Liù

Liù, esclave impériale.
Blanche de Saint CYR.

Note : 4 / 5 .
Nuits de Chine… nuits câlines.
Texte dit « érotique » de cette écrivaine belge que je découvre avec cette lecture.
Premier roman qui mêle allégrement et avec succès l'histoire, le dépaysement, les luttes intestines qui causent la perte d’un certain empire et une dose de fantastique ; une princesse possède en effet un dragon et des problèmes ethniques!
Roman en six parties : « Liù, esclave impériale »; « Liù, pute de grands chemins » ; « Magie noire » ; « Fang Yin, la sanguinaire »; « La femme du gouverneur » et pour finir « Tantrisme », nous contant la vie de la très jeune et très belle Liù, dont le corps va être soumis à de rudes épreuves !
Nous sommes dans le royaume de Nanzhao, situé au Yunnan, au IXe siècle. Une paix précaire règne car le grand voisin, l'empire chinois, aimerait faire main basse sur ce royaume. Le vieux roi Taïzu est un sage, il a deux fils Ping, le libidineux et Calaf dont Liù est amoureuse. Celle-ci a réussi à échapper à Ping et devient la maîtresse de Calaf, brève liaison car à l’intérieur du royaume deux ethnies les Bai et les Yi cohabitent tant bien que mal.
La Chine prend possession du royaume, Liù se sauve avec le roi Taïzu devenu aveugle. Elle sait comment une très belle jeune fille peut gagner sa vie, mais un jour elle rencontre Siam, un jeune brigand qui lui explique qu'il peut voler ses clients pendant qu'elle accomplit sa besogne. Mais cela ne dure qu'un temps, car elle tombe sous le joug de la cruelle et sanguinaire Fan Yin dont elle devient la favorite attitrée et elle retrouve Calaf qui est comme subjugué par Fan Yin dont il est l'époux...
Mais les aventures des deux tourtereaux ne s'arrêtent pas là... la route du bonheur est encore longue ! Et un homme qu'elle espérait ne plus revoir va venir compliquer les choses...
Beaucoup de personnages dans ce récit, Liù qui connaîtra bien des aventures, et beaucoup d'hommes, et parfois des femmes.
Calaf est le héros de service qui lui aussi survivra à de nombreuses embûches. Fan Yin se rachètera de toutes les horreurs dont elle fût l'instigatrice.
Une belle écriture, des scènes de sexes nombreuses, imagées et parfois originales. Mais toujours bien décrites.
Une lecture agréable et jamais vulgaire. Une découverte de la Chine de l'époque où la vie des servantes n'était pas de tout repos, surtout lorsque elles étaient jeunes et jolies.
Extraits :
- Mon père m'attend. La politique, la piété filiale et le royaume prime sur notre plaisir.
- En réalité, j'avais trouvé une autre source de revenus. Mes fesses accueillantes et ma bouche travailleuse attiraient les hommes.
- Ma gourmandise faisait plaisir à voir, disaient-ils. J'en riais.
- Si je voulais séduire la bourgeoisie, je devais mettre mes atouts en valeur et ressembler le moins possible aux paysannes du marché au poivre.
- Les soldats obéissent à celui qui paye leurs soldes. Changer de maître ne les dérange pas. Une poignée de fidèles aura suivi Calaf.
- J'obéis avec plaisir tandis que l'écorce de l'arbre s'imprimait dans ma nuque.
- De ta langue tu feras jouir la Princesse, mais si son orgasme tarde, tu auras la tête tranchée.
- De l'amour ? De la bêtise, oui ! Elle avait raison cette fourbasse devenue nonne, les hommes ne valaient pas tripette.
Éditions : Tabou / Les jardins de Priape. (2019)