BR 113 - copie

Brèves (Volume 113) .
Anges et bêtes.

Collectif.
Note : 4 / 5.
Ni anges, ni démons.
Très intéressant magazine consacré à cet art littéraire que sont les nouvelles dont on trouvera sur ce blog des chroniques pour les numéros, 111 et 112.
Dix auteurs pour dix nouvelles.
Noms des auteurs (par ordre alphabétique) :
Alex Alexian ; Steve Besset ; Isabelle Buisson ; Henri Céard ; Fabrice Chêne ; Sylvain Forlet ; Jean-Pierre Fouilleul ; Annette Raynaud ; Ève Roland  et Patrick Saffar .
En fin d'ouvrage se trouve une biographie de chacun de ces auteurs, puis la rubrique « Relire » consacrée à Henri Céard (1851/1924). Ensuite « Pas de roman, bonne nouvelle » qui traite de l'actualité de la nouvelle avec, dans ce numéro, la mention du recueil « Partition pour chevrotine » de mon ami Alain Emery.
« L'argent » n'a pas d'odeur, dit le proverbe, mais il aide à finir certains mois, lorsqu'une riche veuve veut bien vous « subventionner » !
J'adore « Le grand départ » sûrement parce que la mer et les bateaux m'ont toujours fasciné. Mon lieu de naissance aide aussi.
Cet homme rêve de voyages, d'horizons lointains. Alors un jour, il saute le pas... et embarque clandestinement…
« La belle échappée » nous fait comprendre que la vieillesse et les maisons de retraite ne sont pas uniquement des mouroirs, mais la police s’inquiète. Céleste a disparu. Une histoire jubilatoire que je vais lire à la maison de retraite où je suis bénévole.
J’avoue ne pas avoir accroché avec « Une fois une jeune fille chantait », langage « Djeune » que je ne comprends pas. 
« Sur un murmure » nous fait pénétrer dans les coulisses d’un théâtre parisien jouant « Hamlet » de William Shakespeare. Un très beau texte. 
« Dans la cage » liberté chérie… qu’elle est la différence entre une pie captive enfermée dans une cage et une femme captive d’un mariage et d’une société dans laquelle elle n’est rien ? Un texte qui interpelle !
La rubrique « Relire » permet pour certains d'entre nous de découvrir Henri Céard, après une présentation d'Eric Dussert , avec « Vieille poupée ». Un récit étonnant sur la vie d'une poupée, passant de mains d'enfant en mains d'enfant. 
Beaucoup de personnages dans ce recueil, John Earthend est un des protagonistes d'une nouvelle concernant le monde de l'édition. Qui semble être une jungle ! 
Un homme écrit à Nabokov, il lui parle de Stanley Kubrick et de son film Lolita. Il aimerait bien dire à l'écrivain où il habite mais il ne se souvient plus... l'état commence par un A, mais après, plus de souvenirs.
« Ariane », ne perd pas le fil.Une jeune fille un peu paumée. Déambulation pédestre dans Paris et Montreuil. Avant un retour peu glorieux chez sa mère.
Un agréable recueil, avec plusieurs bons textes :« Le grand départ » et« La belle échappée » en particulier.
Extraits :
- Son impudeur m' estomaque, je ne m'y ferais jamais. Son grand corps est un naufrage. Le sait-elle ?
- Je sentis la chaleur de son corps à travers l'étoffe douce de son chemisier, la fermeté de son épaule ronde, je fus abasourdi par l'effet dans mon vieux corps de ce contact.
- Et cette fréquentation assidue des salles obscures m'a permis de découvrir votre roman Lolita grâce à son adaptation par Stanley Kubrick.
- Pas même lorsque le vieil Eugène, paix à son âme, s'était mis dans le caberlot de faire un enfant à la petite stagiaire. Ni même lorsque Denise Von Schruck a trouvé son mari la tête sous les jupes de la nouvelle cuisinière.
- Il se voyait lui-même une réincarnation du Barde, qui lui avait transmis les mystères de l'existence, distiller dans le torrent des mots qu'il déclamait chaque soir.
- C'était plus fort qu'elle, elle se revoyait petite fille dans la salle de classe, bafouillant au milieu des rires.
- Derrière le grillage qui la privait de son ciel, la pie voletait, retombait, voletait, retombait.
- Puis l'année vieillissait de deux, de trois semaines. Février arrivait vite rapportant au milieu du brouillard toutes les tristesses journalières écartées un moment par les comédies cérémonieuses et les dépensières préoccupations de janvier.
Éditions : Brèves/ Atelier du Gué. (2019).
Autres numéros chroniqués sur ce blog :
Brèves 111.
Brèves 112.