25 février 2008
GEMMELL Nikki / La mariée mise à nu.

La mariée mise à nue
Nikki GEMMELL
Note : 3,5
Leçon de chose.
Troisième titre de cet auteur australien que je lis, ayant bien aimé les deux premiers, et fort du proverbe populaire jamais deux sans trois, il y a de grandes chances que j'apprécie. Malgré un certain doute, vu le sujet.Une femme dont la fille a disparu porte chez un éditeur les écrits de sa fille trouvés sur le disque dur de son ordinateur. Et ce journal intime éclaire d'une lumière nouvelle les relations entre cette jeune femme et son mari.Nous faisons leur connaissance au cours de leur voyage de noces à Marrakech, la vérité est que c'est "Sea and Sun" le sexe étant souvent escamoté. Mais l'épouse ne le vit pas trop bien, surtout quand elle découvre que son mari, ce grand travailleur, a une relation sexuelle, alors qu'il ne la touche plus depuis déjà quelque temps.
Alors vient le temps des bilans, et ce bilan n'est pas fameux. Des regrets, elle peut en avoir, un mari lointain au propre comme au figuré, manquant de tendresse, absorbé par son boulot, mais trouvant du temps pour une autre.
Alors pourquoi ne pas prendre un amant?
Cole, le mari, n'inspire guère de compassion ; certaines de ses pratiques, sexuelles en particulier, manquent de raffinement.La femme, une des narratrices, cherche un peu de chaleur humaine même si cela doit passer par l'adultère, mais il n'est guère possible de l'en blâmer.
Une autre voix off prend parfois la suite pour nous décrire les scènes ou les intermèdes entre deux discussions en nommant l'épouse et son environnement "Vous".
Théo, l'amie sexologue, croqueuse d'hommes et de tous les autre plaisirs terrestres.
Gabriel, l'amant ancien, acteur plus souvent à la recherche d'un rôle que sur les planches, a besoin, pardonnez-moi l'expression, d'être sexuellement pris en mains, l'héroïne du livre se fera un plaisir de lui donner des leçons, mais une fois la semaine, il ne faut pas abuser des bonnes choses.
Une oeuvre incontestablement originale, de part sa structure : pas de chapitre, mais des leçons, 138 au total, et de part son histoire. L'écriture est agréable, mais pour moi ce livre est trop long.
Des leçons pour vivre heureuse. Le problème c'est que si l'écriture est nécessaire c'est pour pallier un manque, et l'auteur le dit crûment, ce manque, c'est le sexe! Ou du moins une certaine complicité sur ce point.
Quelques passages plutôt osés saupoudrent ce livre d'un brin d'érotisme, bienvenu à mon goût!
Malgré le nombre élevé de leçons, je prendrais bien des cours du soir de rattrapage, n'ayant pas tout compris!A noter également le titre de certaines leçons :
- Les jeunes femmes doivent faire de l'exercice presque autant que les lions et les tigres.
- Pour tous, la loi dit : le devoir d'abord, le plaisir ensuite.
- Entre les lignes de toute missive, l'on peut dénicher un Inspecteur des calamités.
- Bonheur et vertu résident tous deux dans l'action.
Nous comprendrons-nous mieux après avoir lu ce livre? J'en doute, mais ne boudons pas notre plaisir (littéraire!)
Extraits:
- A côte de Théo, vous paraissez pâle, comme une feuille trop longtemps laissée dans l'eau, que les couleurs et la vie ont quitté.
- Votre relation fonctionne délicieusement bien, avec docilité, par bien des aspects, mis à part le sexe.
Ce n'est pas pour cela que vous avez épousé Cole.
- Il aime bien diriger votre vie, la guider.
Vous lui laissez croire qu'il le fait.
- C'est un amour qui ne fait pas d'étincelles, il luit plutôt comme une chandelle.
Vous soupçonnez Cole de préférer certaines choses à l'acte sexuel.
- C'est un animal étrange que votre mariage, il est irrationnel mais fonctionne.
- Vous êtes une bonne actrice-vous soupçonnez que beaucoup de femmes le sont.
- Vous possédez un livre que vous a donné votre grand-père, un délicieux catalogue de pensées inconvenantes:
Qu'une femme doit prendre un autre homme si son mari la déçoit au pieu.
Que les mauvais penchants d'une femme sont meilleurs que les bons côtés d'un homme.
- Chérie, dit Cole, je sais que ce journal est nul. C'est pour toi que je l'achète.
