C'est la faute du vent

C’est la faute du vent... *.
Jean FAILLER.

Note : 4 / 5.

Au-temps en emporte le vent.
C'est avec plaisir que je retrouve Mary Lester pour ce cinquantième roman, toujours signé de Jean Failler.
Un homme, Armand Demaisieux, marche dans la baie d'Audierne. C'est un acteur en vogue, qui, entre deux tournages, vient se reposer en ce lieu. Au cours de sa promenade, il croise une femme boitillant qui vient de se tordre la cheville. En homme galant qu'il est, il la persuade de s'arrêter chez lui et lui prodigue les premiers soins. Il la raccompagne ensuite à l'hôtel. Elle se nomme Florence de Saint-Marc, vice-championne olympique d'équitation. Ils prennent l'habitude de se voir et une romance naît entre eux. Mais un jour au cours de leur promenade amoureuse, ils découvrent le cadavre d'une femme dans un endroit désert près d'un blockhaus, vestige de la dernière guerre. Sur un papier froissé dans la poche de la victime figure le nom de Mary Lester, qui de  ce fait se trouve partie prenante dans l'enquête avec les gendarmes et le peu sympathique major Papin, commandant de la brigade de gendarmerie de Pont-l'Abbé.

Qui est cette femme et qui l’a tuée ?
Et si le mystère se trouvait à Kerplouz, cette maison abandonnée, depuis la mort des propriétaires et vendue depuis à un riche politicien allemand. La fille de la famille vit en région parisienne, et le fils hante souvent les lieux entre deux séjours en hôpital psychiatrique. 
Un détail dénote dans le paysage, pourquoi cette demeure n’a t’elle pas été restaurée pas son nouveau propriétaire ?
Et un second cadavre est découvert… 
Mary Lester, toujours égale à elle-même… fine enquêtrice pleine d’humour et son adjoint Fortin, colosse placide mais efficace, les deux font toujours la paire. 
L'acteur de cinéma et la vice-championne olympique d'équitation, forment le couple sympathique de ce roman, et le major Papin, l'image d'Épinal du gendarme borné et jaloux de ses prérogatives. 
Milar, un pauvre homme, un niais, parlant uniquement le breton semble le coupable idéal.

Et bien entendu quelques truands mal intentionnés sous couvert d’actions politiques.
Georges Brassens chantait « Lle temps ne fait rien à l'affaire ». Partant de ce principe, les aventures de Marie Lester sont toujours un régal de lecture, malgré le temps qui passe. Une histoire d'actualité bien dans l'air du temps.

C’est toujours amusant qu’une histoire se passe dans des lieux connus, ici les environs de la pointe de la Torche, et Saint Guénolé et de Penmarc’h où se déroule le festival du Goéland Masqué et où je rencontre Jean Failler.
Extraits : 
- Un paysage grandiose défiguré par la verrue de béton bâti par les nazis et de laquelle, trois quart de siècle après leur départ, sourd encore comme un parfum de mort.
- Il pensait n'avoir fait que son devoir en prévenant les autorités et il n'avait jamais envisagé qu'un gendarme trop pointilleux transformerait cet acte de civisme élémentaire en cauchemar.
- On dit que chercher à comprendre c'est commencer à désobéir.
Parce qu'on les voit venir de loin, et surtout que sur cette terre de pilleurs d'épaves, on se méfie comme de la peste de tout ce qui porte l'uniforme, surtout si c'est un uniforme de gendarme.
- Sauf votre respect, c'est bien rare que les financiers internationaux oublient la plus petite parcelle de leur patrimoine.
- Quel âne ce gendarme ! Milar ne parle que le breton ! Je vous assure qu'il est parfaitement audible.
- Elle retourna auprès de Milar qui n'avait pas bougé, ouvrit son ordinateur portable et entreprit de lui faire la conversation en breton.
- Et du breton bégayé, bredouillé, le tout avec l'accent bigouden, il n'y a pas grand monde qui peut le comprendre.
Éditions : Palémon éditions. (2018).
* 50ème enquête de Mary Lester.