La lettre 2

La lettre.
Jean-Claude LE
 CHEVÈRE.
Note : 4, 5 / 5.
Retour vers son passé.
Ce court roman est le quatrième ouvrage de Jean-Claude Le Chevère a figurer sur ce blog.
Un homme, Gérard Fournel, descend au petit matin d’un TGV venant de Paris. La ville est sous le brouillard, les souvenirs commencent à revenir. Il retrouve la maison familiale, fermée depuis des années et mise en vente. Il n’est pas revenu depuis un an. Sil est là, c’est qu’il a
rendez-vous avec Maître Severac, notaire de la famille et chargé de la vente du bien immobilier. Il revisite les lieux de son enfance et de son adolescence. Le gaz et l’électricité étant coupés, il doit aller pour ces quelques jours à l’hôtel. Il revoit son existence ici, avant son départ définitif pour la capitale. Il repense à sa mère avec qui il a vécu après le décès de son père. Celui-ci était un homme absent, vendeur dans différentes marques de voitures ; il n’était là que le week-end, et passait une partie de son temps à dormir. Il se remémore les belles voitures garées devant la maison, mais il ne peut se souvenir de sorties
familiales, sauf une sur Rennes…
Il est quasiment alpagué par une vieille femme, ancienne voisine, Madame Nicolas, une des nombreuses commères du voisinage, qui l’invite à boire un café, chose qu’il accepte. Elle lui parle des jours qui ont suivi l’accident qui a coûté la vie à son père, lui qui était pourtant un très bon conducteur, la visite des enquêteurs de la police. Elle lui demande aussi des nouvelles de son camarade, Claude Combot…
Il descend au port, s’arrête dans un café pris au hasard, et retrouve une autre connaissance qui est le patron de ce bistrot, la conversation a bâtons
rompus revient sur l’accident de voiture et les possible zones d’ombres.
Alors qu’il pensait être convoqué pour la vente de la demeure familiale, à sa surprise le notaire lui remet une
lettre de sa mère, il a ordre d’attendre un an avant de la lui donner.
Que contient cette missive ? Doit-il la lire de suite ? En public dans un bistrot ou seul chez lui...

Gérard Fournel se retrouve face à face avec ses années passées, ses parents qui semblaient si distants l’un envers l’autre, la grisaille de sa vie après la mort de son père, son départ et ce retour qui débouche sur la remise tout à fait officielle de cette lettre !
Un très bon roman, une belle écriture pour un final surprenant et inattendu.
Extraits :
- Plusieurs saisons dans la même journée, la formule est connue désormais et elle a dépassé les limites de la région.
- Au milieu de la rue des Aulnes, à gauche, la petite maison aux briques rouges n'a pas changé. Nulle dégradation apparente ; seules quelques herbes folles trahissent l'absence de passage entre le mur et qui borde le trottoir et la porte d'entrée.
- Bien que marchant de conserve de la sixième à la terminale, il n'avait jamais, pendant ces sept années, évoqué leur histoire de famille. Tous deux évitaient d'en parler comme s'il s'agissait de sujets tabous.
- Les zones d'ombres entourant la disparition du père, la distance peu à peu instituée entre sa mère et lui. Cette enveloppe à remettre un an après son décès, c'est encore une de ces lubies, la dernière sans doute.
- Rien n'a bougé depuis un an.
- Pas souvent… une fois par an tout au plus. Et encore, en coup de vent.
- « Excuse-moi, mais c'est bien ton père qui s'était tué… un accident bizarre qui a fait toute une histoire à l'époque… et on a jamais vraiment su ce qui s'était passé ?
Éditions : La Petite Bibliothèque. Éditions Folle Avoine (2020).
Autres titres de cet auteur sur ce blog :
La cour des petits.
Le voyage de Mélanie.
Rouge Ballast