Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

13 février 2017

COQUIL Yvon/Métal amer.

métal amer

Métal amer.
Yvon COQUIL.
Note : 4/5.
Métal à la mer.

Recueil de nouvelles de l’ami Yvon Coquil que je croise régulièrement dans les salons littéraires de Bretagne.
Ayant fait sa carrière professionnelle à l’arsenal de Brest, ses récits se déroulent pour la plupart dans la capitale du Ponant.
Onze titres :
En rade, Les sapajous, Sans atout, Rive droite, L’enterrement du beau-frère, Défense passive, Camping de la Rade, La patte folle, Ti-bout, Paris Brest et Les Hespérides.
Dans « En rade », des jeunes, dans une voiture qui a connu des jours meilleurs, bien meilleurs et il y a bien longtemps, partent pour un samedi soir qui s’annonce bien arrosé… mais rien ne se passera comme prévu. Les seules victimes des lapins et un porc !
« Les sapajous » nous racontent l’éducation syndicale d’un jeune homme et de son mentor, syndicaliste à l’ancienne et d’un gabarit qui impose le respect ! Nous suivons aussi ses démêlés avec « La Tique » gendarme maritime pour le moins tatillon ! Et en plus un jour de grève !
« Sans atout », dans certains jeux de cartes, un joueur fait le mort. Dans la vraie vie, qui pour beaucoup d’ouvriers n’est pas un jeu, les joueurs de belote meurent aussi !
« L’enterrement du beau-frère » est une série de portraits parfois cruels de membres d’une famille venue pleurer et enterrer un des siens. La ronde des hypocrites ! Ce texte pourrait se résumer par cette phrase « Plus dure sera la chute ». 
« 
Camping de la Rade ». On dit souvent que la meilleure défense c’est l’attaque. L’ordinaire de ces travailleurs vacataires se logeant comme ils peuvent suivant la ville où ils sont embauchés pour des périodes variables.
Pour
« Ti-Boud », la vie n’est pas rose tous les jours, il habite dans un quartier à problèmes, sa mère vit de ses charmes. Malgré son jeune âge, il veut tenter le gros coup, celui qui les libérera lui et sa mère, et qui aussi lui permettra de se venger !
Un de mes textes préférés.

Des turfistes pensionnaires attitrés d’un rade sur la rade (je ne pouvais pas la louper !), des joueurs de belote, des jeunes en piste qui rencontrent des éleveurs de porcs en colère, les échappées dans un peloton ne sont pas forcément ceux qui s’échappent d’une prison !Un fils de famille assassin pour « exister », la vie de la prison n’est pas de tout repos pour lui, un homme accepte d’en défendre un autre, ancien copain de jeunesse, malgré qu’ils ne se soient pas rencontré depuis des années. Un ouvrier en arrêt de travail qui va tout perdre pour une bière fraiche ! Un dénommé Arsène, très raciste et un peu ivrogne (ou très raciste et très ivrogne), ne supporte pas ses voisins asiatiques ! Et pourtant il leur doit une fière chandelle.
Un petit mot sur un grand souvenir pour le coureur cycliste breton, Christian Seznec, vainqueur de l’étape de Morzine avec plus de 9 minutes d’avance devant… Bernard Hinault ! C’est la fête au village !

Le monde ouvrier, en particulier celui des chantiers navals, avec ses
vicissitudes personnelles et professionnelles. Travailleurs mis aux placards et remplacés pour des questions de rentabilité par des travailleurs venus de pays où les charges sociales et les salaires sont moins élevés qu’en France ! Et aussi un personnel plus docile ! Ainsi va la mondialisation.
C’est noir, mais avec une bonne dose d’humour… noir.
Extraits :
- Pour rire, je dis souvent que mes vieux cirent les comptoirs, celui du café de la Terrasse pour l’un et celui du bureau des entrées de l’hosto pour l’autre.
- C’est que du pâté Hénaff, ça vaut pas celui de chez Perchoc, gast ha gast.
- Son père ! Un con, mais aussi le dernier Garde rouge du président Mao ! Personne n’y croyait plus sauf lui.
- Tu verras, d’ici six mois je serai de retour à la Baule, farniente et Cuba Libre. Seuls les gueux restent en taule.
- Son visage a toujours été plus lourd que celui de sa sœur mais aujourd’hui, ravagé par les larmes, on dirait un sac à patates, enflé et mouvant. Moite. Couperosé.
- C’est une seule et même entreprise mais les frontières intérieures sont malgré tout assez hermétiques.
- Je suis entre une demi-douzaine de polonais qui sont là depuis trois mois et huit bulgares qui viennent d’arriver.
- Par ces temps de canicule, heureusement qu’il restait les bistrots.
Éditions : Sixto/Cercle noir (2017).
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Romans :
Black Poher
Docks
Dernier train pour Ouessant
Nouvelles recueils collectifs :
Sur le fil du rasoir
Le Butin

