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d’Œsthrénie.

Anne-Sylvie SALZMAN.

Note : 4 / 5.
Nouvelles d’ailleurs…

Romancière que je découvre avec ce roman, datant de 2014. Malgré son titre ce livre n’est pas réellement un recueil de nouvelles dans le sens classique du terme. En effet tous ces textes sont reliés les uns aux autres, tout en se déroulant à des époques et avec des personnage différents mais ayant une filiation entre eux. Descendances ou autres. Anne-Sylvie Salzman est également traductrice de l’irlandais Lord Dusany, entre autres.
Titres des nouvelles : 
La boucle. Le palais. Dans les Hauts. Jours de guerre. La nuit sur nous et Enfin nous sommes morts.
Ce livre est précédé d'une préface signée d'Yves et Ada Rémy.
Nous sommes dans un pays imaginaire, situé en Europe de l’Est, car il est beaucoup question de guerre contre l’Autriche, de train pour aller à Prague, certaines
épouses sont Polonaises ou Allemandes. À quelle époque se passent ces récits, chacun se fera son opinion, moyen-âge pour certaines situations, les pendaisons publiques par exemple, mais les gens voyagent en train. Donc ce n’est pas cela ! Dans le futur ? Mais un futur qui aurait techniquement et moralement régressé !
« 
La boucle ». Une femme raconte sa vie. Née à Zelenka, fille du baron du même nom, elle a eu deux frères, Paulin, décédé très jeune, et Seban qui lui est toujours vivant. Les Zelenka ne sont pas d’ancienne lignée, ce sont de nouveaux nobles, mais notre narratrice est fille de baron. Prague n’est pas loin, des envahisseurs de différentes nations viennent des montagnes, les guerres sont incessantes. Les rebellions et les pendaisons également.  Mais un jour elle décide de fuir, alors elle devient, ce qu’elle dit elle-même :
- Quant à moi je n'ai plus ni terre ni nom, mais je trouverais amer de ne rien garder de Zelenka, un sort que je mérite pourtant.
« Le palais ». 
Nous sommes dans la ville de Ducé, un homme va rejoindre son frère Lucian. Il voyage en train depuis Prague. Ils sont revenus de Londres, et le regrette !
Lucian est chargé de la construction d’un palais pour un roi absent. Le chantier n’est pas de tout repos, les vols se multiplient.

« Dans les Hauts ».
 Le narrateur cette fois est Lucian, qui est appelé au chevet de son frère Akmat qui se meurt dans les Hauts, où il s'est installé et a pris épouse. Il tente ensuite de fuir vers la Turquie, mais il est rattrapé par les gardes.
« Jours de guerre ».
 Un soldat nous raconte une campagne, dont on ne sait pas réellement qui sont les belligérants, et qui combat qui ? La guerre, ici ou là-bas a son cortège d'horreur.
« La nuit sur nous ». 
Mezh est une petite fille qui nous raconte sa courte vie et elle parle d'Akmat Juras et de sa tombe. Et de sa fuite...
« Enfin nous sommes morts ». 
Sorte de message de délivrance, la vie se termine toujours par la mort.
Les trois derniers textes sont relativement courts.
Six textes et six narrateurs ou narratrices, mais aussi beaucoup de personnages dans ces
textes que je ne sais plus si je dois dire roman ou recueil de nouvelles. Certains de ces personnages ont une filiation réelle ou évoquée, des noms de familles les Zelenka, les Juras. On trouve également un écossais, personnage très important des premiers textes, Edmund Finlay.
C’est très bien écrit, les descriptions sont magnifiques et permettent de voir dans quel environnement les personnages évoluent.
Un très étrange puzzle littéraire qui malgré la difficulté que j’ai éprouvé
à sa lecture ; ce livre vous intrigue malgré ou grâce à sa complexité.
Extraits :
- Le baron mon père m'amena à l'ossuaire quand j'eus sept ans. L'idée était sans doute de me faire voir ce que la mort fait aux hommes.
-Et quelles sont-elles, les aspirations du peuple, à Dusé, à Tillani ou dans les vallées, dans les Hauts ou vers Axhjan ?
-Et pour expier nous revînmes
au pays après la guerre, quand nous aurions mieux fait de le fuir à jamais.
- Les jeunes filles boivent le vin coupé d'eau. Dans les maisons, les coquines à soldats vivent de vin bulgare, de liqueur de citron et d'olives ; toutes sentent l'ail.
- Nous avons deux sortes d'ennemis : les Gardes, qui ne nous ont jamais aimé, et rallument
depuis toujours le feu de la guerre, et les Roumains qui veulent nos montagnes.
- Nos villages sont perdus : la Terre a mangé nos villages.
Éditions : Dystopia. Workshop (2014)
 .