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Et un, et deux, et Groix...zéro !
Michel DRÉAN.
Note : 4 / 5.
Les tacauds de la Rade !
Second volet des nouvelles aventures de Léo Tanguy chez son nouvel éditeur "La Gidouille". Pour ceux qui, comme moi, pensent que le football ne tourne plus rond, vous en aurez la confirmation ici.
Nous sommes au mois d'août 2020.
Bakari Bakara n'a, semble t-il, pas eu la baraka, il a mystérieusement disparu et pas en buvant un bacardi, ni en jouant au baccara !
Et Bakari Bakara n'est pas n'importe qui (bien qu'il soit importé lui-même) , c'est le joueur vedette du F.O.L. (Football Olympique Lorientais) amicalement surnommé les "Tacauds" dont il était le poisson pilote. Et sans lui le F.O.L. risque de nager dans les eaux troubles de la queue (de poisson) du championnat...qui doit bientôt commencer.
Nous sommes en effet début août et la préparation des joueurs bat son plein pour le tournoi du F.I.L. (pour que les non initiés ne perdent pas le fil, Festival Interceltique de Lorient), alors son absence fait un peu désordre.
Léo, à la demande d'un vieux copain de Fac, Gillou, maintenant journaliste sur Lorient, va enquêter discrètement. Le mélange Biniou/ Ballon rond lui convient parfaitement.
Mais cela ne plaît pas à tous. Léo va en effet connaître la face sombre (noire?) du football commerce. Les combats dans l’arène sont remplacés par les matchs, les gladiateurs par les footballeurs et malheur aux vaincus, car des vaincus en amont, il y en a de nombreux ! Surtout ces jeunes africains vendus au marché aux esclaves des agents recruteurs.
Cet état de fait va servir de prétexte aux 17èmes aventures rocambolesques de Léo Tanguy, toujours inconsolable de Soazic, l'amour de sa vie, mais cherchant ailleurs le repos du guerrier, entre deux passages à tabac ou coups de ce même tabac (dans le vocabulaire des marins nombreux dans cette ville).
Car si sur le terrain la balle roule toujours, les coulisses modernes du sport roi sont plus que gangrenées par l'argent roi et donc tout puissant.
Mais après bien des péripéties, la morale sera sauve...la morale sportive, elle, attendra encore son heure qui semble bien lointaine.
Léo Tanguy encore et toujours fouille merde ou redresseur de torts que l'on soit ami ou ennemi.
Des amis il en a, des conquêtes aussi ! Mais ses détracteurs sont nombreux (normal), sans aucune morale (logique), très stupides (cela va de soi), belles femmes, dont une traîtresse ( celle là bas de soie) etc...
Des footeux africains, des campings-caristes festivaliers, des pipers écossais, des jeunes femmes du cru, un festival de personnages et j'en oublie ! Et aussi en Guest Star, Mary Lester en personne !
Toujours une écriture pleine d'humour de mon ami Michel sur un sujet qu'il connaît bien. C'est en effet un supporter du club de football de la ville de Lorient.
Club qui pour le remercier lui a interdit de le nommer sous son vrai nom ! Résultat l'équipe est devenue le F.O.L. et le surnom de ses joueurs les "Tacauds" ! Un détournement réussi, deux appellations pleines de dérision. Décidément le monde du football n'a plus de limites à son autosatisfaction et ne brille pas par son sens de l'humour !
Malheur à ceux qui restent sur le bord du chemin pavé de mauvaises intentions.
J'ai lu ce livre juste après "Rouge ou mort" qui parlait du Football Club de Liverpool des années Shankly entre 1960 et 1974. Quarante ans d'écart, mais un gouffre sépare la manière de concevoir le football de la part des dirigeants de clubs et les instances régissant ce qui était un sport et qui est devenu un business international et fleurissant. En ce temps là, les "indigènes" venaient du Connemara, des Highlands ou des vallées minières du Pays de Galles.
Extraits :
- ... il n'a jamais caché son admiration pour le jeu léché des Lorientais, héritage du vénéré Kristian Frugucof qui a marqué le club d'une empreinte indélébile.
- Un joyeux foutoir plein de filles, de couleurs, de sons, d'odeurs, d'ivresses.
- Cette nuit, aux dernières braises du festival, la maréchaussée fera le chasse-marée.
- Nolwenn est déçue mais fait contre mauvaises mortes burnes bon cœur.
- Léo n'est pas là pour servir la soupe, il y a assez de gens pour le faire à sa place.
- Tout ça pour aboutir comme prévu dans la chambre à coucher et son grand lit aux draps de satin rouge et ivoire.
- Passage au tutoiement. Mauvais signe. Léo ne répond pas.
- Il a juste la confirmation que l'âme humaine, même enrobée de sucre candi, n'est souvent qu'un morceau de charbon noir et rabougri.
- Leurs relations en pointillé d'amants aimants qui se repoussent ou s'attirent selon la manière dont sont lunés les pôles.
- N'en rajoute pas Léo, je sais bien que je ne suis pas ton flic préféré mais seulement le moins détesté.
Éditions : La Gidouille (2014).
Autre ouvrage de la collection Léo Tanguy aux Éditions La Gidouille :
Dernier train pour Ouessant d'Yvon Coquil.