Littérature d'Irlande,de Bretagne et aussi d'ailleurs

29 novembre 2016

Collectif /Longères, bombardes et ressacs. 15 histoires morbihannaisses.

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Longères, bombardes et ressacs.
15 histoires morbihannaises.
Collectif.
Note : 4 /5.
Histoires de la petite mer.
Petite leçon d'histoire et de géographie « LeMorbihan » est le seul département de France portant un nom qui ne soit pas en langue française, mais en breton ! En effet Mor bihan veut dire « Petite mer ».
Une quinzaine d'auteurs, pas tous morbihannais, mais semble t-il tous venant de Bretagne ou ayant de fortes attaches avec celle-ci. Certains figurant parfois pour plusieurs titres sur ce blog (noms en italique) :
Régine Bobée, Bruno Cornières, Jérôme Coullaré, Olivier Cousin, Alain Emery, Claude Lauret, Gérard Le Gouic, Mireille Le Liboux, Marilyse Leroux, André Le Ruyet, Charles Madezo, Patrick Pierre, Adeline Roussel, André Sachet et Maryvonne Soudy.
Autant de hauts lieux du département que de textes : 
Carnac, Damgan, Elven, Grand-Champ, Guiscriff, Inguinel, Larmor-Plage, La Roche-Bernard, Lorient, Malestroit, Ploemeur, Plouhinec, Saint-Marcel, Sauzon et Vannes.
Le passé, les heures sombres de la dernière guerre, le présent, les querelles de clocher et aussi peut-être l'avenir du département avec la création de start up !
Être le chauffeur d'un artiste en tournée... et en goguette a des avantages mais aussi des inconvénients! C'est ce que se dit le personnage de la première nouvelle du recueil « Burning Stones ».
Dans « L'amer » , c'est un voyage très énigmatique entre la rue du Calvaire à Paris à Damgan ! Un des quelques textes étranges que l'on trouve dans ce livre avec aussi par exemple « Esprits rebelles ». Et aussi « le pont suspendu » qui narre l'angoissant trajet d'une femme en voiture !
« Kenavo » est le récit d'une soirée au Festival Interceltique de Lorient et d'une rencontre qui laisse un homme plein de nostalgie ! Un beau texte !
Toujours les conflits, celui de 1914/1918, un vieil homme se souvient, en Argonne, hiver 1916, il était un jeune et brillant officier. La rencontre avec cette jeune femme et sa demande pour le moins inattendue! Ainsi va la vie !
La guerre à La Roche-Bernard situé dans la poche de Saint Nazaire, seule solution pour la quitter : tenter « La traversée » soit par un pont gardé par les Allemands, soit la rivière en crue ! Des quatre amis d'enfance, seule la moitié aura fait le bon choix !La guerre dans un texte, sorte d'hommage aux hommes du maquis de Saint Marcel dans « Angèle », l'héroïsme au quotidien malgré les drames familiaux.
La guerre encore dans la dernière nouvelle du recueil « Les chaussures du fiancé », un peu d'humour dans un monde de
brutes !
Beaucoup de personnages au fil des pages, un des plus attachants est ce jeune garçon qui quitte, pour un exil définitif, le soleil d'Algérie pour le crachin breton ! Un des moins sympathiques est le dénommé Jaouen qui passe du sobriquet amical de Ti-Jean-Ja à Jaouen. Tout simplement il est aussi qualifié de con ! Querelle de clocher à Lannreyennec ! Fanch est un chasseur de touristes en Bretagne Intérieure, Jonathan lui est un jeune photographe qui a, semble-t-il, du talent, une femme battue qui a vécu un drame. On croise également un homme qui a de la suite dans les idées, un suicide ça va, deux suicides, bonjour les dégâts.
Comme dans tous les recueils de ce genre, les écritures sont très différentes d'un récit à l'autre, mais de bonne qualité.
Extraits :
- Le temps d'en écluser deux, quand nous sortons, la peur de la maréchaussée a fait son œuvre, le parking est déjà à moitié vide.
- Il quittait l'univers lumineux des mosquées pour celui plus sombre des églises et chapelles bretonnes.
- Nous étions les pires amoureux de la Terre, moi et JC, coincés dans le cocon protecteur de nos corps d'adolescents.
- De mauvaises langues l'ont murmuré, par ici. Pas seulement les mauvaises langues, d'ailleurs...
- Mon brave ! Il n'avait jamais entendu ça et se demandait si c'était un salut ou une raillerie, « du lard ou du cochon » disait-on par ici.
- Touristes ! Un mot encore peu utilisé. Ils ne foisonnaient guère dans le centre de la Bretagne en ce début des années d'après-guerre.
- Un kig ha fars, notre spécialité, ou le rost er forn, au choix. Kouign amann ou gâteau breton s'il reste un petit creux.
- Et c'est si compliqué de se pendre ! La mer est si proche, toute prête. Plus simple de se noyer.
- Ensuite, au miroir, elle explore son visage, creux et bosses. Elle est belle, ce n'est pas ça qui pourrait l'enlaidir. Elle redoute l'œil noir des femmes battues, le piètre mensonge des lunettes de soleil.
- Elle était pareille à ce pays. Simple et farouche.
Éditions : Stéphane Batigne (2016)

