Jusqu'au
Jusqu'au premier mot.

Pascal MILLET.

Note : 4, 5 / 5.
Le monde du silence.
Troisième roman de Pascal Millet chroniqué sur ce blog.
Une petite fille, Lily, accompagnée d'une adulte, Marlène, arrive dans une maison qu'elles ne connaissent pas. Le voyage n'a pas été de tout repos, une erreur d'itinéraire et la voiture s'est retrouvée dans une sorte de repaire de marginaux, la fuite a semblé à Marlène la seule issue possible. Lily est avec Looping son doudou. Elle en aura bien besoin car les environs lui semblent hostiles. 
Au matin elle découvre un homme inconnu qui dort, un chien qui a l'air gentil, mais dehors elle voit « Un ogre » qui l'interpelle, tue et dépiaute des lapins. Il lui demande son prénom, mais elle ne peut pas répondre, un traumatisme récent lui a retiré l'usage de la parole. En effet, elle a assassiné sa mère en la poussant dans les escaliers. Celle-ci était très malade et se levait rarement. Le père de Lily avait embauché Marlène pour l'aider.
Lily se considère comme une meurtrière et ne correspond plus avec le monde que par écrit ou en dessinant. Souvent des escaliers.
L'homme qui dormait se nomme Pierre, artiste peintre un peu bourru ; il essaye de sympathiser avec Lily ou de l'apprivoiser. Il travaille le soir près de la falaise dans un bistrot « Du monde du haut », où Lily et Marlène se sont aventurées à leur corps défendant la nuit de leur arrivée.
Mais tout n'est hélas pas rose, Marlène ne peut joindre la propriétaire des lieux partie étudier les baleines ! Lily se mure dans son silence malgré la gentillesse de Freddy et de Pierre qui a découvert ses dessins et qui lui propose de peindre des fresques sur les murs intérieurs de la maison.
Lily découvre un petit chat tout blanc qu'elle adopte et nomme Minus.
La petite fille commence à se poser des questions sur la relation entre Marlène et Pierre. Un jour Minus disparaît, on le découvre mort dans la machine à laver. Malgré le réconfort de Marlène, Lily se sent responsable, c'est elle qui a mis le lave linge en route... 
Un récit en quasi huit-clos dans une maison du bord de mer.
Trois personnages pour ce qui devient un drame au fil des pages.
Lily, petite fille traumatisée, qui refuse de s'exprimer, persuadée qu'elle est une meurtrière, une double meurtrière, sa mère, mais aussi Minus le petit chat blanc.
Marlène est-elle aussi oie blanche qu'elle aimerait paraître ? Lily est une enfant mais elle devine des choses...
Pierre dont nous ne savons pas grand-chose est un brave homme, il a dit à Lily, un jour tu me parleras... tiendra-t-il la gageure ?
Une intrigue bien ficelée avec une fin pour le moins inattendue.
Encore un très bon roman de Pascal Millet qui situe ce récit en Bretagne nord où il réside.
Extraits :
-Le petit chat est mort, a dit Marlène. Par inadvertance, Lily a dû l’enfermer dans la machine à laver.

-C'était tout pareil que pour Maman, j'étais toute seule au-dessus d'un trou de terre remuée.
- Pierre m'en voulait, ça se voyait dans ses yeux. Il était comme mon père quand, le matin, il me croisait avant de partir au travail, comme si j'étais la pire des choses qui lui était arrivée dans la vie,une chose qui devait disparaître loin et pour toujours.
-Je savais que je deviendrais vite celle qu'il fallait oublier, la méchante petite fille qui pouvait blesser le bébé.
- C'était un peu comme une bonne fée qui avait débarqué chez nous avec son sourire, sa bonne humeur, et très vite elle a joué à Cendrillon.
- Et je suis devenue le loup du Petit chaperon rouge, la sorcière de Blanche Neige, l'ogre du Petit Poucet. Je suis devenue la petite fille à calmer, à écarter, à ranger dans un placard. Jalouse, juste jalouse.
- Marlène est de l'autre côté de la clôture. Elle a enfilé son maillot de bain 
une pièce, noir, super sexy.
Éditions : Locus Solus (2019).
Chez Locus Solus :
Morgane mafia.
Chez Sixto :
Sayonara.