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Ménagerie.
Maja BRICK.

Note : 4 / 5.
L'arche de Maja.
Première lecture de cette auteure d'origine polonaise qui est publiée en France et également en Pologne.
La ménagerie en question se compose ainsi par ordre d'apparition :
le tigre, le chat, le chien, le loup, le merle, les pinsons et les hirondelles, les oies et les vaches, l'araignée, la sauterelle, dans l'œil du cheval et le serpent.
Bien évidemment tous ces animaux ne sont pas tous domestiques, ni compagnons des humains. Quoique je connaisse certaines personnes qui possèdent des araignées, je sais que d'autres ont pour compagnons des serpents. Le tigre et la sauterelle c'est quand même un peu plus rare.
L'auteur plonge dans ses souvenirs pour écrire ce livre succession d’instantanées de sa vie et des animaux qui ont participé à son existence.
Un tigre qui n'est pas dans un moteur de voiture, ni un doudou mais Shanghai, un tigre de cirque. Pauvre bête !
Les chats, animaux de compagnie parmi les plus nombreux, chacun son caractère, souvent un grand bonheur.
Les chiens, autre animal de compagnie, défaut principal en appartement il faut les sortir et ce n'est pas agréable de marcher dans leurs crottes.
Le loup, c'est sympathique en musique avec Pierre composée par Prokofiev, mais je n'en ai jamais connu, ni merles, ni pinsons non plus d'ailleurs. J'ai plutôt côtoyé les mouettes et autre goélands, masqués ou non ! 
Les oies me rappellent l'école et l'histoire des gaulois, où ces grandes gueules avaient donné l'alarme au Capitole.
J'aime la placidité des vaches dans les prés même si elles n'ont plus le temps de regarder les trains qui passent trop vite. 
Un dernier petit mot pour « la sauterelle » où en voulant venir en aide à cet insecte blessé, la narratrice est involontairement responsable de sa capture par une araignée qui n'en demandait pas tant !
Peu d'humains dans cette ménagerie, bien que beaucoup de ceux-ci y auraient largement leurs places !
J'ai beaucoup aimé que dans ce livre, l'auteure cite un de mes compositeurs classiques préférés, Henry Purcell, pour ses deux chefs-d’œuvre « Didon et Énée » et « Musiques pour les funérailles de la reine Mary ». 
La mort d'un animal est également évoquée, chiens ou chats familiers qui nous quittent un jour avec les chagrins que cela nous cause.
Extraits :
- Je nommerais ce vice particulier, l'infection poétique.
- Vite, il devient dominateur dans notre relation et, sans effort, obtient de moi tout ce qu'il désire.
- Mes premiers souvenirs de violence sont associés à mon chien. Dans le couloir était suspendu une laisse, instrument de punition.
- Instinctivement, je recherche un animal pour reposer mon regard, pour enfoncer ma main dans sa fourrure, pour trouver un réconfort dans son silence humble et patient.
- L'événement a alarmé la maîtresse qui a convoqué mes parents pour leur signaler mon comportement « anormal ».
- Une brève histoire comme brève fut sa vie...
- La boîte fermée, enfouie dans mon lit, je me laisse bercer par « la mort de Didon» dans l'opéra de Purcell, Didon et Énée.
- Elle était la vie ! Un être vivant comme moi. Ma consœur.
- Trois ans d'élevage pour un cheval de courses. Deux minutes pour le vendre. On oublie la bête.
- Je suis toujours impressionnée par la résignation des animaux en captivité.
Éditions : Terres du couchant (2019).