- Noël est enduré. Promptement expédié.
- On ouvre un colis. Très joliment empaqueté.
Un vibromasseur.
- Ce sont les femmes qui dictent leur loi aux hommes.
Éditions : Au diable Vauvert.
Titre original: The bride Stripped bare.
Autres chroniques de cet auteur :
Noces sauvages.
Love Song
23 février 2008
BANK Zsuzsa / L'été le plus chaud.

L'été le plus chaud
Zsuzsa BANK.
Note : 3
L'adieu aux larmes.
Recueil de nouvelles d'une auteur allemande née à Francfort en 1965, dans une famille d'origine hongroise. J'ai entendu parler de ce livre à la dernière réunion du club de lecture de la médiathèque de Lorient. Je ne connais ni cette auteur, ni ce livre!
Des nouvelles cosmopolites, avec du dépaysement garanti. Lydia et son refus de manger dans un port désolé. Deux amies d'enfance dans le grand nord vivent "L'ère glaciaire" entre amitiés, enfants, mari de l'une et temps de chien. L'une d'elles doit repartir dès que le circulation le permet. Oui, elle reviendra l'année prochaine, mais d'ici là de l'eau aura coulé sous les ponts!
Une visite annuelle peu après la mi-décembre, vers une clinique où est gardée une femme, une fois l'an, pas plus "Le dix-huit ou peut-être le dix-neuf décembre".
Deux femmes Eva et Julia, un moteur qui tombe et qui tue le mari de Julia, que s'est-il réellement passé? Quelles sont les relations exactes entre les deux couples?
Une conférencière retourne dans un pays de l'est dont elle est originaire, retrouve une partie de sa famille et reprend une correspondance avec eux.
Un homme, une femme, un tram et des "Prières". Qui ne servent pas à grand-chose.
Une famille sur une route d'Italie dans la nouvelle qui donne son nom au recueil, avec eux Lisa, tous sont des émigrés, parlant à peine l'italien. Mais la grand-mère de Lisa vient de mourir, la mère de Lisa vivait ici avant son départ pour l'Amérique. Je comprends que cette nouvelle ait donné son titre à ce recueil.Souvent les personnages principaux sont des femmes, pas dans "Larry", mais celui-ci aime les hommes ;il vit avec Ione et la narratrice de l'histoire. Vie un peu bohème, on chante Kerouac et on écoute Dylan. Tim aussi est là. Mais parfois la vie dérape, Tim disparaît, Larry aussi, Larry revient, puis disparaît de nouveau. Les filles revoient Tim, mais jamais Larry!
Bien écrites, ces nouvelles sont plutôt énigmatiques comme je les aime, laissant présager des fins multiples. Mais elles sont à mon goût trop éparpillées dans l'espace pour avoir une ligne directrice. Autre problème, elle sont très inégales de qualité. Seules trois ou quatre sortent du lot. Au final, je n'ai pas vraiment accroché et je me suis pratiquement forcé à finir ce livre en espérant toujours que la nouvelle suivante réveillera mon intérêt, chose qui est rarement intervenue. Une déception.
Extraits :
- Matti est un mélange de son père et de sa mère, comme si on les avait divisé tous les deux avant de les tisser l'un dans l'autre.
- Elles écrivent des lettres. Des lettres de plusieurs pages dans lesquelles elles se racontent tout. Ce qui a de l'importance et ce qui n'en a pas.
- Il y a cette phrase qui ne cesse de revenir, dans ma tête : il n'y aura pas de vieillesse pour nous.
- Tout est comme la dernière fois. Comme toutes les dernières fois.
- Quelqu'un m'a adressé la parole, et j'ai su que c'était la pire chose qui puisse m'arriver, que quelqu'un m'aborde dans un bar.
- Luca nous conduit dans la maison, dans la plus petite des deux, dont le toit est de guingois, peut-être parce qu'il a dû supporter trop d'hiver, et trop d'étés, ici dans la vallée.
- Il écrivait des poèmes pour son sentiment nocturne.
- Larry vivait dans douze mètres carrés de cave.
- Mais il y avait quelque chose dans sa voix. Quelque chose qui me rappelait autrefois.
Éditions : Christian Bourgeois.
Titre original:
Heissester Sommer. (Allemagne)
20 février 2008
CAIN James / La Fille dans la tempête

La fille dans la tempête.
James CAIN.
Note : 2,5.
Tempête de faible intensité.
