Vik
Vík.*
Ragnar JÓNASSON.

Note : 4 / 5.
Retour mortel.
Retour en Islande, après « La dame de Reykjavík » avec ce même auteur mais dans une série différente.
Roman en trois parties :
« Prélude à la mort », « Mensonges » et « Innocence ».
Nous sommes dans le nord de l'Islande près du cercle polaire. Une carte permet de nous situer, il y a également en début de ce volume un guide de la prononciation qui peut être très utile.
Dans un très court prologue, une petite-fille tombe de la falaise et meure quand elle heurte la pierre.
Nous sommes quelques jours avant Noël, après une vingtaine années d’absence, Àsta Kàradòttir retourne à Kàlshamarsvìk, dans la péninsule de Skagi où elle a passé une partie de son enfance.
Elle est plutôt fraîchement accueillie par Thòra qui lui dit :
- Il n'aurait pas aimé que tu reviennes ici.
De qui parle-t’elle ?
Elle habite ici depuis des années avec son frère aîné Òskar.
Ils résident dans cette grande maison qui appartient à la riche famille Akason dont a hérité le fils Reynir, qui est un homme connu dans le pays. Un de leurs voisins, Arnòr vient les rejoindre. Tout ce bon beau monde se connaît depuis des dizaines de décennies.
Mais Àsta est découverte morte au pied de la falaise… la même où sa mère et sa sœur ont elles aussi chuté… trois membres de la même famille mortes au même endroit, on peut difficilement parler de coïncidence !
L’inspecteur Ari Thòr et Tòmas, un de ses collègues, arrivent sur place, Ari est accompagné de sa fiancée Kristin qui attend un heureux événement.
Mais pour l’instant il faut comprendre et savoir si c’est un accident, un suicide ou un crime.
Dans le phare proche de la maison des traces de sperme sont découvertes ? Viol ou relation librement consentie ? Et seuls trois hommes sont de possibles suspects ? Encore un problème supplémentaire. Et quand Thòra est découverte morte dans son lit une autre question se pose. Elle était très malade et ses jours étaient comptés… mais si elle avait été assassinée, mais par qui ?
Toujours les trois mêmes suspects. Mais que serait le mobile de ses morts mystérieuses échelonnées sur des dizaines d’années ?
Et s’il fallait revenir en arrière, fouiller dans l’histoire de ces familles que peut-être un secret ancien relie à ces décès ?
Thòra avait parlé du prénom d’une inconnue Sara. Si la solution des énigmes dépendait du témoignage de cette enfant devenue une femme maintenant ?
Peu de personnages, les riverains de cette baie, qui sert de titre au livre.
Un frère et une sœur, tellement dissemblables que l’on peut se poser la question de savoir s’ils ont un père commun. Un voisin mal marié, un homme célèbre qui gère l’héritage de son père. Et cette péninsule qui semble les garder prisonniers !
Un bon roman noir dans un décor grandiose mais qui fait froid dans le dos.
Une enquête prenante, pleine de surprises.
Extraits :
- Elle resta un moment à contempler la maison, une très belle bâtisse deux étages avec sous-sol et grenier. Érigée quelques dizaines d'années auparavant elle semblait encore plus ancienne à cause de son architecture.
- En réalité, le bruit de la mer n'était pas seulement une réminiscence, mais plutôt une présence incontournable qui cherchait maintenant à couvrir le rugissement du vent.
- Croupir était le mot, on ne peut plus proche de la réalité. La vie, sournoise, les avait confinés sur cette pointe à Kàlshamarsvìk.
- La mère et les filles, j'ai pensé qu'elles étaient maudites, pour ainsi dire.
- Tu as raison. Quelque chose en elle me dérange. Il faudra qu'on interroge à nouveau demain. Elle en sait plus qu'elle ne le dit.
- Elle recevrait d'Òskar un cadeau de Noël : un livre, comme d'habitude. Ils respectaient tous les deux cette vieille tradition islandaise d'échanger des livres à Noël.
Éditions : Éditions de la Martinière. (2019).
Titre original : Andköf (2013).
Traduit de la version anglaise par Ombeline Marchon.
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
La dame de Reykjavík
* Une enquête à Siglufjördur.