Brady Udall
Lâchons les chiens.
Brady UDALL.

Note : 4 /5.
Chroniques de l’Amérique profonde.
Auteur américain que je découvre avec ce livre que je possède depuis longtemps mais dont j'ai reculé la lecture sans raison sérieuse.
Dix nouvelles dont voici les titres :
- Lâchons les chiens. Raid nocturne. Buckeye le Mormon. La balade du boulet et de la chaîne. Basket à la casse. Le contraire de la solitude. La perruque. Vernon. Le serpent. La beauté et Il se soûle profondément et fameusement.
Dans la nouvelle qui donne son titre à l'ouvrage, un homme, Goody Yates, est bien mal en point. Il sort de chez le dentiste. En chemin il est pris en stop par un personnage qu'il surnomme « Custer ». Au fou...
« Buckeye le Mormon » est un drôle de type, pêcheur repenti, devenu abstinent intégral… mais chassez le naturel, il revient au galop.
«  La balade du boulet et de la chaîne » est ma nouvelle préférée. La veille d’un mariage, une blague tourne mal, le futur marié part avec un boulet au pied… et se noie suite à un accident de voiture. Pour son meilleur ami et l’épouse de celui-ci, la vie devient impossible. La culpabilité ruine le responsable de cette tragédie et son couple.
« Le contraire de la solitude ». Un homme, depuis son divorce, se méfie des femmes, même d’Ansie, sa meilleure amie. Il vit avec ce qu’elle appelle trois cinglés, gens à l’autonomie limitée. Chose qui n’arrange pas leurs relations.
Et le coup de la panne c’est un peu surfait !
« La perruque » est un beau texte, court, à peine deux pages, mais très poignant.
« Vernon » dans l’Arizona, c’est l’inverse, c’est long, c’est triste et cela ne donne pas envie de découvrir cette ville, sorte de trou du cul de l’Amérique profonde !
Pas étonnant que certains habitants soient à moitié dingues.
« Il se soûle profondément et fameusement » est une sombre histoire de
vengeance, un fils cherche l’homme qui a tué son père d’un coup de cric hydraulique pris dans une voiture. La vengeance est-elle réellement un plat qui se mange froid ?
Des personnages vraiment à la limite de la folie furieuse . D’ailleurs dans
«La balade du boulet et de la chaîne », la première phrase est « Impossible de le nier plus longtemps : Juan, l’homme de ma vie est fou ». Ou alors comme « Custer » dans le texte qui commence ce livre. Puis un apache élevé par des blancs et ayant épousé une blanche, ce qui n'arrange pas son cas pour les indiens, cherche à donner à son fils une chèvre en pleine nuit…
Un dénommé Bach Abercorn, chargé de l’entretien d’un immeuble est secrètement amoureux d’une étrange jeune fille et joue au basket avec ses amis, une autre femme s’incruste dans sa vie.
Deux Apaches, le père et le fils, deux jeunes filles, enfants de l’un, petites filles de l’autre, un homme blanc perdu et en panne de voiture, plus un gros serpent dans la maison, que faire ?
La beauté cela se discute ; deux hommes, ayant quitté l’Alaska font route vers l’Arizona, enfin faisaient route, car leur voiture a rendu l’âme dans un bled perdu de l’Utah. Et ils sont fauchés !
Dans ce livre j’ai appris deux choses : « Buckeye », Marron ou marronnier est le surnom donné aux habitants de l’Ohio et « Badger », blaireau, est celui des habitants du Wisconsin !
Une plongée dans l’Amérique profonde, et ce n’est pas réjouissant.
Des nouvelles très originales avec ce que l’on peut appeler des chutes ouvertes… laissant un doute sur la suite de l’histoire.
Un bon recueil.
Extraits :
- Il écrivit sur le mur : 
bénis soient les médicaments.
- Les soldats de l'armée US juraient que les Apaches possédaient le pouvoir de se rendre invisibles. En ce moment, je me contenterai volontiers de celui de faire taire cette chèvre.
- Elle porte un slip en dentelles noir et un T-shirt coupé qui suffit à peine à dissimuler ses avantages.
- Timbré, siphonné, azimuté-prenez n'importe lequel de ces mots, convient à décrire ce qu'il est devenu.
- C'était une jolie femme, le genre à porter du rouge à lèvres violet et des anneaux aux oreilles sans pour autant avoir l'air d'une pute.
- Nous avons la seule équipe non indienne de la région, et elle s'appelle les Redskins, c'est-à-dire les Peaux rouges. Morris considère que c'est le comble de l'ironie.
- Elle formait une tignasse de cheveux blonds bouclés, le genre que portent les prostituées ou quelqu'un qui veut imiter Marilyn Monroe.
- A Vernon, le manque de femmes disponibles est tragique. Les jeunes sont soit parties, soit mariées, soit enceintes.
Éditions : Albin Michel (1998) . 10/18 pour l'édition de poche.
Titre original : Letting Loose the Hounds (1997).
Traduit de l'américain par Michel Lederer.