Recueil de 17 nouvelles de cet auteur américain (1892/1977) surtout connu pour ses romans "Le facteur sonne toujours deux fois" et "Assurance sur la mort". Ces textes ont été édités entre 1928 et 1940.
Est-ce le fait que j'ai lu ce livre par petits morceaux durant un séjour parisien où j'avais la tête ailleurs, ou alors l'écriture a vieilli? Je n'ai pas réellement eu de plaisir à la lecture de la plupart de ces nouvelles.
"Intermède théologique" ressort du lot de par sa trame et son originalité. Une femme "Mme Nation, deux hommes, Mr Nation et Mr Barlow, frère de Mme Nation. Ces personnages parlent d'Eva, la fille de la famille Nation, qui, à l'âge de 16 ans, est partie avec un soi-disant prédicateur.
Un bébé dans le réfrigérateur" est une sombre histoire d'amour et de vengeance racontée par un narrateur lui aussi amoureux de la femme. Que les âmes sensibles se rassurent, le bébé allait bien à la fin de la nouvelle.
"La fête d'anniversaire" explique les relations difficiles d'enfants de parents et de voisinage.
"Le veinard" est une sorte de vagabond américain, voyageant dans les trains de marchandises. Un jour, il tue un inspecteur de la compagnie ferroviaire. Comme il porte bien son surnom, la police conclue à un accident. Mais on peut être veinard et avoir une conscience.
"Au pays des rêves", c'est un coup de foudre phonographique, allez, envoyez la musique!
Dans "Retour de flamme", un homme sauve la vie d'un autre le matin, et pour une histoire de femme, le tue le soir, quelle journée!
Pour "La virée" c'est plutôt quelle nuit, l'alcool aidant, quand déjà on est un peu simplet, il est préférable de ne pas jouer avec les engins de travaux publics!
"La reine de beauté et de l'amour", l'histoire d'un tournoi dans l'Amérique profonde, l'esprit chevaleresque n'est pas une notion ayant cours dans ces endroits-là.
A noter que deux histoires se passent en France pendant la guerre "La prise de Montfaucon" est une sorte de récit ressemblant à "On a perdu la 7eme compagnie", version américaine. " Ça respirait" raconte la vie d'un soldat qui guette l'ennemi du haut d'un arbre.
Je ne vais pas énumérer toutes les nouvelles de ce recueil, l'aspect positif de ce livre est le côté social des histoires.Les personnages sont pour la plupart des perdants, victimes de la "Dépression" qui toucha les États-Unis.
Hommes frustes, pas bien malins, petits blancs misérables. Dommage que tous ces textes m'ont semblé se ressembler, mais je lirais un jour les romans de cet auteur .Une préface de François Guérif, très instructive, pour qui comme moi n'est pas un spécialiste de cet auteur.
Je n'ai pas non plus été convaincu par l'écriture, qui m'a semblé très vieillotte , bref pas une bonne impression, mais il faut bien de temps en temps que cela arrive!
Extraits:
- T'as jamais entendu parler d'une âme qui se retirait comme une serviette d'un rond de serviette?
- Il ne s'était pas couvert de gloire ce jour-là, ça c'est sûr. Il n' avait pas eu assez de cran, tout simplement.
- "Seigneur, je t'avais demandé des fils, et tout ce que tu m'a donné, c'est cette paire de vauriens".
- Mais elle existait quand même cette inculpation, et un gars inculpé, ben, il peut quand même pas se faire passer pour un chevalier.
- Mais de deux heures du matin à l'aube, il n'y a rien de plus silencieux que le front.
- Depuis ce temps-là je ne peux plus les voir moi ces foutus-croque-morts. Et tu sais ce qu'il a fait ce saligaud? Il s'est mis en colère parce qu'elle était pas mort! C'est quand même un comble.
- Il avait toujours l'air méchant, même quand il commandait deux oeufs sur le plat dans un troquet.
- "Mon boulot, c'est de réparer les pneus, pas de jouer les croques-morts pour fauves".
-Il paraît que la lune était sous le signe de Cupidon. Enfin, si cela marche, tant mieux.
Éditions :
Bernard Pasquito-éditeur-
17 février 2008
Docteur Neil & Mister Young!
Ou Docteur "Unplunged*" et Mister "Weld*"
De retour à la maison, je donne mes commentaires.
