L'agence
L’agence.
Mike NICOL.

Note : 3,5 / 5.
Panier de crabes à la sauce sud-africaine.
Je découvre cet auteur Sud-Africain dont plusieurs ouvrages ont déjà été traduits en français.
Roman en deux parties : « Un meurtre nécessaire » et « Deux coups de semonce dans le cœur ».
Des hommes montent un assassinat politique, un homme, le colonel Kolingha est blessé et dans le coma, sa fille est tuée, sa femme Cynthia échappe à la tuerie. Ils sont étrangers venant de République Centre Africaine ; alors la police pense à un crime politique.
Vicky est une jeune mais belle espionne, c’est sa première mission à l’étranger. A Amsterdam, elle est en relation quasi permanente avec son chef Henry Davidson. Sa mission : elle doit rencontrer Linda Nchaba, une compatriote, mannequin et maîtresse de Zama, un des fils du président Sud-Africain. Linda doit lui remettre une clé USB, ce qu’elle fait par voie détournée. Puis Linda semble avoir fait un malaise et est emportée par des hommes de la sécurité ! Vicky doit également rencontrer un vieil allemand qu’elle retrouve mort chez lui à leur
seconde rencontre.
Retour en Afrique, des petites filles sont gardées prisonnières par une très belle femme qui semble leur témoigner de la sympathie, qui est-elle ? Et pourquoi ces petites filles, dans quel but ?
Fish Pescado, détective surfeur et petit ami de Vicky, est chargé par Cynthia Kolingha, veuve du colonel assassiné d’enquêter sur la mort de celui-ci. Quelques cadavres dépareilleront le décor.
Des rebellions, des tentatives de coups d’état, du favoritisme et des promotions canapés, des cadavres, le monde politique sous le regard clinique de Mike Nicol.
Une multitude de personnages dans ce roman traitant de la corruption en Afrique du Sud. Un président libidineux ne s’encombrant pas de principe, des anciens de la lutte armée qui gouvernent surtout pour leur propre enrichissement, des trafics en tous genres, en particulier d’êtres humains, sans compter la drogue et l’argent sale ! Bref tout va bien sous le soleil ! Même les pauvres devraient être heureux !
Ce roman n’est pas et loin s’en faut une commande de l’office du tourisme national ! Les paysages sont beaux, les hommes et les femmes dont il est question ici, à quelques exceptions près, sont plutôt infréquentables ! Surtout ceux au pouvoir.
Le monde politique de l’Afrique du Sud passé à la moulinette ! Il est dur de trouver un politicien intègre dans ce livre !
Malgré que ce livre soit agréable à lire, j’ai au final un avis mitigé, cela
commence en Europe par ce qui pourrait être un roman d’espionnage pour se terminer en roman noir africain. J’ai trouvé beaucoup trop de personnages et de longueurs.
Extraits :
- Ils l'ont déshabillée. Ils se sont rincés l'œil. Sans doute ont-ils pris
des photos.
- Prosper est de la vieille école. Il a suivi une véritable formation en RDA. Passer plusieurs années dans les camps en Angola. Exécuter des contrats dans les townships. Prosper saura régler le problème.
- Le président aime les fêtes. Il aime l'obéissance, la déférence, la peur qu'il décèle chez ses invités. Il aime les jolies filles également. L'éclat de leur peau, leur odeur, leur façon de marcher, de rire.
- Menteur. Le mensonge fait partie des spécialités de Zama. Son monde est un mélange de réalité et de fiction. D'omissions.
- Il y a toujours quelque chose à vendre. Et quelqu'un prêt à acheter.
- Un coup d'État ? C'est quoi au juste ? On appelle ça un redéploiement. Et ils ont besoin de quelqu'un pour faire le boulot.
- La terre. Le sang versé pour la terre, toujours.
Éditions : Gallimard / Noir. (2019).
Titre original : Agents of State ( 2016).
Traduit de l’anglais (Afrique du Sud) par Jean Esch.