Au nom du père.
Xavier GRALL.
(Édition établie par Mikaela KERDRAON).
Note : 5 /5.
A mon père, ma mère et ma grand-mère.
Il y a longtemps que je lis l'oeuvre de Xavier Grall, plus de 35 ans en fait.
Cet été, pendant le festival de Lorient, j'ai rencontré et ai pu parler avec Mikaela Kerdraon. Grand merci à cette dame. Il y a quelques jours, j'ai reçu un mail me demandant si je pouvais aider quelqu'un à trouver "Les billets d'Olivier" pour offrir à son père! J'en ai été surpris, mais également flatté. Merci Catherine et je souhaite à ton père de pouvoir lire ce recueil.
Dans cet ouvrage la chronique numéro 1 date d'octobre 1963, celle qui clôt cet ouvrage est la 1415ème, elle est datée du 20 septembre 1972. Les textes de ce livre sont ceux de Grall au magazine "La Vie" qui parurent sous le titre de "Les chroniques du Logéco". A cette époque, toute la famille résidait à Sarcelles. Vivre en Bretagne n'était encore qu'un rêve.
Xavier Grall, sa vie, son oeuvre, combien de bretons connaissent encore ses textes? Il est évident que j'ai mis longtemps à lire ce recueil. Dans ce cas les notes de lectures s'avèrent bien utiles.
Les choses de la vie, Thierry la Fronde ou que devient l'autorité d'un père contre cinq filles, la télé et un rebelle! Les faits de la vie quotidienne sont les sujets de ces papiers hebdomadaires, les voyages, et comme Kerouac, une fascination pour les gares, ces lieux de rêves ou de peines, mais aussi une porte pour ailleurs. La mer, omniprésente, objet d'évasion et d'aventures, mais aussi de peur.
Les filles, objet de fierté, mais aussi d'angoisse paternelle :
- Être père, c'est compter toujours. La nuit, le jour, le jour, la nuit.
Grall évoque également l' Algérie et cette sale guerre. Le Maroc et son soleil, lui le breton se serait bien vu vivre là-bas.Des anecdotes comme la visite de ce couple du Sud-Ouest juste venu pour saluer  "Mr Olivier", prénom avec lequel il signait ses billets. L'Irlande est du voyage : ce monde affamé de poésie et de liberté. Toujours aussi ce respect pour la nature et les animaux, l'hirondelle et l'alouette. La famille, épouse et filles (ne pas oublier Kéroual le chien). Les frères et soeurs, les parents.
L'hommage à la mère dans ces quelques lignes :
- Et ma paix ne vient ni de mon travail ni de la musique, mais de cette femme qui près de moi lit une vie de Jésus Christ. C'est ma mère.....
Hommage au père également :
- Mon père est de cette race d'homme qui préfère X années travailler plutôt que de licencier ses ouvriers.
Les amis, et ils furent nombreux, ne sont pas oubliés, Glenmor évidement, un mot aussi sur Angela Duval. Dès que ce petit mot sera sur le blog, je me dirai, j'aurais dû parler de cela!!!!
Que dire de l'écriture de Xavier Grall, je ressens toujours le même bonheur (souvent plein de tristesse aussi) à le lire, les textes sont intemporels, le quotidien des hommes ne change pas. Il s'améliore matériellement avec le progrès, mais se détériore par l'absence de rêves.
Extraits:
- Une cité sans arbres, est-ce vraiment une cité?
- Élever cinq filles, ce n'est rien. Mais élever Keroual, mon chien, je vous assure que c'est plutôt coton.
- Les gares font rêver. Les gares c'est le chuchotement mêlé du temps et de l'espace.
- Alors me reviennent les mots, mes guitares intérieures se rechargent de musique.
- "Vous écrivez sûrement quelque chose" m'a demandé la dame.
"Oui, la Fête de nuit, un roman" ai-je répondu.
- Le sang versé a une mauvaise odeur.
Je laisse le mot de la fin à Mikaela Kerdraon :
"Comme Glenmor, comme Angela, Xavier doit rester présent parmi nous".
Éditions : An Here.
Autres chroniques de ces auteurs :
Pour Mikaela Kerdraon :
Kan ha diskan. Correspondance Grall-Glenmor.
Pour Xavier Grall :
Et parlez-moi de la terre; La Fête de nuit & le barde imaginé; Le rituel breton & La sône des pluies et des tombes; Les vents m'ont dit; L'inconnu me dévore; Mémoires de ronces et de galets; Solo & autres poèmes; Genèse & derniers poèmes.