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La nuit je vole.
Michèle ASTRUD.
Note : 4 / 5.
La vie, avec ses hauts et ses bas.
Nouveau roman de Michèle Astrud, une œuvre originale, celle d’une femme qui, comme le titre du roman l’indique vole dans son sommeil.
On peut parler ici d’une forme de somnambulisme des plus rares !
Michèle est une femme tout ce qu’il y a d’ordinaire, elle est architecte, Guillaume, son mari, est entrepreneur. Ils sont associés, achètent des appartements qu’ils retapent et revendent.
Elle, comme beaucoup d’enfants, a été somnambule dans sa petite jeunesse. Guillaume, plus pragmatique, ne croit pas à cette activité nocturne.
Mais une nuit, durant des vacances en montagne, Michèle s’envole…
Elle plane au-dessus de la nature, survolant les lacs et les monts, elle éprouve le sentiment intense d’une liberté absolue.
Au sol, sa silhouette ne passe pas inaperçue, mais plus dure sera la chute. Car, la technique de l’atterrissage n’est pas encore complétement assimilée.
La balade de nuit se termine à l’hôpital, rien de cassé, le psychologue est perplexe et Guillaume dubitatif !
Durant le voyage du retour, Michèle s’endort et se souvient des trajets similaires avec ses parents, les départs en vacances pour la Corse où résidaient ses grands-parents, l’horaire serré, ne pas louper le bateau… et cette envie d’évasion, déjà !
Pour la jeune femme, le réveil est brutal, un choc durant le voyage sur le plafond de la voiture, une tentative d’envol avortée…
Le mal est profond, Michèle est aspirée par les cieux, résister est de plus en plus difficile. Les souvenirs de son grand-père sont une sorte de dérivatif et aussi une tentative d’explication ?
Les journaux s’emparent de son cas. Comme les sérials-killers, elle hérite d’un surnom « Michèle l’Ascensionniste », elle est présentée à un impresario vulgaire, colérique qui veut faire d’elle une vedette du show-biz !  Des spectacles dans des stades pleins à craquer, mais à ciel ouvert !
La gloire est au rendez-vous, mais Michèle ne semble pas prête pour cette vie, son mariage qui était déjà en sursis n’y survivra pas.
Mais parfois une nouvelle inattendue vient comme un rayon de soleil, comme un retour à la terre et à ses racines.
Deux personnages principaux dans ce roman, un couple qui tente de sauver ce qui peut l’être dans des circonstances, qui, il faut bien l’avouer, sont hors du commun.
Une trame très originale, pour ce roman bien écrit et, comme toujours, sous la plume de Michèle Astrud d’une lecture très agréable.
Extraits :
- Nous avions la manie de toujours réclamer, quémander. Dans l'espoir d'en obtenir plus, toujours plus de joie, plus de confort, plus d'amour et de sérénité. Plus de bonheur, plus de vie.
- La vie en rêve, la vie rêvée, la vie au milieu des ombres des fantômes ; petite fille au milieu de la nuit, j’errais dans les couloirs obscurs de la maison, j'entrais dans la chambre de mes parents.
- Pas envie de discuter pendant des heures sur le sommeil et ses sortilèges. Je gardais pour moi mes grands secrets puisqu'il ne voulait pas les partager. J'aurais le temps, je pouvais l'espérer, de le faire changer d'avis.
- Jadis, j'étais différente. Rêveuse, capricieuse, j'aimais les contes et la poésie.
- Le grillage n'est pas prévu pour enfermer les patients. Il empêche simplement les pigeons de venir salir les vitrages.
Éditions : Aux Forges de Vulcain (2018)
Autre chroniques de cette romancière sur ce blog :
ASTRUD Michèle / J'ai rêvé que j'étais un garçon.
ASTRUD Michèle / Amitiés
ASTRUD Michèle / Le jour de l'effondrement.
ASTRUD Michèle / Nous entrerons dans la lumière.
ASTRUD Michèle / Vue sur la mer, rouge.