Les contes de la Bécasse

Les contes de la Bécasse.
Guy de Maupassant.
Note : 4 / 5.

Contes souvent cruels !
Je poursuis mes récréations littéraires autour de l’œuvre de Guy de Maupassant. Entendant par récréations, je ne veux pas dire que l’œuvre de cet écrivain n’ait aucun intérêt mais que ses contes et nouvelles sont, malgré leurs évidentes qualités, reposantes et agréables à lire.
Ce recueil contient les textes suivants : La bécasse ;  Ce cochon de Morin ; La folle ;  Pierrot ; Menuet ;  La peur ;  Farce normande ; Les sabots ; La rempailleuse ;  En mer ; Un normand ;  Le testament ;  Aux champs ;  Un coq chanta ;  Un fils ;  Saint-Antoine ;  L'aventure de Walter Schnaffs .
Je ne parlerai pas de toutes mais elles ont chacune leur charme !
Les campagnes dans toutes leurs splendeurs et souvent leurs horreurs !
Prenez Morin par exemple, ce brave Morin, qui doit s’ennuyer dans sa petite vie mesquine et monotone. Alors échauffé par un de ses amis coureur de jupons, dans un train avec une belle et blonde jeune fille, il tente bien maladroitement de l’embrasser ! Il devient « Ce cochon de Morin » et son ami ajoute une conquête à son palmarès ! Le monde est cruel !
Maupassant nous parle souvent de la guerre et de nos ennemis « Les Prussiens », dans « La folle », l’un d’eux est inhumain, dans « Saint Antoine », c’est un pauvre soldat stupide.
« Pierrot » est un brave petit chien au sort bien peu enviable, comme beaucoup d’autres dans la France profonde. Hé oui Mesdames, un chien mange et coute de l’argent !
« Farce normande », noce à la campagne, la mariée est seule dans le lit nuptial !
Le mari lui est à la chasse ! Morale de l’histoire :
- Et voilà comment on s'amuse, les jours de noce, au pays normand.
« En mer » c’est une marée de pêche qui tourne mal ! Le choix est le suivant, perdre la pêche ou pas ! Elle ne sera pas perdue mais un homme sera infirme pour le reste de sa vie. L’argent passe avant tout !

« Aux champs » nous plonge dans la vie de deux familles, l’une refuse de « vendre » un garçon à une famille de bourgeois, l’autre l’accepte ! Plus tard l’enfant, resté paysan devant la richesse de son ex-voisin, en veut à ses parents !  Très beau texte !
Beaucoup de personnages parfois attachants parfois ignobles.
Adélaïde n’est pas futée, mais vraiment pas, dans « Une rempailleuse » celle-ci est très amoureuse. Un ancien sergent major, le père Mathieu dit « Le père la boisson » est un mélange détonnant de vieux soldat et de malice normande. Un homme revient à Pont-L’abbé et découvre un jeune un peu demeuré ; est-il son fils ?
Encore et toujours la superbe écriture de Maupassant, qui semble si simple !
Extraits :
- Puis, quand il avait achevé le dernier, il devait, sur l'ordre du baron, conter une histoire pour indemniser les déshérités.
- Tu sais ce que sont, pour un commerçant de province, quinze jours de Paris. Cela vous met le feu dans le sang.
- Elle rit plus fort, toutes les dents au vent : "Entre le désir et l'action, Monsieur, il y a place pour le respect".
- Jadis, à l'âge de vingt-cinq ans, elle avait perdu, en un seul mois, son père, son mari et son enfant nouveau-né.
- Mme Lefèvre inquiète, eut une idée : "Quand il sera bien accoutumé à la maison, on le laissera libre. Il trouvera à manger en rôdant par le pays".
- Il portait des souliers à boucles d'argent, une culotte à pont, une redingote tabac d'Espagne, une dentelle en guise de cravate et un invraisemblable chapeau gris à grands bords et à grands poils, qui faisait penser au déluge. Il était maigre, fort maigre, anguleux, grimaçant et souriant. Ses yeux vifs palpitaient, s'agitaient sous un mouvement continu des paupières ; et il avait toujours à la main une superbe canne à pommeau d'or qui devait être pour lui quelque souvenir magnifique.
- En Orient, on peut connaître la panique, on ignore la peur.
 - Entre chaque plat on faisait un trou, le trou normand, avec un verre d'eau-de-vie qui jetait du feu dans les corps et de la folie dans les têtes.
- Il répétait souvent : "Il n'y a pas d'hommes honnêtes ; ou du moins ils ne le sont que relativement aux crapules".
  -Un vieux gendarme en retraite, qui tenait une auberge dans le village voisin et qui avait une jolie fille, fut arrêté et fusillé.
Éditions : Folio classique (1979).