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Criminels ordinaires.*

Larry FONDATION.

Note : 4 / 5.
Mé-Contes de la folie ordinaire.
Second volet d'une saga du crime à Los Angeles après "Sur les nerfs". La preuve est faite que parfois les anges quittent la ville et s'enfuient à tires d'ailes! A leurs décharges le spectacle que donne les humains n'a rien de bien réjouissant.
Comme dans le précédent opus, les ingrédients sont les mêmes, des hommes et des femmes ; plutôt style losers et allumés, du sperme, des armes, de l'alcool et des substances hallucinogènes et une absence totale de morale. Où alors chacun a sa propre morale qu'il applique au détriment des autres!
"Cocu" commence ce recueil, 11 scénettes, un bar, des parties de billards, une émeute, du sexe et un coup de feu....et une bonne nuit pour finir...enfin une bonne nuit!
"Match nul" Deux hommes, deux flingues, une femme et pas mal de tension, la nuit ne porte pas forcément conseil. La morale est que le premier qui tire a raison. Enfin, s'il ne loupe pas sa cible!
"Pas de tripes" peut-être mais de la viande morte dans le bistrot, oui et beaucoup. Le silence est d'or et la parole de plomb.
"Cocu II" on remet le même bar...une prostituée aux gros seins et au cœur d'or, un client avec un couteau dans le dos...et quelques bières...la leçon de tout cela :
-Toujours choisir celle qui a des gros seins.
C'est simple la vie quand on ne se la complique pas!
L'alcool tue lentement dit le proverbe...pas toujours dans certains cafés les balles se ramassent à la pelle et les morts avec.
Les accidents de voiture sont aussi une cause de mortalité, certains en réchappent mais pas pour longtemps la mort est malgré tout en route!
"Maquillage" Un homme. Une femme devant une glace. L'un a un couteau, l'autre un flingue. Mourir en beauté!
"Indignité" porte hélas bien son nom, un après-midi entre ados, l'alcool aidant, vire au cauchemar. Un texte très dur.
"Essayer de choper le SIDA" clos ce recueil...en général les gens font l'inverse....
Pas très reluisant les personnages croisés dans ces récits, même les femmes ne relèvent pas le niveau, c'est dire!
Un homme rencontre son ex qui semble-t-il voudrait bien être aussi sa future...mais le présent ne l'entend pas de cette oreille...pas si simple la vie. Le passé aussi pour ce vieux braqueur de banque, qui a mis ses butins en banques, qui ont fait banqueroute, à 70 ans reprendre le collier, on ne peut avoir confiance en personne dans ce bas monde...surtout pas dans son bas de laine. Un homme heureux qu'on lui vole sa voiture, encore une histoire de voiture pour un autre qui promène son chien, un voleur de Rolex avec un semblant de savoir faire...un prix, c'est un prix! Un tueur en série et fier de l'être, un prof d'anglais qui pour arrondir ses fins de mois travaille dans une épicerie la nuit, un fanatique jusqu'aux bouts des ongles, un vieux avec un appareil photo, un couple au Mexique....des gens qui paraissent sans problèmes, mais qui en ont beaucoup.
Des textes courts, sans aucune fioriture ,il semble n'y avoir aucune recherche littéraire, et pourtant!. C'est brut de coffrage cela fait mouche et mal, surtout pour certains personnages! Très glauque et crépusculaire, plus aucun repère vis à vis d'une société bien pensante qui n'est pas la leur et qui du coup les rejette. Combien de millions d'hommes et de femmes hantent les nuits américaines, ivres d'alcool et de drogues. Le Los Angeles de James Ellroy ressemble à un paradis sur la côte ouest des États-Unis comparé à celui décrit ici. Dans l'un, les criminels semblent appartenir à l'élite de la société, dans l'autre à son rebut.
Extraits :
- Le type à côté de moi chante « Give Ireland back to the Irish ! »
- J'essayais, sans y parvenir, de capter ce qu'Eileen pouvait avoir dans la tête. J'étais certain, par contre, que l'intrus pensait à elle.
- Il a volé l'argent et l'a mis à la banque. Ou plutôt, il l'a pris dans une banque pour le mettre dans une autre. Il se disait qu'il y serait plus en sécurité.
- Une injustice ne répare pas une autre, et ce qui est clair, c'est que la vengeance, ça fait du bien.
- Un jour, on s'est rendu au zoo pour que les animaux puissent nous voir.
- Tout ce que je voulais, c'était acheter un tire-bouchon. Je l'ai cherché dans toute la ville - en vain.
- Cartier-Bresson dit qu'il y a un instant décisif. Je sais que c'est vrai.
- En haut : un décolleté. En bas : bien échancré. Nichons, jambes et collants qui lui rentraient dans la raie du cul.
- J'espère que vous ne pensez pas à ce que je pense, elle a fait.
- Tu aurais pu m'avoir, moi, avec un boulot en prime.
- Je la recommanderais à n'importe qui.
Éditions : Fayard (2013)
Titre original :Common Criminals-L.A.Crimes Stories. (2002)
* Histoires criminelles à Los Angeles.
Autre chronique de cet auteur :
Sur les nerfs.