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23 novembre 2016

DAUDET Alphonse / Les lettres de mon moulin.

Les lettres de mon moulin

Les lettres de mon moulin.
Alphonse DAUDET.
Note : 4 /5 ; 
Au fil des ailes !
Les choses de la vie font que je réside pour quelques mois en Provence !
À Fontvieille plus précisément ! Charmant village qui inspira à Alphonse Daudet ses célèbres « Lettres de mon Moulin ». Ouvrage que je me devais donc de relire !
Cette version (une des très nombreuses disponible dans le commerce) comprend 24 textes composés à partir de l'année 1866.
En préambule Daudet nous raconte l'achat de ce moulin, puis son « Installation » dans ce lieu abandonné depuis plus de vingt ans et hors d'état de moudre quoi que ce soit ! Les lapins et un vieil hibou s'étaient appropriés la masure.
Du midi nous prenons « La diligence de Beaucaire ». Parmi les passagers, le rémouleur dont l'épouse belle et jeune est pour le moins volage. Parmi les autres voyageurs deux boulangers antipathiques se moquent du brave homme...
Mistral est à l'honneur dans « Le poète Mistral », compte rendu d'une journée de fête à Maillane... Provence éternelle !
Les Noëls et ses messes de minuit, au nombre de trois, dont la dernière un peu bâclée, il faut le reconnaître.
Les nouvelles : «  Le phare des Sanguinaires », « L'agonie de la Sémillante »et « Les douaniers » se passant en Corse sont maritimes et également les plus tragiques.
Dans « Ballades en prose » , le premier texte « La mort du Dauphin » est triste, le Dauphin, l'enfant de sang royal, se meure. Il ne comprend pas que son pouvoir ne repousse ni la maladie ni la mort.
Dans « Le Sous-préfet aux champs », celui-ci délaisse ses fonctions pour un après-midi de vraie vie... et de farniente !
Daudet brocarde avec humour les ecclésiastiques, du bon pape et sa mule. « Le curé de Cucugnan », Dom Balaguère, qui a, un soir de Noël, oublié que la gourmandise est un péché, ou encore le révérend Père Gaucher fabriquant un élixir, qu'il goûte allégrement !
Ceci n'est qu'un court résumé d'une lecture agréable qui gagne en compréhension lors que l'on commence à connaître les lieux où se déroulent ces histoires.
Certains des personnages de ces textes sont mondialement connus, « l'Arlésienne » ou « La chèvre de Monsieur Seguin »!
On voyage, la Provence bien entendu, Maillane, Fontvieille, Beaucaire, Graveson entre autres. Le bassin méditerranéen, l'Algérie et la Corse.
Ce livre très complet comprend également une chronologie de la vie et de l'œuvre de l'auteur, une préface signée Colette Becker, une bibliographie et un très intéressant final intitulé « Archives de l'œuvre ».
Une écriture agréable qui n'a pas pris une ride !
Extraits :
- À l’horizon, les Alpilles découpent leurs crêtes fines… Pas de bruit…
- Mais le plus touchant encore, ce sont les chiens, ces braves chiens de berger, tout affairés après leurs bêtes et ne voyant qu’elles dans le mas.
- La haine, c’est la colère des faibles !.. Si j’étais la rémouleuse, je me méfierais…
- Malheureusement, des Français de Paris eurent l’idée d’établir une minoterie à vapeur, sur la route de Tarascon.
- Depuis ce dimanche mémorable, le parfum des vertus de Cucugnan se respire à dix lieues à l’entour .
- Mais alors, crie-t-il, d’être Dauphin, ce n’est rien du tout !
- Ah ! ces anciennes maîtresses, une fois mariées, il n’y a pas plus bégueules qu’elles. Depuis que j’en ai fait Mme Bixiou, celle-là s’est crue obligée de devenir bigote, mais à un point !
- Ce palais restauré, c’est la langue provençale. Ce fils de paysan, c’est Mistral.
- C’était toujours l’effet que produisait, quand elle arrivait quelque part, cette bonne face grisonnante avec sa barbe de chèvre et ses yeux un peu fous ; aussi le frère Gaucher ne s’en émut pas.
Éditions : G.F. Flamarion (1968, remise à jour 2018)

 

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18 novembre 2016

CANDAULIE Eve / L'infidélité promise.