Après une première partie assurée par Madame Peggi Young, un moment agréable, une belle voix et une silhouette charmante, il faut rentrer dans le vif du sujet , Mister Neil Young. Une première partie plus agréable que "Oasis" pour le concert de Bercy, il y a quelques années!
Durant la première partie acoustique, Neil ne paraissait pas entre les chansons très Young. Démarche erratique et posée, calme et très concentré sur son sujet. Longues caresses aux instruments, hésitation pour le choix des guitares, une entrée en matière hésitante.
Mais la première gifle est là, dès la seconde chanson " Ambulance Blues", en acoustique avec ses paroles ayant créé la polémique :
"And there ain't nothin' like a friend .
Who can tell you you're just pissin' in the wind. "
Une chanson qui a tout pour déplaire pour les radios, simple et épurée, trop longue, mais une grande chanson!
Puis "A Man Needs a Mead" avec un mélange hallucinant de ce qui me semblerait un synthétiseur et un piano, pour un exercice de haute voltige. Et un résultat superbe.
Un autre grand moment, une version de "Mellow My Mind" au banjo.
Cette première partie, et rendons hommage à Neil Young pour cela, aurait pu être un exercice de style, je fais tous mes classiques, mais là, il n'en fait aucun. Pour "Harvest", il choisit "Harvest" en délaissant "Heart of Gold" ou "The Needle and the Damage Done". Il revisite "Journey Trought the Past", choisissant des chansons moins connues, incluant ce que je pense être des inédits (ou du moins des chansons que je ne connais pas).
Puis Neil redevient Young, il recharge ses batteries à l'électricité, pour une seconde partie de spectacle "Weldienne" guitares et sons saturés, des morceaux de 10 minutes, mais avec une pause ballade, pour 2 chansons "Oh'losome me" et "The Believer", petit moment de calme dans la tempête électrique.
Pour le final "Cinnamon Girl", puis "Like a Hurricane" ne dépareille pas le spectacle (spectacle qui a commencé à 20h30 pour finir pratiquement à 0h30).
Mes connaissances en anglais ne sont pas assez complètes pour comprendre l'humour de Neil Young et je le regrette. Il faut aussi remarquer que pendant le spectacle un peintre a créé des toiles sur les chansons de Neil Young.
Message personnel : Neil si tu veux revenir, pas de problème, tu seras le bienvenu.
Yvon.
A voir :
http://www.thrasherswheat.org/2008/02/paris-france-214-21508-concert-reports.html
PS. Je répondrais demain aux messages sur les autres chroniques.
Yvon
* Titres de 2 albums lives très différents
14 février 2008
To Night, the Night.
To Night, The Night!
Voilà l'aventure a commencé dans les années 1970 et elle aura une étape ce soir, pas la dernière pour les disques, mais sûrement, pour ma part pour les spectacles.
Plus de 35 ans après, plus de 65 CD dans ma CDThèque et toujours un vrai plaisir de découvrir un nouveau Neil Young, surtout le dernier qui est excellent à mon goût.
Même les albums les moins bons de N.Y prouvent une chose, tout le monde peut avoir des faiblesses créatives mais elles sont dans son cas une partie intégrante d'une carrière.
Je ne sais plus qui disait en parlant de Neil Young, pour moi et aussi beaucoup de ma génération, c'est un compagnon de route, un artisan dont les cordes résonnent, un bruit brut.
Tiens, bonne nouvelle, il paraît que "Times Fade Away" va sortir en CD. Enfin on a attendu plus de 35 ans "On the Beach", mais quand on aime, on ne compte pas.
Il paraît que les soixante ans se fêtent, alors énorme merci pour quelqu'un qui se reconnaîtra!
A bientôt.
Yvon
12 février 2008
KERGRIST Jean / La gavotte du cochon

La Gavotte du cochon
Jean KERGRIST
Note : 4,5
De port en porc, franco de port, quelle vie de cochon!
Je continue ma lecture des "contes" de Jean Kergrist. Après "Barouf en campagne", entrons dans la danse (bretonne évidement!).
Malgré tout l'auteur pas trop téméraire commence par la préface! Déception, allons je m'attendais à plus de fantaisie, mais une phrase retient mon attention "J'ai en commun avec mes héros la conviction de me savoir fragile". Avec ses contes nous voyagerons et à bon conte (compte?).
Pour commencer direction la Russie avec "La petite photocopieuse" où la question est comment faire pour avoir une photocopieuse alors que tous les crédits ont été alloués à l'achat de mitaines spéciale écriture, je ne résume pas les noms soviétiques, avec leurs rallonges qui me laissent un peu désemparé.
