Chevrolet-Impala
Chevrolet Impala.
Michèle ASTRUD.
Note : 4 ,5 / 5.
Retour dans le passé.
Dans ce roman Michèle Astrud nous fait voyager dans le sillage d’une jeune américaine.
Nous sommes à New-York en 2001, une femme, Michèle Simons, narratrice de ce livre, est suivie par une luxueuse berline. Elle est également harcelée au téléphone par un dénommé Adriano, une ancienne connaissance, qui ne lui a pas laissé que des bons souvenirs. Mais elle n’est pas réellement chaude pour le revoir, malgré ses sollicitations. Elle est associée avec une amie Caroll, et dirige une agence artistique qui a du plomb dans l’aile. Elle se souvient...
Montréal 1965. Elle étudie et vit en colocation avec Louise qui est folle dingue d'un beau chanteur français Adriano. Venant de Detroit elle ne connaît personne dans cette ville canadienne et s'ennuie un peu. Alors partager l'enthousiasme de Louise, pourquoi pas ? Elle ignore alors qu'elle s'aventure sur une pente dangereuse qui la suivra toute sa vie.
Car cet homme sous ses airs de charmeur grand seigneur n'est pas qu'une vedette du show business, sa carrière de chanteur et d'acteur à succès cache une face plus sombre et des activités beaucoup plus lucratives qui explique ses nombreux voyages en France. Pour son anniversaire il lui a offert une somptueuse Chevrolet Impala qui sera parfois du voyage...
Mais après toutes ces années, elle se souvient de la chute, de la déchéance, et de la naissance de Sylvia, sa fille, dont Adriano n'est pas le père. Elle se remémore le procès, les témoignages de toutes ces jeunes filles subjuguées par l'argent facile, la belle vie, le luxe, et le revers de la médaille.
Elle cherche à retrouver le maximum de ces victimes, jeunes filles naïves, pour les faire témoigner et raconter leurs histoires et les fâcheuses conséquences sur leurs existences.
Après bien des péripéties et vaines tentatives de fuites, elle accepte l'invitation du vieil homme qui se meure. Elle le retrouve dans une superbe demeure au milieu du bayou en Louisiane, vaste domaine, sorte de musé du cinéma américain car un des précédents propriétaires était producteur de films !
Adriano a une dernière faveur à lui demander...
Les deux personnages principaux sont la narratrice, jeune américaine qui n'était pas vraiment destinée à cette existence rocambolesque qui la dépassera parfois et qu'elle aimerait oublier.

Lui est l'exemple type du manipulateur, bel homme sans scrupules.
Belle écriture, la chronologie de cette aventure dont la narration et le dénouement se déroule en 2001 trouve sa source à Montréal en 1965, après de nombreux retours en arrière dans différentes villes .
Pour les plus anciens (comme moi), cela me rappelle l'affaire Jacques Angelvin, présentateur vedette de la télévision arrêté à New-York en 1962 avec sa voiture bourrée de drogues.
Extraits :
- Les autres filles sont devenues mes obsessions depuis quelques années déjà. D'habitude je n'en parle pas. Je suis une solitaire qui ne se confie à personne.
- Je m'interrogeais : qu'avais-je donc de commun avec eux - rien évidemment, nous rapprochait.
- Les responsables étaient protégés, les noms des vrais chefs du trafic jamais évoqué.
- Le grand déballage se poursuivait, les opérations secrètes s'entremêlaient, entre le sud de la France, l'Italie, le Canada et le Mexique. Des prête-noms s'affichaient, les hommes de paille s'agitaient dans la clandestinité.
- J'ai toujours eu un faible pour les mauvais garçons, les types louches. Les gars sur qui on ne peut jamais compter et c'est bien ce que me reprochait mon beau-père.
- Qu'est-ce que tu racontes ? C'est un vrai boucher. Un ancien tueur à gages, un meurtrier de la pire espèce.
- J'avais trop bu, encore une fois.
- Il ne retournerait jamais en France. Sa mère et ses sœurs ne répondaient plus à ses courriers.
- Et je finissais par la trouver embarrassante, quelque peu désobligeante aussi, cette faculté de transparence, ce don de passe muraille.
Éditions : Les Forges de Vulcain. (2019).
Autres titres de cet auteur chez le même éditeur sur ce blog :
Le jour de l’effondrement.
Nous rentrerons dans la lumière.
La nuit je vole.