Eve

L'infidélité promise.
Eve de CANDAULIE.
Note : 4 / 5.
Eve croque la pomme !
L'auteur, dont la quatrième de couverture nous apprend qu'elle est à la fois hédoniste, naturiste et libertine, choses que nous allons bien évidement découvrir au fil de ces pages fortement autobiographique !
Feuilletons comme elle nous y invite, l'agenda d'Eve du 7 septembre jusqu'au 6 septembre de l'année suivante ! Et effeuillons la marguerite et plus si affinités en son agréable compagnie. 
Alors mettons notre pudibonderie dans notre poche, notre morale chrétienne et notre mouchoir par dessus... devenons le temps de 265 pages des voyeurs consentants !
Alex et Eve forment un couple d'apparence normale, mais les apparences peuvent être trompeuses ! Leur situation est expliquée d'entrée de jeu :
- Ceci est mon histoire, celle d'Eve de Candaulie, celle d'une femme dont l'infidélité est promise à un homme formidable (ou à bien plus de personnes si affinités).
Alex permet à son épouse tous les fantasmes et toutes les expériences sexuelles qu'elle désire, il lui fait promettre qu'elle lui soit infidèle... et elle ne s'en prive pas !
Mais un grain de sable nommé David va perturber la vie du couple...
Eve est bien sûr le personnage principal de sa propre existence et de ce livre. Vie qu'elle croque allégrement à pleines dents. Sa devise pourrait être « À plusieurs c'est meilleur »! Elle croque aussi avec une avidité certaine les hommes et aussi les femmes qui lui plaisent, sous le regard très complaisant de son époux. Lequel participe parfois aux ébats de Madame. Un mari complaisant sur le sexe, mais pas pour les sentiments, liberté de corps, mais pas de cœur !
David est, semble t-il, l'amant préféré d'Eve, mais il ne faut pas dépasser certaines limites !
Une lecture agréable concernant un monde avec ses codes d'entrée, celui des libertins et autres candaulistes qui m'est parfaitement inconnu ! Et qui l'est toujours, malgré ce livre.
On sent chez les protagonistes de ce livre, une certaine aisance financière et un total rejet des règles qui gère notre société. 
Tous les personnages croisés dans ce récit sont majeurs, vaccinés et consentants ! Alors ne leur jetons pas la pierre ! Chacun conduit sa vie comme il l'entend.
Beaucoup de références musicales, dans la variété française ou anglo-américaine, quelques-unes littéraires, mais moins nombreuses. 
Certains mots et certaines pratiques m'étaient inconnus, comme des « rosebuts » et en plus de différentes couleurs suivant la taille ! 
On voyage au fil des pages et des amants, l'Italie, les Antilles, Cap d'Adge (dans un chapitre au titre évocateur «  Bienvenue à Fuckland ») et plus surprenant Concarneau !
Un livre osé, des histoires lestes, mais jamais vulgaires, malgré des situations pour le moins chaudes entre l'héroïne de ce livre et ses nombreux amants en solo ou en trio ou même plus !>
Extraits (pas trop grivois !) :
- Tu connais, tu ressens, mes réticences vis à vis du thème de la soirée : « soumises ».
- Il est redevenu somme toute un homme comme les autres : excitable, excité.
- En une seconde, elle est passée en mode « démonstratrice de sex-toys ». Agenouillée au pied de son lit, devant deux grands tiroirs, remplis de matériel. Nous sommes toutes les deux dans l'expectative : elle de retrouver des jouets oubliés au fil du temps, moi de découvrir des sources de plaisir insoupçonnées.
- Déguster la vie est un programme passionnant et il ne reste qu'à mes lèvres de se parer de rouge pour créer une once d'illusion tentatrice.
- Vu de l'extérieur, sa philosophie, son mode de vie sont plutôt équitables.- Après tout, danser n'est pas tromper. Et de toute façon, dans notre couple, tromper est un bien joli jeu. Le candaulisme c'est clairement l'infidélité promise.
- Mais moi, je ne me sens plus tellement à l'aise avec le fait de voir d'autres hommes. Ce n'est pas rationnel, ce n'est pas équitable, je le sais, je le sais. En jouant un jeu sans règles et avec une forte inclinaison à la dépendance, je m'autoconsterne
- David propose alors que le prochain plan se fasse avec toi. Sur le principe, c'est bien que ce soit lui qui le propose.
- L'homme ne serait-il qu'un berger tyran polygame refoulé ?
- Par exemple, il y avait cette petite qui avait écrit et s'est fait fustiger par la critique littéraire...
_ Catherine Millet ?
Éditions : Tabou / Collection Les Jardins de Priape (2016)