"Une pipe pour le pope" ou le pope a t-il croqué la pomme! Vous attendez des explications, bon d'accord. Kyrina est pulpeuse et plus qu'accorte, je vous l'accorde. Mais est-ce ses charmes ou ses fromages de chèvre qui lui donnent le droit à une visite privée du monastère. Rien ne dit qu'elle a accordé ses faveurs au pope! Et puis le tabac n'est pas expressément interdit par la religion.
Dans "Et la mer?" ou comment faire le maximum de bénéfice sur l'échine d'un porc transporté de port en port, passant de statue de porc d'import, puis devenant au port suivant porc d'export! Cela va de soie (de porc)! Mais il semble que quelqu'un nous mène en bateau!
"Les falaises d'Etretat" ou en plus guilleret après une faute de frappe "les fadaises d'Etretat". Pour Eric Delarampe, (il a vraiment du mal à la passer) le concours de poésie, une fois encore rime avec déception.
"L'éclipse" ou attention au mélange. Le lambig et la marijuana normalement ne se prennent pas de la même manière. L'un se consomme, l'autre se consume. Le mélange des deux peut avoir des effets détonants.
"Un coeur très gros" ou les malheurs d'un brave homme. Cela n'a pas réellement chauffé dans la vie de Marcel, alors quand en voyage en Irlande il s'éprend d'une veuve, il est prêt à lui offrir son coeur. Quoi de plus normal!
"A chaque âge sa bouillie", ou les malheurs d'Antoinette. Ah Antoinette et son parfum "Fleur de Lisier" faute d'attirer les hommes, au moins son parfum la suivra jusqu'au bout.
Léonie où l'Ankou a maintenant des roues et un moteur. On le sait que la grande faucheuse doit passer un jour ou l'autre, pourquoi pas à quatre vingt ans, un soir d'ivresse gnôle et vin 5 étoiles. Mais les problèmes sont pour ceux qui restent!
La gavotte du cochon et Notes sur Jean Kergrist, ou comment se présenter. Merci L'auteur.
Un fonctionnaire (russe) rêve d'une photocopieuse, il sait que c'est une machine, mais il faut vaincre la bureaucratie!
Une bretonne, pilote dans le port de Brest, défend la morale humaine et animale et surtout l'intégrité de la mer.
Un poète courant après un grand prix de poésie dans la bonne ville d'Etretat, mais sa sombre machination politico-amoureuse encore une fois, ne lui donnera pas l'occasion de se venger de sa belle famille.
Des femmes de la grecque vendeuse de fromage de chèvre à Antoinette fleurant bon la campagne, il y en a pour tous les goûts.
Encore quelques éclats de rire assurés, à lire pour rire. Pourtant certaines situations n'ont rien de comique.
J'ai failli oublié de signaler la venue d'un nouveau saint dans le calendrier breton "Saint Lisier". Un homme qui vécut toute sa vie en odeur de sainteté!
Extraits:
- La lettre du 14eme bureau de la planification administrative lui proposait cependant une solution.
- "L'essence précède t-elle l'existence?"
- Tout à l'heure le frère portier va tomber directement en enfer en regardant ses cuisses.
- Un prix spécial féminin, créé pour l'occasion, offrait à la future gagnante, dix ans de soutiens-gorges gratuits.
- J'habite le Centre-Bretagne et le Centre-Bretagne m'habite. Principe de plaisir.
- Personne ne sait plus très bien ce qui déclenche le grand charivari.
- Aujourd'hui il est fortement décidé à prendre en main la vieille charrue de son destin.
- De la nécessité de toujours bien vérifier le calibrage avant usage. Surtout pour se pendre, pour laisser une dernière chance au destin.
- Restait le parfum d'Antoinette authentique et tenace.
- Léonie, en plus d'aller sur ses quatre vingt ans, allait maintenant sur ses un gramme cinquante à l'échelle du biniou. Mais comme elle n'avait pas de permis, elle ne risquait pas la suspension.
Éditions : Contes toujours.
09 février 2008
KASISCHKE Laura / Rêves de garçons

Rêves de garçons
Laura KASISCHKE
Note : 3,5
Kristy et les garçons.
Troisième roman de cette auteure que je lis en relativement peu de temps, j'espère que celui-ci va confirmer la bonne impression que j'ai de cette auteure.
