Nouvelles de Bretagne

Nouvelles de Bretagne.
Collectif. Collection Miniatures.

Note : 4 / 5.

La  Bretagne entre les lignes.
Une collection et un éditeur que j’apprécie particulièrement ! Grand fan de nouvelles et viscéralement Breton, ce titre ne pouvait que m’intéresser !
Six écrivains comme dans tous les titres de la série qui en comporte trente cinq !

Détail amusant je connais personnellement tous les auteurs de ce recueil, que j’ai côtoyé durant des années dans différents salons littéraires de Bretagne, et qui figurent tous dans ce blog.
Liste des auteurs par ordre alphabétique : Hervé Bellec, Daniel Cario, Olivier Cousin, Nathalie de Broc, Fabienne Juhel, Arnaud Le Gouëfflec.
Cet ordre n’est pas celui des textes dans le  livre.
Après l’habituel avant-propos de Pierre Astier, nous commençons par :
 « Le rire », le personnage principal se nomme Monsieur Le Gonidec, être insignifiant, vie insignifiante. Un pince sans rire dans tous les sens du terme, comme il ne rit jamais, il en pince pour le rire. Il fréquente assidûment un bistrot de la bonne ville de Brest, non pour boire, mais pour enregistrer les rires de clients !  Et un soir, l’extase, une femme très belle, ce qui ne gâche rien, lui fait entendre le plus beau rire qu’il n’ait jamais entendu ! L’apothéose, le chef d’œuvre, mais l’enregistrement ne s’est pas fait ! Alors commence la recherche de cette femme et de son rire…
Plus dure sera la chute !
« L’Éclusier » m’a fait bien entendu penser à la belle chanson de Jacques Brel… et là c’est plus surprenant à « La guerre des boutons », version adulte et plus dramatique. En effet deux villages se querellent, car l’un a un monument aux morts bien garni par les guerres de 1914 et 1945 ! L’autre rien, pas l’ombre d’un tué, rien ! Alors lorsqu’on découvre un charnier datant de la dernière guerre et parmi les morts un habitant du village sinistré, c’est l’euphorie ! Enfin un enfant mort pour la France, alors dressons un monument, un seul nom mais c’est suffisant… sauf que la vérité est ailleurs !
« Gourin-Trois Rivières. Aller. Retour »La ville de Gourin (Morbihan) est connue pour avoir été un des hauts lieux de l’émigration bretonne pour l’Amérique du Nord.
Alors lorsqu’un bûcheron canadien fait le trajet inverse, revenir au pays de ses lointains ancêtres, l’opération ne manque pas de panache, mais peut être risquée.
Que choisir : la patrie de ses ancêtres ou sa patrie de naissance ? Choix cornélien !
« Vive la canaille » est une histoire bien arrosée, un chemisier aussi d’ailleurs. Prenons un écrivain dénommé Hervé, une charmante dame répondant au doux nom de Marie-Cécile Hénaff, femme de directeur de banque de son état, ivre de son second état, lectrice assidue de l’auteur en question. Le bar est plein, certains clients aussi ! Résultats de l’ivresse générale, un verre de vin sur le chemisier de luxe de Marie-Cécile. Heureusement l’auteur n’habite pas loin, et la belle n’est pas très pudique. Elle se dénude la poitrine et réclame du sel ! Le dénommé Hervé trouve que la situation ne manque, ni de sel, ni de piment ! Pour la suite, achetez le recueil !
Je n’en dirai pas plus !
« Ma meilleure amie ». Il faut toujours se méfier de sa meilleure amie et de ses conseils. Surtout lorsqu’on ne la connait pas vraiment cette meilleure amie, plutôt style « Arlésienne ». Elle est belle, blonde, semble plaire aux hommes alors, vraiment idéale la dénommée Pauline ? Est-t-elle vraiment Pauline ?
« La maison des dunes ». La guerre est finie depuis longtemps, des familles allemandes ont acheté des résidences secondaires sur les côtes du Finistère Nord. Kurt est de ceux-ci, une photo prise par son épouse déclenche chez lui des questions. En effet certains prisonniers allemands sont restés bien après l’armistice pour déminer les plages et autres travaux dangereux. Son père était parmi eux… et cet homme sur la photo lui ressemble. Mais ce cliché est récent… Une belle histoire !
Un homme solitaire pour qui le rire n’est pas le propre de l’homme, le maire d’une commune bretonne mis devant le fait accompli d’une regrettable erreur, un bûcheron canadien qui donne des leçons de québécois à un petit garçon qui n’en demandait pas tant. Un homme et une femme un soir d’ivresse, deux femmes espérant sabler le champagne dans un square, drôle d’endroit pour une rencontre ! Un bon recueil d’une lecture agréable, des sujets divers et comme toujours dans ce genre d’ouvrage collectif des écritures variées.
Extraits :
- C’est alors qu’elle vit Le Gonidec. Elle vit son petit visage rond, là tout près, questionnant. Sa petite moustache en poil de martre. Son air d’employé de bureau qui avait pris par mimétisme l’expression des pots à fleurs de la réception.
- A Saint-Obier, cette journée de commémoration patriotique était l’une des plus tristes de l’année, rideaux baissés et portes closes.
- Rappelant ainsi à son fils la veine du grand-père devenu québécois d’adoption et la déveine du frère breton, étranger en France.
- Je constatais qu’elle tenait le tee-shirt à la main, mais aucun signe tangible ne semblait montrer qu’elle avait l’intention de s’en servir dans l’immédiat.
- Il trouvait tout bon. Alors qu’avant c’était un peu la soupe à la grimace. C’est drôle, ce changement, n’est- ce-pas ?
- Il vivait seul à Pors Mogen depuis la mort de sa mère au début des années 1980. Un de ces si nombreux hommes sans histoire.
Éditions : Magellan & Cie. Collection Miniatures (2017).