jeune fille pareille ?
- Des gènes irlandais, élevé en Écosse... pas super comme mélange, pas la meilleure recette pour une vie sobre.
- Quand l'ancien psychopathe du quartier devient le gentil de l'histoire, ça en dit long sur les problèmes de cette ville.
Éditions : Au Diable Vauvert (2018).
Titre original : The Blade Artist (2016).
Traduit de l’anglais (Écosse) par Diniz Galhos.

 




 

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