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Je suis douleur.

Rosi SELO.

Note : 4 / 5.
Photo de classe.
Auteur italienne née à Naples que je découvre avec cet ouvrage qui semble être sa première traduction en français.
Naples. Janvier 1969. Il pleut, un jeune garçon Angelo joue avec une bille offerte par son meilleur ami, Dante. Il écrit sur la buée de la fenêtre « Pardon », puis se pend.
Florence. Janvier 1997. Le même Dante assiste à la mort d'une femme, Marietta, mère d'Angelo.
Naples. Janvier 1999. Alice Caracciolo est de retour à Naples après sept ans d'absence. Elle y retrouve sa mère, ces retrouvailles n'ont rien de chaleureuses.
Un meurtre est commis, pas un homme influent, juste le gardien d'un parc. On retrouve dans une de ses mains une plume blanche. Un crime ordinaire pourrait-on penser ! Alice se débat dans ses problèmes personnels, elle retrouve Tony, un ami d'enfance dont elle est éprise, mais celui-ci lui avoue qu'il n'est plus seul.
Elle fait ensuite la rencontre d'un dénommé Michangelo Fornari qui restaure des mosaïques et elle entame une relation avec lui.
Mais on découvre un autre mort, toujours avec une plume blanche dans la main. Quel est le lien entre les deux hommes ?
Alice semble voir un petit garçon lui demander de la suivre jusqu'à un immeuble où la concierge lui explique qu'un appartement est inoccupé depuis une trentaine d'années. En effet un petit garçon Angelo s'y est suicidé, son père avocat a disparu et sa mère est devenue folle. Alice est intriguée surtout qu'une femme l’incite à poursuivre son enquête. Malgré le danger ! 
Elle tente de retracer les années scolaires d'Angelo. Dans son dossier scolaire qu'elle dérobe, elle trouve une photo de classe avec les noms des élèves. Et si la clé des mystères, la mort de ce garçon il y a une trentaine d'années et aussi les morts actuels étaient dans ces documents ?
Beaucoup de personnages dans ce roman très noir. L'héroïne et narratrice, Alice Caracciolo, pédopsychiatre, enquête sur une série de meurtres. Elle est assistée de Vittorio Orlando, chef de la brigade mobile. 
Pour Alice la vie ne sera pas un long fleuve tranquille dans cette quête de la vérité...
Un bon roman policier avec une bonne dose de fantastique, mais le mélange est réussi. Un final plein de rebondissements. Une belle écriture et une découverte inattendue.
Extraits :
- C'était une journée pluvieuse de janvier une de celles où Naples ne ressemble pas à elle-même.
- Maintenant c'était la fin et Dante déjà éprouvait cette sensation de vide qui
l'envahissait de nouveau comme après la mort de sa propre mère.
- Naples. C'est son regard désenchanté sur Naples que Liliana avait peint dans ses œuvres.
- Qui était celui qui était en train d'entrer en communication avec moi, que voulait-il et surtout que voulait il me dire, en me laissant ce laconique message qui disait : « jesuisdouleur » ?
- Tous les deux nous faisions comme si tout allait bien, mais nous savions parfaitement qu'il n'en était rien.
- Son regard se détacha du mien, maintenant elle regardait dans le lointain, dans le passé, entre ses souvenirs. Ses yeux se voilèrent de larmes.
- Un plat de spaghettis à minuit. L'idéal pour deux personnes qui, comme nous, considèrent l'heure comme une convention sociale.
- Je répondis à mi-voix : « En vérité, il tue les pères et pas les enfants… »
- «… Angelo, tu t'en souviens ? » lui susurra l'assassin à l'oreille.
- « Ce n'est pas que tu n'as pas réussi à voir, ma beauté. Tu n'as pas voulu 
voir ! »
Éditions : Jean-Marie Desbois éditeur. (2018).
Titre original : Iosonodolore (2013).
Traduit de l’italien par Véronique Autheman.