Affronter l'orage
Affronter l’orage.

Larry BROWN.

Note : 4,5 / 5.
Par temps de grande houle !
Je retrouve Larry Brown avec ce recueil de nouvelles, le second sur ce blog après « Dur comme l’amour ».
Titres des nouvelles :
Affronter l'orage, Kouboukou raconte, Les riches, Jésus et ce bon vieux Franck, Julie : un souvenir, Les Bons Samaritains, Vie nocturne, Partir, Fin d'une histoire d'amour.
« Affronter l'orage » et son épouse en même temps que l’on regarde un film et que l’on boit du wiskey, cela peut être difficile. Surtout que sur l’écran le personnage principal cherche un coup à boire. Bonjour la soirée.
« Kouboukou raconte » sous-titrée « Ça suffit ». Là aussi il y a un gros problème de boisson, c’est Angel l’épouse qui tâte de la divine bouteille ! Son mari, Allan, semble avoir perdu la bataille ! Angel et Alan, A&A, les alcooliques anonymes
seraient peut-être la solution, si ce n’est pas trop tard.
« Jésus et ce bon vieux Franck ». Monsieur Parker a vraiment une vie de merde. Il n’a pas envie de se lever du canapé aujourd’hui. Il y a de quoi. Une de ses vaches se meure malgré les frais de vétérinaire, son épouse dépense sans compter, sa clôture prend l’eau et son troupeau se balade sur la route… et son bon compagnon, son chien Frank, n’est plus de ce monde. Et Jésus est aux
abonnés absentscomme d’habitude !
«  Vie nocturne ». Un célibataire espère un soir faire une conquête féminine. Il sait qu’il n’est pas vraiment un spécialiste, mais l’occasion se présente, une femme à la somptueuse poitrine, mais avec pas mal de problèmes. C’est pas gagné !
«  Partir ». Non pas partir, mais fuir ! Loin d’une femme qui ne fait rien à la maison. Pour avoir un peu plus d’argent, il accepte de travailler
le soir chez une femme divorcée qui, l’alcool aidant, rêve de coucher avec lui. Texte à deux voix, la femme et l’homme.
Des personnages sur le fil du rasoir, et un fil très mince. Tous avec des problèmes innombrables, alcool, mal de vivre, histoires d’amour impossibles ou de couples ayant atteint leurs points de rupture. Un homme vend des voyages et du rêve à des riches, et rêve lui aussi de devenir riche ! Un jeune homme se souvient de Julie, un récit plein de sexe et de violence que j’ai été obligé de relire. Un homme un peu bonne poire qui dépanne une famille sur le bord de la route.
La chanson dit que les histoires
d’amour finissent mal en général, le dernier texte ne va pas arranger les choses. Glaçant !
J’ai bien aimé ce recueil de nouvelles. Pour moi le meilleur titre que j’ai lu de Larry Brown, mais je reconnais que j’en ai pas lu beaucoup ! Donc je pense que je reparlerai de Larry Brown.
Mais il faut reconnaître que l’univers de ses textes est des plus déprimants, on cherche un personnage « normal » parmi les protagonistes de ces histoires.
Je ne l’ai pas trouvé !
Des nouvelles avec des fins ouvertes qui laissent le lecteur sur sa faim mais qui peut
faire travailler son imagination.
Ce n’est pas réellement un livre à lire pendant le confinement...
Extraits :
- Je ne sais pas ce qui me pousse à être aussi méchant avec elle. Comme si c'était sa faute.

- Ils vont finir par bouffer une tourte à la dinde ou un truc dans le genre. Un truc dont personne ne veut.
- Les riches sont insolents. Les riches sont impatients. Les riches sont riches.
- M.P. connaissait bien Jésus, autrefois. Il lui parlait tout le temps. Il y avait une époque où il suffisait d'avoir une petite conversation avec Jésus pour que tout aille bien.
- À cette époque, je n'étais jamais particulièrement de bon poil.
- Ses cheveux ressemblaient à un balai à franges dont on se serait un peu trop servi.
- Je l'examine. Elle porte une robe noire et des bas blancs-elle est un peu habillée comme une sorcière.
- On ne peut quand même pas se passer de tout pendant toute la vie.
- J'étais au point où je pouvais encore avoir une érection avec elle mais où mon cœur ne battait plus la chamade, il ne bondissait plus comme une grenouille mordue par un serpent.
Éditions : Première publication en français sous le titre 
Faire front, Gallimard, La Noire, 2004.
Gallmeister Totem (2020).

Titre original : Facing the Music (1988)
Traduit de l’américain par Pierre Furlan.

Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Dur comme l’amour.
Sale boulot.