n13-mourez-on-s-occupe-de-tout-
Mourez, on s’occupe de tout !

La Butte-aux-Cailles.
Cicéron ANGLEDROIT.

Note : 4 / 5.
À la Butte-aux-cailles, on ne bute pas que les cailles !
Nous retrouvons dans ce roman le trio Cicéron Angledroit, René, André dit Momo qui n'a rien d'infernal (quoi, que parfois ?).
Un homme Louis Dumortier est mort, ce qui est relativement courant dans les romans noirs. Il a été tué par un sanglier, ce qui, pour le coup, est pour le moins original. Original aussi le fait que le cadavre disparaisse, remplacé par des sacs de sable. Substitution découverte à cause de la maladresse d'un fossoyeur qui laisse tomber le cercueil.
La fille du défunt, Jessica Dumortier, vient raconter cette histoire à Cicéron qui est subjugué par son regard.
La dépouille devait être mise en terre au cimetière de Bron, dans le caveau de famille. Mais ce stupide incident a mis fin à la cérémonie.
Plusieurs questions se posent, à quel endroit a eu lieu la substitution ? Pourquoi ? Et où est le cadavre ?
Les polices de Paris et de Lyon se refilent mutuellement les torts et se débarrassent de l’enquête.
Théophile Saint Antoine, commissaire de la-dite police, demande à Cicéron d’enquêter, avec discrétion sans faire de vagues. Ce qu’il s’empresse de faire en suivant l’itinéraire du véhicule transportant le corps.
Pour cela il fait la connaissance de la patronne de « Caisseenloc » Cristina Dos Santos, femme des plus agréables, ce dont profite quasiment séance tenante Cicéron !
Une nouvelle impensable ressort de cette visite, le chèque de location est
signé Louis Dumortier lui même, et d’après le personnel de la société de location, c’est lui qui a rapporté la voiture alors qu’il était déclaré décédé depuis plusieurs jours !
Le mystère s’épaissit et Cicéron et son adjoint Momo ne sont pas au bout de leurs peines ni de leurs surprises !
Surtout que Cicéron sent bien que certains ne lui disent pas toute la vérité.
Je retrouve ici la fine fleur que j’avais déjà croisé dans « Descente à Ménilmontant », c’est à dire, pour les hommes, Cicéron, René et André dit Momo. Pour les femmes, elles sont, entre les habituées des autres romans et les nouvelles, trop nombreuses. Une mention particulière pour Paulette, qui dans le roman précédent a mis le grappin sur René, et pour les copains de celui-ci, ce n’est pas un cadeau ! Loin s’en faut.
Beaucoup d'humour, on plonge allègrement dans les problèmes conjugaux et extra-conjugaux de Cicéron Angledroit, notre héros ordinaire et narrateur de toutes ces aventures !
Une histoire qui tient la route et une lecture très agréable.
Extraits :
- Brune, fine, ni
 trop grande ni trop petite. À ma taille, en quelque sorte.
- Les revisitations chinoises de nos cuisines traditionnelles de banlieue nécessitent encore quelques réglages.
- Mais le plumage est plus riche que le ramage. Il n'y a pas grand-chose de concret.
- Paulette est méconnaissable. Depuis qu'elle fricote avec René et que ça devient sérieux, elle a pris dix ans et vingt kilos.
- Je hoche la tête comme le bouledogue en carton bouilli sur la plage arrière de la voiture de vos beaux-parents.
- Pas le baiser timide. Non, carrément la pelle. On voit que son ex est terrassier.
- À ce rythme, son intégration va devenir un succès exemplaire. Il ne lui suffira plus que de picoler et de sortir des conneries pour devenir un Français comme les autres.
1984, on y est. Et pas avec tant de retard que ça. Effrayant.
- Et de l'ouverture d'esprit à l'ouverture de la braguette, il n'y a que trois ou quatre boutons.
Éditions : Palémon (2020).
Autre titre de cet auteur sur ce blog :
Descente à Ménilmontant.