Anges de la Désolation
Anges de la Désolation

Jack KEROUAC.
Note : 4 / 5.
Après la Désolation… la dégringolade !
Je suis un fan de ce compagnon de route littéraire qu'est Kerouac. Il est avec Xavier Grall un des auteurs qui m'ont fait aimer la lecture.
La seconde partie de ce livre « En passant » a déjà fait l'objet d'une traduction sous le titre « Les anges vagabonds » en 1968, dont la chronique est disponible sur ce blog.
Où situer cet ouvrage dans la bibliographie de Jack Kerouac ?
Il semble avoir été écrit si j’en crois la biographie de « Les vies parallèles de  Jack Kerouac », entre 1956 et 1961 et édité aux États-Unis en 1965.
- Sur la quatrième de couverture une note en bas de page nous éclaire un peu :
- En 1968, les éditions Denoël avaient publié une partie de cet ouvrage sous le titre « Les Anges vagabonds » Nous publions aujourd’hui le texte intégral de ce roman dans une nouvelle traduction.
Le livre « Un » qui a pour titre « Anges de la Désolation » comprend deux parties : « Désolation dans la solitude » et « Désolation dans le monde ». Ce texte de 308 pages est le plus important des deux.
Avant ces voyages, il y eut ces mois passés dans la plus grande solitude aux sommets  du Mont de  la Désolation », écrasé par la silhouette du mont Hozomeen, où il devait surveiller des éventuels départs de feu de forêt. Solitude juste troublée le soir par les vacations radio des autres guetteurs.
Descendre vers la civilisation même si l’on n’éprouve aucune attirance pour elle, mais dont on ne peut se passer.
Descendre, ce sont les nombreuses tentations imaginées durant tous ces moments de grand vide, lorsque la raison parait dérailler ! Où le vide devient une sorte obsession :
- Mais je serais le Vide, bougeant sans avoir bougé.
Alors pour passer le temps, il reste les fameuses parties de base-ball avec un  jeu de cartes, distraction inventée par Jack Kerouac et Lionel, un de ses amis.
Prévisions de voyages, l’Ouest, la Californie puis Mexico… mais la route est longue.
Jack Kerouac mélange à plaisir le passé et le présent tout en imaginant la fin de son séjour sur le mont de la Désolation et le voyage qu’il a prévu de faire ensuite !
La vie quotidienne, la solitude profonde, les pensées entre réflexions religieuses ou  plaisirs de la table ou de la chair.
Puis la dureté du retour vers le bateau qui doit l’attendre, la pente est escarpée et la descente pratiquement plus dure que l’ascension, les chaussures très usées et cailloux coupants. Chemins de croix.
- Et le monde qui m’attend !
Mais avant il y a Seattle, et d’autres escales, de plus en plus alcoolisées….
Comme dans tous les livres de Jack Kerouac les personnages sont nombreux, des anonymes, gardes forestiers comme lui dans la montagne, des amis écrivains ou poètes devenus célèbres ou pas !
Ce livre « Un » recèle encore un peu de gaité dans de nombreuses pages, où d’ailleurs il reparle de Maggy Cassidy, la belle irlandaise, grand amour de jeunesse pour qui il a écrit certainement son livre le plus apaisé.
Pour le livre « Deux », on peut se référer à ma propre chronique, « Les anges vagabonds », ouvrage séparé du même texte, mais dans une autre traduction.
Dur retour à la réalité pour Jack Kerouac, mais qui justifie ici sa réputation d’écrivain voyageur !
Ce livre fut écrit entre 1956 et 1961, pour des événements s’étant déroulés en 1956 et 1957 dans des lieux aussi divers que la côte Ouest des U.S.A, Mexico, Tanger, l’Europe, New-York, San-Francisco et Big-Sur.
Extraits :
- Je préfèrerais défaire les soutien-gorge des rousses, bon Dieu, et traîner le long des murs de brique du perfide samsara plutôt que d’être sur cette crête rouge et pelée, couverte d’insectes chantant en harmonie, qui grondent mystérieusement.
- Avec toute cette excitation, me suis pas rendu compte que je suis finalement de retour dans le monde.
- Et pas un homme plus délicieux au monde que celui qui m’attend à la frontière de celui-ci.
- Mais je ne parle pas trop en voyant que Charley est un petit peu embarrassé et pour tout ce que j’en sais, ils ne comprennent peut-être pas un mot de mon discours avec les accents du Canada français et de New York et de Boston et d’Oklahoma tout mélangés et même espagnols et même Finnegans Wake.
- Voici venu le moment de ma première bière en dix semaines.
Éditions : Denoël (1998)
Titre original : Desolation Angels (1965).
Traduit de l’anglais par Pierre Guglielmina.