Lea Carpenter
Rouge, Blanc, Bleu.

Lea CARPENTER.

Note : 4 / 5.
Au nom du père.
Second roman de cette auteure américaine chroniqué sur ce blog après « Onze jours ».
Trois parties dans ce livre, qui sont les trois couleurs du titre. Elles sont d’un longueur très inégale, « Rouge » et « Bleu », très courtes. « Blanc » occupant la presque totalité des pages.
Anna a été élevée par son père, Noël, une jeunesse semble-t-il banale. L’école, puis des études supérieures à l’université, des relations amoureuses, puis le mariage. Grâce à son métier de banquier, son père est à l’aise financièrement, il aime le ski et passer une partie de sa vie en Suisse. Il meurt, victime d’une avalanche dans ce pays, la veille du mariage d’Anna. La mariage a, malgré tout, lieu, mais le voyage de noces est reporté de plusieurs mois.
Durant ce voyage, elle rencontre un homme avec qui elle sympathise. Cet homme est un ancien collègue de son père qui a des documents à lui faire parvenir au sujet de celui-ci.
Elle reçoit, à son retour à New-York, une clé USB et en regardant celle-ci ses certitudes sur son géniteur et son décès volent en éclats...
Sur cette clef, des vidéos de séances d'interrogatoires violentes...
Anna a été une jeune fille qualifiée de « rebelle », sa mère a quitté son mari alors qu'elle était petite. Mais elle n'a jamais rompu les ponts avec sa fille.
Noël, son père, était un personnage à double face, aimant en famille, très dur dans son métier. Pour réussir une carrière d'espion, il est préférable d'avoir le cœur solide pour ne pas dire qu'il est même préférable de ne pas en avoir !
Quel est le but secret du narrateur audio de cette clef USB ?
Salir la mémoire de Noël , dénoncer les manœuvres de la CIA ou autre chose ?
Un livre d’une narration très étrange et déroutante. Des chapitres très courts, avec des titres assez intrigants, comme « Réalignement » ; « Son Altesse » ou « Homard ». Suivis d’un sous chapitre « Q.R ».
Les dessous pas très ragoutants de l’espionnage, ici la CIA, mais je ne me fais pas trop d’illusion. Ailleurs c’est pour le moins pareil, pour ne pas dire pire, mais aucun roman n’est là pour nous en parler.
On visite « La Ferme », le siège de la CIA, passant en revue les services, et leurs différentes affectations continentales, se pensant supérieurs à l'autre, mais ayant chacun son lot de cadavres inutiles.
Un roman d'espionnage sortant des sentiers battus et d'une lecture que j'ai trouvé assez difficile.
Extraits :
- D'où venait-elle, cette impression qu'avait Anna d'être différente de ses semblables ? Elle ne savait pas trop.
- Ces gens-là étaient les plus bêtes de l'Agence, exception faite des gars de la sécurité.
- La Chine est aujourd'hui la deuxième économie mondiale, elle continue de gagner du terrain. Bientôt, les Chinois nous dépasseront dans tous les domaines.
- Ma famille est originaire d'Écosse, mais si quelqu'un me disait « Dites donc, on aimerait bien que vous espionniez pour l'Écosse », je lui dirai d'aller se faire foutre.
- Plus grave, en tout cas, que quelques types qui se baladent en Irak et en Syrie en agitant des drapeaux noirs.
- Tout le monde n'est pas vulnérable, Anna. La vulnérabilité est un choix. Et l'espionnage est un crime. Voilà la leçon.
- La Ferme s'appelle ainsi parce que le site ressemble à celui d'une exploitation agricole. L'endroit est magnifique. C'est le plus grand terrain d'entraînement à l'espionnage du monde.
- La plupart des gens prennent cette vaste bureaucratie pour une Maserati qui carbure à l'intrigue et au sexe.
- C'était l'informatrice parfaite, qui passait parfaitement inaperçue. Son physique d'enfant faisait partie de son pouvoir, alors qu'elle approchait les quarante ans à l'époque.
- Un critique dira plus tard de Van Gogh qu'il aspirait « à la concision et à la grâce ».
- La cible prioritaire, la jeune fille dans la robe de soie bleue, celle qui passait des nuits blanches dans une planque, l'avenir, Veritas. C'était sa rémission, son glas.
Editions : Gallmeister / Americana (2020).
Titre original : Red, White, Blue (2018).
Traduit de l'américain par Anatole Pons-Reumaux.
Autre titre de cet auteur sur ce blog :
Onze jours.