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Et parlez moi de la terre
Xavier GRALL.

Note 4,5.
Ce livre regroupe une partie des chroniques de Xavier Grall publiées dans le journal "Le Monde " à partir de 1974.
Certaines chroniques, surtout les politiques, ne vont plus intéresser grand monde, mais c’est ma jeunesse que je relis à travers ces lignes.
Un retour sur la prise de conscience de la Bretagne pour la centrale nucléaire de Plogoff dans "De la légende à l’atome". L’antenne de Trédudon, plastiqué une nuit privant le Bretagne de télévision. Y a t’il eu plus de naissances en Bretagne neufs mois après ? Mais aussi un Grall rapporteur des faits et méfaits d’une Bretagne hors saison, la vraie dit-il ! Un Grall moqueur dans "L’éloge de la pluie" avec quelques regrets aussi dans "La ballade des recteurs" dans "Le pardon des hameau" ou dans "Les maisons mortes".
Un Grall indigné par la pendaison d’un chien près de chez lui, et par les battues organisées pour tuer les rares renards survivants ou par l’empoisonnement de son propre chien."Il n’y a pas d’homme idéal. Il n’y a pas de campagne idyllique ".
Clamant sa colère contre les marées noires dans "Le cri d’Ouessant " ou il constate "nous avons un gouvernement de terriens".
Il rend également hommage (comme dans chaque ouvrage) aux écrivains et poètes, Rimbaud, Bernanos, Perros et aussi à Lamennais, prophète maudit auquel il consacrera un livre. Le Baron, marin retraité, qui un vendredi soir dit à ses amis, "Cette nuit, je vais me jeter  dans l’Aven" et que l’on retrouva noyé le matin.
Ces personnages, marins ou paysans, hommes pudiques, ces gens de bon sens pour qui la mer n’est pas un jeu. Les brumes, qui d’après les paysans, mouillent bien la terre mais gênent les marins, le vent bref les saisons et leurs cortèges de contraintes mais aussi de court bonheur.
Mais vient le temps des fêtes "Si nous avons inventé, nous autres les querelles et la mélancolie, nous n’avons jamais oublié de créer les fêtes".
Pour moi tant d’années après la magie agit toujours !
Extraits :
-Voilà la Bretagne rendue au Bretons. Et aux vents et aux pluies. Et au labeur. Et à la vérité.
-Et le rêve, le rêve d’outre terre.
-Oui, cette année comme les Pâques seront tristes sur nos mers.
-Aller à Port-Manech l’hiver, c’est voir le Désert des Tartares, relire Dino Buzatti !
-Par quelle aberration, par quelle injustice, la langue française a-t-elle donné le nom de maquereau au type d’homme le plus détestable ? Langue ingrate, ignorante des choses de la mer.
-Adieu Maël ! Les bois sont pleins de geôliers et d’assassins !
-Je peux envisager ma propre fin avec moins de colère que celle de mes amis.
Editions Calligrammes.