1984

1984.
George ORWELL.

Note : 5/ 5.
L’avenir est dépassé….
Un classique de la littérature  ainsi que celle d'anticipation.
Un livre que j'ai lu et relu sans jamais m'en lasser, qu'en est-il tant d'années après ?
Nous sommes vraiment dans un monde où le totalitarisme est poussé à l'extrême. Le symbole de cette situation est : Big Brother, personnage omniprésent, qu'évidemment personne ne connait mais dont la photo vous regarde sans arrêt dans n'importe quel endroit où vous êtes. Existe-t-il ?
Le monde est divisé en trois blocs, parfois alliés parfois ennemis. L'Oceania, l'Estasia, et l'Eurasia.
Winston Smith vit à Londres, il occupe un emploi subalterne  au ministère de la Vérité. Il est une sorte d'archiviste, son travail consiste à écrire, à réécrire, à travestir, à changer, à oublier et à inventer des passages entiers de l'Histoire. La vérité d'un jour n'est pas forcément celle du lendemain. Tout cela sous la surveillance de la Police de la Pensée, la plus à craindre, celle qui décide du sort de tout un chacun.
Les victimes des épurations sont « vaporisées » bref elles disparaissent du jour au lendemain.
Les manifestations populaires les plus courues sont « Les deux minutes de la haine».
Winston un peu surpris de sa hardiesse a acheté un cahier. Caché dans un coin de son appartement où les caméras ne peuvent pas le voir, il tente de tenir un journal.
Il se remémore son mariage raté avec Catherine, belle mais stupide. Il se souvient d’avoir eu recours à une prostituée dans un quartier de prolétaires !
Il continue ses visites chez le vieil homme qui lui a vendu ce cahier, un vieillard veuf dont l’appartement regorge de choses anciennes. Winston fait la connaissance de Julia qui devient sa maîtresse. Ensemble, ils parlent et se rendent compte que tout est truqué. Les statistiques sont toutes fausses, à les écouter, les gens sont tous heureux et tout est à la disposition de tout le monde en abondance. Alors qu'en réalité tout manque. La guerre est perpétuelle, mais contre qui ? Et pourquoi ?
O’Brien qui occupe un poste plus élevé, lui avoue faire partie de « La fraternité », une société secrète, il lui confie également un livre bien sûr interdit. Winston est honoré de cette marque de confiance…
Hélas, l’avenir pour lui et Julia sera plutôt sombre et douloureux.
Un grand livre, pour ma part un des plus réussis du genre qui, je pense, n’a pas pris une ride.
Une superbe relecture !
Ce roman ainsi que « Le meilleur des mondes » restent malgré les années deux des meilleurs du genre ! Enfin pour moi ! Mais je n’oblige personne à partager mon avis !
Il n’est vraiment pas beau notre monde, et pas sûr que cela aille en s’améliorant.
Extraits :
- C’était une des mesures d’économie prises en vue de la Semaine de la Haine.
- Mais les patrouilles n’avaient pas d’importance. Seule comptait la Police de la Pensée.
- C’étaient les locaux des quatre ministères entre lesquels se partageait la totalité de l’appareil gouvernemental. Le ministère de la Vérité, qui s’occupait des divertissements, de l’information, de l’éducation et des beaux-arts. Le ministère de la Paix, qui s’occupait de la guerre. Le ministère de l’Amour qui veillait au respect de la loi et de l’ordre. Le ministère de l’Abondance, qui était responsable des affaires économiques. Leurs noms, en novlangue, étaient : Miniver, Minipax, Miniamour, Miniplein.
- L’Océania était en guerre contre l’Estasia. L’Océania avait donc toujours été en guerre contre l’Estasia. Une grande partie de la littérature politique de cinq années était maintenant complètement surannée. Exposés et récits de toutes sortes, journaux, livres, pamphlets, films, disques, photographies, tout devait être rectifié, à une vitesse éclair. Bien qu’aucune directive n’eût jamais été formulée, on savait que les chefs du Commissariat entendaient qu’avant une semaine ne demeure nulle part aucune mention de la guerre contre l’Eurasia et de l’alliance avec l’Estasia.
- L’Eurasia est protégée par ses vastes étendues de terre, l’Océania par la largeur de l’Atlantique et du Pacifique, l’Estasia par la fécondité et l’habileté de ses habitants.
- Devenue générale, la richesse ne conférerait plus aucune distinction.
- En d’autres mots, il est nécessaire qu’il ait la mentalité appropriée à l’état de guerre. Peu importe que la guerre soit réellement déclarée et, puisque aucune victoire décisive n’est possible, peu importe qu’elle soit victorieuse ou non. Tout ce qui est nécessaire, c’est que l’état de guerre existe.
- Dans notre monde, il n’y aura pas d’autres émotions que la crainte, la rage, le triomphe et l’humiliation. Nous détruirons tout le reste, tout.
Gallimard (1950). Folio version poche.
Titre original : Nineteen Eighty-Four. (1949).
Traduit de l’anglais par Amélie Audiberti.