Nous sommes autour d'un feu de camp, les histoires se suivent, de plus en plus horribles ; arrive celle-là.....
Kristy et deux de ses amies qui du camp de vacances où elles séjournent partent pour une balade au "Lac des amants".
Ces trois jeunes filles en stage de vacances pour améliorer leurs performances de majorettes, s'ennuient souvent et la discipline n'est pas réellement, en ce temps de grosse chaleur, une chose facilement supportable. Alors pourquoi ne pas partir discrètement vers ce lac dans la voiture de Kristy. Durant ce voyage, nous faisons la connaissance de ces trois adolescentes plutôt dissemblables tout en venant toutes les trois de la classe moyenne américaine. Kristy, la conductrice, est une fille moyenne, elle plaît aux garçons, mais sans plus, quand elle semble en trouver un, celui- ci se retrouve avec Desiree sa meilleure amie. Desiree n'a d'ailleurs qu'une amie, pour les autres filles de la classe, ses surnoms les plus aimables "La nymphomane ou "la salope", faut dire qu'elle le cherche, comme aujourd'hui en se montrant seins nus devant deux garçons qui n'en demandaient pas tant. Mais qui vont d'un seul coup espérer beaucoup. La troisième est Kristi avec un i, Desiree, dans un élan de gentillesse la surnomme "Miss Frigide", elle n'est d'ailleurs pas réellement intime avec les deux autres.
Au cours donc de ce voyage vers le lac et l' exhibition de Desiree, Krysti a un mauvais pressentiment, et le dit aux autres qui paraissent s'en amuser.
Mais l'amusement et l'insouciance ne vont être de courte durée. Les garçons et leur vieux break, qu'elles avaient semés en cours de route, les ont retrouvées.
Un barbecue sur la plage, un retour au bungalow et la nuit peut commencer. Dans l'obscurité des silhouettes se croisent, les unes épiant les autres. Qui fait quoi et qui espionne qui? Combien de personnages participent réellement à ce ballet nocturne? Desiree entame une liaison avec T.J, le maître nageur, et où sont passés les deux garçons et leur break poussif? Jouent-ils aussi les voyeurs autour du couple?
Que réserve ce matin qui se lève?
Un camp d'adolescentes rêvant de strasse et de paillettes, s'imaginant défilant dans les rues ou animant des compétitions sportives, entre jalousie et entraînement, les amitiés et les haines changent au gré des contacts. Trois jeunes filles semblent unies, mais des événements, un peu provoqués, vont déclencher un drame. Car deux garçons rôdent, qui sont-ils, mystère, que veulent-ils? Les trois adolescentes le savent, leurs sourires et leurs demies nudités ont aguiché ces êtres frustres. Sur quoi va déboucher ce qui n'était de leur part qu'une plaisanterie?
L'écriture est très agréable et fluide. Des retours en arrière relativement fréquents nous expliquent les relations complexes qui unissent les personnages principaux.
Mais au final, une petite déception, un bon livre, mais moins intéressant que ce que j'ai déjà lu de cette auteure.
Extraits:
- Tous les ans, on raconte des histoires autour du feu de camp.
- Après cet épisode, Desiree la surnomma Miss Vaseline.
- Seulement un chose pareille ne serait jamais arrivée puisque j'étais moi.
- Quand elle a eu fait le tour des footballeurs, elle a jeté son dévolu sur les guitaristes qui chantaient comme Neil Young au concours des jeunes talents.
- Ces larmes savonneuses devinrent aussi réelles dans mon souvenir, que toutes celles que j'avais pu verser dans ma vie.
- Mon père, mon premier père partit pour ne jamais revenir.
- Cette fois son ton semblait plus désespéré que plaintif.
- "Ma famille ne me manque pas et je n'ai pas faim. C'est juste que je suis persuadée que quelque chose d'atroce va arriver".
- Ils cheminaient inexorablement vers nous dans leur break qui ne tenait plus que par la rouille.
- Desiree la surnommait "Déblator". La seule meuf atteinte de diarrhée verbale.
- Les garçons sont toujours plus beaux en pleine activité, quand ils oublient la présence des filles.
- Par contre, les filles sont toujours plus belles dans les moments où elle se pavanent, prenant la pause, se montrent.
Éditions : Christian Bourgeois.
Titre original: Boy Heaven.
06 février 2008
WOODRELL Daniel / Chevauchée avec le diable.

Chevauchée avec le diable
Daniel WOODRELL
Note : 3,5
En selle!
