dures

Dur(e)s à cuire !
Collectif. (Cordonné par Frédéric Prilleux et Denis Flageul)

Note : 3,5 / 5.
À point ou saignant ?
Le recueil du concours annuel de « La fureur du noir & La noiraude », le seizième du nom date de 2015. Il manquait à mon intégrale.
Six nouvelles, six auteurs, trois lauréats et trois auteurs « confirmés ».
Leurs noms par ordre alphabétique : Thiphaine Albessard ; Marin Ledun ; Elsa Marpeau ; Patricia Portman ; Xavier Rugiens et Marie Vindy.
Comme il est d’usage, la préface au nom très poétique de : « Brochettes d’auteurs à la lamballo-pordicaise » signée Denis Flageul (La Fureur du Noir) et Frédéric Prilleux (La Noiraude) commence ce recueil.
« Médusé », nous sommes transportés en 1920 aux États-Unis à Chicago plus précisément. Un jeune homme, blanc et bien sous tous rapports, rejoint la police, pour de mauvaises raisons, il le reconnait lui-même. Et il doit faire ses premières armes à Bronzeville… ce n’est pas ce qu’il espérait. Une femme de couleur, Daisy, a été étranglée dans une chambre d’hôtel ! Qui est son assassin ? Un texte qui pourrait être sous-titré « Mémoires d’outre-tombe ».
« Un pas de danse ». Videur en chef dans une énorme discothèque de la Côte, cela donne du prestige envers les clientes. Mais Emilie Diez la danseuse l’accapare… elle vit avec Simon Boyer. Mais c’est une femme qui a du chien si l’on peut dire, et surtout qui est prête à tout, même au pire.
« Comme la pierre ». Alicia s’ennuie. Epouse de militaire, ce n’est pas une sinécure pour elle, son mari n’est pas un grand sentimental. Alors lorsqu’il invite un jeune soldat à déjeuner, Alicia a des pensées coquines… mais la guerre vient briser cette vie tranquille.
« La mue ». Lorsque son nom de famille est Balh, il est préférable de ne pas appeler sa fille Annie ! Et pourtant certains osent ! Mais bon Annie a de quoi se défendre. Quittant sa ville natale avec une amie d’enfance pour Montréal, elle devient Marianne… et change complètement de vie ! La mue est réussie, même si la morale est passée à la trappe !
« Portrait d’un rino féroce ». Texte très étrange, une première partie à la morgue où un mort bouge… deux vieillards farceurs, une femme et un homme dans une maison de retraite… Je suis un peu dubitatif vis-à-vis de ce texte.
« Tais-toi » car tu es un dur à cuir toi. Un homme et un enfant qui ne parle pas s’installent dans une vieille maison. L’homme n’est pas le père de l’enfant, il fut l’amant de sa mère qui lui a demandé de veiller sur lui, le temps qu’elle puisse venir. Mais la première visite est une femme policière qui doit lui dire une nouvelle grave.
Cassiopée est une dure… il est préférable de ne pas s’y frotter, Emilie également. Faibles femmes, vous repasserez avec vos clichés, messieurs ! Alicia aime la jeunesse, surtout les jeunes soldats en réalité, Marianne a changé et pas uniquement de prénom.
Peu de grands textes mais une bonne moyenne, mais les femmes sont plus dures à cuire que les mâles !
Extraits :
- Mon parfum sentait la civette, ma chemise l'aisance, mon nom l'Irlande. Je haïssais en troupe les Chinois, les Grecs, les juifs, les homosexuels et les noirs.
- Nous partagions à la fois des verres et ses considérations sur les différents réseaux nés de la prohibition.
- Maintenant qu'il était là, il réalisait à quel point c'était stupide. Il pouvait encore faire demi-tour. Il devait faire demi-tour.
- L'ancienne Émilie avait disparu pour toujours et, à part elle, personne ne pouvait comprendre ça.
- Dans un mouvement lent et pensif, elle ôte sa robe, puis le reste. Sa nudité a des boursouflures de crème.
- Aussi docile qu'une poupée de chiffon, elle le laisse la pénétrer, fixant machinalement ses naseaux.
- Gourmande, elle dévorait par petites bouchées avec la mine d'un chat qui vient de trouver une soucoupe de lait.
- Quinze ans de carrière au compteur chacun. Et c'était bien la première fois qu'il voyait un sac mortuaire s'agiter.
- C'est tout vous, ça, mon cher : partir en corbillard, revenir en ambulance !
- Ça m'interpelle, cette fureur soudaine, j'en tire certaines conclusions. Défoule toi mon garçon, viendra le moment de raconter.
- J'étouffe, j'ai besoin d'air. Les odeurs me prennent à la gorge, et avec elles tous ces souvenirs.
Éditions : Terre de Brume (2015).