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Autres choses.
Dominig PER.

Note : 4 / 5.
D'une chose à l'autre.

J'ai lu de cet auteur durant les année passées, un court, mais excellent roman que j'avais beaucoup aimé pour son inventivité "Un arc en ciel sur la joue". Ici il s'agit d'un recueil de nouvelles, genre littéraire dont je suis un fervent défenseur.
La nouvelle qui commence ce recueil se nomme "Un curieux mélange", c'est curieux et réjouissant. Pas l'ombre d'un doute, c'est beau le bonheur!
"Banc public" nous amène quelque part mais où? Le problème est que l'auteur non plus ne le sait pas bien :
- Oui, c'est cela, c'est un port ! Un joli port de pêche! Non, non plutôt un port de commerce, triste et gris, oui triste et gris, métallique.
Il y a un square avec des gens....oui des gens....un triste...un clochard...qui parlent, il y a un chien... un gros...non en fait un caniche...l'homme triste a une vie....normale....une femme...qu'il adore...le pauvre lui croit être libre...ils parlent comme cela sur un banc....dans un square...dans un port...enfin quelque part.
"Euréka" ou "L'amour rend bête", qui est dédié à Raymond Devos, s'inspire très librement du sketch "Mon chien c'est quelqu'un". Mais qui est le maître! La vie de Kinou et de Zedog....Un texte absolument délirant!
"Comme un train-train quotidien" est présenté par une phrase de "Mon enfance" de Jacques Brel. Un homme se lève de très bonne heure le matin, tout est gris et c'est déjà la course car le train n'attend pas ... Une autre chanson de Brel me vient à l'esprit "Zangra". Le thème de l'attente des gares, des trains qui vont et viennent. Mais le temps lui passe inexorablement!
Il passe encore et toujours sans trêve dans "Un joyeux phalanstère", la jeunesse est belle et insouciante, la bande joyeuse, les amitiés solides et les couples heureux....les mois passent, les années aussi et tout cela se lézarde insidieusement comme si de rien n'était... en catimini...où sont nos rêves passés!
Un homme qui est un grand professionnel, sa spécialité, la fabrication de chapelets en mie de pain pour dames patronnesses un peu radines! Sur les bancs publics il n'y a pas que des amoureux bien sympathiques qui se bécotent, il y a aussi des gens qui ont des problèmes comme tout un chacun. Un autre homme, un peu professeur Tournesol et un autre chien qui lui sert d'assistant! Un jeune homme très épris, mais le cœur de la belle est pris ailleurs, les voyages forment la jeunesse, mais étiolent les premiers émois. La jeune fille est volage mais lui prend de la hauteur. Un marchant d'oiseaux à la sauvette, sous le manteau, au marché, pas de quoi devenir riche, mais cela aide à la bonne marche de la communauté...
Un auteur à l'imagination réjouissante, capable de tout mais jamais du pire, des situations loufoques, mais empreintes de tristesse comme dans "Banc public" ou dans "Train-train quotidien", l'amour dans "Un joyeux phalanstère", mais le temps toujours est le plus fort.
Des clins d’œil à Georges Brassens, à Jacques Brel et une nouvelle dédiée à Raymond Devos, voilà des petites choses qui me plaisent! J'ai également recherché la signification du mot "Phalanstère" et j'ai trouvé ceci :
Communauté de travailleurs dans le système de Fourier.
L'union fait la force...mais pour combien de temps?
Extraits :
- Ses cheveux, sans nul doute coiffés par une tempête bretonne de force huit, sont de jais.
- Les jours se suivent et passent à vive allure. Le temps est toujours élastique dans ces cas-là ; trop court pour les bonnes choses et trop longues pour les mauvaises.
- C'est beau, une femme qui rêve. Cela donne envie de la protéger. Et, de pleurer. Alors, je souris.
- Il portait, sur une chemise blanche en bave de vers et d'insectes, une veste de costumes sergé grains de poivre de Cayenne blanc et noir, de très bonne coupe, ainsi qu'un pantalon zenana gris, pour attirer les filles.
-" Déjà, y a pas beaucoup de train si, en plus, y s'arrêtent pas!"
- Le professeur enseigna également à Max plusieurs langues étrangères dont le breton, incontournable dans le bistrot du coin...
- Perché sur la falaise, Marin s'arrêta à plusieurs reprises pour ramasser sur le sol une ou deux pièces de monnaie, sans doute tombées de quelque goélands argentés qui planaient dans l'azur.
- L'heure était à la gaudriole, l'avenir au présent, la vie belle.
- " Incurable !" Tel fut le diagnostic qu' établit tristement le médecin et qui laissa l'équipage ahuri et pantois. Ils remercièrent le carabin en le raccompagnant à la porte.
Éditions : Sociétés des écrivains. Collection Découverte (2007).
Autre chronique de Dominig PER :
Un arc en ciel sur la joue.

Ces deux ouvrages sont disponibles à la "Librairie Dialogues" de Morlaix.