La veste

La veste*
Léo VILLOTS .
Note : 4, 5 / 5.
Le monde est cruel !
J'avais beaucoup aimé de Léo Vilots, son premier roman « Maléfiques ». Nous le retrouvons aujourd'hui avec un recueil de six nouvelles.
Titres des nouvelles :
Appendice (Sans bêtas, pas d'alpha) ; La veste ; Le brin de muguet ;Le coucou ; D'outre-tombe et Côté obscur.
La nouvelle qui commence ce recueil « Appendice (Sans bêtas, pas d'alpha) » nous décrit la cruauté des enfants, des garçons en l’occurrence, vis à vis d'une fille sans défense. Heureusement un professeur la prend sous son aile. La suite, le narrateur la connaîtra des années plus tard... et elle n'est pas des plus belles !
« La veste ». Martin, c'est le bon copain, un peu transparent mais sympathique, pas une ombre mais pas loin. Un matin, il est en retard et comme c'est un homme chanceux, sa voiture refuse de démarrer ! C'est un matin qui paraît comme les autres, pluvieux, mais il rendra une certaine dignité à cet homme.
« Le brin de muguet ». C'est l'histoire de Sophie racontée par une amie. Sophie est jeune, juste vingt ans. C'est normalement le bel âge, mais pas forcément durant l'été 1944, quand la demeure familiale est occupée par les Allemands. Un caporal, Frantz, se lie d'amitié avec elle, il parle un peu français, il a une épouse et des filles là-bas, chez lui. Cette histoire connaîtra son épilogue bien des années plus tard... Quelle horreur la guerre !
« Le coucou ». Il n'est pas toujours bon de visiter les cimetières, on y découvre des cadavres bien cachés, dans une tombe par exemple. Décidément les Rastignac ne sont pas des gens fréquentables !
« Côté obscur ». Un ancien légionnaire revient à Dinan, la tête pleine de souvenirs, son ami Fãnch, copain de boisson, Pauline dont il a été follement amoureux. Sa fuite, la légion, pour oublier mais pour oublier quoi ? Et pour qui ce retour ?
Laurence, une pauvre gosse, prise en grippe par les garçons de l'école, Martin un homme qui va toujours bien... enfin qui le dit ! Sophie, elle a été prise dans les tourments de l'histoire, un homme qui retrouve un amour de jeunesse, amour à sens unique, hélas pour lui à l'époque! Un homme travaille dans un hôpital qui sait pertinemment qu’une de ses patientes va mourir cette nuit !
Un recueil avec des textes de qualité, ce qui n’est pas toujours le cas des protagonistes de ces dits textes ! Des gens hélas dépassés par certains événements.
Extraits :
- Non, je n'y étais jamais retourné, dans ma cour de récré. Rien n'a vraiment changé, à part la couleur des années et le vide d'une absence, celle du marronnier.
- La meute, toujours la meute, bête et méchante couvrant le salopard d'une couronne de laurier, validait le crime, l'élevait même au rang d'exploit.
- Tout cela vous le savez, vous avez donc choisi le camp de celles et ceux qui vont toujours bien.
- Martin venait d'ôter les bouts de scotch qui maintenaient autant que possible les derniers artifices du mariage parfait. Dans la famille 
« reloud » je voudrais Martin, l'homme qui marche avec des palmes.
- J'aime les matins de printemps quand la rumeur des nids précède le jour. La douce mélodie des frondaisons chuchotée à l'oreille se fait l' écho de la ligne d'horizon qui couve sous les braises avant d'allumer le ciel.
- Le colosse glisse lentement, tel un escargot impassible, en direction du large. Je l'observe un moment, presque jaloux. J'aimerais monter à bord, partir moi aussi et continuer le voyage. Un dernier rêve !
- Le soleil s'en est allé. Il a d'abord fondu, flavescent, puis glissé peu à peu derrière l'autre versant. Il n'en reste qu'une lueur vague, chromée, blanche et laiteuse qui profile au loin la silhouette des arbres nus, bras écartés, telle des esquisses tracées à l'encre de chine.
- Quand il arrive à l'hôpital, le ciel a tiré son rideau de nuit. Elle l'attend, il le sait. Il la devinerait presque à la fenêtre, derrière le volet roulant entrouvert.
- Car cette sensation étrange, cette foutue impression qu'ils sont deux à penser, s'impose de plus en plus. L'un nie, l'autre guide. Si le premier semblait dominer la relation jusqu'alors, le second s'affirme aujourd'hui, prend le dessus même.
Éditions : Libranova (2019).
Autre titre de cet auteur sur ce blog :
Maléfiques.
* Et autres nouvelles.