Veillée du matin
La Veillée du matin.
Jim AGEE.

Note : 3 ,5 / 5.
Dieu est matinal.
La lecture dernièrement du livre « Honorer la fureur » m’a donné envie de découvrir James Agee. Est-ce une bonne idée de commencer par cet ouvrage ? Je me le demande ?
Après une très érudite préface de Gilles Lapouge (qui signera également une biographie et une chronologie de la vie de James Agee) commence ce relativement court roman. 
C’est l’heure entre chien et loup, dans le pensionnat religieux où est cloîtré Richard, douze ans, la discipline est sévère. Les préceptes religieux sont enseignés de manière rigoureuse.
C’est la Veillée du Jeudi Saint. Richard s’est endormi, le réveil est brutal, et son cœur et son âme sont plein de repentance. Il regarde ses compagnons d’infortune. Chacun réagit à sa manière… Richard en veut à sa mère de l’avoir placé dans ce pensionnat… Il se mortifie volontiers en pensées…Il a plein de questions qui l’assaillent. Il se punie, se mortifie, aimerait se laver de ses pêchés. Il va en forêt pour manger des vers de terre.
Avec deux amis, Jimmy et Hobb, ils quittent le pensionnat au très petit matin. Richard marche pieds nus, se baigne dans l’eau glacée, tue un serpent. Il espère, ainsi, que ses compagnons l’admirent pour cela.
Mais l’acte fou est terminé… il faut retrouver cet univers rigoriste.
Richard est un enfant… il tente d’être très investi dans la religion. Mais il est aussi un enfant du sud des États-Unis, avec ce grain de folie ou de déraison qui caractérise les écrivains sudistes. 
Je ne suis pas réellement rentré dans cette histoire. Je dirais, par un jeu de mots très approximatif, que je n’ai pas communié avec les personnages et le texte.
C’est bien écrit, les tourments de cet enfant sont bien décrits, mais mon manque d’éducation religieuse fait que je suis resté sur le bord de la route. On est de plein pied dans un univers sombre… presque malsain par certains côtés. 
Ce n’était pas, pour moi le moment, de lire cet ouvrage. 
Mais je relirais James Agee plus tard, je pense.
Extraits : 
- Oui, l'heure était plus sombre que l'Agonie et la Sueur du Sang.
- En même temps, ses mains, à leur habitude, tâtaient le drap et cette fois-ci le lit était si peu mouillé que le matin venu, personne ne s'en apercevrait.
- Richard avait un creux à l'estomac comme chaque fois qu'il savait que la lutte était inévitable.
- La petite horloge au rythme précipité marquait quatre heures moins quatre minutes seulement.
- Les trois plus jeunes garçons observaient un silence respectueux et regardaient de tous leurs yeux ensommeillés.
- En contemplant les flammes des cierges qui brûlaient sans répit, il eut l'impression de les entendre se consumer.
- Passion du Christ, donne-moi des forces.
- Que Dieu soit miséricordieux envers moi qui suis un pêcheur, murmura-t-il en son cœur et il fit le signe de la croix.
- Il chercha les rainures du banc sur lesquelles il appliqua fortement ses genoux pour souffrir davantage et il constata qu'il avait plus mal au dos en se tenant droit qu'en remuant.
- Son cœur était vide, en somme il avait failli. Mais son cœur débordait de gratitude et de paix.
Éditions : G.F.Flammarion (1988).
Titre original : The Morning Watch. (1950).
Traduit de l’anglais par M. Martignon.