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Larguez les anars !

Hervé SARD

Une enquête de Léo TANGUY
Note : 4 / 5
Le mort mord encore !
Troisième volet des nouvelles enquêtes de Léo Tanguy aux éditions de « La Gidouille ». Après Yvon Coquil et Michel Dréan, c’est Hervé Sard qui reprend le flambeau et la plume !
Nous retrouvons donc notre héros Léo, journaliste free-lance, enquêtant sur de mystérieux épandages qui ne font pas que des heureux ! 
Ce roman commence par un enterrement en terre finistèrienne, le défunt Léo Tanguy, lui-même brûlé dans l’incendie d’une grange où il enquêtait sur une mystérieuse prolifération de larves de papillons. Et pas commode les engins, là où elles passent, l’herbe ne repousse pas, ou alors pas bien ! 
Le premier qui a mis la puce à l’oreille de Léo est Michel Broquet, un ami d’enfance du papa de Léo, notre  héros parti hélas trop tôt ! Mais pas d’inquiétude, Léo n’est pas mort car il… enquête encore, pas par lui, mais par aide de camp interposé !
Dans le fin fond de la Bretagne, certains jouent un remake moderne de « La nuit des morts vivants » qui devient « La nuit des drones volants », ou « La spirale du pyrale », spirale infernale pour quelques agriculteurs qui voient leurs récoltes réduites à néant ! 
Qui est derrière ce mic-mac politico-agricole ? Le MPT (Mouvement pour la Terre) qui est farouchement opposé à l’usage de ce produit soi-disant miracle qu’est le VertuMax ? Dont la société V-Trust vante les qualités et le commercialise ? Le P2R (Parti pour un Renouveau Républicain), mouvement bien implanté en Bretagne et dans d’autres zones rurales ?
Un beau panier à crabes dans la Bretagne intérieure.
Et si le salut comme la santé venait de la marche. Celle qu’organisent deux vieux garçons, les frères Meunier, Jean-Pierre et Jean-Paul (Jean-Pi et Jean-Pau pour les intimes), qui en désespoir de cause, ont décidé de marcher sur Paris. Ils en ont marre de bosser comme des dingues pour rien. Ils partirent deux, puis les rangs grandirent, grandirent.
Léo décide, toujours déguisé, de se joindre au cortège qui draine diverses sensibilités, des anars aux écolos de tous poils entre autres.
Pour ce road-movie en Normandie, il s’est adjoint les services de Potiron, un nain, à qui il vaut mieux ne pas chauffer les oreilles sous peine de vengeance immédiate !
Au cours de ce périple, Léo n’oublie pas le repos du guerrier, même si ce guerrier est soi-disant défunt ! Il fera une partie carrée à trois avec une paire de jumelles ! Nuit durant laquelle tout le monde trouvera son compte. 
C’est marche et rêve à un monde meilleur, mais qui ne sera pas encore au bout de la route !
Léo encore et toujours, ici en catimini, décès oblige, mais personnage toujours pur et dur, ne négligeant pas les divers plaisirs que la vie apporte !
Qui est le mystérieux Jacques L’Épandeur ? Un drone d’oiseau celui-là !
Léo fait intervenir le ban et l’arrière-ban de ses potes ou connaissances en plus de Potiron. On trouve en vrac et en chair et en os : son père et sa mère, Guitte vient aussi à la rescousse, Nine la maire du bourg de Plouguer également, Ben-Hur, docteur es « Bazarchie* » et  Suzie qui se dévoue corps et âme.
Pour les affreux et vilains de toutes sortes, ils ne méritent pas d’être nommés ici ! Si vous voulez en savoir plus, lisez le livre !
Lecture très agréable, bon moment, mais  évoquant un problème grave, les apprentis sorciers de l’agro-alimentaire.
Moralité de cette histoire picaresque fleurant bon l’écologie et le muscadet :
- Tel est pris qui croyait épandre !
Je me retire :
- À bon épandeur salut !
Extraits :
- La Bretagne, de plus en plus, ressemble à l'image que l'on s'en fait.
- Je pense que les hommages aux morts on ferait mieux de leur rendre de leur vivant. Les amitiés posthumes, ça leur fait une belle jambe.
- Un voile léger masque l'intérieur, mais la lumière projette des ombres sympathiques. C'est joli, deux paires de seins en ombre chinoise.
- On vit une drôle d'époque.
- Au Lapin bleu ? Ah bon... je croyais que c'était fermé ?
- Oui, mais non. Il y a un mec qui a relancé le bar. Connais pas. Un certain Al, ça te dit quelque chose ?
- Tu vois Léo, géant comme nain, c'est une situation qui n'est pas facile facile. Il y a des soucis. Il y a pire, comme soucis, mais il y a des soucis.
- Des anonymes du MPT accusent des inconnus du P2R. Alors des anonymes du P2 R dénoncent des inconnus du MTP.
- La terre, elle n'a pas besoin de nous. C'est nous qui avons besoin de la terre. Nuance.

- Ça va fuser ? Un 14 juillet, c'est dans l'air du temps.
Éditions La Gidouille (2015).

* Mouvement qui consiste à foutre le bazar !
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Dernier train pour Ouessant. Yvon Coquil.
Et un, et deux et Groix. Michel Dréan.