Premier roman de cet auteur américain que je lis. Né dans le Missouri, il bénéficie d'une notoriété certaine chez les amateurs de romans noirs américains.
La guerre de Sécession n'est pas en littérature uniquement "Autant en emporte le vent"!
Les combats ne furent pas seulement des actes de bravoures pour littératures larmoyantes. Comme tous conflits, l'horreur et la stupidité furent monnaies courantes.
Nous sommes pendant la guerre de Sécession, dans les années 1860 dans le Kansas et le Missouri. Mais en marge des troupes régulières, d'autres bandes armées agissent pour un camp ou pour l'autre! Et les lois de la guerre ne sont pas toujours respectées. Jake Roedel fait partie d'une de ces bandes, les "Buschawkers", ils combattent pour le Sud, mais n'appartiennent pas à son armée.
Les "Jayhawkers" du Kansas eux combattent pour le Nord. Des prisonniers sudistes sont pendus puis écartelés, des nordistes seront massacrés en représailles!
Jake permet la libération d'un prisonnier pour aller parlementer, mais celui-ci tuera son père.
Vient l'hiver et la perte de beaucoup de combattants, la nature désolée offrant moins de cachette pour des embuscades contre un ennemi supérieur en nombre. La troupe se sépare, chacun se cachant dans des fermes amies des environs. C'est là que Jack rencontrera Sue Lee, jeune veuve de seize ans. La guerre est là avec son cortège d'horreur, la prison pour femmes de Kansas-City s'écroulant, car les troupes nordistes avaient volontairement affaibli les fondations. Les troupes sudistes attaquant Lawrence, pour ce qui devait être un baroud d'honneur, mais qui se transforma en massacre des innocents, aucune troupe nordiste n'étant dans la ville!
Jake Roedel, à peine sorti de l'enfance, baigne déjà dans l'horreur, ayant tué de nombreuses fois. Il aura au coeur de l'hiver cette réflexion désabusée :
- "J'avais fait ce que j'avais fait. Devais-je m'en tourmenter?"
Il connaîtra la jalousie, mais aussi l'amour.
Jack Bull Chiles, son frère de sang, mourra tragiquement. Holt, homme noir au service de Clyde, n'est pas esclave, mais peu d'hommes de la troupe accepte sa présence.
Sue Lee dont Jake dit : "Elle était en quelque sorte deux fois veuves à dix-sept ans".
Mais l'espoir et la vie renaissent même dans les pires horreurs !
Ce livre a un intérêt : il m'a donné envie de faire des recherches sur cette époque troublée de l'histoire américaine, on apprend que certains personnages étaient des fous furieux comme William Quantrill dont l'auteur parle pour la mise à sac de la ville de Lawrence.
Mais le rôle des armées nordistes n'est pas réellement glorifié dans ce livre, ni celles des différentes bandes pour qui la guerre n'est en définitive qu'une question de rapines. Une oeuvre qui démystifie pas mal d'idées reçues.
Une lecture facile qui ne restera pas dans les mémoires, j'en conviens, mêlant aventures et histoire. Des scènes poussées à l'extrême, mais un happy end final. Un auteur qui mérite une seconde chance, plus tard.
Un roman somme tout agréable (sauf pour certains protagonistes) qui fut porté à l'écran par Ang Lee sous le même titre, film que je n'ai pas vu.
Extraits:
- Nous anéantissions hommes et foyers.
- Car le bonheur semble avoir déserté depuis fort longtemps ces régions.
- Ils restaient retranchés et suivaient les Fédéraux, frappant lorsque les risques encourus étaient dérisoires.
- Lorsque c'était possible nous rectifions le score.
- Les mères restent des mères, aux quatre coins d'une carte.
- Oh, doux Jésus
Il n'existe pas d'horreur comparable.
- Tout le sang et la gloire que générait le conflit semblaient bien inutiles.
- Il était pire d'assister à l'effondrement de nos idéaux que de subir cette défaite
- "Tu ne portes pas malheur, répliquai-je. Tu n'as pas eu de chance, voilà tout."
- J'étais toujours fidèle à la Cause, mais méfiant envers les hommes qui s'en réclamaient.
Éditions : Rivages/ Thriller.
Titre original:
Woe to live On.
Un peu dans le même genre j'ai préféré Crépuscule Sanglant" de James-Carlos Blake*
04 février 2008
HEALY John / L'arène
L'arène
John HEALY
Note : 5 .