 

 

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01 février 2017

JAOUEN Hervé /Connemara Queen .

hervé jaouen

Version bilingue français/anglais.
Connemara Queen.
Hervé JAOUEN.
Note : 5 / 5 .
Au jeu de l'amour et de la mort!
Hervé Jaouen joint l'utile à l'agréable, enfin à mon goût. Écrire un roman policier qui se passe en Irlande, dans le Connemara plus précisément. Et, en plus, c'est un très bon roman sur la campagne irlandaise et sur les courses de lévriers.
Après sept ans passés en Angleterre, Tom Walsh revient en Irlande, l'avenir semble lui sourire, il va épouser Claire, et dans la corbeille de mariage, son beau-père lui laisse le pub familial, que demander de plus!
Mais le passé refait surface, quelle faute avait commis Tom avant son départ? Quelles étaient ses relations exactes avec les Costello, Francis et sa soeur Nora? Pourquoi la ferme familiale ne lui appartient plus?
Claire a recueilli une jeune chienne malade, victime de la sauvagerie de Francis Costello «Reine». Tom soigne l'animal malade que tout le monde condamne, sur cette chienne, il va tout miser dans l'espèce de duel vengeur qui va se dérouler entre lui et Francis Costello, gros éleveur de lévriers, maître incontesté du championnat national. Trop de choses séparent les deux hommes pour que la lutte soit loyale, surtout qu'en plus une rivalité amoureuse va opposer Claire et Nora.
Tom Walsh, fils de paysan, fut humilié par Francis Costello, il mijote sa vengeance par chiens interposés, il tente de chasser ses démons intérieurs, le jeu et la vengeance cultivés par sept années d'exil. Jusqu'où est-il prêt à aller?Claire aime Tom, elle l'attend depuis plusieurs années, son bonheur semble parfait, mais bien vite elle est dépassée par le climat de haine et de suspicion que provoque le retour de Tom avec son cortège d'anciennes querelles.
Francis, homme riche célibataire et alcoolique. Seules comptent ses meutes de chiens, c'est un être cruel et sans aucun scrupule, détesté, mais craint par son entourage.
Nora est toujours éprise de Tom, leur amour ancien fût tumultueux, marqué par un vif sentiment de possession et de domination, ses relations avec son frère sont également marquées par une haine profonde, que rien n'assouvit.
Un superbe roman policier fleurant bon la Guinness et la tourbe, très belle écriture au service d'une intrigue pleine de rebondissements. Avec en prime des personnages très attachants, cherchant à oublier une histoire ancienne, mais qui ne demande qu'à ressurgir avec son lot de rancoeurs et de haines accumulées.
Extraits :
- On a la larme facile , nous autres Irlandais, quand on a un verre dans le nez.
- Tes morts n'ont pas été abandonnés. Oui Catherine j'avais abandonné mes morts comme des millions d'Irlandais.
-Il ne s'était pas battu pour les Anglais, mais pour la liberté. Même les sympathisants du Sinn Féin avaient compris cela.
-Peter et Georges ont attaqué le « National Anthem ». Nous nous sommes tous levés, au garde à vous, puis nous avons applaudi. L'Irlande s'était civilisée pendant que les machines-outils britanniques me rendaient fou.
-Est-il normal d'aimer un pays et des gens et de les détester en même temps?
- Castlehill Gambler contre Connemara Queen. Tout un programme.
- Nora n'avait pas rappelé mais lorsque je faisais l'amour à Claire il m'arrivait de penser à elle.
- Dans l'arène le plus doux des lévriers se transforme en bête sauvage. Sauvage et aveugle.
- Mais non, cette paix intérieure n'était qu'illusion. Le vernis de fatalisme qui précède le combat commençait à se craqueler.
- Ils ont changé de registre. Ils ont attaqué un chant révolutionnaire, sûrs de leurs succès.
- Elle m'anéantissait et je l'anéantissais. Nous nous assassinions l'un l'autre.
- Cadeau ou vengeance? Voulait-elle m'obliger, par delà sa mort, à vivre derrière ces hauts murs qu'elle hanterait?
Editions Coop Breizh (2016)

