Le plus noir des crimes
Le plus noir des crimes.
Phyllis Dorothy JAMES.

Note : 4,5 / 5.
Tout vient à point à qui sait attendre !
Court ouvrage contenant deux inédits en français, une nouvelle et un essai de P.D. James, romancière britannique qui aurait eu 100 ans cette année.
La nouvelle qui a pour titre « Un petit boulot à côté » commence par la lecture posthume d’une lettre. Un homme, le narrateur raconte sa vie, ses années d’enfant martyr dans une pension huppée. Lui le boursier, enfant timide et très ordinaire. Son bourreau, Keith Manston-Green, fils d’une famille fortunée.
Vient pour le narrateur la fin de l’école, la guerre, la mort de ses parents. Il prend la succession de son père dans l’entreprise de serrurerie familiale. Il garde aussi le petit boulot qu’exerçait son père à côté.
Mais la quête de vengeance est toujours présente dans la vie de cet homme. Il retrouve son tortionnaire, s’inscrit dans son club de golf, où il passe complètement inaperçu. Il trouve la manière de faire souffrir Keith Manson-Green. Sa seconde épouse Shirley May, allumeuse notoire… quelques lettres anonymes, pour rendre son époux jaloux… puis il tue la femme volage. Le mari est accusé, condamné à mort, c’est le crime parfait.
Un crime parfait c’est rare, mais deux c’est exceptionnel.
Une excellente nouvelle !
Dans l’essai qui donne son titre à l’ouvrage, P.D. James nous parle de sa façon d’écrire et des écrivains qui l’ont inspirée, pratiquement que des femmes. Dorothy L. Sayers, Margery Alligham et Ngaio Marsh, sans oublier Agatha Christie.
En fin de livre : « Découvrez l’œuvre magistrale de P.D. James » qui détaille donc la bibliographie de P.D. James puis «  Autres romans et recueils de nouvelles ».
Pas de personnages, à part dans la nouvelle et encore dans ce texte ils ne sont que trois, la victime, le bourreau et l’épouse du bourreau !
Une très belle plume, une romancière que je n’ai plus lu depuis des années, mais j’ai vu dernièrement le film «  Les fils de l’homme » tiré d’un de ses romans, titre un peu à part dans son œuvre.
Extraits :
- Les sept années que j'y passais, de onze à dix-sept ans, furent des années d'enfer.
- On finit quand même par oublier la cruauté de l'enfance, vous direz-vous, ou du moins, elle vous sort de l'esprit. Mais pas cette cruauté-là, et pas de mon esprit.
- Mais je savais il y avait là un danger : celui que l'anticipation devienne une fin en soi.
- Le jeune garçon ordinaire pas très grand et affublé de lunettes était devenu un homme ordinaire, pas très grand et affublé de lunettes.
- C'était sa femme trophée, blonde, fausse bien sûre, voluptueuse aux longues jambes, la séduction incarnée par les vedettes de série B.
- Rien de tel qu'un puissant mélange de mystères et de violence pour unir l'humanité entière.
- Ross Mc Donald nous fait comprendre la vie en Californie avec plus de profondeur et d'acuité que n'importe quel livre de voyage.
- Rien de plus facile que d'écrire un roman policier, rien de plus difficile que d'en écrire un bon.
- Peut-être parce que, paradoxalement, l'écrivain doit à la fois s'impliquer complètement et pourtant resté détaché de son travail.
Éditions : Fayard/ Noir (2020) .
Titre original : The Part-Time Job.( 1982)
Murder Most Final. ( 2010).
Traduit de l’anglais par Anne Durban.