Morgane

Morgane Mafia.
Pascal MILLET.
Note : 4 / 5.
Les légendes ne meurent jamais !
Second roman que je lis après l’excellent  « Sayonara ». Disons le tout de suite celui-ci est tout à fait différent, mêlant monde des affaire internationales, roman policier et légendes celtiques, bretonnes ou irlandaises.
Arthur, au cours d’une réunion est violement insulté par son père. Leur conception de la Bretagne est diamétralement opposée. Le père veut la recouvrir de béton, le fils est partisan d’une indépendance qui sera effectif car d’après plusieurs études  la Bretagne va devenir une île !
Arthur demande l’aide de Morgane, sa demi-sœur qui a peu d’estime pour lui. Le considérant comme un enfant gâté, sans beaucoup d’envergure.
Elle-même est une femme d’affaires, directrice d’une agence immobilière. Elle est aussi, mais d’une manière discrète, à la tête d’un trafic de drogue et d’une bande de bikers  réunie sous le nom des « Red Connection » dont le symbole est un dragon rouge tatoué sur le corps.
Un grain de sable, sous la forme d’une nouvelle drogue qui apparait sur le marché, va déchaîner une sorte de cataclysme dans le Landerneau des dealers.
Surtout qu’un cadavre est découvert, mutilé. La mort semble être un crime rituel !
Pendant  ce temps, Arthur qui est l’héritier de la famille, part au Japon avec son âme damnée. Le but, vendre une partie de la Bretagne à des hommes d’affaires de l’Empire du Soleil Levant. De l’argent frais contre une promesse de vente de terre et d’eau… terres qui seront sous les eaux au moment où la vente sera effective !
Les événements et les plans de tous vont voler en éclats, certains personnages de la légende arthurienne réapparaissent, pas toujours à leur avantage.
Beaucoup de personnages,une famille recomposée comme on dit maintenant ; le père Uter, son fils Arthur, sa fille Morgane, demi-sœur d’Arthur. Morgane déteste son père car elle pense que celui-ci a tué son géniteur. Et elle sait aussi qu’Arthur héritera de tous les biens à la mort de son père.
Merlin est un vieil ivrogne se soulant au vin blanc au Barenton bistrot situé à Tréhorenteuc !
Viviane est toujours aussi belle mais après un long sommeil elles n’est point au courant des us et coutumes du monde contemporain. Des personnages secondaires à profusion, des rencontres pour le moins improbables, motards bretons contre  Yakuza japonais.
On découvre également un Gauvin, un Lancelot, bref, à l’instar de « Sacré Grall » des Monthy Pithon, Pascal Millet revisite la légende arthurienne, mais dans une version plus noire.
Un livre agréable et d’une lecture facile mais qui part un peu dans tous les sens ! Beaucoup d’humour et un final qui pourrait s’intituler « Règlement de compte à OK Brennilis ».
Un conte moderne mêlant allégrement vieilles légendes et  futurisme.
Extraits :
- Parce qu’elle sait, se doute. Le père d’Arthur a assassiné le sien. Pour se marier à sa mère et engendré ce bâtard raté, ce fils trop gâté.
- Sans ton blouson et à poil, tu n’es pas mieux que les autres. Tu ressembles à un ver blanc, un machin qui se tortille, et je ne te parle pas de ce que tu as entre les jambes.
- … alors qu’elle est propriétaire d’une agence immobilière, qu’elle s’est grassement enrichi quand une tarlouze de présentateur télé avait fait de Ploumanac’h le village favori des Français.
- Cannabis synthétique, une sacrée merde. Les gosses fument ça et tombent comme des mouches. Coma et délire, cerveau en vrac.
- On pourrait engager des comédiens, organiser des balades dans la lande, faire ressurgir la dame blanche sur le bord des routes, vendre des souvenirs, impulser une nouvelle économie à la région, créer deux ou trois parcs thématiques, redonner à la Bretagne quelques saveurs d’antan.
- Trois dieux celtes pour une Bretagne libre.
- Puis Brocéliande, c’est plus vraiment ça. C’est touristique, et de la forêt, il ne reste rien. Je veux dire de celle de ton temps.
- Pourquoi cette musique et pourquoi en anglais ? Les Saxons sont-ils au pouvoir ?
- Brest, Douarnenez, Penmarch, Concarneau, Auray, Redon, Saint-Malo… il les cite une à une puis fixe l’étendue bleue qui gagne à mesure  sur la terre, l’envahit.
- Xavier Grall. Ce poète mort depuis longtemps a écrit ces mots. Je crois qu’ils vous sont destinés.
Éditions : Locus Solus (2017)
Autre chronique de cet auteur :
Sayonara.