Un corniaud
Un corniaud chez les pandores.
Jean-Pierre SIMON.

Note : 3, 5 / 5
Castagne en Bretagne.
Pour ce 24ème volume des aventures de Léo Tanguy, c’est Jean-Pierre Simon qui prend la plume.

Cet ouvrage commence par une introduction rédigée par l’auteur, suivi d’un poème « Les mots » écrit par ce même écrivain !
Un roman en 26 chapitres et un épilogue pour continuer la série des Léo Tanguy.
Nous sommes à Pluduno dans les anciennes Côtes du Nord, rebaptisée « Côtes d’Armor », ce qui est nettement plus poètique.
Dans le combi bariolé de Léo Tanguy, les gendarmes trouvent une feuille de papier A4 avec en caractères majuscules le message suivant sur fond de drapeau breton :

       « LA BRETAGNE AUX BRETONS C’EST POUR BIENTÔT » !
Message anonyme, mais tout le monde comprend, c’est une revendication de l’ennemi public n° 1 des autorités en Bretagne. Le dénommé Jakez Salaun.
Sorte de mafieux-mystique qui se sert d’une revendication politique sur l’indépendance de la Bretagne, pour piller et voler aux quatre coins des 5 départements formant la Bretagne originelle.
Léo a été kidnappé. Pour servir de plume officielle du personnage, il devra rendre compte en direct des méfaits de la bande. Par exemple la mise à sac des villas appartenant à des non-bretons entre autres ! La technique, plusieurs méfaits durant la même nuit.
Léo fait donc la connaissance du reste de la bande de truands reconvertie dans le terrorisme politique, chercher la femme Éléonore Partansec dite « La Girouette », maîtresse et esclave du chef. Les hommes de mains parmi lesquels Porte-char, Chauffe-Marcel, le roi du chalumeau ou une pièce rapportée « Le Toureangeau » !
Et c’est parti pour un Tro-Breizh des coups fourrés, Léo parvient à s’échapper. La chasse commence mais les chasseurs et le gibier ont inversé les rôles.
En fin d’ouvrage un petit tour en Afrique, comme au bon vieux temps de la Françafrique, on s’attend presque à voir Jacques Foccart surgir…
Beaucoup de personnages donc, certains un peu ambigus. Qui est réellement Éléonore Partansec qui a aidé Léo à prendre la poudre d’escampette ? Qui est  Le Maout qui ressurgit de la nuit des temps ou alors Amalric Treuzwick, abattu d’une balle en pleine tête ? Un général qui semble avoir la tête dans les étoiles ? Aurore une belle femme pleine de tempérament ?
Beaucoup d’humour, des références musicales allant de Gilles Servat à Bobby Lapointe ou littéraires de San Antonio à Mary Lester en passant par Pierre Dac.
Extraits :
- Pour Arsène Lupin, tu repasseras : tu n'es pas un gentleman. Un boucher, à la rigueur.
- Madame dévoile sous sa nuisette arachnéenne des appâts empâtés, manifestement reconstruits dans un institut spécialisé que le regretté Bobby Lapointe aurait situé à Angers.
- Les Américains ont déjà reconstitué la Bretagne historique, puisque la compétence du magnat englobe la région nantaise.
- Le nord des Côtes-d'Armor n'est pas l'Afghanistan, mais la variété des paysages, la côte surpeuplée avec tant de maisons inhabitées pendant la morte saison, cela ne se fouille pas comme une tour d'habitation.
- Décidément, quand il est question d'argent, le maintien de l'ordre est une notion accessoire.
- Ça ne traîne pas, fait Léo, me voilà bombardé VIP glauque !
- Sans compter qu'il se trouve sans doute des nostalgiques du FLB, des vieux de la génération de mes parents, pour apporter une muette complicité à ce nouveau chevalier de la liberté bretonne.
- Voici Léo sur la route de Quimper, comme dans la chanson de Gilles Servat.
Éditions : La Gidouille (2018).