La dame de R
La Dame de Reykjavik.
Ragnar JÓNASSON.

Note : 5 / 5.
Cold Case à l'Islandaise.
Auteur islandais que je découvre avec ce titre, qui n'est pas son premier traduit en français.
Roman se déroulant sur 2 jours, plus un dernier jour et un épilogue.
Hulda Hermannsdóttir, soixante quatre ans, est une inspectrice de police qui a consacré toute sa vie à son métier. Alors quand sa hiérarchie la pousse sans aucune élégance vers la sortie, il faut, parait-il, rajeunir les effectifs. Le problème est qu'Hulda a peur de la solitude alors elle aurait aimé le plus tard possible.
Seule concession qu'elle obtient : ouvrir un « Cold Case » et avoir 15 jours pour le résoudre. Elle choisit de rouvrir l’enquête qui a conclu au suicide par noyade d'une demandeuse d'asile russe, Elena.
Bien vite elle se rend compte qu'Alexander, qui l'a précédé sur cette enquête, a pour le moins bâclé le travail ! 
Après avoir été au foyer des personnes en attente du statut des réfugiés, l'avocat lui dit qu’Elena avait obtenu ses papiers et qu'elle pouvait rester en Islande, alors pourquoi se suicider ? Il lui révèle qu'il semblerait qu'elle se prostituait... alors la demande de visa pour cacher autre chose ?
Car le moins que l'on puisse dire c'est que le travail d’Hulda déplaît souverainement et à beaucoup de personnes dans la police. Le responsable de la police des mœurs semble ne pas connaître de proxénètes en Islande. Une ancienne collègue d'Hulda lui donne un nom du bout des lèvres, Aki Akason, qui semble un citoyen au dessus de tous soupçons vivant dans un quartier cossu… Seule chose qui pourrait l'incriminer, la responsable du centre dit avoir vu Elena partir avec un homme en 4x4 noir, comme son propre véhicule ! Mais la description ne correspond pas ! 
Par contre elle correspond à Bjartur, traducteur de russe, qui s'est occupé des démarches pour Elena. Mais il n'a pas la tête d'un tueur !
Hulda apprend qu'il y avait une seconde jeune femme russe, Katja, qui s'est évaporée...
Nous suivons en parallèle une difficile randonnée dans la neige et le froid, entreprise par une femme et un homme, leur but : passer la nuit dans une cabane située au bout du monde.
Sur Hulda Hermannsdóttir, policière intègre, on découvre au fil des pages son existence tourmentée, bébé mis en foyer, vivant avec sa mère et ses grands parents, des décès parmi ses proches. Et cette dernière enquête pour clore sa carrière, mais qui tourne au fiasco... 
Elena, jeune russe retrouvée noyée ? Suicide ? Cela semble très étrange.
La police semble ne pas avoir fait le nécessaire, en particulier Alexander, un autre policier... la honte de la profession !
Un excellent roman, plein de fausses pistes, avec une fin inattendue.
Un auteur que je vais suivre dorénavant.
Extraits :
- Certains auraient parlé d'intuition, mais Hulda détestait ce mot, l'alibi commode des flics paresseux.
- Accepter son âge était une chose ; accepter la retraite en était une autre.
- C'était sans doute cela, le pire : n'avoir personne qui se préoccupe de soi.
- Aujourd'hui, elle s'était plus ni moins fait virer. On lui avait demandé de vider son bureau, de dégager ; on l'avait balayé comme un vulgaire détritus.
- Heureusement, le crime organisé n'a pas vraiment ses habitudes en Islande.
- Quelle était cette citation de l'évêque Vidalin déjà ? « La colère attise un brasier démoniaque dans les yeux des hommes. » Une sensation qu'elle ne connaissait que trop bien.
- Elle ne comptait aucun ami dans la police.
- Malgré le soupçon qui croissait en elle, elle continuait de considérer la présence de Baldur Albertsson comme agréable et pas du tout menaçante.
- Je n'ai pas toujours eu le choix, vous savez ! Pendant des années, vous et vos copains vous ne m'avez pas vraiment montré ce qu'était le travail d'équipe.
Éditions : La Martinière (2019).
Titre original : Dimma (2015).
Traduit de la version anglaise, d'après l'islandais par Philippe Reilly.