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25 janvier 2017

TANGUY René / Sad paradise. La dernière route de Jack Kerouac.

René Tanguy

Sad paradise
La dernière route de Jack Kerouac.
Photos de René TANGUY.
Note : 5 / 5.
Mots et photos !
Ce beau-livre est avant tout un livre de photos accompagné des textes/lettres échangées, dont René Tanguy est l’instigateur et sans lui ce livre n’aurait pas été fait.
Ce bel ouvrage, en plus des photos (très réussies) de René Tanguy, contient l’attendue correspondance entre le grand Jack Kerouac et le non moins grand Youenn Gwernig !
Le titre de l'ouvrage est aussi celui d'un poème d'Allan Ginsberg offert à Jack Kerouac et repris par celui-ci avec une légère variante en Sal Paradise pour le nom d'un des deux héros de
« Sur la route ».

Parmi ceux qui ont participé à cette belle aventure, honneur aux dames, Annaig Baillard-Gwernig , fille de Youenn Gwernig, qui est également la traductrice des textes et des différentes notes ou annotations qui constituent  la correspondance qui a été échangée entre Jack et Youenn.
Les photos de ce livre qui sont du photographe brestois René Tanguy. Ses appareils sous le bras, il prend lui aussi la route de l'Amérique, sur les traces de Jack Kerouac, grand voyageur devant l'éternité. Que ces talents d'écrivain lui assureront sûrement !
De l'Armorique à l'Amérique, ou Jack Kerouac, descendant d'ancêtre armoricain, devient un des plus grands écrivains américains.
Des clichés qui nous promènent de la froide Lowell, ville de naissance à la ville de Saint-Petersburg en Floride où il décèdera en passant par New-York. Savant mélange de photos couleurs ou en noir et blanc, photos de famille également pour des séquences consacrées à Youenn Gwernig, ses outils d'ébéniste ou sa légendaire pipe.
Ce livre commence par deux textes très instructifs de Jean-Luc Germain «  Et on sera les rois » et « Fantômes », qui nous éclairent sur cette époque de la vie des deux hommes.
Car où en était Jack Kerouac entre la date de la première lettre de Youenn et le décès de Jack ?
Il était seul, fauché et de plus en plus dépendant de l'alcool.
Pour faire cette chronique, j'ai relu « Les vies parallèles de Jack Kerouac » tous les témoignages parlent de déchéance.
Il est évident, et nous le constatons à la lecture, que les points communs entre les deux hommes étaient nombreux. Entre autres, l’amour de la Bretagne et aussi de la liberté, quitte pour Jack à en payer le prix fort.
Intéressons-nous à la correspondance entre les deux hommes, et quand deux grands écrivains correspondent, malgré la barrière de la langue, cela permet de donner un nouvel éclairage à leurs œuvres  respectives. 
Car n’oublions surtout pas que Youenn Gwernig était ébéniste pour vivre, mais c’était également un écrivain, poète, musicien, chanteur, homme de radio et grand défenseur de la langue et de la culture bretonne !
La première missive de Youenn à Jack est datée du 14 mars 1966 et commence par ces mots :
- New York, 14 mars 1966
Cher Monsieur et « compatriote »
Quand je suis arrivé dans ce pays, j’ai acheté un de vos livres Sur la route juste parce que votre nom me rappelait le nom d’un lieu-dit Kerouac’h près de ma ville natale qui n’est pas loin de Quimper en Cornouaille…
La réponse de ce dernier est en date du 7 mai 1966.
- (7 mai 1966)
Cher compatriote Youenn,
Oui, j’aimerais vraiment beaucoup te voir, lors de mon prochain voyage à New York City… J’aurais aimé aller à Kerouac’h avant d’écrire le livre… mais, j’envisage de retourner en Bretagne, en voiture avec un ami, et de la visiter vraiment cette fois-ci.
Ce livre se termine par un  courrier de Stella Kerouac le 14 novembre 1969, soit quelques jours après le décès de Jack, dans laquelle elle constate qu’il était resté un grand enfant, mais qu’il s’est battu jusqu’au bout !
- Stella à Youenn 14 novembre 1969
Chers Suzie et Youenn
… C’était un petit garçon qui refusait de grandir. Et pourtant il avait tellement de projets pour l’avenir. Jusqu’à la fin, il disait qu’il allait retourner à Lowell, visiter la Bretagne, découvrir l’Europe et se construire une maison dans les bois de Nouvelle-Angleterre.
… Puisse Dieu bénir son âme.
Stella
Mémère vous remercie et vous embrasse.
Je me permets ici de reproduire une partie de ma chronique consacrée au livre de Youenn Gwernig « Appelez-moi Ange »:
Les chapitres sur Kérouac sont, pour le premier, arrosés mais festifs.
Dans le second, on ressent l’amertume et le chagrin d’Ange pour celui qui est devenu un ivrogne triste et vindicatif.
Ces deux visites ont eu pour cadre la ville de Hyannis dans le Massachussetts, une des nombreuses adresses de Jack Kerouac ! 

