L'ivresse du Kangourou
L’ivresse du kangourou *
Kenneth COOK.
Note : 4 / 5.
Délires australes !
J’ai découvert cet auteur australien il y a quelques années avec « 5 matins de trop » que j’avais beaucoup aimé. Depuis je suis bon an mal an les nouvelles éditions de son œuvre, sachant qu’il est décédé il y a très longtemps.
Recueil de quatorze nouvelles aussi déjantées les unes que les autres de Kenneth Cook. La plupart se passe dans le bush australien mais aussi dans la baie de Sydney. 
Le personnage principal de ces nouvelles est un petit randonneur replet amateur de whisky et de bon vin, narrateur et auteur. On le retrouve donc aux prises avec un kangourou alcoolique, animal de compagnie d'un de ses voisins. Ce kangourou avait découvert dans une mare pas loin de chez lui des restes de houblon qui servaient à faire la bière et s'en délectait à n'en plus pouvoir.
Un autre texte nous parle d’un sport absolument incompréhensible pour un esprit autre qu’anglo-saxon : le cricket ! Ici il s’agit d'un joueur que l'on paye pour ne pas jouer justement car les trajets de ses balles sont beaucoup trop vicieux pour n'importe quel receveur. 
Dans« Méfiez-vous des bénévoles », il nous narre ses mésaventures nautiques. Il a acheté un bateau. De très bonne qualité à première vue, mais beaucoup moins à l’usage. Il est parti avec quelques-uns de ses amis se promener en baie de Sydney. En perdition il rencontre un canot de sauvetage composé de bénévoles, qui sont très à cheval sur le règlement. Donc tout ça se passe très mal et le naufrage est vraiment évité de justesse.
Il se passe des trucs bizarres dans le bush australien, l’auteur a racheté le plan d'un filon perdu, filon qui contient des tonnes d’or ; mais il faut le retrouver et donc faire attention aux mauvaises rencontres : d'énormes chiens hostiles qui feraient passer celui de Baskerville pour un aimable roquet nain ! Où également une espèce de chat mutant qui arrive à foutre la pâtée au représentant de la race canine et tout ça pour ne pas trouver le filon en question !
Quand vous faites de bonnes actions, par exemple, pour une de vos amies vous promenez son chien sur une plage. Il faut toujours se méfier des réactions de celui-ci, sinon encore une fois vous serez obligé d’appeler les secours à votre aide ! Mais heureusement que sur cette plage il y a des sauveteurs. Par contre c’est toute honte bue que vous retournerez rendre le monstre à sa propriétaire !
Toujours épicurien, notre narrateur est parti pour une longue randonnée dans les montagnes un jour de grosse tempête de neige. Mais il a trouvé refuge dans une cabane. Il avait emmené comme d'habitude ses sandwiches, sa réserve de whisky, de vin et donc tout allait bien. Passer quelques heures à boire et à manger n'était pas déplaisant, sauf que dans ce refuge, il y avait aussi un rat qui allait lui pourrir la vie.
Des personnages aussi délirants que les animaux croisés au hasard de ces pages hilarantes ! Un pilote d’avion qui a horreur des reptiles… pas de chance un de ses passagers a une valise pleine de lézards à collerettes. Et le bagage s’ouvrit ! Un roi du rodéo, mais qui dans sa grande sagesse ne parie jamais, sagesse des Aborigènes dans « Des souris et des taupes », un restaurateur qui invente le restaurant panoramique tournant, sauf que la salle n’a pas de fenêtre et que la roue va trop vite ! 
Une universitaire cherchant un œuf d’autruche, pas si facile qu’il en a l’air ! Un champion du bras de fer aux blagues ridicules qui est battu par une femme ! La blague ne l’a pas fait rire !
C’est toujours aussi délirant loin de ses romans très noirs que je préfère, mais j’ai plus apprécié ce recueil que les précédents lus et chroniqués ici.
Extraits :

- Ce dernier, complètement remis de ses émotions, déposait les lézards dans sa valise, tout en reluquant la culotte de la fille.
- Le barman et les clients me regardaient tous avec compassion. On traite toujours les excentriques avec une grande tolérance, dans ces contrées.
- Mais transporter une demi-tonne de kangourou comateux n'est pas une mince affaire et nous avons dû recourir à un cheval de trait.
- Le kangourou finit par s'arrêter devant un pub, comme si son instinct lui disait qu'il y trouverait à boire. 
- Il était généralement admis qu'il existait sans doute, dans ce vaste monde, un cheval qu'Harry ne pouvait pas monter, mais que leurs chemins ne s'étaient jamais croisés.
- On commenta beaucoup le fait qu'il n'y avait que lui pour ouvrir un restaurant panoramique sans panorama.
- Je ne suis pas un homme aux opinions très arrêtées, mais il m'arrive à l'occasion d'être déterminé. C'était une de ces occasions.
- Il était très vieux, sans doute un de ces Aborigènes qui fêteront leurs cent cinquantième anniversaires dans l'année mais qui font à peine leurs cent trente ans. 
- Je vous signale au passage que le prénom de Joe est Jurendabllindraltului, mais que tout le monde l'appelle Joe pour des raisons sur lesquelles il me semble inutile de s'attarder.
Éditions : Autrement (2012) J’ai lu (Poche)
Titre original : Frill-Necked Frenzy (1997)
*Et autres histoires du bush.