CHRONIQUE N° 700.

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Promenades littéraires en Finistère.
Nathalie COUILLOUD.
Note : 5 / 5.
Au vieux pays!
Un très beau livre, c'est joli, mais si en plus il est complet et très bien documenté, alors, c'est parfait.
Certains (et certaines) ici me connaissent assez bien pour savoir que je vais chercher le moindre petit détail qui me ferait dresser la barbe de colère. Et bien je n'ai rien trouvé, allez pour le principe, mais je suis sur que ce sont des problèmes de dates, l'absence de Marie Le Gall et de son très éprouvant roman « La peine du Menuisier ».
Que l'on écrive beaucoup en Bretagne, je m'en doutait, mais que le Finistère soit aussi bien représenté me laisse sans voix (enfin d'une manière provisoire). Entre les anciens, les visiteurs et les modernes, la palette est large, donc je vais me contenter de parler de ceux que j'ai lus, de ceux que je connais et de ceux que je pense lire, et la tâche est lourde! Pour ceux que par mégarde j'aurais oublié mon adresse est sur le blog et je serai au salon du livre de Carhaix!
Ce livre est présenté géographiquement, c'est original mais pas désagréable, cela permet peut être au plus érudit de distinguer les différents « pays » de Bretagne.
Puisque la coutume veut que l'on commence par les dames, tout ours mal dépoli que je sois, je m'y prête bien volontiers, mais je reconnais d'un seul coup de grosses lacunes! Elles sont en effet peu présentes dans mes lectures, mais cherchons, en tête de liste une naturalisée Marie Le Drian, dont je parle souvent (et qui me parle souvent!) puis Angèle Jacq que je vois parfois à Guidel par exemple et dont la lecture a le don de m'émouvoir. J'allais oublier Anne Guillou et ses recueils de nouvelles, pour les auteurs de romans policiers je croise souvent Françoise Le Mer, mais je la rencontre plus souvent, que je lis ses romans.
Passons sur les « Grands Anciens », mais ne méconnaissons pas leurs oeuvres, ils furent à des degrés divers des défricheurs qu'il ne faut surtout ne pas oublier, Glenmor (et oui il a aussi écrit et fort bien ma foi) Grall, Gwernig ou Hélias, pour ceux dont je connais un peu l'oeuvre, non sans avoir également une pensée pour tous ceux que je n'ai pas encore lus comme Jakez Riou ou Fanch Abgrall (je me soigne, j'ai acheté un de leurs livres).
Parmi les contemporains, celui dont j'ai le plus parlé est sans conteste Hervé Jaouen, ses romans politico-policiers furent à mon goût une découverte il y a quelques années. Ses deux recueils de nouvelles sont très réussis. Et puis il ne faut pas oublier « La mariée rouge », « Au dessous du calvaire », mais j'aime beaucoup  « L'adieu aux iles ».
Dans les plus classiques dirons nous, j'ai beaucoup d'estime pour Louis Pouliquen, qui dans un langage très simple fait passer un message très profond, la Bretagne c'est un vieux grenier, mais dans tout vieux grenier des merveille trainent! Charles Mazedo que je croise souvent à la médiathèque de Lorient, le poète Charles Le Gouic, dont je connais mal l'oeuvre, Jakez Kerrien pour son livre « La roche percée ». Parlons aussi des copains de salons, Christian Blanchard, Yvon Coquil, Laurent Ségalen, croisés un peu partout en Bretagne, et qui prouvent que Brest est une pépinière d'auteurs de romans policiers.
Parmi ceux-ci figure également Gérard Chevalier, qui a fait une entrée remarquée dans le monde de la littérature avec son premier roman "Ici finit la terre". Ne pas oublier Jean-François Coatmeur, dont le premier livre lu est « Les sirènes de minuit », il y a quelques temps! Sans oublier le sympathique Jean Failler dont j'aime beaucoup les recueils de nouvelles. Un auteur que je viens de découvrir, Pierre Le Coz, est lui aussi cité dans ce bottin des auteurs finistériens. Parmi mes prochaines découvertes figurent également Jean-Pierre Abraham, Jean-Pierre Boulic, Annaig Le Gars et beaucoup d'autres.
J'aime bien lire les ouvrages d'Hervé Bellec, avec une prédilection pour ce grand livre qu'est « La nuit blanche », juste récompense il sera cette année président du Salon des écrivains breton de Carhaix. Coup de chapeau aussi à ce département qui organise deux grands salons littéraires, car en plus de Carhaix, il ne faut pas oublier le salon du roman policier de Penmarc'h avec son célèbre prix du « Goéland Masqué » et dont l'ambiance est très chaleureuse.
Pour la littérature en breton et la BD, je laisse la parole à de meilleurs spécialistes que moi, car pour cette dernière à part « Bran Ruz » qui est superbe, ma bibliothèque est à marée-basse, très basse!
Les personnages sont ici les auteurs ayant des liens avec le Finistère, bien évidemment! Les visiteurs occasionnels (et ils furent nombreux) ainsi que les anciens, les modernes et dans tous les genres.
Voilà, provisoirement je referme cet ouvrage, il ne fait pas parti des livres que l'on lit, mais de ceux que l'on parcoure, un peu tous les jours. Les côtes du Finistère sont belles et un peu sauvages, ses romans aussi souvent, rien n'est lisse ici ! En disant cela je pense qu'il y a de belles écritures dans le Finistère, comme dans toute la Bretagne d'ailleurs, alors un petit retour au « Pays » s'impose parfois. Le cadeau idéal et une découverte pour les non-bretons, et pour moi une source de renseignements d'une grande richesse. J'ai encore de belles lectures en perspective mais je me pose une question: reste-il des auteurs bretons hors du Finistère? Surtout que certains sont bien vite « naturalisés »! Et je ne parle pas ici uniquement de Jack Kerouac que la plume de Patricia Dagier et Hervé Quéméner nous fait revivre!
Quelques morceaux choisis pour terminer.
Gérard Alle : à propos du Kouing-amann.
«  Qui ne connaît cette spécialité douarneniste ne connait rien de la gourmandise. Aucun gâteau au monde ne concentre autant de beurre. Un défi à tous ceux qui veulent absolument nous faire maigrir. Une drogue dure en vente libre »
Georges Perros :
« la mer ne rend pas intelligent
Mais elle empêche la bêtise. »
Xavier Grall.
« Un balcon sur la mer. Avec devant soi tout l'espace de la baie de Concarneau, l'arc des grèves, les lochs, les petites maisons blanches et les hameaux repliés sous les pins maritimes comme des bêtes frileuses ».
Paol Keineg :
.bonjour à toi
mon peuple et mon pays
légataire de notre éternité....
Éditions : Coop-Breizh (2009)