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Descente à Ménilmontant.
Cicéron ANGLEDROIT.

Note : 4 / 5.
Aux trousses de la greluche,
Dans les rues de Ménilmuche !
Premier roman de cet auteur pur produit de la banlieue parisienne chroniqué sur ce blog. C’est pourtant son douzième avec son trio de personnages récurrents, j’ai nommé Cicé, Momo et René !
Cicé, qui a aidé le commissaire Saint Antoine dans la recherche, assiste à l’arrestation d’un fugitif, Jojo la Perdrix, de son vrai blase Joël Perdrigeon. Celui-ci a été dénoncé par une habituelle indic de Saint Antoine, Lili Devalbo. Celui-ci aimerait bien la voir, mais la belle a disparu…
Notre trio est embauché (en sous-mains) pour retrouver celle-ci. Alors l’enquête va se dérouler dans les quartiers de Ménilmontant et de Belleville.
Mais cette charmante dame (enfin, je le suppose, car je ne la connais pas) a plus d’un tour dans sa besace. Après une fouille en règle, j’ai bien dit en règle et non dans les règles), de son appartement est découvert une coquette somme d’argent, mais la Lili, elle, a pris la poudre d’escampette.
René, à son corps défendant, est chargé de séduire Paulette, la voisine du dessous pendant (et après) la fouille du corps et du logis de la fugitive.
Après quelques investigations pas très fructueuses, beaucoup de baratins et un énorme coup de chance, nos trois lascars trouvent l’adresse de la future ex-indic, et pensent avoir accompli leur part du marché.
Sauf que le commissaire Saint Antoine ne l’entend pas de cette oreille, ni de l’autre d’ailleurs, alors il leur faut se remettre au travail...
Les personnages principaux sont Cicéron Angledroit, détective, chef d’une confrérie de joyeux drilles toujours prêts à partir à l’aventure avec lui, René, (que l’auteur qualifie lui-même de Béru en moins exotique) ; son boulot, car il faut bien manger, il range les caddies dans une grande surface, l’Interpascher de Vitry. Le troisième larron (car c’est conseillé d’être trois pour faire un trio, est André dit Momo, il a perdu son bras droit dans un attentat, c’est toute proportion gradée le penseur de l’équipe.
Un autre homme qui est à la périphérie de cette équipée qui n’a rien de sauvage est le commissaire Théophile de Saint Antoine, un flic de l’ancienne école, proche de la retraite.
Les femmes sont nombreuses entre les multiples petites amies de Cicé et dans cette histoire, la dénommée (entre autres pseudonymes) Lili Devalbo dont nous suivons la traque ! Vanessa, une policière maîtresse de Cicé d’une manière non permanente (ni mise en plis, non plus) et pour finir cette énumération, Monique qui est mère d’un enfant de Cicé, mais qui est en couple avec Carolina, qui demande également à Cicé de lui faire un enfant à elle aussi !
Beaucoup, pour ne pas dire énormément, de clins d’œil à San Antonio (ce qui n’est pas pour me déplaire) avec par exemple un policier nommé Saint Antoine !
C'est plein d’humour, cru mais jamais vulgaire avec parfois des remarques philosophiques sur Paris et ce que cette ville est devenue.
Lecture très agréable, avec une enquête qui tient la route et le lecteur en haleine.
Une découverte.
Extraits :
- Sait-il qu'il va arpenter les rues de je ne sais où avec son neveu déguisé en Schtroumpf ? S'arrêter à chaque troquet et regarder la fine équipe se murger ? Lui qui est devenu sobre comme un chameau.
- Je bande. J'ai connu mieux. Elle aussi sans doute. Mais je bande. Ça me rassure et m'encourage.
- C'était une gamine qui avait déjà pas froid aux yeux. Ni ailleurs, d'ailleurs.
- Le bordel ! Quel autre mot pour qualifier la circulation parisienne ? Pourtant il est déjà onze heures passées.
- On passe devant le Paris-Store, un supermarché qui vous évite de voyager. Toute l'Asie y est.
- Je vois tout de suite à qui on va avoir affaire. Un modeste, un élu. C'est terrible, ça, les élus du syndic comme Gomes au président de la république en passant par le maire ou le président de l'amicale des amateurs de titres ronflants, il faut tous qu’ils finissent par se la péter. - La télé n'est plus ce qu'elle était. Au moins avec Bonne nuit les petits on savait qu'il était l'heure d'aller se coucher. Maintenant on vous endort le cerveau sans prévenir.
- Un documentaire sur « Simenon et les femmes », sur Arte, me fait prendre conscience qu'en réalité je ne suis qu'un petit joueur.
- On dirait un cachalot qui passerait une écluse du canal Saint-Martin. C'est con que Bruno Cramer soit mort, sinon je lui aurais volontiers donné le rôle pour une adaptation télé.
- L'argent n'a pas d'odeur. Elle peut raconter n'importe quoi : une vente de tableaux à la Guéant, un héritage à la Balkany.
Éditions : Palémon éditions (2020).