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Maléfiques.
Léo VILLOTS.
Note : 4 / 5.

Ainsi va parfois la vie….
Premier titre d’une nouvelle collection aux éditions de la Gidouille. La Gidouille Noire. Premier roman d’un jeune auteur né en 1969.
Un peu d’humour dans ce qui va devenir un monde de brutes, un message de l’auteur à la Gidouille pour Noël, et la réponse de la dite-Gidouille la veille de la venue du Père Noël.

Un court prologue nous plonge dans une ambiance qui, elle, n’a rien de festive.
Rozenn marche dans la neige, pas facile d’accéder à sa maison retirée dans la campagne aux alentours de Rennes. Deux sentiments contradictoires l’animent, la hâte de regagner la chaleur de son foyer, mais la peur de la violence que lui réserve Cyril son époux. En effet celui-ci sans travail boit de plus en plus et se montre souvent violent. Et ce soir, encore une fois cela ne loupe pas…
Élodie, l’infirmière, est au chevet de Monsieur Rodrigue. Un respect mutuel qui s’est transformé en amitié, rend son travail avec ce patient très agréable. Ils ont toujours un mot gentil l’un pour l’autre… Ce qui n’est pas le cas avec tous les autres pensionnaires, un certain Serge Bellec en particulier, personnage pervers et provocateur.
Commence alors un chassé-croisé entre ces deux histoires qui sans le savoir encore ont un point commun, mais lequel ?
Pourquoi cette litanie d’agressions et de morts, parfois violentes autour de ces deux femmes qu’apparemment rien ne relie ?
Qui est cet homme très serviable prénommé Cyril, comme son époux, qui vient spontanément en aide à une Rozenn désemparée ?
Beaucoup de personnages souvent très attachants, Rozenn, femme battue,  Élodie, infirmière dévouée, mais victime à son travail d’une machination visant à la discréditer, monsieur Rodrigue, seul homme fréquentable de ce récit qui ne veut pas mourir avec son lourd secret.
Le reste des personnages masculins ne sont hélas pas des gens très recommandables, pour ne pas dire, pas fréquentables du tout !
Une belle écriture, un suspense qui ne se dément pas.
Une très agréable lecture pour un bon premier roman.
Extraits :
- Puis l'alcool... Et la violence. C'est pour ça que Rozenn a appris à se taire.
- Vous êtes la fille que j'ai toujours rêvée d'avoir, avait-il déclaré dans un élan de confidence.
- Un marionnettiste fatigué de jouer avec ses pantins, voilà l'image qu'il inspire, un pervers lassé des proies trop faciles.
- Vous me faites une réponse digne du Docteur Lapalisse, ma chère Élodie, rétorque aussitôt Monsieur Rodrigue afin de désacraliser ce moment de confidence intime en y incluant une touche d'humour bienvenue.
- La radio locale diffuse Bro gozh ma Zadoù, l'hymne breton. Elle sourit.
- Il a sa tête des mauvais jours, à supposer qu'il en ait une autre pour les bons.
- Elle s'y voit déjà, dans son petit appartement, le métro juste à côté, ou le bus, le cinéma, les musées, la vie, la ville, quoi !
- Où se cache le marionnettiste, le magicien qui anime son pantin avec des sourires, avec des pleurs, qui donnent pour reprendre, pour sommer l'illusion d'une bougie allumée qui fume en s'éteignant ?
Éditions : La Gidouille / Noire (2018)