Extraits :
- Youenn à Jack (sans date)
Et me voilà de retour dans les vapeurs et les odeurs de Babylone, après ce superbe week-end. Je ne cesse de repenser aux joyeux délires que nous avons eus, mais aussi plein de remords pour les désagréments causés à ta mère, en criant, jurant et en faisant l’imbécile dans toute la maison, comme un fichu marin breton, soûl et « en bordée » !
Je peux me mettre minable parfois, tu sais. Fais-lui toutes mes excuses, pour le bazar que j’ai fichu et embrasses-la bien pour moi.
- De Jack à Youenn (Floride), 22 novembre 1968
Cher Youenn,
J’ai déménagé de Lowell à St Peterburg en Floride…
Mais je veux absolument aller en Bretagne à l’auberge de ta Suzig en 1969, si nous pouvons tout synchroniser nos montres et le faire : il y a un livre que je dois terminer, bien évidemment sur la chère Bretagne.
Kerdelscant, Keramro, Keriaval, Keroual, Quéroualles, Cornouialles, Kernuak, Carnac, clac sa guêle.
Ti Jean, ton copain, et écrit !
Éditions : Locus Solus (2016)
Chroniques des romans de Youenn Gwernig sur ce blog :
La grande tribu.
Appelez-moi  Ange.
Autres ouvrages consacrés à Jack Kerouac  avec un texte de Youenn Gwernig :
Collectif : Kerouac City Blues.
Dans la presse, le compte rendu de la conférence à la médiathèque de Ploemeur :
http://www.letelegramme.fr/morbihan/ploemeur/kerouac-gwernig-l-extraordinaire-amitie-24-01-2017-11374590.php

Ploemeur J

Ploemeur J

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20 janvier 2017

Sad paradise

affiche

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17 janvier 2017

KEROUAC Jack / Journaux de bord.

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Journaux de bord. (1947/1954)

Jack KEROUAC.
Note : 5 / 5.
Montons à bord !

Bon an, mal an les éditeurs français semblent redécouvrir les (nombreux semble t-il) inédits de Jack Kerouac  qui était un forcené de l’écriture, par exemple, un parmi tant d’autres :
- Dimanche 29 janvier, écrit 1000 mots « sanguinolents » et cela fait 23000 pour le mois. Tapé aussi des pages du manuscrit aujourd’hui. Fatigué et absorbé. Lu les journaux.
Il était aussi du moins à cette époque un maniaque de l’archivage et de la tenue de différents carnets qui le suivaient partout.
Dans l’introduction de qualité de Douglas Brinkley,  je retiens ces phrases :
- La fécondité de Kerouac, comme ses journaux le mettent en évidence, était le résultat d’esquisses constant et d’une discipline créative, ainsi que d’une croyance à l’idée d’une prose spontanée.
Ouvrage de 570 pages, divisé en 2 sections principales, la première :