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14 novembre 2016

McCANN Colum / Treize façons de voir.

13 façons de voir

Treize façons de voir.
Colum McCANN.
Note : 4 / 5.
Enquête en vidéo.
Livre comportant un court roman qui donne son nom à ce livre, plus quatre nouvelles, « Treize façons de voir », « Quelle heure est-il, maintenant, là où vous êtes », « Sh'khol », « Traité » et « Comme s'il y avait des arbres ».
Les États- Unis sont le lieu de la plupart de ces histoires, mais « Sh'khol » est un retour aux racines irlandaises de l'auteur. La violence ordinaire est le lien qui relie tous les personnages, ils en sont le plus souvent les victimes.
Monsieur Mendelssohn, ancien juge au tribunal de Brooklyn, est un vieil homme qui semble sans problème. Veuf, son épouse Eilenn, irlandaise, fan de poésie, est morte d'un cancer il y a quelques années, ses rapports avec son fils Elliot , arriviste pédant, sont mauvais, sa fille Kalya, petite peste durant sa jeunesse, vit dorénavant en Australie. Sally, une jeune femme de couleur, s'occupe de lui, bref une vie ordinaire.
Jusqu'au jour où sortant de son restaurant favori pour un repas avec Elliot, repas gâché par les coups de téléphone de son fils, il est assassiné ! Seul indice, une silhouette coiffée d'une casquette avec les initiales B.C. C'est mince. Le personnel du restaurant, les premiers sur les lieux sont interrogés, problème : quel peut être le motif ce meurtre ? 
Une histoire originale qui nous plonge dans le melting-pot new-yorkais et nous fait découvrir des policiers derrière l'écran des caméras de contrôle ! 
Quelle heure est-il lorsque des gens dans divers continents veulent se téléphoner pour par exemple se souhaiter la bonne année ?
« Sh'khol » Rebecca et son mari Alan ont adopté Tom, jeune garçon muet. Plusieurs années plus tard, ils vivent sur la côte irlandaise. Puis Tom vit seul depuis que Rebecca et Alan ont divorcé. Mais un matin Tom a disparu, le monde de Rebecca s'écroule, elle se sent coupable, d'avoir par exemple trop bu la veille...les recherches commencent, la mer est proche.
« Traité », une femme voit un homme, grande classe à la télévision. Elle reconnaît son tortionnaire des années auparavant, quatre semaines prisonnière dans la jungle, les humiliations et les violences. Religieuse, elle fut prisonnière d'un groupe paramilitaire en Colombie. Elle veut revoir cet homme.
Le dernier texte concerne la violence ordinaire en Irlande, les victimes, des travailleurs roumains...
De multiples personnages au fil de ces pages, habitant de « Big Apple », d'Irlande ou d'ailleurs. Braves gens, loin de leurs racines et de leurs cultures, perdus dans l'immensité de cette mégalopole démesurée. Souvent avec la solitude pour seule compagne. 
Très belle écriture, un peu plus énigmatique que dans ses précédents ouvrages, donc une lecture moins aisée que d'habitude avec également plusieurs notes de bas de pages, groupées en fin d'ouvrage.
Colum McCann emploie parfois le gaélique et fait parler une de ses héroïnes dans cette vieille langue.
Des notes de l'auteur et du traducteur terminent ce livre.
Extraits :
- Mais c'était il y a combien de siècles ? Il faudrait le noter. Voilà bien le problème, quand on vieillit, n'est-ce-pas ? Les impressions reviennent,pas les dates. Lorsqu'on retrouve la date, l'impression disparaît.
- Elle était mordue de cet irlandais, Heanney, et elle avait un faible pour un autre ébouriffé du cru, Muldoon.
- Seigneur, Dieu, il n'y a rien de pire que le bruit du Velcro.
- La pauvre Eileen ne supportait pas d'écouter les nouvelles d'Irlande du Nord. Ça la rendait folle.
- Elle aimait tant cette nouvelle, neige générale en toute l'Irlande, la chanson de Mickaël Furey à la fenêtre, pauvre Gabriel abandonné, la venue de sa dernière heure.
- Encore une drôle de chose, le sang dont on hérite. Sang qui bataille à l'intérieur, qui fait de nous ce que nous sommes.
- Tout comme le poète fait du lecteur un complice, les inspecteurs deviennent complices du meurtre.
- Beaucoup d'Irlandais dans la bande et ils y allaient fort sur le biberon.
- Il y avait une part de pure exaltation dans son amour pour lui. La présence de l'inconnu. Le voyage hors de l'enfance. La route vers l'identité future.
- Une des choses qu'elle aimait tant sur la côte Ouest de l'Irlande : le temps était une mise en scène, un cinéma.
Éditions : Belfond (2016 )
Titre original : Thirteen Ways For Looking (2015)
Traduit de l'anglais (Irlande) par Jean-Luc Piningre.

