Le témoin

Le témoin solitaire.
William BOYLE.
Note : 4 / 5.
Retour vers le passé.
Je retrouve William Boyle après « Tout est brisé », pour une balade peu touristique dans Gravesend, un quartier de Brooklyn.
Amy a tout d’une jeune fille bien, sage et pleine de compassion pour les autres. Elle est bénévole pour une église du quartier, va visiter les personnes âgées et leur donner la confession. Elle fait parfois des petits boulots car elle n’a pas de gros besoins. Elle vit seule, a un petit loyer qu’elle insiste pour payer. Une vie monotone est bien ordonnée.
Qui pourrait se douter que cette image qu’elle donne d’elle même, n’est pas la vraie Amy, l’ancienne qu’elle tente d’oublier suite à une déception amoureuse.
Mais un jour tout cela va être balayé, une vieille dame s'étonne que cela ne soit plus Diane, une bénévole de l'église, qui passe la voir mais Vincent son fils, et celui-ci a un comportement des plus bizarres.
Amy décide alors de suivre celui-ci, et des souvenirs lui reviennent, elle avait surpris un de leurs voisins Bob Tully, lorsqu'elle était plus jeune, en train de tuer un homme. Elle l'avait suivi dès qu'elle en avait le loisir.
Alors les faits se reproduisent, elle suit Vincent et celui-ci est tué devant elle ? Le tueur prend la fuite et elle l'arme du crime, un couteau. Mais qui est l'assassin, elle croit le connaître, semble le voir partout. Mais elle finit par le croiser et elle décide alors de changer de quartier et de reprendre son ancienne vie. Qui, il faut le reconnaître, est à l'opposé de la sagesse, et de la religion.
C’était Rock N'Roll, drogue, alcool et relations lesbiennes...
Mais par qui et pourquoi Vincent a-t-il été tué ?
C'est un voyage très documenté dans les rues de Brooklyn, descriptions qui laissent à penser que nous suivons pas à pas l'héroïne dans ses nombreux déplacements dans ce quartier qui paraît en pleine mutation et pas réellement pour le meilleur. Une des scènes parlant de ce problème est le retour d'Amy dans un endroit où elle a travaillé... de bar populaire c'est devenu un pub moderne et sans âme.
Tous les ingrédients d'un bon polar sont réunis dans ce livre.
En fin d'ouvrage on trouve un texte très intéressant au nom très évocateur « Seuls les morts connaissent Brooklyn », une petite merveille.
William Boyle, en plus de nous parler de son quartier, évoque les auteurs qui l'ont marqué et qui sont des écrivains que j'aime aussi. Elmore Leonard, James Ellroy ou Jim Thompson que j'adore. Il parle également d'un dénommé William Kennedy dont je pense avoir quelques titres dans ma bibliothèque.
Extraits :
- La porte du bar s'ouvre. L'homme qui entre a un long nez et une mâchoire carrée. C'est le tueur, le type sur la photo de Vincent.
- Le meurtre. L'appart de Vincent et la photo glissée dans le livre. Sa crainte d'être suivie.
- Elle croyait être redevenue l'ancienne Amy, en réalité elle s'était transformée en une toute nouvelle Amy. Un scénario romantique s'élabore dans sa tête.
- Peut-être s'est-il juste fait bouffer par un monde dans lequel il ne savait pas comment exister. On ne peut pas espérer connaître un inconnu.
- Pour elle, ce quartier n'est qu'un collier de cicatrices.
Éditions : Gallmeister / Collection « Americana » (2018).
Titre original : The Lonely Witness (2018).
Traduit de l’américain par Simon Baril.
Autre titre de cet auteur sur ce blog :
Tout est brisé.