Et puis mourir 2
Et puis mourir.
Jean-Luc BIZIEN.

Note : 5 / 5.

Et Paris rit jaune !
Je découvre Jean-Luc Bizien avec ce titre qui traite d’un sujet très contemporain. Paris, en période de manifestations des Gilets Jaunes.
Dans le prologue, on découvre une tombe profanée, un cadavre à demi-scalpé, sexe coupé et enfoncé dans sa bouche.
L’action commence à Paris le 30 novembre 2018 pour se terminer en banlieue parisienne le 22 décembre de la même année.
Nous sommes au Bastion, le nouveau Quai des Orfèvres. Jean-Yves Le Guen, comme tous les vieux policiers, regrette le Quai des Orfèvres, l’ancien, l’originel. Ayant fêté le départ en retraite d’un collègue, il a un peu la gueule de bois. La suite des événements ne va pas lui laisser le temps de souffler.
En effet, dans les beaux quartiers de Paris, un crime est commis, un homme fortuné est torturé puis assassiné. Il est à demi scalpé, émasculé et son sexe mis dans la bouche. Les manifestations des Gilets Jaunes commencent et profitant des troubles intra-muros, le tueur prend le fuite sans trop de problèmes.
Le Guen, le Breton, a pour adjoint un Corse, le capitaine Patriziu Agostini, les deux hommes sont dissemblables au possible, le plus jeune est très à cheval sur les lois, l’ancien est moins rigoureux.
Mais il faut bien coopérer, surtout que Paris devient une ville assiégée.
Nous faisons connaissance de Gabriel, il est infirmier dans un EHPAD. en plus de ses obligations, il s’occupe plus particulièrement d’une personne âgée Adeline Schwartz.
On devine rapidement qu’il est le coupable de ce premier meurtre. Mais pourquoi ?
Au fil des samedis la situation dégénère et un autre habitant des quartiers huppés est découvert massacré, avec la même signature, scalpé, sexe tranché et enfoncé dans la bouche…
Pas d’hésitation possible, il s’agit d’un tueur en série. La hiérarchie politique voudrait mettre ces crimes sur le dos des manifestants, au motif de la haine des riches. Le Guen s’y refuse !
Un autre crime, une femme cette fois, riche aussi, changement de mode opérateur ? Quel est le lien entre toutes ses victimes ?
Pour les enquêteurs, le temps presse, la prochaine manifestation est pour le samedi suivant…
Les personnages principaux sont le commandant Jean-Yves Le Guen, Breton comme son nom l’indique, et un prénommé Gabriel. Le second tue, le premier a pour mission de l’empêcher de tuer à nouveau. Gabriel s’est donné une mission, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour l’accomplir.
C’est très bien écrit, sans temps mort, un suspense bien amené, des personnages bien campés et une fin dramatique.
Tout est réuni pour un excellent roman noir.
Extraits :
- Et nous reparlerons d'affaires d'État. Il me semble que vous avez suffisamment d'ennuis avec l'ex-garde du corps du président, dont les journaux multiplient les portraits en ce moment, non ?
- Il serait le bras armé, l'exécuteur implacable du juste châtiment. Certains devraient payer.
- Aujourd'hui, au moindre écart des forces de l'ordre, les réseaux sociaux vont faire monter une mayonnaise qui mettra des mois à être digérée.
- Les temps avaient changé, sans que la population s'en aperçoive.
- La foule était ainsi faite qu'elle finissait toujours par se lasser. C'était dans sa nature.
- Un voile d'inconscience s’abattit sur ses yeux, le froid gagna ses épaules, puis son corps tout entier. Elle s'abandonna.
- La tyrannie des réseaux sociaux, où l'on s'empressait de publier tout et n'importe quoi, dans le seul but d'exister…
Éditions : Fayard Noir (2020).