The Town and the City comprend :
Cahiers de travail de « The Town and the City » suivi de « Enfin voici la forêt d’Ardenne » et de « Psaumes ».
La seconde :
Sur la route comprend :
« Journaux 1949 » et « Pluies et fleuves ».
Cahiers de travail de « The Town and the City » est une sorte d’agenda où Kerouac note la progression de son travail d’écriture.
Il commence le 16 juin 1947 pour le clore le 9 septembre 1948 sur cette phrase :
-Mais le travail est terminé.
Cet été là, Jack Kerouac a malgré tout voyagé et en a rapporté de nombreuses notes, comme ce texte : « Sur les enseignements de Jésus », « Dans le sud » ou « Sur la vie profonde ».

Puis commence « Journal des cahiers d’écriture de l’hiver 1947/1948. ». Mélange de chiffres et d’anecdotes de la vie d’un écrivain en devenir.
Si dans « Underwood Memories », il était question de forêts de sapins, ici le titre d’un texte est « Enfin, dans la forêt d’Ardenne ».
La seconde partie de cet ouvrage, en particulier « Pluies et Fleuves », est une sorte de brouillons et de notes prises sur le vif qui serviront  pour la rédaction de « Sur la route ». On se rend compte en lisant ces lignes que Jack Kerouac était un immense écrivain, car ses notes témoignent d’un grand sens de l’observation. On constate aussi qu’il était très prolifique et doté d’une mémoire assez phénoménale.
Comme dans tous les livres de Kerouac, les personnages sont très nombreux, car c’est durant ces années que Jack va rencontrer la plupart  des amis avec qui ils vont construire une partie de la légende du mouvement dit « Beat-Generation » dont Keroauc se détournera d’ailleurs assez rapidement. Mais paradoxalement ils resteront, pour certains, en contact jusqu’au décès de Kerouac.
En fin d’ouvrage se trouve d’ailleurs, dans les annexes, une rubrique « Principales personnes évoquées dans les pages des « Journaux de bord » de Jack Kerouac.
La période de ces « Journaux de bord. 1947/1954 », est, du point de vue littéraire, cruciale pour Kerouac. « The Town and the City », revu avec Robert Giroux, est enfin édité. Mais il travaille déjà depuis longtemps sur 2 projets bien distincts, la rédaction de son ouvrage phare qui va le rendre célèbre « Sur la route » et en même temps il écrit un court roman se déroulant à Lowell « Docteur Sax ».
Encore un ouvrage difficile à résumer, mais qui éclaire d’un jour nouveau les débuts d’écrivain de Jack Kerouac. Un homme qui recherchait la reconnaissance comme écrivain, qui récoltât une gloire qui le détruisit !

Extraits :
- Achever quoique ce soit est une horreur, une insulte à la vie, mais le travail de la vie a  besoin d’être accompli, et l’art est travail – quel travail !!
- James Joyce l’a bien dit : « l’histoire est un cauchemar dont je ne me suis pas  encore éveillé. » Mais il est réveillé à présent, aussi sûrement que le soleil brille.
- Aujourd’hui j’ai pris aussi la décision de ne plus me saouler, du moins plus comme je le fais d’habitude. C’est drôle que je n’aie jamais pensé à ça auparavant.
- C’est un souci d’argent d’un genre meilleur que celui d’avant la vente de T & C, car je n’avais rien alors, absolument rien.
- Je vais aller voir le gang quand même – le noble et courageux Neal, Allen le dingue, Lucien hanté, Seymour délicieux, la chérie Lee du crépuscule (elle de la nuit bebop). Et où est le Clem des feux ? Le vieux Bull ?
- Comme j’adore W. C. Fields ! – quel vieux de la vieille il est. Personne comme lui. Je vais écrire quelque chose sur lui bientôt, mes idées personnelles.
Éditions : L’infini / Gallimard (2015).
Titre original : Windblown World, The Journals of Jack Kerouac, 1947/1954. (2004)
Traduit de l’anglais (tats-Unis) par Pierre Guglielmina.

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