Rennes
Rennes No(ir) Futur.
Collectif.
(Calibre 35)

Note : 4 / 5.
La ville de Rennes n’est plus ce qu’elle était.
Recueil de 14 nouvelles groupant des auteurs « maison » et 3 lauréats du concours de nouvelles lancé à cette occasion :

Liste des auteurs par ordre alphabétique :Isabelle Amonou, Claude Bathany *, Thierry Bourcy, Nathalie Burel, Danü Danquigny, Benjamin Dierstein, Thomas Geha, Stéphane Grangier*, Arnaud Ladagnous, Stéphane Miller, Frédéric Paulin*, Élodie Roux-Guyomard, Christophe Sémont, Erik Wietzel.
Les trois lauréats du concours de nouvelles sont: Arnaud Ladagnous, Stéphane Miller et Élodie Roux-Guyomard.
Cet ouvrage débute par une présentation de l’éditeur Jean-Marie Goater.
« Reconstruction ». Clara, après 14 ans d’absence, revient à Rennes pour retrouver Ronan. Mais la ville, à moitié détruite, n’a pas supporté la dernière tornade. Certains enfants étaient des « sauvageons », livrés à eux-mêmes et devenus des vrais sauvages !

« Utopie vaudou » est la nouvelle la plus étrange de ce recueil. Comment transformer la pensée et les agissements de la foule ? Cela fait froid dans le dos. Une bonne dose d’humour malgré tout :
- …faisait obligation à chaque citoyen français d'apprendre et de maîtriser la langue bretonne pour 2032, soit pour la célébration des 500 ans de l'annexion de la Bretagne au royaume de France.
«  And Who Hears When Animals Cry ? ». Un monde futuriste comme d’habitude pas franchement réjouissant. Mais un monde pas trop lointain dans le temps.
« Roazhoncop. » Les autorités obnubilées par la sécurité ont créé un robot qui, à l’instar du film « Robotcop », est là pour assurer la sécurité de la ville !
« Bêtes Devis Eyes ». Quand le bâtiment va, tout va, et Rennes semble être une ville pleine d’avenir, alors les promoteurs se régalent. Mais le passé rejoint le dénommé Laberwracht !
« Gibier de potence » est une de mes nouvelles favorites de ce recueil. Kakfa et sa collègue Paris de la BriVé. Rennes est devenue une ville où la consommation de viande est strictement interdite. Alors quand des habitants dénoncent un barbecue clandestin, ils doivent intervenir… mais leurs relations professionnelles seront mises à mal ! C’est triste un monde totalitaire.
« Ravages » porte bien son titre. Rennes est coupée du monde, les gens tombent comme des mouches, comment faire pour survivre ? Puis vient la pluie… L’Apocalypse !
« Au-dehors ». Dedans ou dehors, le but, c’est vivre… plutôt survivre. Alors reste l’exode vers le sud, tenter de fuir la mort promise. Alors, le sud, la terre promise ? Un texte qui fait froid dans le dos, surtout en ce moment.
Une kyrielle de personnages au fil de ces textes, un dénommé Raphaël qui pour changer de sa poupée gonflable dernier cri aimerait mieux connaître une de ses voisines Romy… la rencontre va avoir lieu, enfin !
Loïc Gribiche habite une ville de Rennes régulièrement inondée, pendant que sa compagne Soe prend sa douche, il regarde un jeu télévisé, des chasseurs, une proie humaine, le tout en direct, c’est marrant sauf que, c’est lui la proie !
Une guerre civile décime la ville de Rennes. Freddie doit aller dans le camp de l’Union chercher Germaine Petrograd, épouse de Gwenc’hlan, chef de la Zone Rouge, la belle n’est pas trop d’accord !
Une dénommée Rocky Malone vient enquêter aux Trans Musicales où une nouvelle drogue va faire son apparition. Là aussi son passé va la rattraper ! Une autre femme qui a une drôle de manière de faire son « Ménage de Printemps » !
Des écritures très différentes les unes des autres comme toujours dans les ouvrages collectifs. Des textes que je trouve un peu inégaux.

La couverture est belle et la présentation intérieure originale, chaque texte étant annoncé par une page noire et titre en grosses lettres blanches.
Ayant travaillé presque 10 ans sur Rennes et ayant beaucoup fréquenté son salon du livre, c’est très émouvant de découvrir, même si ce n’est pour l’instant que sur le papier, cette ville en proie à la décrépitude et à la barbarie. Ce n’est pas et loin s’en faut, un guide touristique ! La plupart des livres parlant de l’avenir du monde, la décrive comme très sombre, celui-ci ne fait pas exception à la règle.
Malheureusement toutes ces histoires sont plus que probables, mais j’espère que nous ne serons plus là pour le voir.
Extraits :
- Rennes aussi devrait se réveiller, de l'autre côté de la rivière. La ville est étrangement silencieuse.
- Il se demandait comment l'aborder et, surtout, si elle acceptait de faire l'amour. Et lui, en serait-il capable ?
- L'amende pour défaut de présence paternelle à un accouchement sans le consentement de la mère est assez coquette. L'opprobre publique aussi.
- On a gardé cet enseignement des pays de l'Est, à partir de six personnes dans une pièce, il y a forcément un délateur.
- Suivez en direct les efforts de nos détectives d'un jour, et mieux, participez à la marche de la Justice en aidant nos candidats à appréhender le malfaiteur.
- En réalité, les crises arrangeaient une élite de plus en plus égoïste, et c'était bien tout.
- La solitude, c'était le rendez-vous avec soi-même.
- Sans compter qu'avant mes vingt piges, je m'étais envoyé tout ce que la pharmacopée alternative mettait sur le marché.
- Eux, ils ne sont pas mobilisés lorsque les communautés s'affrontent dans la ZUP. Mais comme leurs collègues de la municipale ils ont droit de se servir de leur arme pour tuer.
- Le plus ennuyeux, c'est qu'il a du mal à tenir en place mon Lulu. Il n'est pas le seul : on aimerait tous sortir de cette situation de fous et au plus vite.
Éditions : Goater Noir (2020).
Très belle couverture de Macula Nigra.
Autres titres de cette série de nouvelles chez le même éditeur et sur ce blog :
Rennes, ici Rennes.
Maillot noir.