Sans compter la neige

Sans compter la neige.
Brice HOMS.

Note : 4 /5.
Au fil des heures.
Second roman de cet auteur après « Blue » qui date de quelques années.
Un jeune homme regarde un garage brûler, sur la façade ce nom « Courville Fontenot », le nom de son père qui est parti depuis un mois. Russel, son fils, a mis volontairement le feu à ce vestige de son enfance, passé avec un homme taiseux, autoritaire et avare de tendresse.
Le même Russel, quelques années plus tard, reçoit un message lui disant que sa compagne Jennie va accoucher. Il quitte son poste, prend la route, qui est longue et le temps peu clément pour un si long périple. Environ 2 h 30 de voyage, ce qui laisse au jeune homme le temps de revoir sa vie.
Les heures s'égrènent, téléphone à 3 heures précises. Début du récit à 3 h03, sortir de Washington, la neige commence à tomber à 3 h45. Solitude du chauffeur, la route qui défile et les souvenirs également.
A l'université, son ami Kozinsky dit Koz a un penchant très fort pour toutes sortes de substances illicites. Il se remémore sa rencontre avec la future mère de son enfant, un tour en voiture chez le dealer de Koz, une jeune fille blonde un peu boulotte, étudiante en art. Le premier contact ne fut pas des plus orthodoxes, elle éternue, il attrape un rhume ! Ainsi va la vie.
La musique baigne leur vies, Koz s'occupe de groupes tentant de faire carrière, Russel tente sa chance d'une manière très originale avec Jennie, avec le succès qu'il escomptait.
Sur la route la neige tombe et les souvenirs s’égrènent, les bons ou les mauvais moments de cette existence à deux facettes, l'enfance solitaire puis les années de l'université.
L’éternelle question sans réponse « Qui était sa mère » mystérieuse inconnue.
Par contre, le voyage n'est pas un long fleuve tranquille, certaines rencontres semblent irréelles, comme par exemple un dépanneur chanteur au fin fond de nulle part...
Le voyage s'arrêtera à 10 h10 !
Il est énormément question de musique, de rock n'roll, Red Hot Chili Peppers, par exemple, de musique cajun ou de petits groupes locaux dont Koz devient le manager et le mari de Chilli, la chanteuse.
On parle aussi de littérature, Thoreau, Whitman, pour « Feuilles d'herbes » Langston Hugues (poète que je ne connais pas) entre autres.
Russel Fontenot, de descendance cajun est souvent surnommé « Frenchie  boy», ce qui lui plaît modérément.
Récit en deux parties, en italique pour la jeunesse de Russell, jeunesse pour le moins solitaire. Ensuite l'arrivée de nombreux personnages dans sa vie universitaire. Puis la rencontre avec Jennie et une existence qui devient ordinaire peuplée de fantômes.
Un bon roman, voyage d'initiation par une nuit sombre sur une route enneigée et un retour sur les souvenirs de son enfance.
Extraits :
- Koz était toujours mon meilleur ami, et rien ne pouvait nous séparer et les filles étaient juste faites pour jouir et faire jouir.
- Les questions appellent les questions, comme ces poupées russes qui sortent de la précédente pour en contenir une autre et encore une autre et encore une autre.
- Voilà l'histoire entière de ma vie. La merde dans laquelle je me fous en permanence comme si j'avais une espèce d'infirmité qui m'empêche de voir les choses comme elles sont.
- C'était notre façon de dire adieu à cette époque à notre vie à tous. Et finalement c'était des adieux convenables parce qu'on ne s'est rien dit du tout.
- Nom de Dieu Frenchie boy, tu m'as donné une raison de ne jamais désespérer de toi.
- Les choses ne sont pas si simples. Les choses ne sont pas ce qu'on croit. Les choses ne sont même pas ce qu'on en voit.
Éditions : Les Escales/ Domaine Français. (2019).