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L’homme bleu.
François PERI.

Note : 4 / 5.
Tribulations sanglantes.
En lisant ce roman je m’éloigne de mes lectures habituelles, et je découvre cet auteur français dont c’est le second roman chez le même éditeur.
Nous sommes en Italie, dans une époque lointaine, sur une petite île qui appartient à la famille de Fabiano. Les distractions sur l’île où il réside sont peu nombreuses, l’entrainement militaire et conter fleurette à la gente féminine ne sont pas pour lui déplaire. La mort de son père l’oblige à aller louer ses services et aller guerroyer pour le compte de riches seigneurs en perpétuelles guerres les uns contre les autres. Lui et ses hommes vont au plus offrant.  

Mais parfois, les fortunes de guerres se transforment en infortunes.
Il joint ses hommes à ceux de Montaldo d’Arella, personnage truculent, gros mangeur, gros buveur et fornicateur convulsif, dont la raison semble vaciller.
Dans une ville conquise, Fabiano fait la connaissance de Julia, très jeune fille dont la famille a été massacrée, ce qui était monnaie courante à cette époque. Les hommes et les enfants étaient passés par les armes, ainsi que les vieilles femmes. Les jeunes étaient violées avant la mise à mort ou emmener comme filles de joie. Les villes étaient mises à sac et allégrement pillées.
Fabiano est contre ces agissements ; pour lui, les places fortes prises d’assaut doivent être, ainsi que leurs habitants, respectées. Mais il est un peu le seul de cet avis, car Montaldo multiplie les exactions et les massacres. Alors les hommes qui ont pu s’enfuir tentent de se venger et mènent des actions de guérillas non pas urbaines mais dans des campagnes qu’ils connaissent.
Un soir Julia est violée par deux soldats, Fabiano les fait pendre dans des conditions atroces et se rend très vite compte que la sentence ne plait pas à ses hommes, le fouet aurait été un châtiment plus juste. Car nombreux sont ceux qui pensent que Julia n’aurait pas dû être seule au campement de la troupe à cette heure avancée de la nuit.
Et sur le terrain militaire la situation n’est pas des plus confortables.
Fabiano di Varenzza est un jeune homme pour le moins entreprenant, en particulier avec les jeunes filles des environs. Les distractions sur l’île où il réside sont peu nombreuses.

Ensuite vient la vie militaire, et la découverte d’un monde cruel pour les pauvres, qu’il tentera de défendre.
Une lecture agréable, des aventures, de la violence d’une autre époque, des combats pas toujours chevaleresques, et l’éternelle recherche du pouvoir et de la richesse.
Le monde n’a guère changé !
Un voyage qui n’a rien de touristique dans l’ancienne Italie.
Extraits :

- Voilà ce qu’était Varenzza, un caillou abordé au hasard, une île de naufrageurs.
- A presque dix sept ans j’avais déjà trois bâtards, ce qui fait rire mon père et soupiré ma mère.
- Mais j’étais encore très jeune et torturé par le désir. Mon corps avait besoin de dépenser son énergie et j’adorais l’amour physique.
- C’était mon premier combat et j’avais une très forte envie de tuer.
- Le fleuve glisse noir et sans ride. Il ressemble à mon enfance farouche et à la vie que j’ai menée depuis.
- Nos ribaudes ne seront plus visibles, elles auront emporté avec elles les oripeaux que troussaient les soudards et sous lesquelles disparaissait leur or.
-  Nous aurons de vrais morts, nous sentirons le sang et l’odeur enivrante des combats.
- C’est inutile. Vivre n’a plus d’intérêt pour moi. On m’a castré, je ne suis plus un homme.
Éditions : Les Chemins du Hasard. (2017)