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Érostrate for Ever.
Aïssa LACHEB.

Note : 4,5 / 5.
Ainsi vont certaines vies….
Second roman de cet auteur que je lise et chronique sur ce blog après « Dieu en soit garde ».
Cinq parties ou plutôt cinq destins comme il est écrit sur la quatrième de couverture.
Lucien. Isabelle. Le chapitre unique. Anaïs et Archibald.
Lucien erre dans les bois, c'est la nuit, il a peur, il a froid. Il se souvient, sa vie d’avant, celle de sa famille : un père chômeur et violent qui s'en prenait au reste de la famille. Sa mère, sa sœur Isabelle, et lui Lucien. Seule alternative, partir.
Pour Isabelle, c’est également la seule résolution qui lui paraisse envisageable, quitter le cocon familial. Elle rencontre Julien, qui, malgré ses rêves de richesse, vit
dans un grenier vétuste et nauséabond. Pour se faire de l'argent, il se fait dealer, puis consommateur, puis accro ! La descente aux enfers commence. Cette partie consacrée à Isabelle est très très dure, très réaliste absolument sans aucune concession.
Dans «  Le chapitre unique », nous suivons la vie d’un homme, Jean, dont nous connaîtrons le prénom très tard. Lorsqu’il était enfant, son père alcoolique faisait
vivre un enfer à sa famille, battait son épouse, alors il souhaite la mort de son géniteur. Ce qui arrive. Il grandit, se met en ménage avec Lucie, mais les vieux démons de la dive bouteille le contaminent à son tour. La jeune femme le met à la porte, sa propre descente aux enfers commence !
Anaïs est une petite fille très spéciale, sorte de Docteur Jekill et Mister Hyde au féminin. Et cela ne va pas s’arranger. Nous la retrouvons jeune et belle fille avec son amante, Malika. Pour se faire de l’argent, la prostitution est un moyen pour ces deux jeunes filles, sans
aucune limite si le client est consentant. Mais les cauchemars d’Anaïs sont toujours présents. Malgré l’amour de Malika, la déchéance d’Anaïs va aller en s’accentuant. Une fin inattendue !
Archibald Pimpon paraît l’antithèse des autres personnages de ce livre, il travaille, il est marié, plus très jeune et il part en vacances… enfin ! Sa vie est celle de millions de gens, vivre en immeuble, problèmes de voisinage, alors, le soleil !Il prend le train pour rejoindre son épouse.
Sauf que, bien évidemment le rêve va se transformer en cauchemar. Un autre voyageur s’installe dans son compartiment étrangement vide. Il se présente, monsieur Hippolyte Grandmal, pour vous servir ! Dans le couloir du wagon, passe un vagabond aviné, puis
 une jeune fille, belle, très belle, qui attire l’œil d’Archibald, et regrette que ses parents ne l’aient pas marié à une femme comme celle-là ! Mais elle disparaît.
Soudain, à une extrémité de ce couloir un cri féminin...

Des personnages souvent à l’extrême limite de la souffrance, peu s’en remettront. Pratiquement tous se détruiront, par l’alcool ou la drogue.
Lucien et Isabelle sont frère et sœur, enfants d'une famille où il ne fait pas bon vivre. Jean également. Anaïs par contre a eu une enfance normale.Une seule solution, la fuite, qui sera malheureusement tragique.
Pratiquement tous fuient
leurs enfances, certains la misère, d’autres la violence.
D’autres
tentent de se fuir eux-même , ou se rendent compte de la tristesse de leurs existences.
Dans le train, les voyageurs
 forment une galerie de personnages pour le moins étranges ou inquiétants.
Tout d’abord, je dois
reconnaître que je ne connaissais pas ce mot, « érostrate ». Donc j’en ai cherché la définition :
Plus on fait semblant, plus on révèle des carences. C'est du moins ce qui se cache derrière le dénommé complexe d'Érostrate, un phénomène de plus en plus commun où l'affichage classique cache, en réalité, une personnalité qui manque d'estime d'elle-même et s'efforce d'être quelqu'un qu'elle n'est pas.
Cette définition m’a permis de mieux appréhender les principaux personnages de ce très bon roman, mais il faut bien le reconnaître, très dur. Une belle écriture, parfois très crue pour des destins brisés et souvent sordides.
Âmes sensibles s’abstenir.
Extraits :
- Maintenant, ils n'étaient plus des héros. Un mur d'intolérance, d'ignorance et d'incompréhension s'était élevé au cœur de cette famille.
- Le grand ciel bleu, l'immensité mystérieuse, où, pleurant comme un enfant, il voit million d'oiseaux d'or qui passent comme des étoiles au premier jour de la Création.
- Julien, elle le voyait comme un long poème épique qui la soutient et la nourrit. Une idole.
- Tu épelles le mot sur l'étiquette :V.I.N. D.E. T.AB.L.E... Oui, c'est cela, tu as trouvé, tu as bien lu, tu sais lire !
- Pierrot pleure souvent son coin perdu de Lorraine. Mohamed pleure souvent son coin perdu d'Algérie.
- Elles se prostituaient un peu et ça les faisait rire, mais Anaïs ne s'offrait jamais.
- Jeune, les cheveux coupés courts, elle avait le visage qui semblait sans cesse hésiter entre l'adolescence et la maturité.
- Plutarque le premier nous fait part que cet individu détruisit en le brûlant le magnifique temple d'Artémis, une des sept merveilles du monde, figurez-vous… C'était il y a bien longtemps. Julien, elle le voyait comme un long poème épique qui la soutient et la nourrit. Une idole.
- Tu épelles le mot sur l'étiquette :V.I.N. D.E. T.AB.L.E... Oui, c'est cela, tu as trouvé, tu as bien lu, tu sais lire !
- Pierrot pleure souvent son coin perdu de Lorraine. Mohamed pleure souvent son coin perdu d'Algérie.
- Elles se prostituaient un peu et ça les faisait rire, mais Anaïs ne s'offrait jamais.
- Jeune, les cheveux coupés courts, elle avait le visage qui semblait sans cesse hésiter entre l'adolescence et la maturité.
- Plutarque le premier nous fait part que cet individu détruisit en le brûlant le magnifique temple d'Artémis, une des sept merveilles du monde, figurez-vous… C'était il y a bien longtemps.
Éditions : Au Diable Vauvert (2021)
Autre titre de cet auteur sur ce blog :
Dieu en soit garde.