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Le tapis du salon

Annie SAUMONT.
Note : 4 / 5.
Elle est souvent cruelle la vie !
Je continue la découverte de cette autrice, grande spécialiste de la nouvelle, genre littéraire que j’aime particulièrement.
Titres de ces 18 nouvelles, il est bien évident que je ne parlerai pas de toutes dans cette chronique :
Apprivoise-moi. Vacances. Le tapis du salon I. Je te tiens par la main. Falaises. À la maison. Ne va pas te promener sous la pluie sans ton K.Way. On aurait bien aimé réciter un poème. La dent. Le tapis du salon II. Méditation. Histoire. Summer. Je marche. Vous descendez à l’arrêt Roussillon. Quartiers d’automne. Le tapis du salon III. Mort d’un poisson rouge.
« Apprivoise-moi », un homme et une enfant, petite fille aux cheveux roux, dans une chambre d’hôtel. On les retrouve dix ans plus tard, encore ensemble.
« Le tapis du salon I ». Un tapis cela change la vie surtout quand on marche pieds nus. Mais que connaît-on du confort quand on a six ans ? Le temps passe inexorablement.
« Falaises ». Il faut être très strict quand on est surveillant des côtes, surveiller l’heure des marées quand on veut plonger de la falaise. Mais quand on est poète… une de mes nouvelles préférées de ce recueil.
« La dent ». Quand on est une jeune fille de dix-sept ans, que l’on souffre d’un léger problème dentaire, et que le hasard vous fait rencontrer un étudiant spécialiste de la chirurgie dentaire. Évidemment vous en tombez amoureuse.
« Le tapis du salon II ». C’est beau le grand amour, un homme accepte un travail très loin, elle aussi l’aime tout autant…
« Vous descendez à l’arrêt Roussillon ». Je sais raconter alors écoutez moi. Une jeune femme dans un autocar doit descendre à une station qu’elle ne connaît pas. « L’arrêt Roussillon ». Elle doit y trouver un travail chez deux dames dont elle ignore tout.
« Le tapis du salon III ». Un ingénieur débarque dans un petit village, il doit y installer des silos. Un inconnu, alors les commérages vont bon train !
Des personnages que nous pourrions croiser tous les jours.
Deux sœurs, Charlotte et Linda en vacances, un garçon Greg entre elles deux. L’une est belle, l’autre non !
Deux frères, Rucko et l’autre. Rucko aide dans la maison, c’est un brave garçon.
Avel en a plus que marre des conseils qui sont prodigués sans arrêt. Faut dire que sa famille, ce n’est pas la joie.
Le casting pour un film, quelquefois cela fait des histoires. Florence et Fabien partent en vacances. A la place de l’hôtel étoilé dont rêvait Florence, ce sera du camping !
La fin du monde arrivera, même les poissons rouges agoniseront !
Très belle écriture pour celle qui est considérée comme une des grandes autrices de nouvelles françaises.
Nouvelles très souvent cruelles, d’une noirceur feutrée, dans des vies qui semblent très ordinaires.
Extraits :
- Je baisserai un regard bovin sur ma poitrine (immense) et pour me consoler je bâtirai un château en tartines.
- J’avais six ans. On ignore ce qui va vous arriver à cet âge.
- Avec un prénom plus doux Rucko aurait eu moins de tracas pour bien se conduire. Mais il ne se conduit pas mal dans l’ensemble. Il aide.
- C’était le Printemps des Poètes, organisé par les villes maritimes. Les villes où gronde la tourmente.
- Changer de slip quotidiennement. Difficile quand on n’a pas de chez-soi.
- C’est la cata comme famille. Je m’en vais. C’est pas sûr que je reviendrai.
- Il remplace l’ancien qu’est en déprime because les mecs de la 3° avec leur trafic de crack et leurs rackets.
- Le soir on s’est embrassés. Deux baisers sur les joues. Et puis on s’est dit, À plus.
- Mon père, reparti au Brésil, écrivait qu’il n’oubliait jamais sa femme. Il l’aimait tant. Elle l’aimait. Elle était merveilleuse, c’était le bonheur parfait.
- Sa femme le suivait dans tous ses déplacements et comment lui donner tort, les hommes étant ce qu’ils sont, les maris fidèles se dénombrant sur les doigts d’une seule main au bourg où le sens moral se perd comme la religion.
Éditions : Julliard. (2012)
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
Après.
La terre est à nous.