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07 novembre 2016

FIELDS W.C./ Fields président.

Fields

Fields président.
W.C.FIELDS.
Note : 4 /5.
Votez pour lui !
Si, comme moi vous saturez avec les élections américaines, plongez-vous dans ce livre.
Je suis un fan de William Claude Dukenfield dit W.C.Fields.
Et comme il écrit dans la présentation de l'ouvrage :
- Donald Trump ne vous fait plus rire ? Votez Fields !
L'auteur est un personnage hors du commun ! Jongleur, comédien, comique, homme de radio, scénariste pour le cinéma, etc etc... Et surtout adorateur devant l'éternel de la dive bouteille ! Il avait la réputation qu'il entretenait d'être un fort buveur !
Certaines de ses citations vont dans ce sens :
- “Je ne bois jamais rien de plus fort que le gin avant le petit déjeuner.”
- “Plus d'hommes se sont noyés dans l'alcool que dans la mer.”
- “Si je bois, c'est pour rendre les autres intéressants.”
Huit propositions de campagne électorale par le candidat W.C Fields !
1) Examinons le dossier.
2) Mes vues sur le mariage.
3) Comment vaincre l'impôt sur le revenu (et que voir et faire à Alcatraz).
4) «  Fields, un homme fermement résolu ».
5) Mes règles de savoir vivre.
6) Comment je me suis bâti un physique de rêve.
7) Le soin des bébés.
8 ) Comment réussir sa vie professionnelle ?
Il y a une promesse qu'il a toujours tenue, c'est la suivante :
- Tout le monde a besoin de croire en quelque chose. Je crois que je vais reprendre une bière ».
Pour certaines, je dois dire que j'ai quelques problèmes ! La sixième et aussi la septième, car un homme qui déclare :
- « Quelqu'un qui déteste les enfants et les chiens ne peut pas être tout à fait mauvais » !
Alors pour le soin des bébés ? Permettez, cher Monsieur W.C. Fields, que la postérité et moi- même ayons quelques doutes !
Les personnages qui peuplent ses lignes sont à l'image de leur auteur, loufoques et attachants bien que certains ne soient pas sans reproche !
Méfiez- vous si, dans un hôtel, vous vivez la même mésaventure que W.C.Fields, se retrouver avec Claude(ou Claudette) dans la salle de bains.
Un petit livre par le nombre de pages, mais un grand bonhomme par l'écriture et un sens profond d'un humour parfois féroce.
PS. Si vous croisez le fantôme de Tom, attention de bien fermer la porte.
Extraits :
- Et maintenant, avant d'aller plus loin, regagnons le bar : la tournée électorale est pour moi.
- « Will le chevalier » avait-on coutume de m'appeler dans ma bonne ville natale.
- Or ma musculature a suscité émerveillement de deux générations et de trois continents.
- Songez simplement au nombre d'enfants qui ont été prénommés William en mon honneur : ils doivent bien être près d'un million, rien qu'aux États-Unis.
- Des flashs de photographes de presse se mirent à crépiter partout autour de moi. Les femmes me lancèrent leurs bijoux.
- (Des demoiselles m'ont si souvent confondu avec le père Noël que je ne supporte plus d'entendre son nom).
- Pour ne donner qu'un exemple, le secteur de la truffe est en pleine expansion. À vrai dire, il réclame urgemment du sang neuf.
Éditions : Wombat « Les insensés » (2016)
Titre original: Fields for President.(1940)
Traduit de l'américain et postfacé   par Thierry Bauchamp.
Illustrations ( très réussies) d'Otto Soglow.

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