Le ventre de New-York
Le ventre de New-York.
Thomas KELLY.

Note : 4, 5 / 5.
Quand le bâtiment va….
La dédicace de ce roman est la suivante :
Ce livre est dédié à la mémoire de Thomas G.Kelly, 1929-1982 et aux vingt-trois hommes qui sont morts en creusant le tunnel d'adduction d'eau numéro trois de la ville de New York.
Puis quelques lignes du poète irlandais Seamus Heaney, qui vient nous rappeler que Thomas Kelly est de descendance irlandaise. Et souvent ses personnages sont irlandais.
Deux frères, Paddy et et Billy Adare, sont diamétralement opposés.
Paddy est membre de la mafia irlandaise, Billy est étudiant et pour payer ses études travaille de nuit à forer les tunnels qui serpentent sous la Grosse Pomme ! Leur père est mort sous terre au travail. Ils leur restent leur grand-père, JP, qui n’approuve pas la vie de Paddy. Pourtant lui aussi a tué en Irlande pendant la lutte pour l’Indépendance.
L’immobilier New-yorkais est une énorme manne monétaire, les dollars coulent à flots. Les mafias veulent leurs parts du gâteau ! Mais pas que les mafias, certains hommes d’affaires peu scrupuleux affichent aussi leurs intérêts. En particulier un dénommé Joe Harkness, leur but : démembrer le syndicat des tunneliers principalement irlandais.
Tous les coups sont permis, le trésorier du syndicat est agressé, ce qui était prévu comme un passage à tabac se termine par la mort de la victime.
Billy tente de rester dans le droit chemin. A l’université il est seul, fils d’ouvrier et catholique, il est chauffeur de taxi la nuit pour payer ses frais de scolarité.
Paddy était un boxeur plein d’avenir, proche des sélections américaines pour les Jeux Olympiques. Hélas des blessures lui font perdre la brillante carrière qu’il espérait, il devient alors, petit à petit, le bras droit d’un chef de la mafia irlandaise.
La violence est omniprésente, Paddy est contraint de tuer un de ses amis d’enfance, pour une offense datant de plusieurs années.
Sous terre Harkness met des hommes à lui parmi les équipes de travailleurs, grandes gueules, ils sont vite remis à leur place. Avec pertes et fracas !
Et pas uniquement par des paroles…
La police en la personne de Mary Moy, malgré ses problèmes personnels, et le fait d’être enceinte, tente de faire respecter la loi et l’ordre...
Beaucoup de personnages dans ce roman très noir, où la violence est le seul remède au mal être général. Personne n’est tout blanc, mais beaucoup sont tout noir. À noter de nombreux retours en arrière pour nous expliquer la vie de Paddy et Billy.
Comme dans « Racket », Thomas Kelly écrit un roman rempli de cadavres, qui nous parle de la société américaine, en particulier ici du monde du bâtiment et de l’influence de la mafia dans la ville de New-York.
Extraits :
- Ouais, c'est comme ça aujourd'hui, dans les années quatre-vingts, à la grosse pomme, t'as des choix à faire.
- Il lit le panneau, brouillé par les années, qui était accroché à la porte. «VOUS TOUS QUI ENTREZ ICI ,QUE DIEU VOUS GARDE ET QUE LA TERRE VOUS RENDE SAINS ET SAUFS À LA VIE. Barbara, sainte patronne des mineurs. »
- Tandis qu'il se préparait au travail, le bruit du train s'éloigna et l'équipe se retrouva livrée à elle-même aussi isolée de tout que quiconque pourrait jamais l'être dans l'enceinte de la ville de New York.
- C'était plus une tribu qu'une saloperie de syndicats.
- Cette nuit-là, Boomer McCabe, un personnage qui avait une prédilection pour la violence gratuite, se joignit à l'équipe. En général, les compagnies le payaient pour ne pas se présenter à son travail.
- Le syndicat n'avait pas soutenu de conflit social dur depuis près de quarante ans. Personne n'osait forcer les piquets de grève du bâtiment à New York.
- Eamon nous a fabriqué un petit spécial made in Belfast. Il est temps pour nous de renvoyer un message.
- Peut-être qu'on ferait mieux de laisser ces Irlandais régler leurs affaires entre eux.
Éditions : Rivages / Thriller (1998).
Titre original : Payback (1997).
Traduit de l’anglais (États-Unis) par Danièle et Pierre Bondil.
Autre titre de cet auteur sur ce blog :
Racket.