Échec à l'alcool!
Je n'ai pas trouvé trace de cet auteur irlandais à part cette autobiographie! Avec un peu de ténacité, j'ai trouvé un site. Destin hors norme pour cet homme qui revient de loin, de très loin. Sur une édition française, une bande rouge sur laquelle était écrit, "Ceux qui vont se saouler à mort te saluent". Ce livre a été écrit en 1988.
Les vingt premières pages de ce livre sont terrifiantes, le reste aussi mais après l'auteur a l'âge de se défendre. Nous sommes dans les années 1950 dans une famille d'émigrés irlandais.
L'enfance de John est un vrai cauchemar, terrorisé, humilié et martyrisé par son père, la situation n'est guère plus brillante dans un quartier misérable du nord de Londres là où il habite. Il n'est qu'un "sale con d'irlandais", donc victime de ce sentiment de haine et de racisme d'une partie des travailleurs anglais contre la main d'oeuvre irlandaise.
Il est régulièrement passé à tabac par les plus grands. Ses seuls moments de bonheur sont le temps des vacances qu'il passe en Irlande, ou incroyable paradoxe, pour les enfants il n'est qu'un "Salaud d'Anglais".
De cette période, il gardera une anxiété et un sentiment de révolte. Il aurait pu être boxeur, mais un adversaire plus vicieux l'attendait : l'alcool!
Engagé dans l'armée, il continue et aggrave son penchant pour la boisson. Il déserte et fuit en Irlande, semblant trouver un certain équilibre, mais la suite sera pire.
Le retour en Angleterre l'amènera dans "L'arène", champ de bataille à l'air libre, dans les parcs londoniens ou ailleurs. Il deviendra vagabond et alcoolique dans un univers de violence inouïe, où l'on tue pour un verre d'alcool. Pendant quinze ans il survivra dans ce monde de déchus où tout est bon à boire, y compris une sorte d'alcool à brûler qui se vendait en pharmacie sur ordonnance, qui, coupé d'eau, faisait des ravages dans les corps. Certains servaient de cobayes à des expériences de sevrage chimique, quelques-uns n'y survivaient pas, d'autres mouraient dans des commissariats, suicidés (?) ou victimes de chutes dans les escaliers. Il raconte la vengeance d'un homme, moins saoul sur un autre tellement imbibé qu'il est incapable de se défendre, les mois de prisons, la mort dans un parc dans l'indifférence générale.
Mais un jour....
John Healy, personnage central de ce livre, irritant pour son côté "je cherche les ennuis", gâchant sa vie rêvant de femmes et de fortune, mais épave tremblante se réveillant où ses derniers pas titubants l'ont porté. Dans un monde où tous les coups sont permis c'est un exploit de juste survivre, alors s'en sortir demande un effort, mais il sera aidé par une magnifique découverte qui va bouleverser sa vie, le jeu
d'échecs!
Une écriture que je qualifierai de solide, sans fioriture, qui d'ailleurs aurait été mal placée. Une autobiographie qui tape où cela fait mal, très mal. Pour beaucoup, maintenant et hélas pourrait-on dire la drogue a remplacé l'alcool, signe des temps!
Un livre très éprouvant.
Extraits :
- Ses yeux ternirent et il m'expédia son poing dans la figure, me projetant à terre.
- C'était un quartier de Londres très dur.
- Si seulement mon père avait pu mourir, je me serais débarrassé de ce sentiment de peur qui m'habitait et j'aurais été heureux.
- A quoi pouvait me servir la langue irlandaise?
- "Retourne en Angleterre, John Bull".
- J'étais retombé dans ma routine habituelle : voler, boire, me bagarrer.
- Un dur travail : picoler tous les soirs, creuser tous les jours.
- Je n'avais rien bu depuis des mois, et ça ne me manquait pas.
- J'aurais bien voulu être gladiateur. Dans le parc c'est comme si on était dans l'arène.
- Un poivrot est un être qui a un besoin absolu d'alcool. Personne ne va l'aider.
- La manche c'était comme une religion pour lui.
- Je me rappelle sa vieille formule : Demande jamais l'aumône à un mendiant.
- Non, c'était comme un médicament, pour lutter contre l'angoisse.
- Mary a une drôle de manie, elle rajoute des amphètes et des calmants dans le pinard des gars.
Éditions : Gallimard/ L'arpenteur.
Titre original The Grass Arena.





