berurier-au-serail-2

Bérurier au sérail.
San Antonio.
Note : 4, 5 / 5.
Il sentait bon le sable chaud, le San Antonio !
Parfois, même si l’achat du livre n’est pas remboursé par la Sécurité Sociale, une récréation littéraire s’impose d’elle-même dans la longue et brillante carrière d’un bloggeur comme moi ! (Je sais, cela fait très prétentieux, mais j’assume !)
Donc je me prescris le traitement suivant : Un San Antonio ancien, pur, sans eau, ni glaçon. Un excellent et déjà lu de préférence que le traitement ne soit pas trop brutal ! Une rapide recherche dans le capharnaüm qu’est ma bibliothèque et en un tour de main je trouve l’oiseau rare :
 - « Bérurier au sérail »!
Un brin d’exotisme ne me fera pas de mal !
Commençons donc, car cela est nécessaire, par un rapide cours de géopolitique pour vous situer le charmant pays où se déroulera l’action de ce récit d’anthologie (n’ayons pas peur des superlatifs, ils sont en promotion).
L’action, dis-je, se passe au Kelsaltan, donc la capitale est la grandiose ville de Kelsalmecque et dont les habitants sont les Kelsaltipes (surtout pas d’erreur dans l’orthographe, les Kelsaltipes sont des types susceptibles ! » Il est dirigé du moins officiellement par l’Iman Komirespyr, mais en réalité il fait partie intégrante de l’émirat d’Aigou où règne l’émir Obolan ! Lequel ne peut pas voir en peinture l’Iman Komyrespyr !
Je disais donc que dans cette charmante contrée, un avion de la compagnie Trans Lucide a fait un atterrissage de fortune qui, pour deux passagers français, est, semble-t-il, devenu une escale d’infortune (vous remarquerez très chers lectrices et lecteurs la pirouette acrobatique !). En effet ces deux hommes des services secrets français ont disparu corps et âmes dans l’immensité sablonneuse du désert ! Les secours dépêchés rapidement (et oui parfois il nous arrive de nous dépêcher rapidement, surtout dans les romans, c’est rare alors il faut le remarquer) ont connu un sort funeste !
Alors l’honneur de la France étant en jeu, San Antonio, accompagné de Bérurier, ainsi que de Pinaud, part pour une mission des plus périlleuses. Vous comprendrez, je pense, que S.A. ne se déplace pas pour des choses sans intérêt ! Ils sont accompagnés (bien ou mal, nous le saurons plus tard par Sirk Hamar, truand parisien qui a la particularité d’être né au Kelsaltan, donc d’être un Kelsaltipe doublé d’un sale type (son casier judiciaire faisant mauvaise foi).
En caravane donc… chameau ou dromadaire qui s’en dédie !
Après un voyage en avion sans problème puis une traversée sur un rafiot qui ferait passer le Radeau de la Méduse pour un navire de croisière, notre quatuor arrive à bon port. Où on apprend à un Béru estomaqué que le pinard, le picrate, le gros rouge qui tache, ainsi que les autres vins de toutes sortes, sont des produits interdits.
S.A. croise quelques russes blonds qui ne lui veulent pas que du bien, puis Lola charmante parisienne, membre de choix du harem de l’émir qui, elle, par contre (et même tout contre) ne veut que du bien à notre commissaire…
Bref beaucoup d’aventures et de coups tordus, mais que nos trois héros passeront sans coup férir, ce qui, on s’en doute, ne sera pas le cas pour tout le monde !
Je ne vais pas vous faire l’affront de vous représenter les dignes et valeureux représentants de la fine fleur (de sel) de la police française, les susnommés San-Antonio, Bérurier et Pinaud !
Un bon cru plein de sable et de soleil.
Extraits :
- Le dénommé Oscar Avane, l'homme qui pourrait être le fils légitime d'un hareng saur et d'une bouteille d’huile d'olive, s'avance vers la carte.
- Un avion nous conduira à Aden, là nous revêtirons nos tenues arabes et nous prendrons un barlu pour Boétie. Dans cette ville, notre caravane nous attendra et la grande, la redoutable aventure commencera.
- Béru, qui ne craint pas le mal de mer, non plus que le calembour, assure que la mer d'Oman est une source d'em...
- Quand je pense que des tripotés de Parisiens passent onze mois de l'année à faire des éconocroques pour aller se rouler dans le sable pendant le douzième ! Faudrait les amener un peu par ici, les vacanciers, ça leur ferait les pinces.
- Nous nous trouverons dans la palmeraie d'Ukuth, c'est-à-dire que nous avons dévié de la bonne route.
- J'écris relaxe, pour user des tournures publicitaires ; j'écris facile, c'est vrai. J'écris Vermot. Et puis, au fait, je n'écris pas : je me contente de mettre du poil à gratter sur le quotidien défraîchi.
Éditions : Fleuve Noir (1969).