Neuf histoires
Neuf histoires et un poème.
Raymond CARVER.

Note : 4 / 5 .

Les gens ordinaires peuvent aussi avoir des histoires.
Je ne suis pas un grand connaisseur de Raymond Carver, mais comme je suis un grand amateur de nouvelles et qu'il est considéré comme un maître du genre, je m'attaque à cet ouvrage.
Comme le titre l'indique, cet ouvrage comporte neuf histoires et un poème.
Titres des histoires :
De l'autre côté du palier. Ils t'ont pas épousée. Les vitamines du bonheur. Tais-toi, je t'en prie, tais-toi ! Tant d'eau si près de la maison. Ce n'est pas grand-chose, mais ça fait du bien. Jerry et Molly et Sam. L'aspiration. Dites aux femmes que vous allez faire un tour. Le poème a pour titre Citronnade.
« De l'autre côté du palier ». Deux couples habitent sur le même palier, les Miller, Bill et Arlène envient leurs voisins Harriett et Jim Stone, pourtant ils semblent amis. Les Stone partent en vacances et confient les clés à leurs voisins pour aller nourrir leur minette. Mais les-dits voisins deviennent soudainement très curieux ! On peut s’étonner au début de la nouvelle que les Stone soient Jim et Harris Stone.
« Les vitamines du bonheur ». Cette nouvelle figure dans un recueil qui porte ce titre. On retrouve la bourgeoisie américaine et ses travers. Argent, alcool, adultère. Un très bon texte sur un air de jazz.
«  Tais-toi, je t'en prie, tais-toi ! ». Un homme pousse son épouse à lui avouer une supposée liaison qu’elle aurait eu des années auparavant. A-t-elle vraiment été au bout ce soir-là ? S’ensuit une longue dérive alcoolisée et un passage à tabac !
« Ce n'est pas grand-chose, mais ça fait du bien », fait aussi partie du recueil « Les vitamines du bonheur ». C’est l’anniversaire d’un petit garçon, sa mère commande un gâteau. Mais un accident va bouleverser la fête. L’attente à l’hôpital, l’enfant qui ne se réveille pas… et le pâtissier qui réclame son dû !
Un texte très fort.
« Dites aux femmes que vous allez faire un tour ». Deux copains d’enfance, chacun marié, se retrouvent souvent pour manger ensemble. Un après-midi, ils décident de sortir pour aller jouer au billard. Ils boivent quelques bières, un peu trop peut-être, ils croisent deux jeunes filles en vélo… envie d’un coup de canif au contrat de mariage ?
Des personnages pour le moins surprenants que rien se semble distinguer de leurs semblables, mais ce n’est qu’une apparence !
Un homme décidant que son épouse a
des kilos à perdre, presto, un régime et vite fait, pauvre femme ! Un soldat de couleur revenant du Vietnam, beaucoup d’alcool pour fêter cela. Des gens bien sous tout rapports, une partie de pêche, un cadavre de jeune fille nue dans une rivière, la partie de pêche se poursuit malgré cela. Un homme qui perd son travail, et les problèmes que cela entraîne, le loyer de la nouvelle maison, une maîtresse et le sentiment de vieillir à trente et un an ! Et une chienne… une bâtarde ! Un représentant en aspirateur qui tente se chance pour rien.
Une très belle écriture, comme d’habitude dirions-nous.Des nouvelles de qualité inégale, certaines, et elles sont les plus nombreuses, sont excellentes, les autres sont bonnes sans plus !
Toujours des
fins ouvertes qui laissent l’imagination du lecteur travailler.
Extraits :
- Ils demeurèrent ainsi, cramponnés
 l'un à l'autre, appuyés contre la porte comme contre le vent, se prodiguant aide et assistance réciproques.
- D'abord, il paraît que je suis trop pâle. Que je ne suis plus que l'ombre de moi-même. Ils disent que c'est effrayant ce que j'ai maigri.
- À part quelques menues tâches, je signais le bulletin de présence pour huit heures, et allais boire avec les infirmières.
- La veille de la cérémonie, ils s'étaient pris par la main juste avant de dormir et ils avaient fait le vœu de préserver à tout jamais la ferveur et le mystère de leur union.
- Ma femme s’est envoyée en l'air avec un autre homme il y a deux ans. J'ai tout découvert ce soir.
- Ce sont des hommes comme il faut, et pères de famille, des travailleurs honnêtes et consciencieux.
- Il faut que vous compreniez, je suis devenu un vieil ours, on dirait. Je vous en prie, est-ce que vous pouvez me pardonner ?
- La brunette se retourna pour lui envoyer un regard et une impression qu'il avait fait une touche. Mais avec les filles, on n'est jamais sûr.
Éditions : Éditions de l’Olivier (1996) .
Titre original : Short Cuts.(1993).
Traduit de l’américain
 par J.P.Carasso. S.Hilling. G. Rolin et F. Lasquin.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Débutants.
Qu’est-ce que vous voulez voir ?
Les vitamines du bonheur.